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Un ancien coutelier, autrefois installé à Viviez, a décidé de changer son fusil d'épaule : de la confection de couteaux, il s'est reconverti dans leur affinage. On le retrouve tous les jeudis sur le marché de Villefranche.

L'Art de l'Affûtage

Pour obtenir un bon couteau, qui coupe facilement, «il lui faudra nécessairement un bon acier. C'est la qualité de l'acier qui va déterminer la tenue de l'affûtage», souligne-t-il.

La polémique autour des couteaux de Laguiole l'a finalement conduit à arrêter son activité. «Les gens commençaient à douter sur ce qui est vrai ou faux.

Le samedi, on peut le retrouver sur le marché de Figeac, le lundi à Caussade. L'artisan se plaît à discuter avec les passants sur le marché.

Escapade dans le Quercy : Rencontres et Découvertes

Vers 14 h, on pose les pieds à Figeac. Grosse bourgade, berceau de Champollion, l’homme qui a craqué le code des hiéroglyphes. On se sent presque hors sujet dans ce décor urbain. Depuis Le Puy, que des patelins tranquilles ; là, d’un coup : voitures, bruit, passage piéton… c’est pénible. On se sent un peu paumés, comme deux loups sortis du bois.

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Un sandwich vite avalé et on repart, avec en bonus une grosse miche de pain bien croustillante. Grillée au feu de bois ce soir, avec beurre et ail… franchement, y’a débat ?

Une Soif Inattendue et une Hospitalité Surprenante

Sauf qu’on a zappé un détail : l’eau. Et comme souvent, quand on veut économiser du poids, on finit à sec. La bouche en carton, plus un mot, on avance, à l’affût d’un point d’eau. Même une flaque serait la bienvenue. Et bingo : une dame dans son jardin. On la supplie de nous donner de l’eau comme si c’était de l’or. Elle nous fait entrer, nous indique le robinet, et nous observe descendre nos gourdes d’une traite, complètement assoiffés. Elle rit, et nous faisons enfin les présentations.

Le courant passe direct avec Josiane, et nous sommes très vite à l’aise. Elle nous demande où on dort ce soir. On lui explique notre démarche : le bivouac, l’autonomie, l’aventure. Elle semble intriguée, touchée, et nous propose de rester. D’abord surpris, nous acceptons sans hésiter.

Paul, son mari, est dans le garage et nous lui rendons visite. On sympathise vite, tout paraît simple. C’est comme si nous rendions visite à la famille.

Un Havre de Paix Bio-Écologique

La maison est incroyable. Bio-écologique, super bien pensée. Grande véranda plein sud, lumière partout, vue incroyable sur l’Aveyron. Un petit coin de paradis. Josiane nous prépare des crêpes au manioc, crème de marron, et un Cahors 2011 que Paul débouche pour l’occasion. Il est passionné de montagne, pratique l’alpinisme, et nous partage quelques grandes voies. On parle voyages, sommets, choix de vie. On refait le monde jusqu’à 1 h du matin.

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Une de ces rencontres qu’on n’oublie pas.

De Faycelles aux Causses du Quercy : Pérégrinations et Découvertes Locales

Ce matin, on met du temps à décoller. Trop bien dormi, trop bien reçus. La table du petit déj’ est prête quand on descend : fruits, gâteaux, confiture maison... Le genre de petit festin qui te cloue sur place. Josiane nous glisse un kilo de farine de manioc dans le sac avant qu’on parte. Avec ça, on va se faire des crêpes de bivouac cinq étoiles.

On accompagne Paul au village, à deux pas de la maison. Faycelles, pour être honnête, c’est le plus beau village après Conques : perché sur sa falaise, avec une vue imprenable sur la vallée du Lot et du Célé. On grimpe les ruelles jusqu’à un petit bistrot moitié comptoir, moitié brocante. Il est 11 h, l’ambiance est déjà bien chaude. J’offre la tournée pour m’incruster discrètement dans le décor.

Ada farfouille dans les bacs et ressort avec un vinyle de musique folklorique polonaise. Le patron, gentleman, lui file gratos et nous le passe illico sur la platine. On se retrouve là, à trinquer, un matin de février, sur fond d’accordéon polonais… improbable, mais magique.

