La chasse est une tradition ancrée dans de nombreuses cultures, et le Burkina Faso ne fait pas exception. Cependant, il est essentiel de respecter les réglementations en vigueur pour assurer une gestion durable de la faune.
Au Burkina Faso, la saison de chasse s'étend de décembre à mai. Le mode de chasse autorisé est essentiellement le pistage. L'affût et l'appât sont interdits.
L'idée de chasser en véhicule est rejetée, car un ourébi, un buffle ou un lion se mérite avant tout.
Il est important de noter qu'il y a une éthique à respecter dans la pratique de la chasse. Les tirs lointains sont désapprouvés, et tirer une antilope à 300 mètres et plus n'est pas considéré comme un acte de chasse.
Pour le chasseur qui désire se rendre en Afrique, le 375 HH est un calibre "passe partout" qui convient parfaitement à toutes les antilopes, félins et buffle de l’ouest. Pour ce qui est de l’éléphant et des grands Caffers, il est conseillé un 416 RM ou un 458 lott, plus adaptés d’après moi à ces animaux.
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En montagne, biotope ouvert où l’on tire en général de loin, on s’orientera vers des calibres tendus 270 Win, 7 RM, 300 Weath, et maintenant les shorts mag 270 WSM, 300 Rem ultra mag…, en fonction de l’animal recherché : un chamois pèse 40 kg, un grand Argali de l’Altaï près de 200 kg !! Là aussi la lunette doit toujours être de qualité, c’est au moins aussi important que l’arme elle-même sinon plus, avec un grossissement variable, au minimum de x9. x12 me semble le bon compromis, on peut aller beaucoup plus haut dans le grossissement, mais attention alors au réglage de la parallaxe.
L’important, est c’est beaucoup trop souvent négligé par les chasseurs, c’est l’entrainement au stand avec son arme.
L'avenir de la chasse en Afrique est préoccupant. Les pressions de toutes sortes rendent de plus en plus complexe la réalisation des safaris. La pression due à la multiplication des safaris n'y est pas étrangère, mais aussi et surtout un accroissement du braconnage « commercial », de l’impact des populations pénétrant dans l’espace sauvage jusqu’à présent inviolé, ces éléments influant sur le comportement de la faune sauvage. La pression du résultat rend aussi la chasse d’aujourd’hui plus difficile.
La promotion de la mise en place des Zones Villageoises d’Intérêt Cynégétique (ZOVIC) en périphérie du parc du W s’inscrit à l’intérieur du cadre institutionnel constitué d’une part par le programme ECOPAS et d’autre part par les trois Etats-nations (Burkina Faso, Niger, Bénin) concerné par cette zone.
La périphérie du parc du W a d’abord été définie comme « Les localités où à la fois se réalisent les valeurs sociales et économiques de la conservation des espaces naturels et où s’ajustent les pratiques rurales face à la mise en défens de ces espaces naturels ».
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En ce qui concerne plus particulièrement les ZOVIC, le choix des zones d’intervention est ensuite le fruit du processus de planification des interventions d’ECOPAS en périphérie : identification des sous-zones, analyse de la problématique et des opportunités par sous-zones, identification des thèmes par sous-zone, identification des actions et activités par sous-zone.
Les problématiques principales qui y ont été identifiées sont la présence d’un front agricole et d’une pression de transhumance. Les actions proposées y sont l’amélioration de la gestion des ZOVIC embryonnaires déjà existantes, dans la perspective de minimiser les conflits entre le Parc et les riverains, agriculteurs et pasteurs, et de réguler la transhumance locale et le front pionnier agricole.
Le choix de la zone pour la mise en place des ZOVIC n’est donc pas fortuit. Il s’inscrit à l’intérieur de toute une démarche préalable organisée autour d’un ensemble de concepts qui représente les valeurs et les objectifs que le programme ECOPAS entend promouvoir.
Concrètement, la délimitation d’une ZOVIC sur le terrain couple donc une approche intégrée d’aménagiste, par superposition de couches d’informations, à une approche participative, dans le sens où l’information produite devient outil d’aide à la décision pour les populations.
A Toptiagou, l’organisation villageoise se structure essentiellement autour de l’habitat humain, de l’agriculture et de l’élevage. Les indicateurs d’occupation spatiale de ces thématiques respectives ont ainsi été géoréférencés.
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Egalement indispensable à la bonne compréhension du fonctionnement villageois, la figure 3 renseigne l’importance de la transhumance locale au sein du village. Celle-ci est structurée autour des points d’eau et mène vers les brousses périphériques au village, où les bovins sont particulièrement dirigés en période de montaison et d’épiaison des graminées domestiques.
Afin de protéger les habitations et leurs habitants des tirs des chasseurs, il a été prévu d’interdire toute installation de ZOVIC dans un espace situé à moins d’un kilomètre des champs de cases. C’est la contrainte dite de « sécurité ».
