L'histoire du 111e Régiment Territorial d'Infanterie pendant la guerre 1914-1918 est marquée par la mobilisation, l'occupation de secteurs stratégiques et les combats acharnés sur différents fronts.
Le 111e régiment territorial d'infanterie, formé d'éléments provenant de la subdivision de Montélimar et du bureau de recrutement de Lyon Central, se mobilise à Montélimar (dépôt du 52e R. I.) du 2 au 5 août 1914. Il est commandé par le lieutenant-colonel JAISSY. Dans le principe, il est destiné à l'occupation de la frontière des Alpes.
Le 5 août 1914, le régiment, constitué à deux bataillons à l'effectif de 30 officiers et 2.081 hommes de troupe, est embarqué en chemin de fer à Montélimar à destination de Chorges (Hautes-Alpes). De là, il est dirigé par étapes vers les vallées de la Haute-Ubaye et de l'Ubayette qu'il doit occuper. Le 11 septembre, l'état-major se porte à Condamine, le 1er bataillon à Jausiers et le 2e bataillon à Condamine; des détachements sont laissés à Viraysse, Roche-la-Croix, Meyronnes, Saint-Paul-sur-Ubaye, Tournoux.
Le 27 septembre, le 111e régiment territorial quitte ses cantonnements, rejoint Chorges et Savines, où il est embarqué en chemin de fer, le 30, à destination du camp de la Valbonne.
Du 1er au 6 octobre 1914, le régiment est organisé en régiment territorial de marche pour entrer dans la constitution de la 94e division territoriale. Le 6 octobre, le régiment est embarqué en chemin de fer et dirigé sur la gare régulatrice du Bourget, où il reçoit comme destination Villers-Cotterêts.
Lire aussi: Tout savoir sur le transport d'armes
Débarqué à Villers-Cotterêts le 7, le régiment gagne en deux étapes le village de Septmonts (6 kilomètres sud-est de Soissons). Il est rattaché à la 55e division de réserve commandée par le général LEGAY; cette division fait partie du 5e groupe de division de réserve saus les ordres du général LAMAZE (VIe armée, général MAUNOURY). Du 7 au 16 octobre, le régiment est employé à des travaux de tranchées en avant de Septmonts ; les 2e et 3e compagnies sont détachées à Soissons pour assurer un service de garde dans cette ville et participer à des travaux de défense.
Le 17 octobre, le régiment passe à la 69e division de réserve dont le quartier général est à Braisne. L'état-major du régiment est à Courcelles, les compagnies dans les importantes fermes de Monthussart, Crévecœur et Vauberlin. Les compagnies détachées à Soissons ont rejoint leur bataillon. Le régiment est immédiatement employé à la construction de retranchements sur le plateau qui se trouve au nord de ses cantonnements.
Le 30 octobre, à la suite d'un violent bombardement, l'ennemi prononce une attaque vigoureuse sur le secteur de Vailly. Le 111e reçoit l'ordre d'occuper les tranchées qu'il avait creusées sur le plateau à l'est de Brenelle. Une section de la 2e compagnie, commandée par l'adjudant DELERCE, reçoit l'ordre de défendre une maison du village. Après plusieurs heures de combat, l'adjudant DELERCE reçoit l'ordre de se retirer au sud du canal. Le lendemain, l'adjudant DELERCE rejoignait sa compagnie avec le reste de sa section qui avait perdu 1 sergent, 3 caporaux et 37 soldats tués, blessés ou disparus. La belle conduite de l'adjudant DELERCE dans cette affaire lui valut une citation à l'ordre du régiment.
Le 2 novembre, nouvelle attaque des Allemands sur Soupir. La 7e compagnie, qui se trouve à Bourg-et-Comin dans le voisinage de l'action, n'a que deux soldats blessés. A la même date le régiment passe, sur place, à la lre brigade, lre division du 1er corps d'armée (Ve armée). Le 9 novembre, il repasse à la 69e division de réserve. Le 16 novembre, l'état-major s'installe à Limé. Le 1er bataillon et la compagnie hors rang cantonnent à Limé; le 2e bataillon dans les fermes de Crèvecœur et de Monthussart. Le 18 novembre, les lre et 5e compagnies, mises à la disposition du général commandant la lre division d'infanterie, vont cantonner à Dhuizel ; elles effectuent des travaux de défense sur les deux rives de l'Aisne, près de Soupir, à proximité immédiate des tranchées ennemies. Pendant toute cette période et jusqu'au 2 décembre le régiment continue à travailler à l'organisation des tranchées sur le plateau de la rive méridionale de l'Aisne entre Bourg-et-Comin et Brenelle.
Le 2 décembre, le régiment passe sous les ordres du général commandant la 138e brigade. Il est employé à la garde des tranchées de première ligne situées au sud de l'Aisne, entre Cys-la-Commune, Presles et Boves, jusqu'au 15 avril 1915. Le chef de bataillon qui commande le bataillon aux tranchées a son P. C. à Presles. L'état-major et la compagnie hors rang s'installent à Brenelle, avec le bataillon au repos qui relève périodiquement le bataillon aux tranchées. Pendant cette période le régiment, qui débute dans l'occupation d'un secteur, assure la sécurité de son front par de nombreuses patrouilles de nuit et mérite ainsi, par son activité combattive, les compliments du général BERDOULAT, commandant la 69e division.
Lire aussi: Réglementation TIR pour les camions
En effet, dans la nuit du 3 au 4 décembre, une patrouille de la 2e compagnie s'était heurtée à un important détachement ennemi et avait dû se replier. L'ennemi l'avait suivie et avait bousculé un poste d'écoute de la 6e compagnie. La patrouille perdit 2 soldats tués, 1 sergent et 1 soldat blessés, 4 soldats disparus.