Il faut bien repartir. On dit au revoir à Paul, le cœur serré. Cette escale nous aura rechargés à bloc. On repart légers, portés par cette énergie nouvelle, et on entre dans les Causses du Quercy. Nous découvrons les premières caselles, petites cabanes en pierre, utilisées autrefois comme abri ou pour les animaux. Puis, plus loin, un dolmen : celui du Pech Laglaire, encore bien plus ancien.

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Bivouac et Réparations en Pleine Nature

On s’arrête à quelques kilomètres de Cajarc pour le bivouac. On garde la ville pour lundi, afin de faire le plein de gaz et quelques courses. Demain, c’est dimanche, jour off. Bien mérité.

Seul hic ce soir : mon matelas me lâche. Déjà bien rafistolé, il vient d’exploser de l’intérieur, gonflé comme un vieux ballon de baudruche.

Jour de Repos et Préparations

1°C ce matin, et malgré mon matelas hors service, je n’ai pas eu froid. Le petit matelas de sol suffit, dormir à même le sol ne me dérange pas. J’ai fait pas mal de voyages sans rien. Faut juste s’habituer à dormir sur le dos. Impossible autrement, c’est trop dur. Mais finalement, je dors mieux comme ça. On dit que c’est bon pour le sommeil, surtout sur du dur… enfin là, c’est vraiment raide !

Jour off aujourd’hui, mais "repos" est un grand mot. Se chauffer, se nourrir, ça demande bien plus qu’un clic sur une plaque électrique. Je pars chercher du bois dans une chênaie dense. Le bois est très dur, très parfumé… mais surtout bien humide. Je suis obligé de le débiter en petites sections pour accéder à du sec.

Ada démarre le feu pendant que je file au point d’eau repéré hier. C’est de l’eau stagnante, donc combo filtre + ébullition. Le filtre "BeFree" fait le job mais s’encrasse vite, surtout avec cette eau. Le "Sawyer" que j’avais avant, certes plus lent, mais peut-être plus fiable sur la durée.

À midi, place au festin : Ada nous prépare des galettes de manioc au feu de bois. Croustillantes, moelleuses, beurrées, et saupoudrées de cassonade… un régal.

L’après-midi file doucement, entre atelier couture et bricolage. Mes fringues montrent des faiblesses, je recouds quelques trous. De son côté, Ada tente de sauver ses chaussures. La semelle se décolle, elle y bourre toute sa colle, mais on le sent : elles ne verront probablement pas Compostelle, et finiront en pot de fleurs sur le bord du sentier… une fin honorable.

Le feu crépite doucement, on se laisse porter.

Nuit de Pleine Lune et Retour à Cajarc

La pleine lune a illuminé la forêt toute la nuit. Une vraie lanterne céleste. C’est fou ce qu’elle peut déclencher : les animaux étaient bien plus agités, les oiseaux surexcités dès l’aube. Toute la forêt vibrait d’une énergie étrange, presque électrique. On a très mal dormi, du coup.

Comme souvent, il nous faut deux bonnes heures entre le lever et le départ. Une routine s’est doucement mise en place : chacun connaît son rôle, les gestes sont précis, presque rituels. On prend le temps pour le café, dans le silence, à observer les arbres, les ombres, les bruits. Cette vie nomade a quelque chose de profondément ancien. On redéploie des instincts, des réflexes enfouis. Un retour aux fondamentaux, là où le corps sait faire, sans qu’on lui demande.

Retour à la réalité à Cajarc. On atterrit doucement, par une tourte aux légumes et deux chaussons aux pommes avalés sur la place. Le monde moderne a ses bons côtés, on ne va pas se mentir.

Caselle Enchantée et Préparations

Et puis, en bifurquant du chemin principal, on tombe sur une petite merveille : une caselle recouverte de mousse, sortie d’un conte. Le sol est recouvert de feuilles, c’est parfait. On la nettoie un peu, en dégageant quelques pierres, puis on s’installe confortablement à l’intérieur. On est comme deux gamins : on retrouve ces sensations de jouer, d’explorer, de rigoler.

Je teste mon mini réchaud à bois pliable, juste à l’entrée, histoire de ne pas trop enfumer l’intérieur. C’est pas mal, mais il faut l’alimenter en permanence pour que ça chauffe.

Pluie Fine et Tripous à Limogne

Ce matin, nous partons sous une pluie légère, presque douce. Rien de bien dérangeant tant qu’elle ne s’intensifie pas.