Une zone réservée aux passages des Peuls transhumants, nommée « contrainte de transhumance » a été définie sur base du parcours qu’ils empruntent chaque année au sein du village. Le fait de consacrer cet espace au seul passage des transhumants permettra d’éviter à long terme les risques de conflits susceptibles d’apparaître avec la saturation foncière en cours.
Étant donné la présence importante de champs au sein du terroir agricole, nous avons pris l’option de soustraire ce terroir à l’ensemble des superficies susceptibles d’être affectées à la gestion cynégétique de la faune. Nous y avons ajouté une bande de 200 m de large afin d’éviter une trop grande proximité avec des espaces saturés en champs, évitant ainsi la présence trop fréquente de villageois venant cultiver leurs champs.
L’objectif de ce diagnostic est de déterminer quelle portion du finage de Toptiagou de moindre contrainte est la plus apte pour accueillir une éventuelle ZOVIC.
Parmi les atouts, nous avons noté le fait que les zones 2 et 3 disposent de superficies importantes avec respectivement environ 969 ha et 1426 ha, soit un espace de formation végétales naturelles suffisamment important pour espérer qu’ils contiennent, dès à présent ou à l’avenir, des effectifs de faune permettant d’envisager un prélèvement durable.
La zone 3 possède l’atout supplémentaire d’être située à proximité du Parc du W, réservoir important d’espèces gibier. Elle assure un continuum écologique entre le Parc et la ZOVIC.
Nous pouvons également signaler que les zones 2 et 3 présentent l’atout commun de disposer de collines. Dans ce cas-ci, l’avantage réside dans la variété d’habitats que pourrait offrir une ZOVIC comportant à la fois une brousse de relief et une brousse de plaine en comparaison d’un espace constitué uniquement de plaines.
Parmi les faiblesses, nous avons tout d’abord pointé la grande distance séparant la zone 2 du Parc du W mais également des diverses zones de gestion cynégétique développées par les villages voisins. De plus, elle est isolée de ces derniers par le terroir agricole de Toptiagou qui constitue un réel obstacle au passage des espèces animales.
Enfin, une faiblesse importante pour l’une comme pour l’autre est de ne disposer d’aucun point d’eau pour le gibier.
Dans l’optique de promouvoir les initiatives de ZOVIC, une opportunité pourrait être le financement de la création de points d’eau. Le choix se tournerait alors préférentiellement vers la zone 3 car celle-ci est contiguë aux ZOVIC délimitées par les villages voisins (Kabougou et Koumalougou) qui sont également dépourvues d’eau.
Dans le cas contraire, le choix de la zone 2 obligerait ECOPAS à réaliser différentes mares entraînant des dépenses supplémentaires.
Il faut toutefois veiller à ce que l’atout potentiel que pourrait constituer l’installation de points d’eau ne se transforme pas en menace. En effet, les villageois réclament des points d’eau pour le bétail et la culture. Les espaces de brousse résiduels ne doivent leur maintien qu’au fait qu’ils sont dépourvus d’eau. Dès lors, un tel aménagement risquerait de transformer cette ZOVIC en zone propice à l’agriculture ou l’élevage, entraînant l’arrivée massive d’agriculteur ou de pasteurs en quête d’endroits pour abreuver les troupeaux.
L’analyse AFOM montre que la zone 3 semble la plus appropriée pour accueillir la future ZOVIC.
Les situations foncières, agricoles et pastorales, décrites dans les diagnostics de terrain forcent à la prudence. Une intervention du programme ECOPAS dans le sens d’une gestion des ressources fauniques est-elle légitime dans un contexte de système de production à la limite de sa reproduction ? Quand le souci du paysan est de se dépêtrer dans les contradictions inhérentes au système existant, est-il pertinent de compliquer ce système par une expérience de gestion de la faune qui s’inscrirait sur des espaces déjà disputés ? Les réserves de brousse faisant l’objet de convoitises tant sur le plan des pâturages que sur le plan agricole, est-il judicieux d’y surajouter une contrainte cynégétique dont la pratique risque d’entraîner des pratiques cœrcitives de la part d’une administration rigide dans ses principes ?
Il est facile d’imaginer les conséquences dramatiques que pourraient avoir la protection intégrale de ces derniers espaces : la multiplication des conflits internes aux populations locales d’une part, et la multiplication des heurts entre administration des forêts et populations d’autre part. La mise en place d’un espace à vocation unique (et surveillé comme tel) produirait à coup sûr une cristallisation, un précipité (dans les deux sens du terme) des conflits latents.
A terme, l’agriculture aura colonisé les derniers espaces de brousse, poussant les éleveurs en dehors du terroir agricole vers le Parc du W. La disjonction sociale et systémique entre agriculture et élevage produira de nombreux conflits.
Dans cette optique, la perspective d’une intervention doit être pensée avec des concepts adaptés. La gestion cynégétique n’est plus vue comme un but en soi, mais comme la porte d’entrée vers la gestion globale d’un terroir.
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