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Nous continuons la description de l’équipement du fantassin, celui qu’il avait au tout début de la guerre. Au début de la guerre, les cartouchières ont subi 2 modifications depuis 1887, date de leur mise en service. En juin 1913, le mode de fermeture est modifié.

A l’entrée en guerre, les soldats sont équipés du ceinturon modèle 1845. Il est en cuir côté chair à l’intérieur et vers l’extérieur ciré en noir. Un côté est muni d’une grosse plaque en cuivre alors que l’autre d’un anneau plat cousu au ceinturon. Le principal inconvénient du ceinturon réside dans la manière d’ajuster sa longueur, qui n’est pas du-tout pratique.

En effet, l’ajustement se fait en faisant coulisser et glisser en force le cuir sous l’attache de la boucle. Le surplus de cuir est ensuite maintenu plaqué grâce à un passant mobile. En plus de cela, la boucle en cuivre est assez imposante et ne passe pas dans les passants des cartouchières et du porte-baïonnette. Ce nouveau modèle est distribué en 3 tailles : 110, 115 et 125 cm.

Le rôle du ceinturon est tout autre, il fait partie de l’uniforme à part entière. Y sont accrochés les 3 cartouchières pouvant contenir jusqu’à 40 cartouches chacune, 5 paquets de 8, donc 120 en tout. Les cartouchières sont si lourdes que des bretelles de suspension sont nécessaires pour aider à maintenir le tout. Le ceinturon du fantassin date de 1845 et ses dimensions sont réglementées. Cuir noir de 53 mm de large.

Pour le fermer, on a retenu le système de boucle coulissante en cuivre. Système pratique lorsque l’on ne porte rien mais qui devient inadapté quand on voit le poids de l’équipement à soutenir. Ce ceinturon se desserre tout le temps. Il sera peu à peu remplacé par le modèle 1903, modèle dont l’attache est à double ardillon (pointe de métal qui s’insère dans des œillets).

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Sur le devant du ceinturon, se trouve une plaque en cuivre du plus bel effet. A la mobilisation, le modèle 1873 est le plus courant, cependant, jugé trop voyant à cause des reflets des rayons du soleil sur la boucle en cuivre, il est petit à petit remplacé par le modèle 1903. Les bretelles de suspension, que l’on peut également appeler « brelage », servent à soutenir le poids des 3 cartouchières.

Elles sont confectionnées en cuir noir retourné. Elles sont formées de 3 branches en Y qui sont reliées ensemble par un anneau dorsal en laiton. A chaque extrémité, un crochet en cuivre vient se crocheter à l’anneau de la cartouchière. A l’entrée en guerre, les soldats sont équipés des 3 cartouchières modèle 1888. Deux sont ventrales et une est dorsale.

Elles sont fixées au ceinturon grâce à 2 passants en cuir, et aux bretelles de suspension par 1 anneau métallique. Chacune peut contenir jusqu’a 5 paquets de 8 cartouches, soit 40 cartouches par cartouchière. En 1905, une modification est apportée. Très vite, un défaut est constaté : si le crochet de la bretelle de suspension vient à se décrocher, le haut du triangle, en raison du poids de la cartouchière, glisse sous la bande de cuir verticale, puis sous le ceinturon et la cartouchière tombe au sol.

Évolution et Modèles de Cartouchières

Ces modèles sont les héritiers de la poche à cartouches mle 1869, et apparaissent pour les plus anciens à la fin du 19ème siècle. Ils seront encore en dotation jusqu’à la défaite de 1940, moyennant si nécessaire quelques modifications. La fabrication du mle 16 se fera encore après 1945 mais sera vite interrompue par celle du mle 45.

Avant 1914, les équipements en cuir sont, à l'exception de ceux de la cavalerie, toujours en cuir noirci. Ce n'est qu'à partir de 1914, que le cuir fauve remplace progressivement le cuir noirci. Tous les modèles antérieurs au mle 1916 seront concernés et déclinés dans les deux types de cuir. A ma connaissance, la cartouchière mle 1916 est la seule à n'être fabriquée qu'en cuir fauve. Il est à noter que de nombreux exemplaires en cuir fauve ont été teintés en noir car utilisés par la Gendarmerie (voire l'armée de l'Air). Le dé métallique est très souvent supprimé car les bretelles de suspension ne sont pas utilisées par ces militaires.

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La durée de vie de ces équipements était longue, parfois jusqu’à usure complète, d'où l'état de certaines pièces retrouvées aujourd'hui. Il faudra attendre 1916 pour avoir une uniformisation du cuir fauve. Des exceptions existeront, la preuve avec cet autochrome :

Ce poilu du 37ème de Ligne présente un équipement en cuir noirci avec au moins une poche à cartouches mle 1869 (ancêtre du mle 1888, « modernisée » avec l’ajout d’un dé métallique pour les bretelles de suspension). La photo se situe probablement fin 1915/début 1916.

En période de pénuries, des versions faisant appel à diverses toiles seront fabriquées. Elles reprendront globalement la forme des mles 1888 et 1905 avec parfois un mélange des deux (notamment les passants de ceinturon). En 1940 le mle 1916 sera aussi fabriqué en toile kaki.