À Limogne-en-Quercy, nous marquons une petite halte dans un troquet pour recharger la lampe frontale d’Ada. La tenancière nous recommande la boucherie du coin, célèbre pour ses tripous, que nous allons découvrir. Après un petit coup de rouge, nous filons goûter cette spécialité régionale à base de tripes de veau. C’est surprenant, mais délicieux. Et comme on ne fait jamais les choses à moitié, on ressort de là avec un saucisson sec, de la poitrine fumée et un peu de beurre de la maison.

Chemin des Cabanes et Vestiges du Passé

La pluie s’est arrêtée, et on reprend la route sur un sentier magnifiquement bordé de murets en pierre sèche. Nous sommes sur le "circuit des cabanes", un endroit où des dizaines de petites caselles en pierre jalonnent le paysage. C’est un véritable musée à ciel ouvert, avec des dolmens, des lavoirs, des fontaines et d’autres vestiges qui témoignent d’une époque révolue. Chaque pas sur ce chemin nous ramène à la simplicité de la nature et à l’ingéniosité des anciens.

On arrive ensuite à Bach, un village presque désert. La seule âme qui nous accueille est une vieille dame, toute gentille, qui nous recharge nos gourdes. C’est déjà l’heure de penser à la soirée, et nous nous assurons de repartir avec assez d’eau pour ne pas être à court en arrivant au bivouac. Avec nos 4 litres de réserve, on est tranquilles : au moins deux bouillons chauds, la cuisson du riz, des infusions et, bien sûr, le café du matin… sans oublier un filet pour la vaisselle.

Les jambes sont en béton maintenant, les kilomètres se digèrent plus facilement. Nous avons fait plus de 25 km sans trop d’effort.

Nuit Glaciale et Préparations pour Cahors

La nuit a été rude. Vers 3 h du matin, un frisson glacial me réveille : je suis gelé. En allumant la frontale, je découvre avec horreur que le tarp est couvert de givre. Le thermomètre affiche -6 °C. Voilà qui explique bien des choses. Mon isolation précaire n’a pas résisté, et le froid m’a transpercé de part en part. Je lutte pour rentrer dans mon sursac avec mon duvet, puis j’enchaîne une série de crunchs dans l’espoir de me réchauffer. Ça finit par marcher : un peu de chaleur revient, et je parviens à me rendormir, juste avant le lever du jour.

On sort la tête du sac vers 9 h 30. Complètement épuisés, et surpris par la chute des températures. Heureusement, le soleil est là pour nous accueillir et réchauffer l’atmosphère. Les degrés remontent rapidement, et on en profite pour étendre nos affaires trempées par la rosée. Un bon café, et malgré la nuit difficile, le mental prend le relais.

Ce n’est qu’à 11 h que nous reprenons la route, prêts à avaler une vingtaine de kilomètres jusqu’à Cahors.

Rituel d'Hygiène et Accueil Chaleureux

En chemin, une petite pause au lavoir du village nous permet de nous rafraîchir. Je prends le temps de nettoyer ma barbe, qui s’épaissit, ainsi que mes pieds. Un vrai rituel d’hygiène qu’on n’oublie jamais, même après une grosse journée. Le quotidien en plein air a ses exigences, et les lingettes bébé sont devenues nos alliées : une pour les pieds, une pour les parties intimes, une pour les aisselles. Après cette toilette express, enfiler des vêtements secs procure une sensation de bien-être intense - presque comme après une vraie douche.

On croise quelques chasseurs : l’ambiance est détendue, loin de l’image du chasseur bourru.

Abri Inattendu et Soirée Chaleureuse

Un peu avant Cahors, on tombe sur une maisonnette en pierre au bord du chemin. Le propriétaire y a laissé un message de bienvenue pour les pèlerins. L’endroit est simple mais chaleureux, avec quelques bancs et un coin pour s’asseoir, mais pas de place pour s’allonger. Plus loin, une autre maisonnette nous attire. Elle est plus grande, ouverte elle aussi, et c’est là que nous décidons de passer la nuit. On a tout l’espace nécessaire pour installer nos duvets.

Ada crée une ambiance tamisée avec quelques bougies pendant que je m’occupe du feu dehors. Le bois est abondant ici, bien sec et facile à casser. En 30 minutes, j’ai de quoi alimenter le feu pour toute la soirée. Ce soir, c’est poitrine fumée à la broche : un vrai régal. La chaleur des flammes, leur crépitement, une bonne bouffe...

tags: #changer #fusil #Figeac

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