L'histoire des armes à feu est riche et complexe, marquée par des innovations constantes et des adaptations aux besoins militaires et civils. Du feu grégeois à la poudre noire, en passant par les arquebuses et les mitrailleuses, chaque étape a contribué à façonner les conflits et les technologies modernes.
Au VIIème siècle, le feu grégeois, un mélange visqueux de poix, naphte et soufre, était projeté chaud et liquide sur l’ennemi. Au VIIIème siècle, les Chinois inventèrent la poudre noire, un mélange de salpêtre, soufre et charbon de bois.
Vers 1150-1200, les Arabes utilisèrent la poudre noire sous la forme de canons rudimentaires à main, le « Madfaa », qui propulsait une flèche trapue à courte distance. Vers 1280, la poudre fut redécouverte en Europe, conduisant à la création de pots de fer à « traire garrot », propulsant une grosse flèche appelée « Garrot ».
En Août 1324, une bombarde fut utilisée en France pour l’attaque de la ville de la Réole (Gironde). Vers 1380, l'hacquebute (primitive), littéralement « canon à croc », était destinée à tirer en crochetant un mur ou une palissade.
Vers 1467, les grenades firent leur apparition en Europe, remplies de poudre et de petites pierres, lancées à la main. En 1443, Louis XI utilisa des pétards, ancêtres de la dynamite, pour faire sauter des portes à Dieppe.
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Vers 1460 jusqu’à 1660, l’arquebuse, ancêtre des carabines, mousquets et fusils, fit son apparition. Vers 1510-15, la platine à « rouet » permit un allumage sans mèche, sur le principe d’une roue rainurée frottant sur une pyrite de fer.
En 1520, l’arquebuse à canon rayé hélicoïdalement améliora la précision de l’arme par stabilisation gyroscopique de la balle. Le mousquet, une version rallongée de l’arquebuse, fut créé pour le tir de guerre sur plusieurs rangs.
Vers 1520, le pistolet, une forme réduite de l’arquebuse à rouet, devint populaire. Vers 1560, la platine dite à « Miquelet » fut inventée en Espagne, suivie par la platine à silex à la française, généralisée par Louis XIV en 1703.
En 1728-40, la cartouche de guerre en papier fut généralisée en France. En 1763, la crosse du fusil réglementaire français fut modifiée en crosse droite. En 1808, Alexandre John Forsyth conçut la première platine à percussion par chien, utilisant le fulminate de mercure.
La mitrailleuse Gatling, conçue par Richard Gatling en 1861, combinait fiabilité, puissance de feu et facilité d'alimentation. En 1866, elle fut modifiée pour tirer des munitions à étui en laiton.
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Le principe de fonctionnement repose sur plusieurs ensembles, chacun constitué d'un canon intégrant une chambre et un mécanisme de percussion. Une manivelle imprime un mouvement de rotation à dix ensembles montés autour d'un axe central, permettant à chacun de tirer successivement grâce à un système de cames. Le chargement s'effectue par gravité à partir d'un chargeur placé au-dessus de l'arme.
La cadence de tir pouvait atteindre 1 200 coups par minute, mais un tir utile dépassait rarement 400. Le calibre variait de 7,8 à 25,5 mm, et elle était servie par quatre opérateurs.
Napoléon III s'intéressa particulièrement à ce type d'arme, mais son utilisation par l'artillerie fut un désastre. Il y avait pourtant 190 canons à balles de Reffye à la fin 1868 : 24 batteries de 144 pièces stockées à Meudon et 46 pièces tenues en réserve dans les forts de Paris. La bataille de Mars la Tour le 16 août 1870 contre la 38° brigade prussienne a néanmoins vu leur emploi avec un immense succès.
Ces 25 Gatling ne sont relatées dans aucun combat de ma connaissance, à part les 3 qui participèrent, encore avec un gros succès, aux combats du Mans les 11 et 12 janvier 1871. Après guerre, la République ignora mitrailleuses et canons à balles, et les combats de l'été 1914 rappelèrent que des mitrailleuses convenablement utilisées étaient plus que meurtrières !
D'après les commissions qui statuèrent sur leur sort, aucune doctrine d'emploi de ces canons à balles et mitrailleuses n'ayant été adoptée, elles avaient été reconnues justes bonnes dans un usage de flanquement des forts. De plus celles qui tiraient du petit calibre furent reconnues inexploitables. Tout l'arsenal des canons à balles et mitrailleuses fut donc restocké dans les places fortes.
