La dernière fois que les joueurs ont pu avoir en main un jeu estampillé Metal Gear, c’était il y a (déjà) plus de deux ans avec Metal Gear Solid V.
Un titre marqué par un contexte houleux qui voyait le divorce entre Hideo Kojima, créateur de la saga, et son employeur de près de 30 ans, l’éditeur Konami.
Cette friction en plein développement accouchait d’un jeu amputé de sa véritable fin, laissant les fans légèrement sur leur faim.
A tel point que certains d’entre eux ont longtemps théorisé un chapitre final caché. Il n’en était rien.
Hideo Kojima quittait sans ménagement la société nippone, créait dans la foulée Kojima Productions pour s’associer avec Sony sur le développement de Death Stranding.
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Des fans qui, pour l’immense majorité, ont espéré que leur saga tant aimée puisse reposer en paix après le départ de son créateur.
Très rapidement, Konami tirait une première banderille sur ces espoirs en présentant le Pachinko Metal Gear Solid 3. Première indignation collective, de faible ampleur cependant puisque la machine se contentait de rester au Japon.
La seconde salve arrivera en 2016 avec la présentation de Metal Gear Survive. L’indignation des fans sera cette fois-ci beaucoup plus forte, d’autant que dès les premières images, ils constatent que Konami transforme la licence en un jeu de survie avec des zombies.
Aux antipodes donc de ce que la saga a offert durant des décennies. L’éditeur nippon aura beau préciser qu’il s’agit là d’un spin-off de MGS V, la colère des joueurs demeurera intacte jusqu’à la sortie du jeu le 22 février.
Pour ma part, fan absolu de Metal Gear, j’ai fait partie des indignés de la première heure, fustigeant l’orientation prise par ce spin-off et par l’exploitation d’une licence qu’on aurait dû laisser tranquille.
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Avec le temps, j’ai tout de même mis de l’eau dans mon vin et j’ai voulu garder l’esprit un tant soit peu ouvert pour voir ce que la franchise pouvait avoir à offrir même si son génial créateur avait disparu du paysage.
Spin-off de MGS V oblige, le scénario débute en faisant le pont entre les deux titres.
Dans Metal Gear Survive, on incarne en effet un soldat se trouvant sur la Mother Base lors de son attaque par l’unité XOF à la fin de Ground Zeroes.
On découvre d’ailleurs que notre nouveau héros a sauvé la vie de Big Boss en abattant un ennemi sur le point de descendre son hélico.
Alors que la Mother Base est réduite en cendres après la bataille, les affres des combattants restants ne sont pas finis puisqu’un gigantesque trou de ver, sorti de nul part, s’ouvre et aspire nombre de soldats.
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Après avoir lutté contre l’attraction, en tentant en vain de sauver un camarade au passage (quelle bonne pâte quand même), notre personnage finit à la mer après la fermeture du trou de ver dans lequel il a malencontreusement laissé un bras… et il est retrouvé mort quelque jours plus tard dans la flotte.
Son corps est repêché et il attire l’attention d’un certain Goodluck qui ramène notre personnage à la vie et fait repousser son bras à l’aide d’une mystérieuse infection.
Tout ça pour nous balancer via un autre trou de ver sur Dite, une planète mystérieuse, présentée comme un univers parallèle, où pullulent des Errants… des zombies pour faire simple.
C’est là que l’on nous présente les objectifs de notre mission qui débute : retrouver le Charon Corps, une unité envoyée sur Dite avant nous, et trouver un moyen de soigner l’infection censée, à terme, transformer en zombie. Mission urgente s’il en est, surtout que l’on en est porteur.
Autant le dire tout de suite, le scénario de Metal Gear Survive aurait très bien pu servir à un film de série Z.
La trame est plate, faussement complexe et le seul véritable rebondissement ne fait pas mouche.
La faute notamment à des personnages complètement creux, à commencer par le principal.
En effet, le protagoniste que l’on incarne est aussi bavard que ce pauvre Bernardo, l’acolyte de Zorro (c’est à dire pas un seul mot).
