Cet article explore l'histoire de la cartouchière française FSA et du fusil Meunier A6 Mle 1916, en s'appuyant sur des recherches et des témoignages de collectionneurs et d'experts en armement.
L'histoire du fusil Meunier A6 Mle 1916 commence de manière inattendue. En 2008, un collectionneur américain, Ned Heidenreich, découvre un fusil semi-automatique inhabituel dans une armurerie. Les vendeurs pensaient que c’était français et qu'aucune cartouche ne semblait rentrer dedans. Ned l’achète et partage des photos sur Gunboards, suscitant un grand intérêt. Malheureusement, ces photos ont disparu du Net après le déménagement du site. Heureusement, elles ont été conservées et l'autorisation d'utilisation a été accordée pour cet article.
On doit cette arme au Contrôleur d'Armes Principal Meunier, de la Section Technique de l'Artillerie. Ce monsieur a, si l'on en croit Boudriot, quelques responsabilités déjà dans le F.S.A. A-1 réalisé avec le Capitaine Pralon (essais de 1894-1898, calibre 6 mm, 8 coups). Une carabine semi-automatique de cavalerie, appelée A-4, de calibre 6 mm à 5 coups, est dérivée de la précédente, avec toujours Meunier aux commandes. Elle est testée, avec succès selon Boudriot, en ne donnant pas toute satisfaction selon Lombard, par le 9ème Cuir, le 24ème dragon, les 7ème, 13ème et 14ème Hussard et enfin le 2ème chasseur dans les années 1900. Elle n'est pas adoptée. Un fusil A-6 de calibre 7 mm à 6 coups est testé, une fois encore avec succès. Il est même envisagé comme pouvant être adoptable en 1910 (Boudriot). Les essais et recherches se poursuivent toujours en 1912 (Lombard). Une petite série est fabriquée en 1913 (Boudriot encore) ou sa fabrication est seulement envisagée (Huon). La fabrication en grande série est mise à l'étude en 1915 en attendant ce qui sera le F.S.A. 1917 et la fabrication démarre en 1916 avec la participation de la MAC, de la MAS et de la MAT. Par exemple, la MAC fournit les ébauchés de certaines pièces mécaniques, usinées par la MAS. Certaines petites pièces, ainsi que la baïonnette, sont également fournies par la MAC à la MAT qui assure le montage de l'arme. L'arme fut essayée en 1917.
Tous les exemplaires connus ont un canon de Tulle éprouvé en 1916. En revanche, contrairement à la plupart des exemplaires en musée en France, celui-ci n'a pas sa chambre percée.
Voici les caractéristiques techniques du fusil Meunier A6 Mle 1916 :
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834 furent envoyés au front (Huon) et 18 testés au cours spécial de tir de Maisons-Laffitte (Lombard).
Le fusil porte plusieurs marquages importants :
Selon le Directeur du cours spécial de tir, l'arme avait tendance à s'échauffer. Foch jugeait le fusil trop long et encombrant dans les tranchées, préconisant des armes plus courtes et des cartouches plus petites avec les mêmes qualités balistiques (décembre 1917). Finalement, la DM 6519 d'Août 1918 reprend (entre autres) l'argument du fusil trop encombrant. Meunier tentera une dernière fois sa chance avec une version carabine sans postérité.
L'embouchoir a le rôle capital de guider le canon qui coulisse vers l'arrière lors des tirs. On aperçoit le tenon de baïonnette. Cette dernière ressemble de loin à celle du mousqueton 1892 premier type (plaquettes en fibre), mais sans quillon et la croisière est plus mince de 5 mm et plus haute. Le verrouillage arrière est plus classique que celui du mousqueton, puisqu'il copie celui de nombre de baïonnettes étrangères à ressort interne, voir françaises . La baïonnette comme le fourreau étaient au numéro de l'arme.
Pour comprendre l'évolution de l'armement, il est essentiel de revenir aux origines de l'arme à feu :
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Vers 1370, l’hacquebute, littéralement « canon à croc », est destinée à tirer en crochetant un mur ou une palissade avec son croc de fer situé en dessous de l’arme pour que le mur encaisse le recul à la place du tireur. Elle comporte un long fût de bois (ou parfois de fer), à l’avant duquel est fixé un canon de fer de courte dimension (20 à 25 cm). Son calibre fait généralement de 18 à 28 mm. Une balle ronde en plomb, de 18 mm de diamètre part à la vitesse de 130 mètres par seconde, avec une charge de 4 grammes (7 grammes au moyen âge) de poudre noire. Allumage au boutefeu à mèche ou par un ringard chauffé au rouge. (Une planche de pin de 3 cm d’épaisseur est traversée à 15 mètres). A partir de cette époque les balles rondes en plomb pour armes portatives à canon lisse seront enveloppées dans un petit carré de tissu graissé appelé « Canepin » destiné à les caler.
