Les munitions occupent une place déterminante dans l’action militaire. La complexité de la chaîne munitionnaire nécessite une amélioration du fonctionnement pour garantir l’efficacité opérationnelle.
Le paysage mondial de l’industrie des munitions est éclaté. Il demeure principalement national, avec quelques géants et des acteurs modestes.
Le premier missilier mondial est l’américain Raytheon. Boeing et Lockheed-Martin sont surtout présents sur le segment de la défense antimissile. La Russie est un autre acteur important avec Almaz-Antey et KTRV, les deux principaux missiliers russes. Le secteur est dominé en Europe par MBDA, présent en France, au Royaume-Uni, en Italie et en Espagne, qui est le deuxième acteur mondial.
C’est en Amérique du Nord que se trouvent les principaux producteurs mondiaux de munitions de petit et moyen calibre. En Europe, le secteur est occupé par quelques grands, le français Nexter Munitions pour le moyen et gros calibre, le britannique BAE et l’allemand Rheinmetall. Viennent ensuite le norvégien Nammo, l’italien OTO Melara du groupe Finmeccanica, le suisse SBDS, filiale de SAAB, le britannique Chemring, l’allemand Diehl, l’espagnol Expal, le suisse RUAG et l’allemand MEN. La Russie assure sa production domestique et exporte vers ses clients traditionnels. Il convient également de mentionner CBC, une entreprise brésilienne spécialisée dans la production de munitions de petit et moyen calibre.
À titre d’exemple, les principaux fournisseurs français et internationaux de l’armée de terre sont récapitulés dans le tableau suivant :
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| Fournisseur | Type de munitions |
|---|---|
| Nexter | Munitions de gros calibre (cartouches pour chars et artillerie) et de moyen calibre (20, 25 et 30 mm) |
| ATK (États-Unis), BAE (Royaume-Uni), IMI (Israël), MEN (Allemagne), CBC (Brésil), NAMMO (Norvège) | Munitions de petit calibre |
L’approvisionnement en munitions repose sur un équilibre entre les besoins estimés des armées, les capacités industrielles et les ressources financières.
L’expression du besoin est avant tout l’affaire de chaque armée et de son état-major, puis, en dernier ressort, celle de l’état-major des armées (EMA) qui synthétise les différentes estimations et procède aux arbitrages nécessaires. Chaque armée assure une fonction de maître d’ouvrage au sein de la filière, gère son budget, et tient annuellement un Comité de synthèse visant à formuler son besoin propre. Les comités de synthèse des différentes armées se retrouvent ensuite au sein d’un comité de synthèse interarmées Munitions afin de centraliser la définition du besoin. Un comité exécutif Munitions se tient également, copiloté par l’EMA et son service de la cohérence capacitaire (COCA) et la DGA.
Le stock objectif déterminé par l’EMA et les armées est ensuite rapporté aux stocks détenus. La différence peut conclure à un état des stocks satisfaisant, à des stocks insuffisants restant à un niveau acceptable, à des stocks insuffisants qu’il s’agit de compléter, ou encore à l’émergence d’un besoin nouveau.
La réponse aux besoins des armées est ensuite assurée par la DGA ou le service interarmées des munitions selon qu’il s’agit d’acquérir une munition déjà existante, une munition complexe ou d’initier le développement d’un nouveau type de munition.
Lorsque les armées ont besoin de voir leur stock de munitions complété à l’identique, elles s’adressent au SIMu pour les munitions de petit calibre ou à la DGA pour les munitions complexes. Ces acquisitions s’effectuent soit par la voie d’un marché public ou par l’intermédiaire de la NSPA, NATO support and procurement agency, à laquelle a recours le SIMu. La DGA ne fait pas appel à la NSPA.
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Les besoins des armées peuvent aussi ne pas être satisfaits par l’offre existante. Qu’il s’agisse de nouveaux besoins opérationnels liés à des avancées technologiques ou conséquences de l’analyse du retour d’expérience, ou encore de besoins résultant d’une évolution de doctrine, l’interlocuteur des armées est la DGA. Il lui reviendra d’assurer, le cas échéant, le développement technologique d’une nouvelle munition.
Des drones non identifiés ont été observés au-dessus d'équipements industriels sensibles en Allemagne, notamment la base militaire américaine de Ramstein. Une enquête est ouverte.
Plusieurs vols de drones au-dessus d'infrastructures critiques ont été constatés en Rhénanie-Palatinat. Les survols ont eu lieu au-dessus de sites industriels sensibles et ont donné lieu à l'ouverture d'une enquête.
Outre cette base militaire et le vaste complexe du chimiste BASF à Ludwigshafen, des drones ont également été observés au-dessus d'installations du groupe Rheinmetall, l'un des plus gros fabricants d'armes européens. Des drones suspects survolent aussi régulièrement le plus gros site de production de munitions du groupe en Basse-Saxe, à Unterlüss.
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Près de la ville de Burg, en Saxe-Anhalt, des individus non identifiés ont dérobé environ 20 000 cartouches de munitions destinées à l'armée allemande. Parmi les objets volés figuraient environ 10 000 cartouches de pistolet, 9 900 cartouches à blanc pour fusil d'assaut et plusieurs grenades fumigènes.
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