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Avec nos yeux du XXIe siècle, les armes à piston ne nous semblent pas si différentes, tant au niveau de leur ligne que de leur mode de fonctionnement, des fusils An IX à silex du Premier Empire. Pourtant, le piston, c’est une révolution ! Grâce à la percussion à amorces, le nombre de ratés et la cadence de tir vont évoluer en sens inverse.

Restera encore à vaincre l’idée reçue qu’il est plus prudent de séparer l’amorce de la cartouche pour un jour aboutir à la cartouche papier du Chassepot, puis aux cartouches à percussion centrale. Ce qui prendra encore fort longtemps, à cause d’un essai surréaliste de 1838.

Le Système 1840 : Un Fiasco Novateur

Reprenant tous les principes du système Gribeauval et de son silex 1777, combinés avec les expérimentations commencées dans les années 1830 sur les amorces, les carabines à tige et les fusils de rempart du Directeur Pontcharra, constituant le très novateur système 1840 à piston, furent néanmoins un fiasco. En grande partie à cause de soucis de fixation par forge de la masselotte de la cheminée qui transmet le feu de l’amorce à la poudre logée dans le canon. Le problème était sidérurgique plus qu’armurier.

On décida de repasser de l’acier au fer et tout fonctionna mieux. Un retour en arrière sidérurgique contre un progrès armurier. La vie est parfois contrariante.

Le Système 1842 : Une Arme Fiable et Robuste

Le système 1842 fut donc le premier à proposer une arme à percussion, construite neuve dans ce système (et pas transformée du silex) ayant résolu les problèmes de fixation de la cheminée et de solidité des canons. D’une solidité proverbiale, le système 1842 servira la France en Crimée, en Italie et au Mexique ainsi que sur de nombreux terrains extérieurs (Algérie, Afrique,…), contribuant à conforter partout la réputation de la Furia Francese.

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Différences entre l'arme de gendarmerie et l'arme d'infanterie

L’arme de Gendarmerie se distingue de l’arme d’infanterie par sa longueur (1,15m contre 1,47m pour l’infanterie) et surtout ses garnitures qui sont en laiton y compris la plaque de couche (en fer sur les « infanterie « ) alors que les battants et la sous-garde restent eux en fer (mais le pontet lui est en laiton!). Mélange réglementaire de métal qui rend l’arme, ma foi, assez harmonieuse au regard. La capucine fait également office de grenadière. Une très belle arme esthétiquement.

Focus sur un Modèle 1842 Exceptionnel

Notre arme est un pur 1842 d’origine et c’est très rare. Il n’a pas été rayé comme 90% de la production et sa platine n’a as été changée. Il s’agit bien de sa platine d’origine du modèle 1842 (qui est en fait une platine modèle 1840 sur ces 1842 non modifiés ultérieurement) en 107mm de long.

En effet, lors de la mise en rayure de ces armes vers 1857/60, c’est la possibilité ou non d’échange des canons (et des platines par ricochet, on va le voir) qui, en quelque sorte détermina le millésime de l’arme. Notre arme est à cet égard tout à fait exceptionnelle. Elle a échappé à ces deux modifications et est restée « pure 1842 ».

Avec sa platine d’origine (bien au numéro comme son logement dans le bois d’ailleurs - j’ai vérifié) 1842 de 107 mm, un canon non rayé, et une queue de culasse bien marquée « 1842 », notre mousqueton n’a donc subit aucune transformation ultérieure et est à 100% conforme au modèle adopté en 1842.

La Crosse : Un Noyer d'Exception

La crosse est taillée dans un très beau noyer inconcevable de nos jours en dehors d’une arme de chasse haut de gamme. Pas de fissure, pas d’enture et assez peu de traces de manipulation au final. Si le numéro d’arme a disparu, le macaron est encore partiellement lisible et montre bien que le bois vient bien de la manufacture de Tulle comme la platine. Arme bien homogène.

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Il me semble deviner aussi un « 6 » en fin de date au macaron cohérent avec celle du canon (1846) - bille de buis présente et mention « MR » pour Manufacture Royale bien lisible.

Détails de la Platine et du Canon

La platine est bien marquée de la Manufacture Royale de Tulle (nous étions sous Louis-Philippe 1er) , du modèle 1840/42 comme déjà indiqué (au numéro « 13 » dans ses pièces internes d’ailleurs que l’on retrouve aussi sur les vis de l’arme). Ses cliquetis sont aussi nets que musicaux, avec un chien sans jeu, au fort quadrillage réglementaire. Elle porte de poinçon « D couronné » de Dumond, Inspecteur à Tulle de 1842 à 1856.

La queue de culasse porte un beau marquage « 1842 » bien net et également le nouveau modèle de hausse fixe à cran unique, identique à celle du 1822 T, qui est forgée directement dans la masse de la culasse. Sur la face droite du canon figure également la date « 1846 » bien lisible (conforme au « 6 » encore lisible du macaron de crosse) ainsi que le sigle » MR » de la Manufacture Royale. Ce n’est donc pas un remplacement. Il porte lisiblement les poinçons C et L en losange. Le second est sans doute celui de l’inspecteur Lunel. Le canon est sain et non oxydé. Non rayé évidement.

Garnitures et Baguette

Les garnitures sont bien conformes au règlement et surtout bien homogènes aux deux poinçons, « M » de Dieudonné Montrieux contrôleur des garnitures 1844 à 1849, et « L » qui est sans doute celui de Leleux Hypolite-Joseph actif à Tulle de 1846 à 1864. L’arme est présentée avec une baguette en repro conforme au règlement de 1842 (Ce n’est pas celle des « 1842 T »), de section légèrement plus importante et « en bouchon ».

Conclusion : Une Arme d'Exception pour Collectionneurs

Bref une arme réglementaire très homogène, pas bricolée et en excellent état. Un état rare surtout quand on voit le nombre de 1842 en mauvais état et/ou abusivement « poncés » avec des marquages et poinçons très atténués ou effacés présents sur le marché.

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Cette arme, rare du fait de sa conformation propre au modèle d’origine 1842 non modifié, fera honneur à votre collection de réglementaires français. Elle rend surtout encore hommage aux fabrications de nos Manufactures et à toutes ces humbles existences ouvrières passées à produire un travail bien fait par fierté de son métier.

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