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Venez faire un tour au Musée d’Art et d’Industrie, vous allez comprendre l'importance de l'armurerie dans l'ADN de la ville. Quand on vous dit que le design est partout à Saint-Étienne, c’est aussi parce qu’il est dans I’ADN de la ville. Depuis toujours, Saint-Étienne invente et fabrique.

Une Richesse Historique et Industrielle

Saviez-vous que Saint-Etienne s'appelait Armeville à la Révolution française ? C'est cette histoire que propose d'approfondir l'exposition "Armes pour cible", du musée d'Art et d'industrie. A travers une scénographie en six parties immergeant le visiteur, l'histoire de l'industrie armurière se dévoile.

La spécialisation de Saint-Etienne dans la production d'armes à feu portatives débute au XVIIIe siècle par la forge d'outils en fer, d'armes d'hast comme les lances et d'épées. En parallèle, l'industrie s'oriente dans la fabrication d'huisseries métalliques, et outils de quincaillerie à l'exemple des mécanismes de moulin à café. Sur les rives du Furan et aussi en centre-ville, il faut répondre aux commandes des armées princières et royales.

Centrée sur les armes de chasse et de guerre, les manufacturiers stéphanois exportent aussi leurs marchandises, depuis les ports de Bordeaux ou Marseille, pour la traite négrière.

Évolution et Adaptation de l'Industrie Armurière

De 1820 à 1950, la Révolution française puis les guerres de l'empire conduites par Napoléon 1er viennent chambouler l'activité. Le code pénal de 1810 interdit aux armuriers français de produire des armes de guerre et de les commercialiser. En 1820, on note l'apparition de grands noms stéphanois à l'image de l'artisan armurier Claude Verney récompensé pour son travail sur une crosse sculptée d'un motif de Diane.

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A l'initiative de Louis XVIII pour relancer l'économie, de grands concours d'encouragements ouverts aux artisans avaient été lancés. Au long du XIXe siècle, la chasse bourgeoise se développe. De 125 000 chasseurs en 1844 - date où le permis de chasse a été rendu obligatoire -, la France en compte 450 000 en 1900.

La seconde moitié du XIXe siècle laisse place à un tournant pour la Manufacture d'armes stéphanoise, et voit l'apparition de manufactures privées. Dès 1875, les armuriers déposent pléthore de brevets à l'image des systèmes de verrouillage des fusils développés par Verney-Carron. Ces innovations technologiques sont montrées dans les expositions industrielles, les espionnages industriels se portant légion au sein des stands.

La chasse dans les colonies entraîne aussi l'essor de cette industrie. Les armes sont renforcées pour tirer les gros gibiers. Dès 1920, de nouvelles crises impactent l'armurerie stéphanoise. La demande en armes de guerre croît, laissant les fabricants d'armes civiles à la peine. La diversification des activités s'intensifie et voilà qu'apparaissent à Saint-Etienne, la production de bicyclettes ou raquettes de tennis.

La débâcle de 1940 permet ensuite à la France de constituer son stock d'armes qu'on lui connaît aujourd'hui selon le IHEID (Institut des hautes études internationales et du développement). En 2018, la France comptait près de 18 millions d'armes, le classant 2e des pays les plus armés de l'Union européenne. Il faudra attendre 1964 pour que la loi permette l'accès au plus grand nombre de la pratique. Nul besoin alors d'être propriétaire pour pouvoir chasser.

Ensuite, l'industrie d'armes s'essouffle. Dès la fin des années 1960, la pratique de la chasse est contestée, et en dépit d'une année 1974 profitable, 1975 annonce la décroissance du secteur. La Manufacture travaille avec des sous-traitants pour produire le Famas (fusil d'assaut français) mais cette stratégie ne suffit pas. Les armes font encore partie aujourd'hui du paysage ligérien.

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Les Collections du Musée

En demande d'une vitrine, les armuriers obtiennent en 1851, de par leur ancienneté et leur savoir-faire, des subsides de la ville pour la constitution d'une première collection d'armes. 2800 armes et armures, des pièces détachées (platines, chiens, canons de fusil), de nombreuses séries de systèmes, de pièces de gravure et de décoration, de nombreux brevets, forment bientôt la partie principale du fonds.

Les productions modernes y figurent en bonne place, grâce à l’implication constante des entreprises dans la vie du musée. Le musée a obtenu le dépôt, par le Musée de l’Armée de Paris, de 2350 armes réglementaires issues de la collection de la Manufacture nationale d’Armes de Saint-Etienne, donnant à ses collections une dimension toute nouvelle.

Les collections se complètent par un fonds documentaire -ouvrages, archives et revues - incluant aussi des reportages filmés, les productions multimédia réalisées à la réouverture du musée rénové en 2001. La mémoire orale fait l’objet d’une attention soutenue. Au-delà de l’image et sans doute de l’imagerie de l’artisanat armurier toujours en cours, on perçoit ici que le savoir-faire de l’arme est aussi le savoir-concevoir et le savoir-organiser la production.

On comprend que l'ouvrier fraiseur, tourneur, outilleur mérite aussi hommage, comme l’artisan dialoguant avec son chef d’œuvre dans le secret de l’atelier.

Des premières armes à feu aux armes de chasse les plus contemporaines, la collection du Musée d’Art et d’Industrie récemment enrichie par le dépôt par le Musée de Armée, des armes de l’ancienne Manufacture Nationale, rend compte de la créativité des armuriers stéphanois mais aussi des productions étrangères.

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Il est intéressant de noter que de nombreuses collections sont venues enrichir les musées de France. Le souci permanent de chaque collectionneur est de conserver, sauvegarder et mettre en valeur tout objet provenant du passé. C’est avec ce geste répété au fil des générations que nos musées sont remplis de richesses.

Une Expérience Musée Enrichissante

Tenté par une expérience inédite ? Visitez la nouvelle exposition permanente du musée, La mécanique de l‘art : sur plus de 900 m2, dans une scénographie renouvelée où l’on peut voir, entendre, toucher, actionner, l’art reprend sa place aux côtés de l’industrie. Les visiteurs pourront à partir du 1er septembre et jusqu'au 3 janvier 2021, regarder à travers des mires et des viseurs, ou endosser l'habit d'un duelliste.

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