Cela entraine d’ailleurs des situations rocambolesques lorsqu’à certains moments, la logique voudrait qu’il s’exprime et qu’il ne le fait pas alors que sa vie en dépend.
L’ensemble des dialogues entre les autres protagonistes ne se font qu’à l’aide d’écrans statiques où les textes s’affichent dans des encadrés. Impersonnel au possible.
Quelques rares cinématiques viennent ponctuer l’aventure mais bien trop peu pour rendre tout ça vivant, marquant ou touchant.
Je ne m’attendais pas à monts et merveilles pour le scénario, mais je ne m’attendais pas à si pauvre non plus.
La comparaison avec ce que la saga Metal Gear, sous la plume du maitre Kojima, nous a offert dans le passé est très peu flatteuse pour ce spin-off.
On le sent bien, le scénario n’est qu’un prétexte, il n’est en aucun cas un pilier du jeu.
Puisque le scénario déçoit, tournons nous alors vers le gameplay. Metal Gear Survive s’appuie sur les bases solides posées par MGS V, ce qui forcement en fait d’emblée une force indéniable tant la dernière œuvre à ce jour d’Hideo Kojima frôlait la perfection à ce niveau là.
La nouveauté vient surtout de tout le côté survie du titre (oui, ça s’appelle pas Survive pour rien).
Le premier aspect qui viendra rapidement sauter aux yeux du joueur concerne la gestion de la faim et de la soif.
En effet, au fur et à mesure que le temps avance, ces deux conditions vont se dégrader et avoir une conséquence directe sur nos capacités.
La faim va avoir un effet sur notre jauge de vie : plus on a faim, moins nos PV maximums seront élevés.
La soif, elle, aura le même impact sur notre jauge d’endurance qui nous permet de sprinter ou de progresser accroupi.
Le principe est à la fois cohérent et sympathique mais les pourcentages de faim et de soif descendent à une vitesse déconcertante.
De plus, elles continuent à descendre même lorsque l’on est dans les menus, on peut parler de léger abus.
Viendra d’ailleurs se greffer à ces deux paramètres, la jauge d’oxygène dans les zones recouvertes de cendres.
Pour survivre dans un milieu hostile, il est peu avisé de se contenter d’errer dans la pampa en permanence.
Le mieux reste d’établir un camp de base, ce qui amène alors l’un des atouts de ce Metal Gear Survive.
Il nous est demandé d’établir un point d’encrage d’où l’on pourra préparer nos explorations.
Au début du jeu, le strict minimum nous est proposé : un feu de camp pour cuire nos repas et des établis pour réparer notre équipement.
En effet, toute une palanquée de matériaux se trouvent sur notre chemin comme de l’aluminium, du bois ou des chiffons mais également de l’eau ou des animaux qu’il conviendra de chasser pour leur viande ou leur peau.
Le but de cette véritable razzia est de nous permettre de nous fabriquer d’une part de l’équipement et un arsenal de qualité mais d’autre part de développer et fortifier notre base.
Cet aspect là de Metal Gear Survive est vraiment agréable pour les fanas de crafting.
On se prend facilement au jeu d’aller chercher les matériaux nécessaires pour se fabriquer l’arme la plus puissante à notre disposition ou bien pour construire l’infrastructure qui nous permettra d’assurer notre survie comme un purificateur d’eau ou un potager.
Il faudra également penser à la sécurité du camp puisque des zombies viendront parfois nous chercher des poux.
Pour ce faire, on finira par obtenir la possibilité de poser des barrières et autres barbelés ainsi que des mitrailleuses, mortiers et pièges en tout genre.
C’est d’ailleurs ce système qui est retenu pour le mode multijoueur. Ce mode jouable jusqu’à 4 propose de défendre un point avec vos camarades de jeu en le protégeant du mieux possible contre 3 vagues successives de morts-vivants.
Présenté comme extrêmement stratégique et nécessitant un travail d’équipe bien millimétré, j’ai rapidement constaté qu’il n’en était rien.
A partir du moment où chacun des joueurs remplit plus ou moins bien sa part d’abattage de zombies, il est assez facile de terminer la mission, même dans la difficulté la plus élevée.
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