Dans la nuit du 10 au 11 décembre, un de nos postes d'écoute (6e compagnie) est attaqué sans succès en avant de Presles par une patrouille allemande; un soldat est tué. Dans la nuit du 30 au 31 décembre, la 3e compagnie a encore un sergent tué et deux soldats blessés au cours d'une reconnaissance faite sur les bords de l'Aisne. Le 23 janvier, pendant un violent bombardement dirigé sur Presles, la lre compagnie a un caporal tué et un adjudant blessé. Le 9 février, le village de Presles est l'objet d'un bombardement intense; nous avons quatre tués et un blessé. Au nombre des tués se trouve le sergent-major LAVIROTTE.
Les 2 et 5 mars, le village et les tranchées de Presles subissent un sérieux bombardement. Un caporal et trois hommes sont tués. Le 10 mars est créé au régiment une compagnie de mitrailleuses à trois sections. Le 21 mars, à 17 heures, le village de Brenelle est bombardé; le sergent ROCHE (Auguste), de la 6e compagnie, est gravement blessé; il dut, par suite, être amputé delà jambe et reçut la Médaille militaire. Deux soldats sont également blessés.
Le 13 avril, en vue d'un déplacement, le régiment est retiré des tranchées et cantonné à Brenelle et Augy.
Le total des pertes subies du 17 octobre 1914 au 13 avril 1915, à Vailly, dans les tranchées en avant de Presles et au cours des patrouilles et reconnaissances, est de :
Lire aussi: Lanceur de sangle pour camion : mode d'emploi
Le 15 avril, le régiment est transporté par camions automobiles à Champigny, secteur ouest de Reims; il fait partie de la division provisoire général TASSIN, 3e corps d'armée, Ve armée. L'état-major du régiment et le 1er bataillon sont cantonnés à Champigny, le 2e bataillon va occuper les tranchées. Celles-ci s'étendent à l'ouest des Cavaliers de Courcy (rive ouest du canal de l'Aisne à la Marne), sur un front de 1 kilomètre environ, au nord de la verrerie de La Neuvillette. L'occupation de ce quartier est assurée conjointement par des compagnies du 284e régiment de réserve et des compagnies du IIIe territorial. Le Cavalier même, dont la tranchée de tête est à environ 60 à 80 mètres de l'ennemi, est toujours occupé par une compagnie active; une autre compagnie active est également en réserve à la Verrerie.
Trois compagnies du IIIe territorial occupent les tranchées de première ligne dans la plaine à l'ouest du Cavalier; la quatrième est en soutien en arrière de la gauche dans des abris creusés dans le revers de la chaussée de la route nationale no 44, à environ 1 kilomètre à l'ouest de la Verrerie.
Le 23 avril, le lieutenant-colonel J AISSY est obligé, par suite de fatigue, d'abandonner le commandement du régiment, et est évacué sur l'arrière. Le 27 avril le chef de bataillon BERNARD, du 23e R.1. T., prend le commandement du IIIe. Il devait être promu lieutenant-colonel le 5 mai.
Pendant cette période, qui dure du 28 mai au 10 juin, l'état-major du régiment et deux compagnies du bataillon au repos sont cantonnés au Château des Maretz, les autres compagnies à Courcelles. Le 10 juin, le régiment est relevé dans les tranchées.
Pendant l'occupation des tranchées de La Neuvillette, du 15 avril au 10 juin, les pertes sont légères :
Le 11 juin, le régiment s'embarque en chemin de fer à la gare de Muizon, à destination de Saint-Hilaire-auTemple d'où il gagne ses cantonnements à Verzy, VillersMarmery. Cette courte période est employée à la remise en main des unités et à l'instruction.
Le 26 juin 1915, le régiment est mis à la disposition du 16e corps d'armée; il est enlevé par convoi automo- bile; l'état-major du régiment débarque à SommeTourbe où il est cantonné avec la compagnie hors rang, le 1er bataillon à Somme-Suippe, le 2e bataillon à SommeTourbe. Le 1er bataillon se rend aux abris de dabane et Puits, le 2e dans différents camps et baraquements de la vallée de Tourbe, entre le moulin de la Salle et Miraucourt.
Le 1er bataillon travaille pour la 32e division d'infanterie, secteur de Perthes, et le 2e bataillon pour la 31e division d'infanterie, secteur de Beauséjour et Maisons-de-Champagne. Le travail doit consister dans l'établissement et l'achèvement des parallèles de doublement et de soutien de la première ligne dans les secteurs des deux divisions. Ces secteurs sont actifs et le travail de terrassement et de creusement des tranchées, de pose de réseaux de fil de fer, exécuté presque exclusivement de nuit, en partie sur l'ancien champ de bataille du début de l'année, est pénible.
Les pertes subies pendant cette période sont les suivantes :
Le 9 août 1915, le régiment se rassemble au camp de la Grand'Route, à 2 kilomètres environ à l'ouest de SommeTourbe; le 10, il quitte le camp pour se rendre en deux étapes à Mourmelon-le-Grand où il est remis à la disposition du 4e corps d'armée pour travailler aux ouvrages de la deuxième position. L'état-major du régiment cantonne à Mourmelon-le-Grand; le 1er bataillon occupe le camp de la Pyramide de Baconnes, Thuizy, les PetitesLoges, Sept-Saulx. Le 2e bataillon cantonne dans les baraquements du camp de Châlons et dans les abris du bois de la Lyre.
tags: #camion #mitrailleuse #valbonne #histoire