Envie de participer ?
Bandeau

L'artillerie allemande a connu une évolution rapide au cours du XXe siècle, notamment pendant la Première Guerre mondiale. L'enlisement du conflit et sa conversion en guerre de positions sur le front ouest ont changé les besoins stratégiques. Il fallait pouvoir détruire des abris profondément enfouis dans le sol, les barbelés qui bloquaient la progression des assauts, mais aussi les canons adverses.

Chaque pays engagé dans le conflit était équipé différemment au début du conflit. Par exemple, si la France disposait de canons de 75, un modèle de canon de campagne novateur, notamment par son frein de recul qui faisait qu’il n’était pas nécessaire de repositionner l’arme entre chaque tir, elle disposait de peu d’artillerie lourde, dont le besoin allait pourtant rapidement se faire sentir. Quant aux Américains, à leur entrée en guerre en 1917, ils sont sous-équipés en canons par rapport à l’ampleur du conflit (moins de 600) et doivent donc s’équiper en artillerie de fabrication française et britannique en attendant que leur production domestique s’adapte.

L’artillerie française a connu une évolution rapide. Au début de la guerre, l’Allemagne dispose d’une artillerie de campagne nombreuse et d’une artillerie lourde puissante, le tout mobilisant 280 000 hommes. Cependant, elle constate rapidement les limites des canons de campagne et ses besoins en artillerie lourde. Après la seconde guerre des Boers de (1899-1902), les Britanniques prennent conscience de la supériorité de l’artillerie de campagne des autres puissances européennes et décident d’améliorer la leur.

En 1902, plusieurs industriels anglais proposèrent des prototypes en fonction d’un cahier des charges exigeant, bien qu’aucun ne fut retenu. Ce n’est qu’un 1904 qu’un modèle reprenant certaines caractéristiques des prototypes proposés est homologué. Comme indiqué précédemment, en 1917, l’artillerie américaine n’était pas prête pour un conflit d’une telle ampleur. La nécessité de mettre en place une grande armée opérationnelle rapidement conduira les Américains à passer des accords avec le gouvernement français. Les calibres 75 et 155 mm deviennent alors les standards de l’US Army. Si leur objectif était de produire leur propre artillerie, dans les faits, la guerre se terminera avant qu’ils puissent mobiliser leurs propres canons en masse en Europe.

L’Italie entre en guerre le 24 mai 1915. Si son artillerie avait été modernisée, elle reposait essentiellement sur des petits calibres censés soutenir l’assaut de l’infanterie. Comme pour la France, l’artillerie lourde avait été négligée. Les Alliés lui fournirent des moyens et gros calibres et la production italienne se développa, avec 16 000 canons et 70 millions d’obus, ce qui lui permettait de disposer au printemps 1917 de 4000 pièces légères, 3000 pièces moyennes et 157 pièces lords ainsi que de mortiers de tranchée appelés “bombardes”. Si la débâcle de Caporetto (24 octobre - 9 novembre 1917) verra la quasi-totalité de l’artillerie italienne détruite, la production parvient à suivre la cadence (540 canons sortaient des usines chaque mois).

Lire aussi: Fusil Darne Calibre 12 : Détails Techniques

En 1914, les Russes pouvaient profiter de l’expérience accumulée dans l’artillerie au cours de la guerre Russo-Japonaise (1904-1905). Elle était dirigée par le grand-duc Serge, son inspecteur. Cependant, elle s’avèrera trop peu nombreuse par rapport à celle des adversaires allemands et austro-hongrois. Qui plus est, la production d’obus ne suit pas la consommation, notamment de la fin 1914 à l’hiver 1915.

Les artilleurs de tous les camps ont été confrontés aux mêmes difficultés imposées par les tranchées. Pour atteindre une tranchée depuis une autre tranchée, il faut pouvoir réaliser un tir en cloche. Les Allemands, eux, disposaient déjà de pièces d’artillerie à tir courbe adaptées au combat de tranchées : les Minenwerfer (lance-mines), développées au départ pour attaquer des fortifications ou camps retranchés depuis des tranchées d’approche. L’artillerie de tranchées française se met en place avec tout d’abord l’emploi de mortiers de circonstances comme le Cellerier. C’est à partir de janvier 1915 que l’infanterie française peut commencer à être appuyée par une artillerie de tranchée puissante et mobile. C’est en effet à ce moment que sont introduits les mortiers de 58 mm T n°1, n°2, puis n°1 bis, qui projettent des bombes à ailettes avec un rapport masse totale/masse explosive très avantageux. L’armée française continuera de développer des modèles spécialisés (mortier de 240 mm court de tranchée de 1915, mortier de 340 mm T, etc.). Au premier juillet 1916, ce sont près de 2800 pièces d’artillerie de tranchées qui seront en action sur le front, sans compter les armes de fortune développées par les soldats.

