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Depuis quelques années, le nombre d’installations en maraîchage sur petites surfaces connaît un engouement important en Auvergne-Rhône-Alpes. Cet article explore la définition du calibre des courgettes et son importance dans le contexte du maraîchage, en mettant en lumière les normes esthétiques et les catégories de qualité des fruits et légumes.

Systèmes de Maraîchage : Classique vs. Petites Surfaces

L’approche systémique du projet vise à comprendre les pratiques observées dans les exploitations classiques diversifiées (système de référence “classique”) à un modèle de maraîchage sur petites surfaces (système “petites surfaces”). La première étape a été de définir les systèmes en accord avec les professionnel·les.

Système Classique

Un système de maraîchage diversifié que l’on pourrait qualifier de « Classique » pour la région Auvergne-Rhône-Alpes, c’est à dire des exploitations dont la superficie est comprise entre 2 et 5 ha. Le temps de travail d’un UTH exploitant a été évalué à 60h semaine sur 50 semaines soit 3000 h/an. Ils ont été répartis sur l’année afin de s’adapter à la saisonnalité du travail.

Le matériel correspond à du matériel classique présent sur ce type d’exploitation : travail du sol en planche (actisol, cultirateau), semoir pneumatique, désherbeur thermique, binage avec un porte outil, dérouleuse plastique, lame souleveuse… La gamme de légumes correspond à celle retrouvée sur ce type d’exploitation.

Système Petites Surfaces

Un système de « maraîchage sur petite surface » est défini par une superficie comprise entre 7000 m2 et 1ha. L’objectif était d’avoir un système « optimisé », ce qui a conduit à une surface d’abris plus importante que dans le système « classique », soit 20 %, avec un tunnel mobile.

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La limite du temps de travail a été fixée à 40 h/semaine, annualisé en fonction des saisons, soit 1/3 de moins que pour les producteurs du système classique ; ce choix correspond à la volonté des exploitants sur petites surfaces de limiter leurs temps de travail pour se dégager du temps libre. Le travail du sol se fait avec un motoculteur avec herse rotative ou rotavator. Le travail du sol se fait à plat et sur une largeur de 80 cm.

La gamme de légumes du système « petites surfaces », est une gamme diversifiée « classique » pour la région, adaptée aux spécificités de ce système « petite surface ». Les densités de plantation sont aussi plus importantes que dans le système « classique », avec pour la plupart des cultures, une densité multipliée par 1,5 ou 2.

Techniques de Culture Spécifiques

La culture de tomates a été plantée sur un rang avec un écartement de 25 cm. Le palissage s’est fait sur deux lignes de culture en alternant le positionnement des plants. Il n’y a pas eu de différence en termes de rendement. Cependant le temps de palissage est plus long du fait de la densité.

Les melons ont été palissés sur un filet à ramer. Cette technique demande peu d’intervention, la plante grimpe assez facilement. Les melons ont tenu suspendus au filet jusqu’à la récolte sans aucune intervention.

Le mesclun est semé avec le semoir Colman en mélangeant les espèces sur la planche. L’objectif était en une coupe d’avoir toutes les espèces du mélange. La concurrence entre les espèces et l’enherbement a conduit à un changement d’itinéraire de production du mesclun. Les espèces sont semées en plaques puis repiquées sur paillage plastique.

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Matériel et Infrastructures

Le matériel acheté au lancement du projet était un motoculteur avec un rotavator et une herse rotative. Dans les conditions de sol de la station, la herse rotative est privilégiée, pour avoir un lit de semences assez fin avec l’inconvénient de faire remonter les cailloux en surface. Pour tous les autres travaux de sol, le rotavator est utilisé. Avec ce matériel, le travail de sol nécessite plusieurs passages et est assez gourmand en temps.

Les outils utilisés travaillent sur une profondeur assez faible et peuvent créer une semelle de « labour ». Le tunnel mobile utilisé dans l’expérimentation a été construit avec l’aide de l’Atelier Paysan sur la base d’un tunnel Richel® de 10 m de long par 8 m de large. Des roulettes ont été adaptées pour être fixées aux pieds de chaque arceau et des rails (glissières de sécurité d’autoroute) ont été posés au sol pour permettre le déplacement.

Une amarre à frapper est aussi placée pour chaque pied à tous les emplacements du tunnel pour pouvoir le maintenir en position. Il peut être déplacé sur 3 emplacements. Il a été choisi dès le début du projet d’utiliser le tunnel mobile pour intensifier la production sur la surface.

Suite à la tempête Barbara le 21 Octobre 2020, les deux premiers arceaux du tunnel mobile se sont envolés. Le tunnel était fixé avec des tendeurs à crochet mais en les serrant au maximum, ils arrivaient à se décrocher. Ils ont été remplacés par des tendeurs à lanterne. Le tunnel est déplacé avant chaque implantation→ Janvier.

Calendrier des Implantations

  • Emplacement n°1 : choux cœur de bœuf, fèves, navets nouveaux, petits pois et pois gourmands.
  • Mars : Emplacement n°2 : carottes nouvelles, pommes de terre nouvelles, haricots grimpants, petits pois et pois gourmands.
  • Mai : Emplacement n°3 : melons, maïs/pastèques,tomates et patates douces.
  • Septembre : Pour les trois premières dates d’implantation le tunnel était déplacé quelques jours avant les plantations pour permettre au sol de se réchauffer.

