Arme à la ceinture, à bord de camions blindés, l’œil et l’esprit aux aguets, les convoyeurs de fonds remplissent chaque jour une mission sensible et cruciale : transporter l’argent liquide qui irrigue l’économie.
Livrer le cash - seul moyen de paiement anonyme et gratuit, accessible à tous -, aux différents acteurs comme les banques et les commerçants est une mission de service publique classée « d’importance vitale » par l’État.
À tel point qu’en cas de crise - panique boursière, bug des cartes de crédit ou catastrophes naturelles - les hommes et les femmes de la filière peuvent être réquisitionnés par les pouvoirs publics pour que la monnaie continue à circuler et que le système ne s’effondre pas.
C’est une des raisons pour lesquelles ce métier est l’un des plus valorisés dans la grande galaxie des professions de la sécurité.
« Le turn-over n’est que de 6 à 7 % sur l’ensemble de la France », souligne François Daoust, délégué général de la Fédération des entreprises de la sécurité fiduciaire (Fedesfi), l’une des organisations professionnelles du secteur.
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Autre énorme avantage : il offre des perspectives d’embauche à un grand nombre de candidats potentiels.
La formation est stricte mais abordable sans le bac, dès le niveau brevet des collèges.
« Si l’on est titulaire du bac pro sécurité, ce sera plus facile mais le certificat de qualification professionnelle (CQP) est accessible sans cela », rassure François Daoust.
Bien sûr, l’essor des moyens de paiement électroniques a provoqué une fonte des effectifs.
Mais il reste tout de même 8 000 convoyeurs de fonds en France.
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Un personnel qui peut aussi être amené à transporter d’autres valeurs : bijoux, or, montres de luxe, appareils high-tech, œuvres d’art et même des collections entières de haute couture.
L’aspirant convoyeur doit se plier à un parcours de formation qui dure en moyenne 6 mois, en comptant les délais nécessaires à l’obtention de certaines autorisations indispensables.
« Je commence par choisir mon centre de formation et m’y inscrire, détaille François Daoust.
Ensuite, je dois demander une carte provisoire du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS), ce qui signifie qu’il y aura une enquête de police et de gendarmerie pour connaître les antécédents judiciaires mais aussi les faits qui n’ont pas fait l’objet d’une condamnation comme les infractions routières ! »
Une fois ce premier sésame en poche, le candidat peut suivre sa formation, dans des classes d’une vingtaine de stagiaires, au sein de centres privés payants (possibilité de financement via le CPF) comme ceux créés et animés par les principales entreprises de la filière à l’image de Temis Luxury ou la Brink’s (sans obligation de postuler forcément dans ces entreprises-là par la suite).
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Au programme : un tronc commun sur les métiers de la sécurité où l’on apprend les principes généraux du secteur, ceux de la République, les textes qui encadrent la légitime défense.
Puis un enseignement spécifique au transport de fonds : comment organiser une tournée, l’utilisation des armes, les différentes façons de se protéger, soi-même et ses collègues, de s’extraire d’un guet-apens…
Nanti de son CQP, le titulaire peut demander au CNAPS sa carte professionnelle et chercher un emploi.
À bord du véhicule blindé, le nouvel embauché sera affecté à l’un des trois postes qui composent obligatoirement l’équipe : le conducteur (titulaire du permis poids lourd et formé au pilotage de ce type d’engin), le messager qui transporte les valeurs entre le camion et le local du destinataire, le garde qui accompagne ce dernier ou reste en faction à l’extérieur pour surveiller les abords.
Les salaires ne sont pas tout à fait les mêmes.
« Un convoyeur commence à 1850-1990 € brut sur 13 mois, plus la prime de risque de 260 à 280 € mensuels et l’ancienneté qui commence dès la 2e année, expose François Daoust.
C’est le messager qui gagne le plus, la différence est d’environ 150 euros. »
Point important : le convoyeur de fonds est armé, le plus souvent d’un pistolet de calibre 9 mm, et l’équipe dispose d’un fusil à pompe dans le camion.
« Nous sommes hyper stricts sur la formation au maniement des armes, prévient François Daoust.
L’enseignement comprend la connaissance de ces dernières, des cas de légitime défense, des mises en situation et des séances sur le pas de tir.
Une fois en poste, un convoyeur doit pratiquer 4 tirs par an de 50 à 100 cartouches. »
Certaines qualités humaines sont indispensables.
« Il faut du sang-froid, de la sérénité, être toujours concentré sur la mission, en éveil permanent, ne jamais sombrer dans la routine, insiste le représentant de la Fedesfi.
Et bien sûr, être en bonne forme physique !
Si c’est le cas, on peut envisager de se reconvertir dans ce métier jusqu’à 50 à 55 ans. »
Les femmes y ont aussi toute leur place : elles représentent 5 à 10 % des effectifs.
Entreprise américaine cotée en Bourse à New York, née à Chicago (États-Unis) il y a 165 ans, Brink’s est un des poids lourds du secteur qui emploie en France 1 300 convoyeurs de fonds. Et ses besoins sont constants, comme l’explique Olivier Ducher, DRH groupe Brink’s France.
« On est sur un nombre régulier de 160 recrutements par an, principalement en CDI », annonce Olivier Ducher.
« Nous sommes très ouverts sur le background initial du candidat. Celui-ci doit être rigoureux et très sensible aux questions de sécurité car la fonction peut amener des situations risquées, il doit être capable d’opérer au sein d’une équipe où tous se protègent mutuellement.
Un autre critère important est son caractère évolutif et polyvalent pour pouvoir accéder ensuite à d’autres fonctions en développement comme la gestion des automates bancaires. »
« Selon le potentiel, un convoyeur peut occuper des fonctions hiérarchiques comme celle de régulateur (logistique, organisation des tournées, des plannings…). Certains peuvent devenir responsables d’agence ou rejoindre des fonctions support. »
Les rémunérations diffèrent selon le poste occupé parmi l’équipe de trois convoyeurs.
« Un convoyeur en début de carrière touche le salaire de base de 1 850 euros brut sur 13,15 mois, auquel s’ajoutent une prime de risque de 270 euros par mois et une autre d’ancienneté qui évolue une fois la première année passée, de 3 % du salaire jusqu’à 23 % au-delà de 30 ans.
Un messager gagne 2 000 euros par mois et les deux primes. Le conducteur - compétence que l’on recherche particulièrement, nous pouvons même former au permis - se situe entre les deux.
| Poste | Salaire de base brut (mensuel) | Prime de risque (mensuel) | Prime d'ancienneté |
|---|---|---|---|
| Convoyeur | 1 850 € | 270 € | 3% à 23% après 1 an |
| Messager | 2 000 € | 270 € | 3% à 23% après 1 an |
| Conducteur | Entre convoyeur et messager | 270 € | 3% à 23% après 1 an |
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