Sony s'est lancé sur le marché des appareils photo hybrides (ou mirrorless) depuis le début des années 2010. Ce type d'appareil a depuis dépassé les reflex en termes de technologies comme de ventes. Sony est un des leaders sur ce marché. Dans ce guide d'achat, nous nous concentrons donc uniquement sur les boîtiers hybrides de la marque en monture E qui regroupent autant les appareils à capteur APS-C que les boîtiers dotés d'un capteur au format 24x36.
Dans nos tests, nous évaluons les performances photo et la qualité vidéo. Nous mesurons la réactivité de l'autofocus et n'oublions pas de prendre en compte l'ergonomie du boîtier. Nous dressons enfin une évaluation complète avec une note générale qui est ainsi prise en compte pour établir le classement du guide d'achat du meilleur appareil photo numérique Sony.
Voici donc un boîtier qui vise autant les photographes que les créateurs vidéo, sans pour autant changer radicalement de philosophie. Sony va-t-il faire de cet A7 V son nouveau best-seller ? Pour autant, cela n’empêche pas cette série d’être aussi réussie qu’acclamée. Ainsi, l’A7 III fut, pour beaucoup, l’hybride qui enterra les reflex. Ainsi, dire que le Sony A7 V était attendu comme le loup blanc est un euphémisme. Sony se devait donc de réagir.
Certains s’inquiétaient, notamment en ce qui concerne le capteur, le marque ayant tendance à ne le renouveler qu’une fois sur deux générations. Sans doute bien conscient de ces limites, Sony a décidé d’opter pour un capteur plein format rétroéclairé de 33 millions de pixels, utilisant une architecture partiellement empilée. Ce type de capteur, encore assez récent et peu répandu, n’équipe pour l’instant que les Nikon Z6 III et Panasonic Lumix S1 II. Il offre un bon compromis : une lecture plus rapide qu’un capteur classique, pour un coût inférieur à celui d’un capteur entièrement empilé.
On retrouve des capteurs de ce type sur le Nikon Z6 III (et par extension la ZR) et Lumix S1 II. Des cellules sensibles de 24 Mpx, déjà issues des usines… Sony. En obturation électronique, le boîtier atteint désormais une rafale de 30 images par seconde avec suivi AF et enregistrement en RAW 14 bits. Un mode de pré-capture est également proposé, permettant d’enregistrer quelques images avant l’appui complet sur le déclencheur.
Lire aussi: Flocage Velours Perlé
Dans le détail, les fichiers JPEG font environ 20 Mo, quand les RAW les plus lourds « compression sans perte » font approximativement 40 à 45 Mo. Vous observerez donc que, pour la première fois, Sony a abandonné les RAW non-compressés. Sony assure que ce choix n’affecte ni la qualité d’images, ni la dynamique.
En ce qui concerne les JPEG, on peut observer des images d’excellente qualité. Avec les bonnes optiques, la sensation de piqué est vraiment au rendez-vous, renforcé par une mise au point très précise. Si ces profils sont moins connus que les simulations de films de Fujifilm, ils offrent depuis longtemps un cachet intéressant aux clichés issus d’un boîtier Sony. Notez qu’il s’agit ici - comme toujours - d’extraits recadrés à 100 %.
Pour la dynamique, Sony prétend que l’on peut récupérer jusqu’à 16 stops. Une affirmation osée, mais il faut reconnaître que cet A7 V fait un excellent travail. Dans les ombres, si les premiers frémissements du bruit peuvent se deviner à - 3L, il faut attendre -4 IL pour en prendre bien conscience, sans pour autant que l’image ne soit vraiment dégradée. Mieux, même à -5 IL, le résultat est encore très probant.
Pour la surexposition, les performances sont toujours plus hasardeuses, mais l’A7 V ne se démonte pas pour autant. C’est bien simple jusqu’à +2,33 IL, il n’y a (presque) aucune différence notable entre une image correctement exposée et son équivalent surexposée ! De mémoire, ce n’était encore jamais arrivé.
Le Sony A7 V introduit également une nouvelle fonction via le logiciel desktop Imaging Edge : l’agrandissement par upscale. Concrètement, il est possible de prendre n’importe quel RAW du boîtier et, grâce à l’IA, de l’agrandir dynamiquement jusqu’à 130 Mpx (14016 x 9344 px) à l’aide du logiciel - sur macOS et Windows. Comme sur le R5 Mark II, nous préférons de loin cette solution à un mode Pixel-Shift, souvent plus contraignant et aux résultats parfois imparfaits.
