Souvent associés à une baisse de libido, les antidépresseurs ne seraient pourtant pas toujours l’unique raison aux troubles sexuels. Quel est le véritable lien entre les dysfonctionnements sexuels et la dépression ? Comment déterminer la cause ?
« La libido désigne nos désirs, nos envies, nos pulsions de vie. En sexologie, il est vrai qu’on parlera davantage de désir sexuel que de libido pour exprimer cette envie de faire l'amour, d’avoir des rapports intimes. Est-ce que la libido peut être perturbée en cas de dépression ? Un lien peut en effet exister entre les deux.
« Toutefois, d’autres paramètres pouvant provoquer des dysfonctionnements sexuels et sont également à prendre en compte ». Par exemple : l’existence de maladies concomitantes psychologiques ou métaboliques, des facteurs psychosociaux (problèmes de couple, surmenage, stress professionnel, deuil…).
À savoir : « Des troubles de l’érection sont observés dans plus de 50 % des cas lors de traitements antidépresseurs », rapporte une étude publiée dans la Revue Médicale Suisse (source 1). « Il s’agit en particulier d’antidépresseurs (AD) tricycliques, ayant une action anticholinergique, tels l’amitriptyline (Laroxyl), l’imipramine (Tofranil), la clomipramine, qui favorisent l’impuissance » (source 1).
La première chose à faire est d’abord d’en parler avec son ou sa partenaire et aussi avec un professionnel de santé (médecin généraliste, sexologue, psychologue, psychiatre selon les cas).
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« Ceux qui souffrent de dépression sont souvent dans l’inaction, il est donc important de se remettre en mouvement, émettre de l’énergie pour (re) stimuler les sensations », explique la sexologue. « Il peut, par exemple, être intéressant de se faire masser ou de se masser soi-même (pieds, jambes, vulve, bras, poitrine…), en commençant peut-être par de simples pressions au réveil. Sans oublier l’importance d’un bon sommeil et le maintien d'un bon équilibre alimentaire : manger sainement et varié.
« Mais là encore, ce ne sont que des propositions adaptées ou non à chaque patient, selon qu’il soit en dépression passagère ou qu’il souffre plus profondément de la dépression comme maladie installée. Dans ce dernier cas, il pourra en effet être plus difficile d’appliquer ces recommandations.
« Quand on va mal, on dit souvent qu’on a perdu le goût de la vie. Tout le challenge est donc de redonner du sens en jouant, par exemple, avec les sens (goût, ouïe, odorat, vue, toucher) », relève Morgane Beauvais.
Le tantra peut dans certains cas, être recommandé pour se redécouvrir : « La lenteur de cette pratique ancestrale va permettre de réactiver doucement les sensations. C’est une approche intéressante pour érotiser progressivement son corps et, peut-être, retrouver un désir sexuel épanouissant », explique la sexologue.
Toujours selon Morgane Beauvais : « Le tantra reste toutefois quelque chose d’engageant physiquement et émotionnellement. Donc proposer le tantra à une personne en difficulté ne sera peut-être pas la meilleure idée. Disons que le tantra est l’étape supérieure - pour les personnes qui vont mieux et sont déjà sorties de l’état dépressif.
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Il est bien sûr possible de combiner les deux dès l’instant que vous ne présentez pas de contre-indications à la prise de Viagra (diabète, problèmes cardiaques…).
« Attention aussi à ne pas croire que le Viagra pourrait agir sur la libido ou sur la dépression en elle-même, cette pilule aura certes une action mais uniquement sur l’érection.
« Réduire ou arrêter de manière progressive un traitement antidépresseur avec l’accord de son médecin, c’est une grande étape pour le patient. Il est important de conscientiser cette évolution et d’émettre une intention sur l’avenir et ce qui nous donne envie dans la vie et l’intimité », détaille Morgane Beauvais. Le fait de verbaliser ce message à haute voix et de l’écrire peut davantage aider à l’intégrer.
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