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La cartouchière militaire ancienne est un élément essentiel de l'équipement du soldat, permettant de transporter les munitions nécessaires au combat. Cet article explore l'histoire et la fabrication de ces cartouchières, en particulier celles utilisées par la cavalerie et les officiers, en se concentrant sur les modèles français du XVIIIe siècle et de la Première Guerre mondiale.

Les Cartouchières du XVIIIe Siècle

Au XVIIIe siècle, la cartouchière, souvent appelée giberne, était un accessoire indispensable pour les soldats et les officiers. Elle servait à contenir les cartouches en papier, composées de poudre et d'une balle en plomb. La conception et les matériaux variaient en fonction du grade et de l'unité du soldat.

Terminologie

Il est important de clarifier certains termes :

  • Giberne : Poche pour les cartouches.
  • Cartouche : Ensemble de poudre et balle ensachée.
  • Cartouchier : Pièce de bois perforée contenant les cartouches.
  • Patellette : Rabat de cuir recouvrant le cartouche.

Les Modèles et leur Capacité

La giberne du grenadier contenait 30 coups, tandis que la demi-giberne du fusilier en contenait de 16 à 20, portée à 30 coups vers 1750. Les officiers avaient également des cartouchières spécifiques.

L'Ordonnance de 1758

L'ordonnance du 9 décembre 1758 précise l'équipement des officiers et sous-officiers d'infanterie :

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« La cartouche ou demi-giberne à l’usage des officiers, sera percée de huit trous, du diamètre et de la profondeur convenables pour recevoir des cartouches à balles ; cette cartouche sera recouverte d’une patte de maroquin rouge ou noir, elle sera ornée d’une fleur de lis brodée en or ou argent sur son milieu, suivant l’uniforme de chaque corps, doublée et bordée d’une peau blanche. Le cordon qui portera cette cartouche avec sa traverse sera de buffle blanc piqué ; il aura un pouce et demi de largeur, et sera garni d’une boucle. La cartouche à l’usage des officiers des compagnies de grenadiers ne différera pas de celle de l’officier des compagnies de fusiliers, qu’en ce qu’elle sera garnie d’une grenade brodée en or ou argent, au lieu d’une fleur de lis. »

Le patron était constitué de 8 tubes de tôle d'un diamètre d'environ 20mm.

Matériaux et Fabrication

Les cartouchières étaient fabriquées en cuir, souvent du cuir de Russie (un cuir de vache traité avec de l'huile de bouleau pour une meilleure imperméabilité et une couleur rouge sombre). Le cuir noir était obtenu en trempant le cuir dans une teinture métallogallique.

Les Cartouchières de la Première Guerre Mondiale

Pendant la Première Guerre mondiale, les cartouchières françaises ont évolué pour répondre aux besoins du combat moderne. Les modèles les plus courants étaient les Mle 1888, 1905 et 1916.

Évolution des Modèles

Avant 1914, les équipements en cuir étaient généralement en cuir noirci. À partir de 1914, le cuir fauve a progressivement remplacé le cuir noirci. Le Mle 1916 était exclusivement fabriqué en cuir fauve.

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Ces modèles sont les héritiers de la poche à cartouches mle 1869, et apparaissent pour les plus anciens à la fin du 19ème siècle. Ils seront encore en dotation jusqu’à la défaite de 1940, moyennant si nécessaire quelques modifications. La fabrication du mle 16 se fera encore après 1945 mais sera vite interrompue par celle du mle 45.

Les Différents Modèles

  • Mle 1888 : Dotée d'un dé métallique pour les bretelles de suspension.
  • Mle 1905 : Passant de ceinturon trapézoïdal et languette interne pour éviter la perte des cartouches.
  • Mle 1916 : Passant de ceinturon trapézoïdal avec un dé métallique renforcé et languette interne cousue sur le recto.

Variantes et Adaptations

Des cartouchières de cavalerie Mle 1898 ont été modifiées pour être utilisées avec des bretelles de suspension. Des modèles spéciaux ont été conçus pour des utilisations spécifiques, comme la cartouchière pour pistolet Ruby et chargeurs pour les tireurs au F.M. Chauchat.

Fabrications de Circonstance en 1940

En 1940, des fabrications de circonstance ont vu le jour, avec des variations dans les dés métalliques et les boucles.

  • Cartouchière avec un dé arrondi.
  • Cartouchière avec une boucle à ardillon étamée.
  • Cartouchière avec une boucle carrée.

Fabrications Après 1945

Après la Seconde Guerre mondiale, les cartouchières Mle 1916 ont continué à être fabriquées, avec des timbres d'admission de 1946 et des boutons de fermeture en aluminium.

Tableau Récapitulatif des Modèles de Cartouchières Françaises (Première Guerre Mondiale) :

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Modèle Caractéristiques Matériaux Période d'Utilisation
Mle 1888 Dé métallique pour bretelles, passants verticaux Cuir noirci ou fauve Fin XIXe siècle - 1940
Mle 1905 Passant trapézoïdal, languette interne Cuir noirci ou fauve Fin XIXe siècle - 1940
Mle 1916 Passant trapézoïdal renforcé, languette sur le recto Cuir fauve 1916 - Après 1945

L'Armement des Officiers au XVIIIe Siècle

Au XVIIIe siècle, une controverse existait concernant l'armement des officiers : devaient-ils être équipés d'une arme d'hast (esponton) ou d'un fusil ?

L'Esponton : Symbole de Commandement

L'esponton, une pique courte, était considéré comme un insigne de commandement. Il permettait aux officiers de maintenir l'ordre, de diriger les tirs et de maintenir la discipline.

Le Fusil : Utilité et Puissance de Feu

Certains préconisaient le fusil, estimant qu'il permettait aux officiers de se défendre et d'augmenter la puissance de feu du bataillon. Vauban était un fervent défenseur de cette option.

Les Ordonnances et Évolutions

Les ordonnances royales ont oscillé entre l'esponton et le fusil. L'esponton a été officiellement abandonné dans les années 1760, sous l'impulsion de Choiseul.

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