L'histoire des fusiliers commandos parachutistes est riche et complexe, débutant bien avant la création officielle des unités que nous connaissons aujourd'hui.
En juin 1935, la toute jeune Armée de l'Air envoie trois officiers au centre d'instruction du parachute de Touchino, près de Moscou, pour étudier l'utilisation tactique des troupes aéroportées. Parmi eux figure le Cne GEILLE, qui fût à cette occasion le premier officier français breveté parachutiste. À son retour en France, en septembre de la même année, il prend la direction du centre d'instruction de parachutisme à Avignon-Pujaut.
Le Cne GEILLE prépare l'avènement des 601° et 602° Groupes d'Infanterie de l'Air (GIA) mis sur pied à compter du 1° avril 1937. Basés respectivement à Reims et Baraki (Algérie), ils comprennent chacun un état-major, une Compagnie d'Infanterie de l'Air et une escadrille de transport qui assure leur autonomie. L'efficacité opérationnelle démontrée en manœuvres ne fait pas l'unanimité et aucune conclusion pratique n'en est tirée.
En 1939 au début du conflit, le 601° s'installe à Pujaut et le 602° à Montélimar. Ils constituent ainsi le Groupement d'Infanterie de l'Air placé en réserve générale. En mars 40 ils forment une Cie de Marche effectuant des missions de Corps Francs au profit de la 28° Division Alpine. En juillet 1941 une fraction des personnels est regroupée à Alger Oued-Smar pour former la Cie de l'Air n°1. Elle fait mouvement vers le Maroc où elle se renforce et devient 1° Régiment de Chasseurs Parachutistes sous les ordres du Col Geille et rattaché à la 82° Airborne Division.
En janvier 1947, le régiment disparaît.
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Novembre 54, le commandement décide de quadriller l'Algérie avec la troupe. Le Gal De Maricourt qui commande le GATAC n°1 à Constantine estime que l'Armée de l'Air doit participer à cette nouvelle forme de combat et souhaite organiser des unités commandos répondant à ces exigences.
Sous l’impulsion du Général Alain de Maricourt commandant l'armée de l’air en Algérie, le Groupement des commandos parachutistes de l'air 00/541 est créé en 1956, afin de compléter au sol l’action des moyens aériens.
Le 12 mars 56 sont créés, sur base de volontariat, les Commandos de l'air destinés à être déposés par hélicoptères pour combattre au sol et donner des cadres de valeur aux unités de défense et de garde. Sont rassemblés à Mourmelon et à la Reghaia les Commandos 10 du Cne Meyer et 20 du Cne Lucht puis Jomain créés officiellement le 15 mai et brevetés parachutistes en juin à Philippeville.
Le Gal De Maricourt devenu Cdt de l'Air en Algérie en confie le commandement à un ancien diplomate chef de cabinet du Gal De Gaulle, le Cdt Coulet. Le CPA 30 du Cne Turk est créé le 25 juillet et le CPA 40 du Cne Furher le 3 janvier 57. Les 4 CPA sont réunis le 1° mai 57 au sein du GCPA (Groupement des Commandos Parachutistes de l'Air). Enfin le CPA 50 du Cne Le Guen est créé le 1° février 59. Il est issu du Commando Expérimental (Cne Morel un ancien du 601° GIA). Le GCPA reçoit son drapeau des mains du Gal Jouhaud le 3 février 59. Intégrés dans la réserve générale ils sont de toutes les opérations et déploreront 78 morts et 174 blessés sur moins d'un millier d'homme.
Au moment du coup d'Alger du 22 avril 1961, le Groupement des commandos parachutistes de l'air 00/541, commandé par le lieutenant-colonel Emery, sous les ordres du général Bigot commandant de la région aérienne d’Alger, qui a rejoint le putsch, se rallie au général Challe.
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Malheureusement ils prendront part à la révolte militaire d'avril 61 et paieront le prix fort. Le GCPA est dissoud dès le 31 mai. Seul subsiste le CPA 50 de Colomb Bechar qui est resté à l'écart des evênements d'Alger. Il est transformé en Compagnie de Commandos Parachutistes et s'installe sur la Base de Bremgarten en juin 62.