Lire aussi: Réglage précis de votre carabine
Contrairement aux récents modèles de la marque, l’A7 V ne dispose pas d’une puce IA dédiée. Ainsi, avec les humains, l’AF repère et suit les visages et les yeux. Il analyse aussi les différentes parties du corps pour « prédire » la position du sujet. Il autorise aussi une reconnaissance des véhicules (trains, avions, voitures et hélicoptères). En sus, il adopte aussi le mode « auto », inauguré avec l’A1 II.
Malgré l’absence de puce IA, le nouveau CPU fait merveille. L’autofocus impressionne par sa rapidité et sa justesse. Le nombre d’images ratées est quasiment nul. Dès que les conditions le permettent, l’œil est détecté instantanément, même lorsque le sujet se présente de profil ou avec une partie du visage masquée (voire de dos). Rares ont été les ratés. Les quelques échecs de mise au point ont plus souvent été dus à une mauvaise estimation de la distance de MaP des objectifs que d’un AF défaillant.
L’un des changements majeurs - voire une vraie révolution - concerne la rafale, qui grimpe à 30 i/s avec suivi AF et en RAW 14 bits, en obturateur électronique ! En effet, avec cette rafale qui vient tutoyer celle du Sony A1 II, c’est la première fois qu’un hybride Sony ne faisant pas partie des gammes A1 ou A9, dépasse les 10 i/s en rafale.
Le géant de l’électronique s’acharnait jusqu’alors à segmenter autant que possible ses gammes d’appareils, au point que l’A7 IV perdait nettement en polyvalence face aux rivaux modernes. De plus, l’enregistrement en 14 bits à 30 i/s n’est pas anodin. À présent, l’A7 V se montre bien plus intéressant pour la photo d’action (sport, animalier, etc.).
À la manière des A1 II et A9 III, le Sony A7 V intègre un mode boost en rafale ou « gain de vitesse de prise de vue en continu ». En revanche, cette forte rafale est vite limitée par une mémoire tampon… disons-le, famélique. Et contrairement au Nikon Z6 III, par exemple, cela ne varie pas selon que l’on utilise une carte CFexpress ou une simple carte SD UHS-II.
Lire aussi: Techniques d'application du pistolet à chocolat
On se consolera un peu en se disant que, contrairement au Canon, la rafale ne se bloque pas immédiatement quand on atteint le buffer maximal, mais descend aux alentours des 10 i/s permettant de tenir un temps considérablement plus long. C’est assez pratique, mais avec 10 i/s, on est assez loin des promesses initiales. En JPEG uniquement on arrive à 185 clichés.
Pour compenser, Sony intègre un mode de pré-déclenchement (jusqu’à 1 s). Cela permet d’éviter de remplir trop vite son buffer (et ses cartes mémoires), et de ne pas manquer l’instant décisif. Aussi, en baissant la cadence à 20 i/s, par exemple, on peut enregistrer 50, voire 150 RAW en les compressant.
Sony semble ici avoir volontairement bridé l’A7 V, probablement pour laisser de l’espace à ses modèles haut de gamme comme l’A9 III ou l’A1 II. Un choix stratégique, mais frustrant, à l’image de Panasonic et de la rafale à 70 i/s du Lumix S1 II, elle aussi pénalisée par un buffer très limité. Comme d’habitude, les cadences de 20 et 30 images par seconde sont réservées à certaines optiques Sony bien spécifiques. Pour les autres, notamment celles des constructeurs tiers, la cadence maximale est toujours plafonnée à 15 i/s.
Le capteur semi-empilé offre une vitesse d’écriture supérieure à celle des capteurs classiques, ce qui réduit le risque de déformations lié au rolling-shutter. Ici, le capteur de l’A7 V se montre très similaire à ceux du Nikon Z6 III et autre Lumix S1 II. Quoiqu’il en soit, dans ce contexte, Sony fait donc jeu égal avec la concurrence la plus récente. Et, si notre petit ventilateur voit ses pales bien déformées, il s’agit d’un cas extrême.
