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Pour remédier aux faiblesses qui avaient conduit l’Empire sous tutelle étrangère jusqu’en 1921, Reza Shah entreprend une vaste modernisation de l’État et crée une armée moderne. En 1921, le ministre de l’armée, Reza Pahlavi, renverse la dynastie Qajar menée par Ahmad Shah Qajar à l’occasion d’un coup d’État. En 1922, Reza Shah hérite d’un stock de 37 000 fusils, principalement issus de la brigade cosaque persane, alors la seule force militaire réellement efficace en Iran.

Modernisation de l'Armée sous Reza Shah

Face à cette situation, Reza Pahlavi entreprend une série de réformes pour moderniser l’État et son armée. Il établit des relations étroites avec l’Allemagne, adoptant la doctrine militaire allemande et son mode d’encadrement.

Sous l’influence directe d’instructeurs allemands, l’Iran commence dès les années 1930 à acquérir des fusils vz.98/22 auprès de la République tchécoslovaque, ainsi que la licence pour les produire localement. Parmi les actions menées, il acquiert des fusils-mitrailleurs ZB.30j fabriqués en Tchécoslovaquie et obtient l’autorisation d’en produire localement. Le fusil-mitrailleur fabriqué localement prend la désignation officielle de fusil-mitrailleur M1309 (d’après le calendrier persan), avec des inscriptions en persan gravées sur l’arme.

L'Invasion Anglo-Soviétique de 1941

En 1941, lors de l’opération Countenance, les forces britanniques et soviétiques envahissent l’Iran pour renverser Reza Shah, jugé trop proche de l’Allemagne nazie, et le remplacer par son fils, le futur Mohammad Reza Pahlavi. Cette opération visait également à sécuriser le corridor du prêt-bail, essentiel pour acheminer des aides alliées à l’Union soviétique, ainsi qu’à protéger les gisements pétroliers stratégiques pour l’Empire britannique. Une partie des baïonnettes du premier contrat seront utilisées lors de l’invasion anglo-soviétique de l’Iran entre le 25 août et le 17 septembre 1941. À cette date, l’armée impériale iranienne dispose d’un stock de 8 100 fusils-mitrailleurs. Ces armes robustes et fiables deviennent essentielles dans les opérations de défense et d’attaque, constituant une véritable épine dorsale pour l’armée.

Le Fusil Mauser et ses Dérivés

Le fusil Mauser de fabrication tchèque a été sélectionné pour l’armée iranienne impériale sous le règne de Reza Shah Pahlavi. L’ex-Tcécoslovaquie a produit deux versions pour l’Iran, un fusil long (comparable à l’allemand Gewehr 98) désigné vz. 98/29, et une carabine désignée vz. 30.

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A la fin des années 1940, le Taslihat-e Artesh (Usines de l’Armée), connu sous le nom de Mosalsal-sazi (Machine-gun Factory), à Téhéran, a commencé la production de ces fusils de Brno. Les connaissances nécessaires en matière de machinerie et de fabrication ont été fournies à l’Iran par l’intermédiaire de l’entreprise industrielle Škoda, qui a eu une longue histoire de coopération avec l’Iran.

L’Iran a produit deux modèles : le vz. 24 comme « Berno » et une version courte sous licence de CZ.

Les fusils iraniens de Brno ont vu des actions dans un certain nombre d’endroits, des soulèvements tribaux au Kurdistan au coup d’Etat, enlevant Mohammad Mosaddegh du pouvoir. Au cours de la révolution de 1979, l’arme réapparut dans les mains des révolutionnaires et des tribus, qui n’avaient jamais abandonné leurs Brnos.

Le Berno était, et est utilisé dans les cérémonies officielles de prière du vendredi : le conférencier doit avoir «l’arme du jour» à ses côtés, selon la tradition du Prophète Muhammad, qui portait un épée dans cette capacité.

Caractéristiques Techniques du Fusil M-1310

Le fusil M-1310, reconnu pour sa fiabilité et sa robustesse similaires au vz.98/22, est un fusil à verrou doté d’un magasin interne de cinq cartouches. Il porte le lion d’Iran gravé sur le tonnerre, accompagné d’inscriptions en persan. Armement : fusil système Mauser VZ24/29.