Le 5 avril 65 est créé à Nîmes l'EFCA (Escadron des Fusiliers Commandos de l'Air) chargé de la formation des Fusiliers de l'Air et de l'évaluation des unités de protection des bases nucléaires. Le 1° août 68 il reçoit une mission d'intervention rapide par aérotransport et devient EFCI (Escadron des Fusiliers Commandos et d'Intervention).
En 1969, l’Escadron d’évaluation et d’intervention (EEI) est mis sur pied et est implanté sur la Base Aérienne 726 de Nîmes-Courbessac.
En 1976 il renoue avec les opérations extérieures en renforçant la protection de la Base aérienne 188 Djibouti qui traverse une grave crise.
Il y a un peu moins d’un an était décidée par arrêté du 24 juin 1992 la création du Commandement des opérations spéciales (COS). Ce commandement interarmées, placé sous l’autorité directe du Chef d’état-major des armées (Céma), est chargé de planifier, de coordonner et de conduire des actions menées par des unités des forces armées spécialement organisées, entraînées et équipées.
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Le 10 juin 1992, Monsieur Pierre Joxe, ministre de la Défense, signe un décret donnant naissance aux forces spéciales (COS). Des unités des trois armées sont identifiées.
En juillet 1996, la Base Aérienne 726 de Nîmes-Courbessac ferme ses portes et le CPA 10 devient une unité à part entière dont l’appellation officielle devient CPA 10.566.
La création de commandos issus de la restructuration du Groupement d’instruction et d’intervention des commandos de l’air (GIICA), héritiers des Commandos parachutistes de l’air 10 et 40 (CPA), répond à l’évolution récente des missions. Seules des unités professionnelles sont susceptibles d’acquérir et surtout de conserver le niveau de technicité aéronautique requis.
En conclusion, la professionnalisation des fusiliers commandos de l’air, l’acquisition et la mise en pratique de nouveaux savoir-faire très spécialisés permettent à l’Armée de l’air de renforcer la cohérence de ses moyens.
Aujourd'hui, les CPA sont des unités d'élite de l'Armée de l'Air, spécialisées dans différentes missions :
Les fusiliers commandos de l'air sont impliqués dans diverses missions spécialisées :
Aujourd’hui réserviste au sein du CPA 20, il apprend la rusticité, la cohésion et surtout la responsabilité. « Lors de ma première préparation de mission, même si ce n’était qu’un exercice, j’ai ressenti toute la pression qui pèse sur un chef de section », admet le réserviste.
En mai 2024, une promotion au grade de sergent lui ouvre les portes du commandement. Il se spécialise en transmissions et en tir de combat, et vise désormais la qualification de chef de groupe. Son plus beau souvenir ? En août 2025, la lecture publique par son père de sa lettre de félicitations, devant sa compagne, pour les Jeux paralympiques.
Sa première mission est déjà un moment fort : un posé d’assaut aux côtés des militaires d’active.
L’officier commando parachutiste de l’air est un cadre qui, en fonction de son niveau de formation et du grade détenu, a pour rôle :
Officier rapidement placé en situation d’encadrement, de direction et de commandement d'unités de la Brigade Aérienne des Forces de Sécurité et d’Intervention (BAFSI) pouvant également participer, suivant son niveau de préparation, à des missions d’intervention commando sur théâtre d’opérations :
Les unités de protection sont déployées sur les BA en métropole (Dijon, Saint-Dizier, Luxeuil, Nancy, Evreux , Villacoublay, Orléans, Avord, Tours, Creil, Mont-de-Marsan, Cazaux, Cognac, Orange, Istres, Solenzara, Lyon). Les centres de formation et d’entraînement comprennent :
Les unités d’intervention parachutistes sont les Commandos parachutiste n°10 à Orléans, Commandos parachutiste n°20 à Dijon, Commandos parachutiste n°30 à Bordeaux.
Évolution des dénominations du CPA 20 :
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