Entre ce rolling-shutter maîtrisé et sa forte rafale à 30 i/s, le Sony A7 V se positionne alors comme un boîtier plus crédible pour la photo sportive ou animalière. En théorie, cela signifie que le boîtier pourrait compenser presque 3 secondes à main levée avec un 50 mm. Mais comme souvent, ces chiffres restent difficiles à reproduire sur le terrain. Avec l’A7 V et un 50 mm, nous avons tout de même pu récupérer jusqu’à 5,5 à 6 stops à main levée soit environ 1 seconde à 1,3 seconde. On peut aussi envisager des poses (un peu) longues à la main, pour multiplier les effets.
En 2025, la quasi-totalité des hybrides se présentent aussi comme des caméras vidéo très performantes. Face à des modèles comme les Nikon Z6 III / ZR, Canon EOS R6 Mark III / EOS C50 ou les Panasonic Lumix S1 II / S5 IIx, l’A7 IV, sans être dépassé, commençait clairement à montrer ses limites. Avec l’A7 V, Sony se devait donc de corriger le tir. Pourtant, la réponse reste timide. À l’heure où la concurrence propose de la 6K, 8K ou de l’Open Gate, l’A7 V se limite à une 4K UHD classique, certes issue d’un suréchantillonnage 7K, mais sans réelle montée en définition ni d’enregistrement en Open Gate.
Toutefois, il y a petit astérisque. Par défaut, l’option « priorité angle de champ » est activée et offre une 4K plein cadre. Si vous souhaitez de la 4K 60 fps sans crop, il faudra penser à désactiver cette fonction. En effet, même avec la stabilisation mécanique et le crop dû à l’option sus-mentionnée, il est impossible d’obtenir un plan qui ne bouge pas. Pour réussir ses tournages, la stabilisation électronique « Dynamique Active » est indispensable et elle opère un recadrage important dans l’image. Il faudra donc privilégier une optique très grand-angle.
Côté qualité d’image vidéo, le Sony A7 V livre des séquences très détaillées, avec un bon piqué et du contraste. Le rolling shutter, souvent problématique en mouvement, reste ici bien maîtrisé - sauf dans des cas extrêmes comme de forts panoramiques -, ce qui démontre l’efficacité du capteur semi-empilé.
Le Sony A7 V hérite également de plusieurs fonctions vidéo appréciables. On retrouve notamment la Focus Map, qui facilite un réglage très précis de la mise au point manuelle. À cela, Sony ajoute aussi la « Stabilisation par cadrage ». Son fonctionnement rappelle celui de l’Auto Framing : l’appareil recadre fortement l’image pour maintenir le sujet centré sans intervention de l’utilisateur. Les vidéastes bénéficient également du profil S-Log 3. À cela s’ajoute la présence du S-Cinetone, pensé pour produire des tons de peau plus agréables. Le boîtier gère aussi les LUTs, qu’il est possible d’importer directement depuis un smartphone.
Dire que le Sony A7 V est une mauvaise caméra serait de la pure mauvaise foi. Ceci étant, on ne peut s’empêcher de remarquer à quel point le constructeur nippon se force à brider son appareil. Pour une société comme Sony, qui est - rappelons-le - un poids lourd du cinéma, développer un hybride bardé de formats évolués (7K, Open Gate, ProRes, RAW, etc.) serait presque trop aisé.
Nous ne sommes pas dupes. Sony s’étant imposé dans le domaine, nombreux sont les vidéastes, documentaristes ou autres cinéastes à être équipés en boîtiers Sony. Et nous comprenons très bien que Sony, en limitant le potentiel de ses appareils, incite en fait ce qui en veulent plus, à aller chercher du côté de ses caméras spécialisées : FX, Burano, Venice, etc., comme une montée en gamme forcée.
Au premier regard, il est presque impossible de discerner le Sony A7 V de son prédécesseur. En effet, l’A7 V adopte le moniteur orientable et inclinable inauguré avec l’A7R V (3,2 pouces et 2,095 Mpts). Un écran bien pratique pour multiplier les compositions et qui a su convaincre photographes et vidéastes. Pour le reste, avec 13 cm de large, pour 9,6 cm de haut et 8,2 cm de profondeur, le gabarit demeure proche de celui du A7 IV et du A7R V, avec une poignée creusée et confortable, offrant une prise en main sûre.