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La poignée est munie d’un pommeau oblique qui comporte une rainure en forme de trèfle, sa conception lui permet de s’adapter à toutes les armes de type Mauser 98. Le verrou de fixation à l’arme est légèrement proéminent évitant ainsi un usinage précis de celui-ci par rapport au pommeau. Les plaquettes en noyer qui ne comportent pas de trous d’évacuation des déchets, sont maintenues entre elles par vis à grosse tête ronde dentée et écrou fendu.

Développement Post-Seconde Guerre Mondiale

Après la seconde Guerre Mondiale, en 1948 avec l’aide de techniciens et d’ingénieurs tchèques l’Iran développera sa propre usine d’armement.

L'Armée Iranienne Aujourd'hui

Les forces armées de la république islamique d'Iran se composent de deux groupes distincts : l’Artesh, armée régulière de l'État, principalement chargée de la défense des frontières, de la défense anti-aérienne et de la protection maritime ; et les Gardiens de la Révolution, ou «Pasdarans», une armée parallèle et idéologique du régime, qui fait partie intégrante non seulement de l'appareil de défense du pays, mais, au-delà, du système de gouvernement instauré par les mollahs.

Dans le détail, l'armée iranienne est composée de quatre branches : l'armée de terre, les forces aériennes, la marine et les forces spéciales, pour un effectif d’environ 415.000 militaires et 350.000 réservistes. L’armée régulière est doublée par la force des Pasdarans, qui dispose de 300.000 hommes répartis dans une vingtaine de grandes formations, dont des unités terrestres, aériennes (notamment parachutistes) et navales, ainsi que dans les forces al-Qods (Forces spéciales), bras armé des interventions non conventionnelles de l'Iran en dehors de son territoire.

Au total, l'Iran dispose donc d'environ 715.000 soldats, dont une partie reste toutefois cantonnée à des fonctions plus politiques que militaires, ce qui fait de l'armée iranienne la septième plus importante au monde.

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Fort des transferts de technologie dont il a bénéficié auprès de ses partenaires, comme la Russie, la Chine ou la Corée du nord, le régime actuel a mis en place une industrie d'armement nationale, et s'avère en mesure de produire en quantité des équipements simples - munitions, armes légères comme des fusils d'assaut et des mortiers, ou encore des véhicules non blindés. Des équipements réputés produits par l'Iran lui-même sont ainsi exportés vers ses alliés, le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien.

Toutefois, selon les spécialistes, il s'agit le plus souvent d’armes qui peuvent paraître obsolètes au regard des équipements qui arment les plus puissantes armées au monde.

En 2016, le budget militaire de l'Iran s'élevait ainsi à 15,9 milliards de dollars, soit entre 2,5 et 3% de son PIB. Un montant proche de celui de certains de ses voisins, comme la Turquie ou le Pakistan, mais très éloigné de l'Arabie saoudite (plus de 60 milliards de dollars, soit environ 8% de son PIB), et inférieur à Israël (environ 20 milliards de dollars), qui demeure un plus petit pays, loin des 89 millions d'habitants de l'Iran.

Selon des données de 2016, l’armée iranienne dispose de plus de 330 avions de combats, dont certains datent de l’époque du Shah, mais aussi de trois sous-marins, ainsi que plusieurs frégates et une cinquantaine de patrouilleurs et vedettes qui sont destinés à des opérations de sécurité côtières. Plusieurs des experts auditionnés par le Sénat en 2015 ont toutefois souscrit à l'estimation d'une capacité de résistance de cette flotte limitée à quelques jours, voire quelques heures, en cas d'attaque, notamment, par la flotte américaine basée à Bahreïn.