Le Développement des Canons Anti-Aériens Allemands

Toute cette étude sera de 1931 conservée et après l?arrivée au pouvoir du partit nazi en 1933 la nouvelle armée allemande, la Wehrmacht pourra disposé de ce qui peut être considéré comme l?un des si pas du meilleur canon de DCA du moment dans un temps très bref sous l?appellation de 8,8 cm. Flak 18 L/56.

Le 2 cm Flak 30 et ses Successeurs

En 1940, l’armée allemande commençait à critiquer la faible cadence de tir et la faible vitesse de rotation de son 2 cm Flak 30. De plus, ce canon avait souvent des problèmes d’enrayage. Ainsi, le contrat fut donné à un autre armurier : Mauser. Ce dernier produisit un canon capable de tirer bien plus rapidement et de manière plus fiable, bien qu’il ait beaucoup de points communs avec le Flak 30. Son système de visée, très compliqué au début fut vite simplifié. Le « 2 cm Flak 38 » fut adopté à la fin de 1940, il finit par remplacer le Flak 30 sur les chaînes de montage. Une version allégée, conçu en partie par des soldats allemands, baptisée : « 2 cm Gebirgsflak 38 ».

Pour pallier à ce manque, les Allemands élaborèrent un système de tir à plusieurs tubes, ils créèrent le « 2 cm Flakvierling 38 ». Il s’agissait tout simplement d’un Flak 38 modifié pour pouvoir tirer à travers quatre tubes à la fois. Ce canon connu un grand succès et les usines ne purent jamais satisfaire la demande.

Lire aussi: Calibre 16: Le Fusil Nemrod

Le Redoutable Canon de 88 mm

Qu’avait donc de magique le canon allemand de 88 mm ? Était-il bien ce canon tout-puissant, qui tirait à 16 km et semait partout la terreur, comme le décrivait une légende persistante ? Non. On demanda un jour à un ancien chef de char ce que l’on ressentait lorsqu’on était atteint par un coup de 88. « Je ne peux pas le dire, répondit-il avec amertume. Le Flak 18 de 88 mm était un canon antiaérien. Il entra en service en 1933 après avoir été conçu par les techniciens de Krupp qui travaillèrent à la firme suédoise Bofors de 1920 à 1930. Les restrictions du traité de Versailles avaient interdit la fabrication d’armes en Allemagne, ce qui amena lés Krupp à « exiler » leur personnel plutôt que de le mettre à la porte. Mais lorsque Hitler arriva au pouvoir, les ingénieurs allemands rentrèrent en Allemagne en rapportant les plans d’un canon antiaérien de 88 mm. Le dessin de ce canon n’avait rien de remarquable, si ce n’était le tube, constitué par des tronçons distincts. Cela permettait le remplacement d’une partie usée en conservant les parties encore en bon état.

Les expérimentations et les essais s’ensuivirent, donnant lieu à quelques légères modifications dans l’optique d’une production en série plus facile ; le nouveau modèle fut dénommé Flak 36 de 88 mn. Le modèle 37 vit le jour après que de nouvelles améliorations techniques fussent apportées, mais les performances du canon demeuraient inchangées. En 1939, lorsque la guerre éclata, trois modèles, le 88/18, le 88/36 et le 88/37 étaient les principaux atouts de la défense antiaérienne allemande sur le terntoire national et sur les théâtres d’opérations, et pendant les deux premières années de la 2’ guerre mondiale, les canons antichars standard de 37 mm et de 50 mm suffirent aux besoins des Allemands.

Mais, en 1941, le 88 apparut soudain comme l’épouvantail des équipages de chars dans le désert nord-africain. La puissance du 88 dans le rôle antichar n’était pas une nécessité. La Wehrmacht possédait le Pak 38 de 50 mm, un canon qui pouvait percer 96 mm de blindage à près de 1 000 m, et donc parfaitement capable de venir à bout de n’importe quel char britannique de l’époque. Mais la fluidité de la guerre du désert était favorable aux attaques de chars à partir de n’importe quelle direction et les 24 canons antichars de 37 mm et de 50 mm de la division étaient répartis parcimonieusement. Il apparut à un clairvoyant officier allemand que les deux douzaines de 88 du régiment de D.C.A. grande vitesse initiale ne fait pas à lui seul un canon antichar. Il lui faut un système de visée adéquat et surtout la munition appropriée. Dans le cas du 88, les deux existaient, grâce à l’expérience acquise en 1935, par les Allemands au cours de la guerre civile d’Espagne. Durant ce conflit, la Luftwaffe envoya la Légion Condor formée de volontaires, en partie pour aider le général Franco et en partie pour mettre à l’épreuve ses nouveaux matériels et ses nouvelles théories - et avec la Légion arrivèrent un certain nombre de Flak 18 pour la défense des aérodromes.

