Les trophées de chasse désignent les parties du gibier que le chasseur conserve généralement comme souvenirs ou pour les exposer. Un trophée n’est pas seulement décoratif : il représente un moment fort de votre vie de chasseur. Un massacre bien nettoyé et blanchi témoigne de votre rigueur et rend hommage au gibier.
Il existe plusieurs types de trophées, chacun ayant sa propre méthode de préparation et de présentation :
Un grand nombre de chasseurs en Allemagne, mais non tous, le pratiquent encore eux-mêmes, le traitement des trophées. Après une chasse réussie et fructueuse au printemps sur un chevreuil, le travail sous forme de traitement du trophée de chasse s’impose. Le traitement des trophées est un élément important de l’artisanat du chasseur et fait partie intégrante de ses activités, afin de rendre un dernier hommage à l’animal sauvage tué lors de la chasse.
Comme le traitement des trophées exige une certaine habileté et une certaine routine, beaucoup chasseurs ne le pratiquent plus eux-mêmes. Il existe aujourd’hui un grand nombre de préparateurs de trophées professionnels. Afin de familiariser les chasseurs et surtout les débutants, le rapport suivant sert de guide pour le traitement d’un trophée de chasse.
Pour réaliser ces étapes, certains outils sont indispensables :
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Loin de toute tendance « trophéïste », demander la cotation d’un trophée permet d’apprécier sa qualité mais aussi, de juger l’état sanitaire de l’animal prélevé et plus globalement, de parfaire ses connaissances du gibier. Ce vocabulaire vous semble incompréhensible ?
Seuls les animaux chassables sont acceptés en cotation (chasse en enclos interdit) ; ceux qui ont des bois comme le cerf, le chevreuil et le daim ou encore, ceux qui ont des cornes comme le chamois, l’isard et le mouflon. La cotation consiste à l’aide d’un cahier des charges précis, à mesurer, notamment la longueur et hauteur des cornes ou des bois ainsi que leur circonférence et leur écartement. Il faut pour cela, s’équiper d’un mètre souple et rigide mais aussi, d’un pied à coulisse pour mesurer les écartements. Chez le chevreuil, les crânes sont également pesés dans un seau d’eau selon le principe d’Archimède.
L’Association Française de Mensuration des Trophées (AFMT) recommande un séchage du trophée, 1 mois avant cotation. Le trophée doit être propre et bien conservé et ne présenter aucun rafistolage (pas de coloration artificielle, pas d’ajout d’andouillers, etc.). Pour garantir sa traçabilité, le trophée doit impérativement disposer de son bracelet de marquage. La date, le lieu et l’auteur du prélèvement sont d’ailleurs mentionnés sur la grille de notation.
Chaque animal dispose de sa propre grille de notation. Pour le chevreuil, le cotateur va également prêter attention aux points de beauté telles que les perlures présentes sur les bois. Pour le cerf et le mouflon, la couleur des bois ou des cornes compte également. Pour les meilleures cotations, des médailles de bronze, d’argent et d’or sont attribués. Elles sont consignés dans le Catalogue National des Trophées, accessible par internet.
Pour le chamois, par exemple, le seuil d’homologation oscille de 100 à 110 points CIC pour les trophées mâles et de 95 à 105 pour les femelles. En France, les plus beaux trophées de chevreuil sont reensés principalement dans le sud-ouest. Les plus beaux trophées de cerf, en Lozère. Les mouflons les plus impressionnants sont recensés quant à eux, en Corse tandis que les plus beaux trophées de sangliers sont originaires des Ardennes ou de Haute-Marne. Et pour le chamois ? C’est l’Isère qui arrive en tête !
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La coutume consistant à porter une plume ou un rameau au chapeau du chasseur est solidement attestée dans l’histoire cynégétique européenne. Les premières traces écrites remontent au Moyen Âge, notamment dans les territoires germaniques, alpins et slaves, où la chasse était strictement codifiée.
Ces codes, consignés dans des ordonnances de chasse et des manuels cynégétiques, associaient certains signes visibles à l’acte de chasse accompli dans les règles. La plume, issue du gibier à plumes, et le rameau, utilisé pour le grand gibier, faisaient partie de ces signes. Ils permettaient d’identifier le chasseur et, surtout, de marquer publiquement que l’animal avait été prélevé dans un cadre légal et ritualisé.
Dans l’espace germanique, cette pratique est toujours documentée sous le terme de « Bruch », mentionné dans les règlements de chasse dès le 18e siècle. Le « Bruch » est une branche prélevée sur un arbre noble (chêne, sapin, pin), remise au chasseur après le tir réussi, puis portée au chapeau ou glissée dans la ceinture. Pour le gibier à plumes, la plume remplit une fonction équivalente.
Ces gestes sont codifiés : l’élément est prélevé sur le gibier lui-même ou dans son environnement immédiat, puis transmis selon un protocole précis. Cette rigueur exclut toute dimension décorative arbitraire.
Certes peu perlé et de coloration moyenne, ce brocard se distingue néanmoins par une belle architecture à six pointes, avec des andouillers longs et bien ouverts, conférant à son trophée un équilibre remarquable. Il a été prélevé dans la forêt communale de Villers devant Mouzon, le 9 juin, par Baptiste Blanchong. La cotation finale est de 112,75 points, attestant de la qualité de ses bois.
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Présenté lors du dernier Game Fair à Lamotte-Beuvron, ce vieux cerf ravalant se distingue par un trophée unique, composé de deux dagues particulièrement massives et aux formes sinueuses. L’ensemble dégage une impression de puissance et de rareté, le plaçant parmi les trophées originaux. Son allure évoque la force accumulée au fil des années, témoignant d’un animal ayant traversé de nombreux cycles de brame et de reproduction.
Ce brocard du sud meusien, prélevé à Reffroy près de Commercy, le 8 juin dernier, par Augustin Girardot, se distingue par sa perlure et ses andouillers antérieurs implantés haut sur les perches. Ce grand cerf de 16 cors, irrégulier, et aux bois presque noirs et massifs, a été prélevé dans le massif du Sanon, à l’est de la Moselle, bordant le canal de la Marne au Rhin.
Les exemples ci-dessus illustrent la diversité et la beauté des trophées de chasse, chacun racontant une histoire unique de l'animal et de la chasse.
En conclusion, le respect dû à tout animal de chasse quelle que soit la qualité de son trophée, nécessite en premier lieu un équipement adapté au transport, au dépeçage et à la découpe de la venaison qui devront également être effectués en conformité avec des normes d'hygiène strictes, après quoi seulement il ne vous restera plus qu'à préparer votre trophée avec des accessoires et des produits de taxidermie adaptés.
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