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Seules les Nordenfeld, Maxim, Gardner et Gatling ont survécu aux essais. Toutes étaient à action manuelle, aucune n'était encore automatique. C'est la dernière époque où l'on peut réellement constater que la France possédait encore des Gatling. Jusqu'en 1900/1907, aucun règlement d'emploi de la mitrailleuse n'est vraiment décidé (à part un provisoire en 1900) malgré la venue de la Hotchkiss 1900 automatique mais étrangère.
| Pays | Nombre d'unités (approximatif) | Remarques |
|---|---|---|
| USA | 600+ | Armée de terre uniquement |
| Russie | 400 | |
| Turquie | 230 | En 1870 uniquement |
| Autres | N/A | Grande Bretagne, Chine, Égypte, Japon, Tunisie, Roumanie, Maroc, Amérique du Sud, etc. |
Le 28 mars, au soir de sa proclamation, la Commune dispose de quelque 400 canons. La présence parmi eux de mitrailleuses, encore considérées comme des pièces d’artillerie, est avérée. Mais leur nombre, certainement minoritaire, est mal connu.
Le gouvernement de la Défense nationale avait passé des commandes importantes, notamment de « 102 mitrailleuses de divers modèles commandées dans dix établissements différents, 115 mitrailleuses des systèmes Gatling et Christophe… ».
L’investissement de la capitale nuit peu à la production de guerre. L’armée versaillaise s’était équipée elle aussi de mitrailleuses. Au moment de sa formation, elle dispose de 4 batteries. Elle bénéficie ensuite d’une partie des commandes passées par le gouvernement de la Défense nationale.
Dans le renforcement des défenses, la mitrailleuse présente trois avantages. D’abord, sa puissance de feu : on a calculé que celle d’une batterie (six pièces) était supérieure à l’époque à celle d’un bataillon ; les versaillais progressant avec circonspection, une ou deux mitrailleuses couplées avec autant de canons utilisant des boîtes à mitraille suffisent ; sa facilité d’emploi, ensuite : alors que le canon, depuis toujours l’arme de prestige de la Garde nationale, nécessite des connaissances techniques, la mitrailleuse ne requiert qu’une formation sommaire sur le terrain (il suffit quasiment de savoir tourner une manivelle !) ; enfin, la mitrailleuse tirant par définition des gerbes de projectiles, sa mise en batterie est beaucoup plus sommaire que celle d’un canon qui utilise des obus explosifs, souvent à plus grande distance et sur un objectif précis.
Si bien d'autres mitrailleuses ont été inventées par la suite et notamment la Maxim 1908 des Allemands, la Gatling est considérée aujourd'hui comme l'arme ayant la plus grosse cadence de tir du monde. La mitrailleuse Gatling expérimentée en 1860 est l’une des première mitrailleuse mise au point par une firme américaine pendant la guerre de Sécession.
Pourtant, un nouveau modèle de mitrailleuse Gatling sera mis au point par les ateliers du Puteaux, pour être monté sur un affût à roues et pour armer la première tourelle de mitrailleuse type GF3 modèle 1899 installée au fort de Manonviller près de Lunéville.
En 1923, la Thaïlande choisit la mitrailleuse Browning M1917 pour équiper ses forces armées. En 2010, la mitrailleuse belge MAG 58 est choisie pour remplacer l’AANF1 dans l’armée de Terre. Mitrailleuse légère standard de l’armée de Terre, elle peut être utilisée selon les versions, au sol, sur trépied ou montée sur véhicule.
Au Japon, les mitrailleuses lourdes utilisées entre 1941 et 1945 furent des dérivés de la Hotchkiss française, avec quelques modifications de détail. Les Japonais fabriquèrent leurs propres F.M., mais en s’inspirant toujours du principe de fonctionnement de la Hotchkiss.
Leur premier F.M. fut le Type 11, calibre 6,5 mm, mis en service en 1922 et utilisé jusqu’en 1945. Ses ressemblances avec la Hotchkiss étaient manifestes, surtout en ce qui concernait le canon à grosses nervures, mais un peu moins marquées dans le mécanisme intérieur.
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