Cette décision fut bien accueillie par les observateurs militaires qui recommandaient instamment de doter chaque canon du champ de bataille en munitions antichars, du fait que les chars pouvaient circuler dans leur environnement, échapper aux armes antichars spécialisées, apparaître en face d’un canon de campagne et leur causer bien des désagréments. L’utilisation du 88 comme arme sol-sol semble avoir été officialisée par les Allemands avant le début de la 2’ guerre mondiale. Dans les Procédures pour l’attaque de positions défensives fortifiées publiées en Allemagne pendant l’été de 1939, il est stipulé que « des détachements d’assaut supplémentaires, suivis de près par des canons antichars et des canons de 88 mm, seraient lancés contre toute brèche dans les défenses du front. » Ce qui est intéressant ici c’est la distinction faite entre canons antichars et canons de 88 mm : le sujet n’était pas traité en détail mais le potentiel du 88 comme canon d’assaut était directement mis en avant.

La première apparition du 88 comme canon antichar eut lieu le 14 avril 1941, lorsque l’infanterie australienne aux abords de Tobrouk signala, au cours d’une attaque, un grand nombre de canons à long tube sur d’étranges affûts. Ces canons avaient été amenés par l’infanterie allemande chargée de l’attaque et ils restaient là sans participer au combat. Attendaient-ils, conformément aux Procédures d’être lancés contre toute brèche dans les défenses du front ? Mais dans ce cas particulier aucune brèche n’était apparente et les canons furent retirés.

Lire aussi: Caractéristiques Browning Calibre 20

Il était vital pour la survie du 88 de l’enterrer. Jusqu’alors, le plus gros canon antichar du champ de bataille était le Pak 38 de 50 mm. Il avait une hauteur de 1,10 m. au sommet de son bouclier, ce qui le rendait facile à dissimuler derrière le plus proche carré de broussailles du désert. Le 88 Flak 18, pour sa part, mesurait 2,36 ni de haut en position de batterie, et en raison de sa plate-forme et de ses quatre flèches stabilisatrices, il lui fallait un trou de 6,65 m de long sur 5,95 m de large poux être invisible. Cela signifiait bien du travail pour les servants qui devaient creuser ce trou. Mais les 88 furent néanmoins bien dissimulés et alors que certains chefs allemands estimaient que ces canons devaient être gardés à l’arrière en raison de leur taille, leurs artilleurs pensaient différemment.

On lit dans un rapport britannique de mai 1942 : « L’emploi du canon de 88 mm avec une audace extrême avait un effet considérable... La pièce était fréquemment amenée en position de batterie sur les flancs des formations blindées à jusqu’à 1 400 mètres de nos chars... Les dégâts qu’ils causaient étaient très importants. » On lit dans un autre rapport : L’expérience montre que lorsqu’ils sont enterrés sur une pente extérieure ces canons sont extrêmement difficiles à repérer à 900 mètres.

Un officier d’artillerie britannique, racontant dans le Journal of the Royal Artillery, les combats qu’il avait vécus en 1942 décrivit la position défensive italo-allemande qui avait été abandonnée après la bataille d’El Alamein : « L’installation des canons antichars était particulièrement intéressante... Les canons italiens étaient placés en dépit de tous les principes... Le seul but semblait être d’avoir un bon et profond champ de tir frontal. Pour l’obtenir, les canons devaient s’enterrer au sommet de petits monticules en position dominante ou au sommet de petites crêtes. Les 88 mm contrastaient totalement. Certes, leur champ de tir était généralement frontal, comme le justifiait la puissance de l’arme, mais ils étaient installés et dissimulés avec art et également avec audace. A proximité du champ de mines et sur le périmètre même des barbelés, ils pouvaient descendre de nombreux chars et étaient difficiles à cerner par l’infanterie. Et ces sacrés canons présentaient encore un autre intérêt... Leur construction était rudimentaire mais ingénieuse, leur installation beaucoup plus conforme à notre idée du défilement et des champs de tir limités.

A l’époque de la bataille d’El Alamein, l’Afrikakorps possédait 86 de ces armes habilement déployées avec un rôle antichar. Ceci, ajouté à leur précision, créa le mythe de leur super-efficacité. L’obus antichar comportait une petite charge d’explosif qui détonait après avoir percé le blindage et pouvait fendre des plaques de 108 mm. Cette capacité de destruction était effective même sous un angle de 30° et à 1 000 mètres. Capacité redoutable, en particulier alors qu’il n’existait aucun char britannique à l’époque qui eût plus de 80 mm de blindage. La situation demeura critique jusqu’à l’arrivée du Lee-Grant, de fabrication américaine. Ce char, qui ne pesait que 28,5 tonnes était armé d’un canon de 75 mm monté en saillie qui tirait des obus explosifs.