Impact du Tunnel Mobile sur Certaines Cultures

  • Fèves : le tunnel leur a permis de démarrer rapidement sous le tunnelsans être gênées par les excès de chaleur printaniers car en extérieur à cette époque. Rendement : 1,3 kg/m².
  • Pois gourmands : Même principe que pour les fèves, le tunnel leur permet de commencer leur croissance pendant les périodes froides et quand ils se retrouvent en extérieur ils sont moins dérangés par les excès de chaleur. Rendement : 400 g/m².
  • Melons et tomates : Ces deux cultures sont implantées sous le tunnel en fin de printemps pour toute la période estivale. Elles sont palissées à la structure et sont conduites comme sous un tunnel fixe. Rendement de tomates : 15 kg/m². Rendement Melons : 7,4 kg/m².
  • Les courgettes : la culture est plantée en extérieur au mois de septembre puis le tunnel mobile permet de protéger les plants à partir du mois d’octobre pour une production s’étalant jusqu’à fin novembre.
  • Les haricots grimpants : Le tunnel leur permet de bien se développer mais comme ils se trouvaient sur le deuxième emplacement ils ont été palissés sur une structure externe au tunnel. Dès que la culture s’est retrouvée en extérieur, lors du déplacement, les haricots ont souffert du vent.

Suivi et Évaluation

Pour chaque action réalisée (implantation, désherbage, récolte), le temps travail est mesuré et enregistré. La commercialisation n’étant pas réellement mise en œuvre son temps a été estimé à 25 % du temps total. L’ensemble des rendements commerciaux ont été comptabilisés. Tous les intrants ont été comptabilisés par culture.

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Estimation des annuités d’emprunt : estimation des remboursements d’emprunt dans les deux systèmes en fonction des équipements dont la station dispose pour reproduire les systèmes. Attention la plupart des prix utilisés dans les documents suivants sont les coûts de matériels neufs.

Estimation des prix de vente : la mercuriale de prix AURABIO en 2019 a été utilisée pour définir les prix des légumes.

Résultats Économiques

Les premiers résultats économiques sont satisfaisants, notamment sur le trio de tête des légumes phares d’été en maraîchage : tomates, aubergines et courgettes, tout comme pour le mesclun. Ces cultures sont incontestablement rémunératrices, mais ce sont surtout des cultures ayant une productivité au m² élevée.

Il est a noté que ces données économiques démarrent en première saison d’expérimentations, comme cela serait pour un·e maraicher·e qui s’installe. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de légumes de garde en début de saison. Les ventes commencent par des légumes primeurs uniquement. De même, l’année se clôture avec des légumes de gardes en stock non vendus et cela est visible sur les résultats économiques des poireaux et des oignons par exemple.

En stock restent également des choux et des courges. Pour les cultures d’épinards, de laitues et de pois, les résultats négatifs représentent des difficultés de production qui se sont traduits par de faibles rendements.

Temps de Travail

Suite au comité de pilotage, les maraicher·es ont soulevé que les temps de travaux sont probablement sous-estimés. En effet, sur le système expérimental seul le temps de travail productif est comptabilisé.

Catégories de Qualité et Normes Esthétiques

Certains fruits et légumes sont soumis à une classification en trois catégories. Elle nous renseigne uniquement sur l'aspect esthétique du produit, mais a aussi un impact sur son prix. Il existe en fait trois catégories: la 1, la 2, et la catégorie "extra". Mais elle n'est pas présente sur l'intégralité des fruits et légumes. Seuls dix sont concernés par l'obligation d'afficher une de ces trois catégories.

Il s'agit de produits "soumis à une norme spécifique qui implique des règles de calibrage et de présentation", explique la Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC) sur le site de l'Institut national de la consommation. Une norme issue d'un règlement européen de 2013 qui indique qu'un fruit ou un légume commercialisé doit être "intact, sain, propre et exempt de parasite" et impose des conditions encore plus strictes pour les fruits et légumes suivants: les agrumes (à l’exception du citron vert, du kumquat et du pomelos), les fraises, le kiwi, la pomme, la poire, le raisin, les pêches et nectarines, le poivron, la salade et la tomate.

Le classement de ces dix produits selon ces trois catégories correspond donc tout simplement à des normes esthétiques. Elles nous renseignent uniquement sur l'aspect du produit, avec, entre autres, des poids minimaux à respecter: 62 grammes pour le kiwi, 90 grammes pour la pomme. Concrètement, cela signifie que des kiwis de catégorie extra seront esthétiquement quasi parfaits: une couleur éclatante, une forme sans aspérités, bref, la Miss France du kiwi.

De catégorie 1, le kiwi pourra présenter quelques légers défauts: une forme pas tout à fait parfaitement ovale... Quant au kiwi de catégorie 2, il sera encore un peu plus... Moche. Tout en respectant quand même les normes de calibrage et d'apparence imposées par les centrales d'achat.

Ceux qui ne les respectent pas finissent en effet dans les paniers anti-gaspi, voire dans l'alimentation des animaux. Il y a une dizaine d'années, les enseignes avaient créé des opérations spéciales "fruits et légumes moches", avec étals dédiés et tarifs attractifs, mais ils n'ont malheureusement pas trouvé leur public.

Pourtant, les fruits et légumes de catégorie 2, tout comme d'ailleurs les fruits et légumes qui ne répondent pas aux normes imposées par ces trois catégories, ne sont pas moins bons, ni nutritionnellement parlant, ni en termes de goût.

D'ailleurs, les fruits et légumes bio sont rarement de catégorie extra puisqu'ils sont "a priori moins traités et peuvent donc avoir un aspect plus cabossé, quelques colorations naturelles ou autre," indique le site de l'Institut national de la consommation.

En dehors des produits bio, les fruits et légumes de catégorie 2 peuvent représenter une option intéressante pour les personnes qui font attention à leur budget: tout aussi bons que les produits des deux autres catégories, ils sont souvent moins chers.

La classification pourrait toutefois disparaître dans les années à venir.

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