Le nom « carabine » provient d’un corps de gardes à cheval du roi de France Henri III qui étaient équipés d’une arquebuse à canon rayé. Le mousquet était né, son nom provient de l’italien « moschetto ». Pour des raisons de vitesse et de facilité de rechargement, le canon resta lisse, et la balle inférieure d’un à deux mm environ au calibre de ce dernier. Cette balle était enveloppée d’un « canepin , pièce de tissu graissé au suif, pour la caler dans le canon. Le nom canepin sera déformé en « calepin » à partir du 17è siècle. Vers 1520 Apparition d’une forme très réduite de l’arquebuse à rouet, le pistolet.
Le tableau récapitulatif des armes existantes dans les approvisionnements au 1er Janvier 1955 est le suivant :
| Arme | Quantité |
|---|---|
| Pistolets Automatiques | |
| PA 7,65 court | 74 950 |
| PA 7,65 long | 421 |
| PA de 9mm allemands | 555 |
| PA de 9mm Mle 50 | 354 |
| PA US cal 45 | 58 |
| Total | 169 481 |
| Pistolets Mitrailleurs | |
| 7,65 long | 627 |
| US cal 45 | 48 111 |
| Allemands et Anglais 9mm | 58 |
| PM MAT 49 | 207 181 |
| Total | 346 972 |
| Fusils | |
| Fusils 36 et 36 CR | 391 85 444 |
| Fusils 36/51 | 19 437 |
| Carabines US | 186 542 |
| Fusils US cal 30 | 369 371 |
| FSA 49 | 21 438 |
| FSA US cal 30 M1 | 237 703 |
| Armes de 8mm | 236 608 |
| Armes Allemandes de 7,92 | 138 497 |
| Total | 1 395 040 |
| Fusils Mitrailleurs | |
| FM 24/29 | 23 530 |
| US Cal 30 | 20 597 |
| Total | 44 127 |
| Mitrailleuses | |
| cal 8mm Mle 14 | 8 025 |
| cal 7,5 Mle 31 | 4 303 |
| US cal 30 | 15 554 |
| US cal 50 | 22 768 |
| Total | 50 650 |
En 1955, aucune arme longue n'était disponible en quantité dans ce calibre, la fabrication du FN FAL venant juste de débuter, le M14 n'arrivant qu'en 1957 le Cetme modèle C en 1958 et le G3 en 1959. Si on regarde de plus près, on constate que l'armée française disposait en janvier 1955 de 1 395 040 fusils, dont 226 319 chambrant la cartouche de 7.5mm modèle 29, 236 608 chambrant la munition de 8mm modèle 1886, 138 497 celle de 8mm Mauser, et 606 874 fusils tirant la cartouche de 7.62X63, nommée .30 rifle par les américains et 7.62 par l'armée française.
Si on tiens également compte du fait que près de la moitié des FM sont des BAR, et que plus de la moitié des mitrailleuses sont des Browning de .30, il n'y a guère de doute qu'un pays en pleine reconstruction ne pourrait se permettre d'envisager de se rééquiper entièrement à neuf.
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Pour le collectionneur, c'est sûrement vrai, mais pour les responsables de la logistique, quel foutoir. Il devaient faire fabriquer pas moins de 4 calibres d'armes de poing/PM et 5 calibres d'armes d'épaule, et ensuite, les distribuer aux bonnes unités au bon moment.
Le fusil MAS 1949-56 est un fusil semi-automatique français conçu après la Seconde Guerre mondiale et utilisé par l'Armée française jusqu'aux années 1960. Sa conception s'inspire de l'expérience acquise avec le MAS 1936 et le MAS 1949. Ce modèle est un symbole de l'armement militaire français d'après-guerre, combinant robustesse, fiabilité et puissance de feu.
Entré en service à l'aube des années 1980, le FAMAS Mle F1 reste aujourd'hui le fusil automatique classique de l'armée française. Toutefois, l'armée de Terre se prépare à lancer un appel d'offres international pour lui trouver un successeur car il est arrivé en « butée d'évolution » malgré ses qualités qui en font encore aujourd'hui une arme de premier plan.
Un discours prononcé en 1920 devant l'assemblée de la Société amicale de secours de l'École polytechnique met en lumière la contribution de l'École à la restauration de la France après les désastres de la guerre. Avant 1914, l'École a formé de grands noms comme Séré de Rivière, de Miribel, le général Delanne, Ferber, Renard et Vieille. Pendant la guerre, toutes les sciences ont été mises à contribution, de la métallurgie à la balistique, en passant par l'acoustique, la chimie, la mécanique et la photographie.
Au front, 704 élèves de l'École sont tombés pour la France. Parmi les grands artisans, on compte Nivelle, Fayolle, Maunoury et Joffre. L'avenir dépend des générations présentes et futures, qui doivent s'engager dans la bataille économique des nations en utilisant la science dans l'industrie, l'agriculture et le commerce.
La pénétration intime de ces activités, rappelant sous nos jeunes drapeaux la Victoire qu'ils n'ont jamais vue, et qui ne devra plus les quitter. Voilà bien quelques titres légitimant notre École science, industrie, finance, semble devenir la loi inéluctable du progrès.
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