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L'histoire de l'arbalète à Clermont-Ferrand est intimement liée à l'essor de la ville et à l'affirmation de son identité urbaine au fil des siècles. Cet article explore les racines de cette arme, son rôle dans la société médiévale locale et les aspects de sa fabrication.

Les Origines Urbaines de Montferrand

Montferrand, ville neuve fondée au début du XIIe siècle par les comtes d'Auvergne, connaît un essor rapide et devient l'une des places commerciales les plus florissantes de la région. Ses foires et marchés ont, dès le milieu du XIIe siècle, fait la richesse et la renommée de la ville et favorisé son expansion démographique.

Vers 1196-1198, le comte Guillaume et sa mère octroient une charte de coutumes aux Montferrandais. Celle-ci, composée de 125 articles, est très libérale et paraît la plus ancienne de la région. En 1226, alors que Montferrand rejoint la dot de Catherine, héritière du comte d'Auvergne, à l'occasion de son mariage avec Guichard de Beaujeu, les habitants s'entretiennent avec Louis VIII et obtiennent le titre de "bourgeois du roi", ce qui les conforte dans leur recherche d'indépendance et les garde d'une éventuelle immixtion du nouveau seigneur dans leurs affaires.

Il convient alors de rendre tangible aux yeux de tous - seigneur, communautés voisines - cette indépendance. Quoi de plus normal que la mise en relief de cette autonomie par des signes manifestes ? Au mouvement communal correspond donc l’émergence de tout un "arsenal de biens et d’attributs [...] qui symbolisent l’autonomie urbaine" et fournissent les moyens d’expressions nécessaires à l’universitas.

L'Arbalète : Un Symbole d'Autonomie Urbaine

La cloche, les clefs, les bannières, les sceaux ou encore les livrées (appelées "gonelas" ou "raubas" en Auvergne) sont autant de signes perceptibles de l’indépendance urbaine. Première manifestation d'autonomie connue, un sigillum communitatis Montisferrandi apparaît dans la documentation dès 1226.

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En 1266, il est fait mention d’une dépense pour réparer "las sarralhas de l’archa dels cairels". Il n’est plus question d’un coffre pour les archives, mais d’une boîte où l’on conserve les carreaux d’arbalètes pour les sentinelles qui montent la garde (gaytas) : autre élément de l’autonomie urbaine. Dès la seconde moitié du XIIIe siècle au plus tard, il existe deux sortes d’arches à Montferrand, l’une vouée à la conservation des traces de l’administration, l’autre dévolue aux armes.

Fabrication et Utilisation des Arbalètes

L'arche sert de caisse de dépôt des deniers de la ville. Cette fonction, répandue ailleurs, est attestée à plusieurs reprises dès le XIIIe siècle. Vers 1284, le consulat fait réparer "las saralhas" du coffre où sont placés les deniers de l’impôt communal ("cumi"). En 1365, les consuls déposent dans l’arche l’argent commun. Familière, l’opération est répétée en 1377, en 1383.

Les consuls de Montferrand, en basse Auvergne, poursuivent en justice un bourgeois de la ville, récalcitrant à l’impôt, lors des grands jours du duc de Berry. Afin de défendre les intérêts de la res publica, les édiles montferrandais rédigent un mémoire judiciaire et l’adressent au duc. L’occasion leur est ainsi donnée de rappeler, devant les magistrats du prince apanagiste d’Auvergne, l’ancienneté de leur commune et les privilèges dont ils jouissent.

L'arbalète, en tant qu'arme de défense et symbole d'autonomie, occupait donc une place importante dans la vie de la communauté de Montferrand. Sa fabrication et son entretien étaient des éléments essentiels pour assurer la sécurité et l'indépendance de la ville.

L'évolution de l'Arc et son Usage Moderne

L’arc de combat a disparu après la guerre de trente ans (1618-1648) remplacé par l’arme à feu. L’arc n’a pas pour autant disparu : sa pratique s’est métamorphosée en sport de compétition codifié. Les Robins des bois contemporains sont devenus des tireurs de flèches à expédier au centre d’une cible.

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A noter que l’arc - de plus de 20.000 ans d’âge ! - connaît des améliorations techniques constantes depuis Robin des bois ! De nos jours, sa courbure double est en fibre de verre. De même, le progrès a créé des flèches en aluminium ou en graphite de carbone. Leur vitesse de projection atteint 240 km heure ! Le tir à l’arc de compétition connaît la gloire puisqu’il est une discipline olympique depuis 1900.

Devenir un bon tireur à l’arc demande un apprentissage assidu : Ce tir exige un positionnement très droit du corps, une vue de lynx, un calme à toute épreuve et toujours… une belle noblesse d’esprit !

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