L'arbalète, une arme de jet ancestrale dérivée de l'arc, a marqué l'histoire par sa puissance et sa précision. Utilisée dès le Xe siècle, elle a évolué au fil des âges, tant dans sa conception que dans son utilisation. Cet article explore l'histoire de l'arbalète médiévale, son fonctionnement, les différents types existants, son impact tactique et son évolution jusqu'à nos jours.
L'arbalète est une arme composée d'un arc, généralement en corne ou en métal, fixé sur une pièce de bois appelée arbrier. Un mécanisme complexe, comprenant une noix et une détente, permet de maintenir la corde tendue et de libérer le projectile, appelé carreau. Le carreau, plus court et plus lourd qu'une flèche, est spécialement conçu pour être tiré par une arbalète.
Les arbalètes se distinguent principalement par le mécanisme utilisé pour bander l'arc. Parmi les méthodes courantes, on retrouve :
Les arbalètes, et plus particulièrement les arbalètes à répétition, sont des pièces d’ingénierie fascinantes. Une arbalète à répétition se distingue par sa capacité à tirer plusieurs traits ou carreaux sans nécessiter un rechargement entre chaque tir. L’arbalète à répétition est une prouesse technique considérable pour son époque.
Le principe mécanique crucial repose sur un levier combiné à un système de poulies ou de ressorts. Ce levier permet de bander la corde et de charger simultanément un nouveau trait ou carreau dans la rainure. Les arbalètes classiques nécessitent une manipulation manuelle complète après chaque tir : repositionner la corde, placer un nouveau carreau, puis viser avant de tirer. Ce modèle utilise un levier mécanique simple pour recharger et bander rapidement la corde.
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Au Moyen Âge, l’utilisation des arbalètes à répétition était surtout réservée aux armées bien équipées et aux troupes spécialisées. En effet, leur fabrication sophistiquée et coûteuse en faisait des armes rares mais redoutables sur le champ de bataille. De nos jours, l’arbalète à répétition a trouvé sa place principalement dans les loisirs et les sports de tir.
L'arbalète était réputée pour sa puissance et sa précision, ce qui en faisait une arme redoutable sur les champs de bataille. Sa portée pouvait atteindre jusqu'à 150 mètres.
Voici un aperçu des portées typiques en fonction du type d'arbalète :
| Type d'Arbalète | Puissance | Portée de Tir |
|---|---|---|
| Pistolets arbalètes | 50 à 80 livres | 10 à 20 mètres |
| Arbalètes recurve | 150 à 175 livres | 25 à 40 mètres |
| Arbalètes à poulies (vitesse < 400 FPS) | Variable | 40 à 70 mètres |
| Arbalètes à poulies (vitesse > 400 FPS) | Variable | Jusqu'à 100 mètres (voire 125 mètres pour 500 FPS) |
Bien que les deux soient des armes de trait, l'arbalète et l'arc présentent des différences notables. L'arbalète, plus moderne et facile à utiliser, attire les novices grâce à sa simplicité. Elle offre un tir puissant, une portée étendue et une précision accrue grâce à des mécanismes tels que le viseur et le rail de guidage. Elle est particulièrement adaptée à la chasse et au tir sportif.
L'arc, quant à lui, requiert plus de pratique pour atteindre une précision optimale. Il offre une expérience plus traditionnelle et proche de la nature.
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L'arbalète a eu un impact tactique significatif au Moyen Âge. Sa facilité d'utilisation en faisait une arme mortelle, même entre les mains de soldats peu expérimentés. Cependant, l'arbalète était également considérée comme une arme déloyale, car elle ne nécessitait pas le même niveau d'entraînement que l'arc. Richard Cœur de Lion lui-même a été blessé à deux reprises par des tirs d'arbalète, la seconde blessure lui étant fatale.
Au fil du temps, l'évolution de l'armure et des techniques de combat a conduit au déclin de l'arbalète en tant qu'arme principale sur le champ de bataille.
L'arbalète a une longue histoire qui remonte à la Chine antique. Elle a connu un essor militaire important en Europe à partir du IXe siècle. Au Moyen Âge, sa réputation s'est renforcée lors des Croisades, où elle a été surnommée "l'arme du diable" en raison de sa redoutable efficacité.
Au Moyen Âge, l'arbalète était utilisée à la fois pour la chasse et pour la guerre. Cependant, elle était détestée par la chevalerie, qui la considérait comme une arme déloyale. En Europe chrétienne, l'arbalète a été frappée d'anathème par le deuxième concile du Latran en 1139, qui en interdisait l'utilisation contre les chrétiens. Cette interdiction, bien que peu respectée, témoigne de la controverse entourant l'utilisation de cette arme.
Le carreau d'arbalète, contrairement à la flèche classique, possède une forme particulière qui le rend facilement reconnaissable. Plus court et plus lourd que la flèche, il est doté d'un fer pyramidal à quatre pans reposant sur une base carrée. Cette conception est spécifiquement adaptée pour percer les armures lors d'un tir tendu.
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Il existe différents types de carreaux d'arbalète, chacun ayant une fonction spécifique :
Fabrication d'une Arbalète « primitive » de type médiévale. Je n'ai pas l'expérience de ce genre de construction, ma première et seule arbalète construite l'a été il y a de cela une bonne quarantaine d'année suite à la lecture d'un livre marabout junior sur la vie de Du Guesclin. Il était coutumier de trouver à la fin du livre, quelques pages de bricolages ou autres inspirés du récit évoqué. Dans le cas de Du Guesclin, c'était donc une arbalète très primitive fabriquée à l'aide de « baleines métalliques » de parapluie.
Mon propos n'est pas de réitérer l'expérience mais d'aborder plutôt la construction d'une arbalète de type médiévale assez rudimentaire. Ma première expérience d'arbalète médiévale, je l'ai eu lors de rencontres au Château d'Havré en Belgique, la possibilité de tirer avec ce bel engin me fut donné... et il est vrai que je suis tombé sous le charme de « l'objet » proprement dit. Esthétique, ingénieux et redoutablement puissant, quelques qualités qui me sont revenues à l'esprit lorsque tout récemment, dans le cadre d'un projet « éducatif », j'ai lancé l'idée avec quelques collègues d'un projet à long terme dont la finalité serait de réaliser localement une fête médiévale.
Dans la foulée d'idées sorties d'un « brainstorming », celle d'une initiation au tir à l'arc était venue sur le devant. De cette idée, forcément, vu mon intérêt pour les arbalètes, j'ai donc proposé une initiation au tir à l'arbalète. Comme on n'est jamais, mieux servi que par soi-même et après avoir fait pas mal de recherches, je me suis donc lancé dans la fabrication d'une arbalète relativement rudimentaire de type médiévale. Si la construction du corps même de l'arbalète ne devait pas poser trop de problèmes, il restait le mécanisme de déclenchement et l'arc proprement dit.
J'ai donc opté pour le système d'une « noix » et d'une « gâchette » couplé avec un ressort. Ne maîtrisant pas le travail du métal, j'ai dû choisir de construire l'ensemble en bois...
Les noix en cornes étaient, on le sait, des pièces consommables de par le fait qu’elles cédaient sous la tension. Toutefois, pour être agréable aux puristes, des noix en cornes peuvent être commandées lors de la construction.
Concernant l'arc : frêne ou noisetier - historique - non garanti - ou Arc acier - non historique - garanti à vie - proposé avec un camouflage à base de lattes de bois et de cuir.
Pour les puristes, l’arbalète peut être réalisée sans l’étrier, mais nécessitera l’achat d’un pied de biche 240 € pour pouvoir être armée.
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