Certains auraient aussi apprécié que Sony opte pour un design modernisé, inspiré de celui de l’A9 III ou de l’A1 II. L’ergonomie mise davantage sur la cohérence que sur l’ajout de nouvelles commandes physiques. Il offre une image assez nette et détaillée. Sa fréquence de rafraîchissement élevée à 120 Hz améliore la fluidité lors du suivi de sujets rapides.
Le poids du boîtier est bien réparti et le boîtier conserve un format compact pour un plein format. Avec une optique légère comme un FE 50 mm f/2,5 G, il reste discret. Bien entendu, avec une optique moins discrète telle le Sony FE 300 mm f/2,8 GM OSS, ou pire, le Sigma 300-600 mm f/4 DG OS Sports, l’utilisation d’un grip sera un minimum.
Les matériaux utilisés inspirent confiance. Le châssis en alliage de magnésium et les joints d’étanchéité assurent une bonne résistance à la poussière et à l’humidité pour un usage en extérieur dans des conditions raisonnables. Pour protéger le capteur, il est possible d’activer la fermeture du rideau à l’extinction de l’appareil.
Le Sony A7 V devient le premier boîtier du constructeur à adopter le Wi-Fi 6. Cela permet un appairage plus rapide via l’application Creator’s App (avec les smartphones compatibles). De même, le transfert des images depuis l’appareil est également accéléré. Ces dernières sont enregistrables sur deux slots : le premier acceptant les cartes CFexpress type A ou les SD UHS-II, le second ne prenant en charge que les cartes SD. En fait, le premier port USB-C ne varie, ayant toujours la norme 3.2 Gen2 (10 Gbit/s), quand le second prend la place de l’ancien port télécommande microUSB.
L’A7 V reprend la batterie N-FZ100 de ses aînés, d’une capacité de 2280 mAh, mais grâce au nouveau processeur Bionz XR2, on gagne en autonomie. En effet, dans ses chiffres CIPA, Sony indique un total de 750 vues (en visée par l’écran LCD) ou 630 vues (via le viseur électronique), contre 580 et 520 pour l’A7 IV.
Pour mieux situer le Sony A7 V, il est utile de le comparer avec d'autres modèles de la gamme Sony Alpha. Voici un aperçu des caractéristiques de certains modèles populaires :
| Modèle | Capteur | Nombre de pixels | Rafale Max. | Vidéo | Particularités |
|---|---|---|---|---|---|
| A7 V | Plein format rétroéclairé | 33 MP | 30 i/s | 4K UHD jusqu'à 60 fps | Capteur semi-empilé, AF avancé, Wi-Fi 6 |
| A1 II | Plein format empilé | 50.1 MP | 30 i/s | 8K UHD 30 i/s | Double processeur Bionz XR, IA pour l'autofocus |
| A9 III | Plein format | 24.2 MP | 120 i/s | 4K UHD 120 i/s | Obturateur électronique global |
| A7C II | Plein format | 33 MP | 10 i/s | 4K UHD 60 i/s | Compact et léger |
| A6700 | APS-C | 26 MP | 11 i/s | 4K UHD 120 i/s | Processeur Bionz XR, IA pour l'autofocus |
Comme on peut le constater, chaque modèle a ses propres atouts, que ce soit en termes de résolution, de vitesse de rafale ou de fonctionnalités vidéo. Le choix dépendra donc de vos besoins spécifiques et de votre budget.
Attendu au tournant, le Sony A7 V répond indéniablement présent. La grande nouveauté reste évidemment le capteur semi-empilé de 33 Mpx. L’autofocus, héritier des dernières avancées de Sony, impressionne par sa précision redoutable. Rares sont les boîtiers qui peuvent rivaliser sur le terrain. Enfin, le passage de 10 à 30 i/s en rafale marque un vrai tournant pour Sony. Ce bond en performances permet à l’A7 V de mieux tenir tête à la concurrence en 2025. Mais c’est aussi là que ses limites apparaissent : si la cadence est impressionnante, elle est vite freinée par une mémoire tampon peu profonde. De même, si le mode vidéo permet enfin de filmer en 4K 60 fps, il reste limité : pour obtenir la meilleure qualité d’image, un léger recadrage est encore nécessaire. Face aux options 6K, Open Gate ou enregistrement RAW proposées par la concurrence, cette approche paraît plus timide. Le Sony...
tags: #appareil #photo #sony #hybride #viseur #comparatif