A titre de comparaison, voici une poche à cartouches mle 1869, celle-ci n'a pas été modifiée par l'ajout d'un dé métallique pour les bretelles de suspension. Son utilisation se situerait donc avant les années 1890. Le cuir est caractéristique de ce modèle, il a un aspect grenelé. L'extrémité de la patte de fermeture est carrée, cela indique un fabrication post guerre de 1870 (celles de cette époque étant avec l'extrémité pointue). Le bouton de fermeture est en laiton avec une couture de renfort.

Mle 1888

Cette cartouchière fait son apparition peu après l'adoption du fusil Lebel. Sa particularité par rapport aux modèles plus anciens, est qu'elle est dotée d'un dé métallique conçu pour être utilisé avec des bretelles de suspension. Elle ne sera utilisée massivement qu'à partir des années 1900, le temps d'user les autres modèles encore disponibles en grandes quantités. On la reconnait à ses deux passants verticaux pour l'attache au ceinturon et le bouton de fermeture est en fer étamé renforcé par une pièce de cuir avec couture circulaire.

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C'est en quelque sorte une version réduite et simplifiée de la poche à cartouche mle 1869.

Mle 1905

La différence principale avec le modèle 1888 réside dans la forme du passant de ceinturon, qui est trapézoïdal (avec renfort au niveau du dé métallique) et non plus composé de deux pattes verticales. Le côté pratique est que la cartouchière peut être retirée du ceinturon en sortant le passant. De plus, une languette interne fait son apparition, elle a pour but d'éviter la perte du contenu si la cartouchière venait à s'ouvrir accidentellement. Cette languette est cousue sur le verso et orientée vers le haut. Le bouton de fermeture est en fer étamé pour les fabrications d'avant-guerre.

Mle 1916

La différence principale avec le modèle 1905 se situe au niveau du passant de ceinturon qui est toujours trapézoïdal, mais avec un dé métallique dont la couture ressort du renfort de cuir et vient buter sur celui-ci. Cette modification permet d'éviter que le passant trapézoïdal ne sorte si la bretelle de suspension venait à se détacher accidentellement. De plus, la languette interne est désormais cousue sur le recto de la cartouchière et orientée vers le bas. Auparavant, sur le modèle 1905, la languette était orientée vers le haut ce qui l'empêchait de jouer son rôle anti perte de cartouches.

Les variantes atypiques

C'est une catégorie qui vise à regrouper des exemplaires n’appartenant pas aux modèles 1888, 1905 ou 1916, mais qui ont été modifiés pour être utilisés ces derniers.

Cartouchière mle 1898 de la Cavalerie, modifiée par l'ajout d'un dé pour les bretelles de suspension. La languette d'attache au ceinturon mle 1891 a été coupée. Équipement déjà déclassé au début de la guerre, il a été « modernisé » par l’adjonction d’un dé métallique, puis réutilisé par le 75ème Régiment d'Artillerie (R.A.L.G.P. ?), comme le spécifie l’estampille.

Cette modification est intervenue soit pendant la guerre, pour équiper les troupes ne nécessitant pas d’équipements dernier cri, ou soit intervient dans les années 20 pour épuiser les stocks de cartouchières déclassées en les « modernisant » :

Les cartouchières spéciales

C’est une catégorie qui regroupe des cartouchières conçues réglementairement pour une utilisation bien précise.

Cartouchière conçue pour accueillir le pistolet RUBY et deux chargeurs. Elle faisait office de cartouchière dorsale pour les tireurs au F.M. Chauchat. Avec l'apparition du F.M. mle 24/29, cette cartouchière est devenue inutile, elle a été convertie (suppression des compartiments pour les chargeurs), afin d'être utilisée comme une cartouchière normale. Ici, les coutures des compartiments de chargeurs sont toujours présentes mais les pièces de cuir à l'intérieur ont bien disparu. De plus les traces laissées par la boucle du ceinturon suggèrent une utilisation ventrale et non dorsale. Cet exemplaire est daté 1917 :

Les variantes de circonstance en 1940

Fabrication du second trimestre 1940 avec un dé arrondi à la place du modèle classique.

Un second exemplaire daté du second trimestre de 1940 avec une boucle à ardillon étamée à la place du dé classique.

Un troisième exemplaire de circonstance avec une boucle carrée.

Les fabrications après 1945

Après la défaite de l'Allemagne, les équipements de l'ancien modèle (mle 16, etc.) et du nouveau (mle 35, etc.) seront encore fabriqués, au moins en 1945 et 1946. Les cartouchières en font donc partie.

Cartouchière mle 16 avec un timbre d'admission de 1946, le bouton de fermeture est en aluminium.

Une autre cartouchière mle 16 des années 45/46 mais sans date avec un tampon de faricant mentionnant Toulouse. Un autre tampon losangique stipulant une réparation nécéssaire est présent mais très peu visible. Cette cartouchière utilise un fil noir très spécifique et caractéristique de ce fabricant.

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