Tableau Récapitulatif des Forces Armées Iraniennes (Données de 2016)

Composante Effectifs Budget Remarques
Armée Régulière (Artesh) 415,000 militaires + 350,000 réservistes 15.9 milliards de dollars (total) Défense des frontières, défense anti-aérienne, protection maritime
Gardiens de la Révolution (Pasdarans) 300,000 Inclus dans le budget total Armée idéologique, unités terrestres, aériennes et navales, forces al-Qods
Budget Militaire (en % du PIB) N/A 2.5-3% Comparaison avec Turquie, Pakistan, Arabie saoudite, Israël

Missiles et Drones

Par ailleurs, l’Iran a développé une gamme de missiles balistiques et de drones dans le cadre d’un programme national. Si leur nombre exact est inconnu, l’agence de presse officielle ISNA, en Iran, a publié un graphique montrant plusieurs missiles iraniens susceptibles, selon elle, d’arriver jusqu’en Israël.

Parmi eux, le «Sejil» qui serait capable de voler à plus de 17.000 km/h, avec une portée de 2.500 kilomètres ; le «Kheibar», avec une portée de 2.000 kilomètres et le «Haj Qassem», avec une portée de 1.400 kilomètres, baptisé ainsi en hommage au commandant des Forces spéciales, Qassem Soleimani, tué par une frappe aérienne américaine en 2020 à Bagdad.

Au total, l’Iran disposerait donc d’une variété de missiles balistiques qui ont une portée de 300 à 3.000 kilomètres. Des missiles balistiques tirés depuis l'Iran mettraient ainsi, selon les spécialistes, douze minutes pour atteindre Israël. Il faudrait en revanche deux heures pour les missiles de croisière et neuf heures pour les drones pour atteindre l'État hébreu.

Côté drones, justement, l’Iran, qui s’est spécialisé dans leur fabrication, a fait savoir au mois d’août dernier, que des drones avancés (le Mohajer-10) d’une portée opérationnelle de 200 kilomètres, capables de voler avec une charge allant jusqu’à 300 kilogrammes, ont été produits par le pays.

Enfin, au mois de juin dernier, le pays a présenté ce qui serait le tout premier missile hypersonique fabriqué au sein de la république islamique, selon l’IRNA. Les missiles hypersoniques peuvent voler cinq fois plus rapidement que la vitesse du son, sur une trajectoire complexe, ce qui les rend difficiles à intercepter. La république islamique dispose aussi de missiles de croisière comme le «Kh-55», une arme à capacité nucléaire qui aurait une portée de 3.000 kilomètres et le missile anti-navire «Khalid Farzh», qui serait susceptible de transporter des ogives allant jusqu’à une tonne.

Programme Nucléaire

En plus de son arsenal militaire, c’est surtout le potentiel arsenal nucléaire iranien qui inquiète les Occidentaux. Selon les spécialistes auditionnés par le Sénat, il est très difficile d'apprécier jusqu'à quel degré d'approche de l'arme atomique le pays a pu parvenir.

Si Téhéran a toujours affirmé que ses activités sont pacifiques et nié vouloir fabriquer une bombe atomique, l’Agence internationale de l’Énergie atomique (AIEA) a rapporté en 2019 que l’Iran a successivement dépassé la limite autorisée pour son stock d’uranium faiblement enrichi, et le taux d’enrichissement autorisé par l’accord sur le nucléaire iranien.

Selon l’AIEA, l’Iran accumule désormais de l’uranium enrichi jusqu’à 60% et a démarré la production d’uranium métal, deux activités qui constituent des étapes clé du développement d’une arme nucléaire et ne sont justifiées par aucun besoin civil crédible.

En parallèle, l’Iran a substantiellement réduit les accès de l’Agence internationale de l’énergie atomique à partir du 23 février 2021, en cessant d’appliquer les mesures de vérification et de suivi prévues par l'accord.

«Aujourd’hui il semble que l’Iran a choisi de devenir ce que l’on appelle un pays du seuil, c’est-à-dire un pays qui maîtrise la technologie, et qui est capable, si nécéssaire, de construire très rapidement une bombe atomique», précise Thierry Coville, chercheur à l’IRIS, et spécialiste de l’Iran, pour CNEWS.

tags: #armée #iranienne #fusil

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