Malgré toute son efficacité dans la lutte antichar, le 88 demeurait un canon antiaérien. Et les chefs de la Luftwaffe étaient en colère lorsqu’ils s’apercevaient que des 88 prélevés pour une mission antichar ne leur étaient pas rendus. Et lorsque les unités de D.C.A. Une fois, en juillet 1942, l’armée britannique utilisa ses canons antiaériens de 3,7 pouces d’une manière analogue. Le 2’ régiment de la « Royal Horse Artillery » s’aperçut qu’il avait reçu quatre canons antiaériens de 3,7 pouces pour la lutte antichar. Mais ce canon se prêtait moins au combat contre les chars que le 88. Techniquement, le 3,7 pouces était une arme plus moderne, destinée à être utilisée avec des systèmes de transmission de données et de commande à distance et qui n’avait aucun viseur adapté au tir sol-sol. Le canon pesait deux tonnes de plus que le 88 et il était plus gros. Ceci amena le commandant du 2° régiment de R.H.A. à renvoyer deux des canons. Sa position ne fut jamais attaquée et les canons furent finalement retirés de la zone des combats. Ce fut la première et la dernière apparition du 3,7 pouces antiaérien en tant que canon antichar.

Pour avoir un effet appréciable, de grandes quantités de canons de 3,7 pouces auraient dû être déployées et pour cela, ces armes auraient dû être prélevées sur les défenses du canal de Suez et d’Alexandrie, éventualité dangereuse compte tenu de la supériorité de la puissance aérienne de l’Axe à cette époque. De plus, les servants auraient eu besoin d’un entraînement considérable. Mais les capacités du 3,7 pouces étaient reconnues ; il était capable de percer 117 mm de blindage sous un angle de 30° à 900 mètres. C’était légèrement mieux que le 88, et le tube fut donc pris comme modèle pour un canon antichar de 32 livres.

La version antiaérienne normalisée du canon Flak 18 de 88 mm, telle qu’elle fut mise au point par les ingénieurs de Krupp en 1932. Avec les modèles 86/36 et 88/37, elle constituait l’élément principal des systèmes de défense aérienne allemands.

Autres Armes et Véhicules Allemands de la Seconde Guerre Mondiale

Outre les canons anti-aériens, l'Allemagne a développé et utilisé une variété d'autres armes et véhicules pendant la Seconde Guerre mondiale. Voici quelques exemples :

  • Panzerfaust: Une arme antichar à courte portée utilisant une ogive à charge creuse.
  • 470 Rhinoceros: Une combinaison du canon de 88mm PAK et du char Panzerkampfwagen IV.
  • Sd.Kfz-7: Un véhicule semi-chenillé utilisé comme plate-forme de tir (Flak) ou de lanceur de missiles V2.
  • U-Boot Type VII: Un sous-marin armé de 5 tubes lance-torpilles, d'un canon de 88mm et d'un canon de 20mm.
  • Focke-Wulf 190: Un chasseur monoplace avec 4 canons de 20mm et 2 mitrailleuses de 7,9mm.
  • Panzer IV: Un char de combat avec un blindage plus épais de 80mm.
  • Sturmgeschütz: Un canon d'assaut destiné au soutien rapproché de l'infanterie.
  • Dornier 217 K-2: Un avion conçu spécialement pour la bombe radio guidée PC 1400X.
  • Fritz X: Un missile anti-navire guidé par radio.
  • Panther: Un char moyen avec un blindage fortement incliné pour une meilleure protection balistique.
  • Tiger: Un char d'assaut l'un des plus puissants de la seconde guerre mondiale.
  • JU 88 G: Une variante adaptée à la chasse de nuit du meilleur bombardier moyen de la Luftwaffe.
  • MG 42: Une mitrailleuse considérée comme l'une des meilleures de la seconde guerre mondiale.
  • Nebelwerfer: Une arme constituée de 6 tubes principalement utilisée pour effectuer des tirs de barrage.
  • Junkers JU 87 B Stuka: Le principal avion d'appui tactique de la Luftwaffe.
  • Dornier 17 Z: Un bombardier de base pendant le Blitz contre l'Angleterre.
  • BF 109E: Un chasseur standard de la Luftwaffe bien armé et rapide.
  • BMW R.750: Un véhicule utilisé pour les liaisons et la reconnaissance avec le side-car pour l'observateur.
  • PM 40: Un pistolet-mitrailleur léger et maniable.

tags: #calibre #anti #aerien #allemand #histoire

Post popolari: