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L'airsoft est une activité de plus en plus populaire qui simule des combats avec des répliques d'armes à feu. Ces répliques, appelées airsoft guns, projettent des billes en plastique et sont utilisées dans des jeux de rôle et des simulations militaires. Voici un aperçu complet de ce monde passionnant.

Histoire et évolution des répliques d'airsoft

À la fin des années 1960, la firme Maruzen fut pionnière en créant des répliques d'armes coulées en plastique totalement inertes, à usage de collection. Parfois, ces répliques étaient faites en résine et métal avec des parties fonctionnelles à l'instar des vraies.

Vers le milieu des années 1970, des techniciens et ingénieurs comme Tanio Kobayashi débutent la transformation et la fabrication de répliques d'armes fonctionnelles, pouvant tirer, tout en respectant les lois japonaises interdisant la transformation d'un objet en arme à feu. La première réplique fonctionnelle commercialisée a été le fusil d'assaut de la Manufacture d'Armes de Saint Étienne (FAMAS).

Au vu de l'engouement de certains collectionneurs pour ces « lanceurs répliques d'armes », reproduisant de façon identique l'aspect et les mécanismes des armes réelles et projetant des billes presque indolores, des jeux opposants deux ou plusieurs équipes voient progressivement le jour sous le nom de Survival Games ou Wargame.

Les premiers airsoft guns

À leurs débuts, les airsoft guns étaient des lanceurs techniquement contraignants en raison de l'encombrement des bouteilles à air comprimé. Portées comme sac à dos, elles étaient l'un des premiers freins au réalisme et à la liberté du joueur, mais offraient en contrepartie une importante autonomie. Par la suite, vinrent des bouteilles compactes de type aérosol servant à remplir directement en gaz les chargeurs des répliques (comme un briquet), mais ce système était astreignant car il n'offrait pas une autonomie de jeu très grande.

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L'essor des répliques électriques (AEG)

Il fallut attendre l'arrivée des premières répliques électriques, aussi faciles à utiliser qu'une vraie arme, pour voir l'airsoft se développer. L'air comprimé est alors fourni par un piston poussé par un ressort, mais il faudra attendre 1991 pour qu'un système d'engrenages entraînés par un moteur électrique au sein d'un boitier à engrenages, ou « gearbox », naisse : il s'agit des premiers AEG. L'un des fleurons de la marque sera la réplique du FAMAS français qui connaîtra immédiatement un franc succès.

En 1993, Tokyo Marui invente et fait breveter le système Hop-up qui permet d'augmenter la portée des billes sans augmenter la vitesse de sortie de ces dernières. Il s'appuie sur l’effet Magnus, découvert par le physicien allemand Heinrich Gustav Magnus (1802-1870), qui explique notamment les effets de balle dans les activités sportives.

Types de répliques d'airsoft

Il existe plusieurs types de répliques d'airsoft, chacune ayant ses propres caractéristiques et mécanismes de fonctionnement.

Répliques à ressort (Spring)

Par réplique à ressort ou "spring", on entend une réplique dont la propulsion de la bille se fait par de l'air comprimé via un ressort. Les autres répliques ne rentrant pas dans la première catégorie sont classées comme réplique "spring" ou manuelle. Ces répliques ressemblent le plus souvent à des pistolets, mais il existe aussi des modèles de type fusil d’assaut. Elles ont souvent une faible puissance et une piètre précision face à leurs concurrentes directes (AEG, GBBr, etc.).

Bolts ou répliques de précision

Généralement limités en billes, ils bénéficient généralement d'améliorations installées par les joueurs, comme un canon dit « de précision », un ressort plus raide augmentant la puissance de la réplique et toutes autres pièces utiles à l’amélioration de la portée et de la précision. Ils sont relativement peu bruyants mais leur cadence de tir est limitée et la force employée pour réarmer leur ressort à chaque tir augmente proportionnellement à la raideur du ressort utilisé. Ces répliques de fusil de précision peuvent avoir une énergie cinétique allant jusqu'à 2 joules, limite légale en France, mais peuvent néanmoins dépasser facilement cette limitation contrairement à certaines autres types de répliques limités par des mécanismes internes compliqués et fragiles.

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Il est néanmoins important de noter que pour les très grosses puissances, ces répliques "spring" deviennent obsolètes face à un bolt directement alimenté en air comprimé à cause de leur difficulté à les recharger. Leur utilisation, conditionnée par leurs caractéristiques, implique ainsi de fait une méthode de jeu se voulant plus élaborée et prenant appui sur l'art du camouflage, la discrétion et la précision des tirs.

Répliques à gaz (GBB et NBB)

GBB (Gas Blow-Back): Leur principe de fonctionnement repose sur le principe du semi-automatique, chaque pression sur la détente déclenche la percussion d'une valve qui va libérer une partie du gaz. Celui-ci va propulser la bille et actionner un bloc pompe qui va avoir pour effet de ramener la culasse en arrière puis en avant au moyen d'un ressort de rappel. Ceci permet l'introduction d'une nouvelle bille dans la chambre de tir. Étant donné leur principe actif (le gaz, souvent un réfrigérant ou un dérivé du propane à l'état liquide), les performances (puissance notamment) sont fortement influencées par la température ambiante.

En effet, en dessous de 0 °C ou par faible température, presque aucun GBB ne fonctionne correctement, le gaz n'ayant pas la possibilité de se dilater correctement. Ces répliques peuvent soit tirer en coup par coup (semi-automatique) ou en rafales (automatique) suivant leur type et leur mécanisme interne. Les mécanismes GBB ont l'intérêt du réalisme en simulant le recul de la culasse. Mais contrairement aux armes réelles, le canon a plutôt tendance à plonger lors du tir (alors qu'il se cabre sur une arme réelle). Cela s'explique par le fait que la quantité de mouvement du projectile est minime.

NBB (Non Blow-Back), parfois GNB (Gas Non-Blowback): Réplique dont la culasse n'effectue pas un mouvement d'aller retour lors du tir. Le système est simplifié a l'extrême : ici le gaz ne sert qu'à propulser les billes. La culasse n'étant plus mobile, il en résulte une économie en gaz non négligeable et une meilleure fiabilité. Le chargement des billes s'effectue par un système mécanique actionné par la détente de la réplique, ce qui explique la relative dureté de la course de détente.

Répliques à CO2

Les répliques qui utilisent du dioxyde de carbone, notamment certaines répliques automatiques, l'air étant contenu dans des bouteilles similaires à celles employées au paintball, des sparklets. Les répliques à CO2 peuvent avoir une culasse mobile (type GBB). À noter que certaines de ces répliques sont relativement plus puissantes que les GBB conventionnels (environ 400 ft/s - 120 m/s) et sont donc habituellement peu utilisées en partie d'intérieur pour prévenir des blessures.

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Système HPA

Il existe une modification de certains "GBBR" permettant de relier le réservoir de gaz du chargeur à une bonbonne via un boyau spécial que les utilisateurs appellent le système HPA (sigle pour "High Pressure Air"), ou littéralement "air à haute pression". Quelques répliques et pièces connues sont adaptées à l'utilisation de ce système comme la plateforme Polarstar, Wolverine SMP, Daytona et Tippmann. Les gros avantages sont que le joueur peut passer plusieurs chargeurs sans devoir remplir son gaz, la suppression de la perte de puissance due à l'expansion et le refroidissement de l'air résultant en une meilleure consistance dans la précision et la puissance des tirs et la capacité de jouer l'hiver.

Lance-grenades

Certains AEG peuvent être équipés de lance-grenades, notamment les M16 et dérivés, les G36, les AK47 et dérivés et les tout nouveaux SCAR. Les grenades fonctionnent selon le principe de la chevrotine et sont alimentées par du gaz. Les billes sont placées dans des tubes situés à l'avant de la grenade (de 18 à 200 billes dans 12 tubes en général), et la grenade est insérée dans le lance grenade.

AEG et AEP

Le lanceur automatique AEG (Automatic Electric Gun) ou AEP (Automatic Electric Pistol) pour les répliques d'arme de poing. Ces répliques éjectent les billes (en semi-automatiques ou en rafales) grâce à un système électrique contenu dans un composant appelé gearbox : un moteur électrique entraîne des engrenages, entraînant eux-mêmes un piston qui va comprimer un ressort. À la fin du cycle, les engrenages relâchent le piston qui va, par la détente rapide du ressort, comprimer un volume d'air plus ou moins grand suivant le cylindre installé. Ces répliques permettent une utilisation soutenue et une autonomie assez élevée en fonction de la puissance et la capacité de la batterie utilisée.

Cependant, les LiPo demandent plus d'attention que les NiMH ou NiCd, car elles sont sensibles aux chocs, et il est donc fortement conseillé d'utiliser un sac en kevlar pour les stocker, transporter, ou charger (surtout pour minimiser les risques de dégâts importants si l'enveloppe de la batterie LiPo a été dégradé et prend feu).

Personnalisation des répliques d'airsoft

La personnalisation des répliques d'airsoft est de plus en plus à la mode depuis quelques années. Elle consiste à effectuer des modifications plus ou moins importantes à une réplique, allant d'une légère modification de la puissance à un remaniement complet de l'aspect tant esthétique que technique, débouchant ainsi sur des répliques au caractère « unique ».

Une des personnalisations les plus courantes consiste à rajouter des accessoires ne nécessitant aucun démontage (ajout d'une lunette ou d'un collimateur de visée électronique (red dot), d'un silencieux…). Ensuite, vient l'ajout d'un rail (RIS, RAS) (Rail Integrating System), remplaçant généralement le garde main du lanceur.

Pour les joueurs les plus avancés, il est possible de modifier les caractéristiques d'une réplique (puissance, cadence, précision, fiabilité…) en changeant certaines pièces internes comme le ressort, les engrenages, le canon et tout autres pièces nécessaires au bon fonctionnement du lanceur. En effet, de nombreux accessoiristes proposent des pièces détachées compatibles d'une meilleure qualité que les pièces d'origine du constructeur. Pour les experts, créer soi-même des pièces est possible.

Billes d'airsoft (BBs)

Les billes d'airsoft ou bbs ont un diamètre de 6 mm ou 8 mm sur certains modèles produits par la firme Marushin. Le plus souvent les billes sont en plastique mais peuvent être biodégradables et sont alors à base d'amidon de maïs ou d'un mélange de résine et de fragments d'orge, il faut savoir que la fabrication de celles-ci sont sujettes aux Normes Européennes, un certificat de conformité peut être obtenu sur simple demande à la marque de la bille.

Il existe différentes calibrages de billes et différents grammages allant de 0,12 g à 0,45 g et même plus (on peut trouver des billes de 0,48 g en diamètre 8 mm chez Madbull notamment). La vitesse de sortie baisse proportionnellement à l'augmentation du poids de la bille, mais sa stabilité dans l'air s'en trouve alors accrue. Elle permet ainsi d'avoir une trajectoire plus stable. Le choix du grammage est choisi selon le type de réplique et ses conditions.

Sécurité et règles

Une protection oculaire obligatoire. On trouve des protections de plusieurs types : masque grillagé, masque intégral type paintball, lunettes de tir, etc. Il est impératif que la protection utilisée soit prévue et éprouvée pour résister aux impacts de billes ou tout autre projectile plus véloce. Il est recommandé qu'elles protègent l'intégralité du visage, particulièrement les dents où le risque d'avoir une dent cassée est élevé.

Le contrôle de la puissance des répliques est réalisé à l'aide d'un chronographe. En 2012, à l'échelle internationale, aucune fédération ne réglemente les vitesses maximales à la bouche des différents types de répliques.

  • jusqu'à 350 fps (soit environ 1,14 joules) pour les lanceurs tirant en mode automatique, quel que soit leur type (ceci incluant les GBB, bien que peu d'entre eux disposent du tir automatique).
  • les répliques disposant d'une puissance comprise entre 350 et 463.37 fps (limite légale autorisée) se doivent d'être modifiées, par le blocage du mode de leur tir en semi-automatique.
  • Leur utilisateurs ont quant à eux l'obligation d'éviter tout engagement à moins de 10 mètres, voire 20, lorsque la puissance est supérieure à 400 fps.

Terrains de jeu et scénarios

L'airsoft se pratique habituellement sur des terrains naturels ou urbains. Les forêts et les constructions abandonnées (CQB) sont les terrains de jeu privilégiés.

En concertation avec les différentes fédérations existantes, il a été établi une "Charte de l'airsofteur", celle-ci est évolutive ! Elle rassemble principalement les règles de sécurité, les comportements, les puissances des répliques, les impératifs et les articles de loi du pays concerné, et ce, pour le bon déroulement de cette activité. Dans un second temps, le "briefing scénarios" de jeu, celui-ci déterminent nécessairement le ou les buts du jeu, les règles selon les puissances et usage des répliques (rafale, coup/coup), d'engagement, de capacité d'emport de munitions, de moyens de communication, etc.

On peut dresser un inventaire non exhaustif des types de scénarios rencontrés : libération d'otage à la suite d'une prise d'otage par l'équipe adverse, prise de drapeau ou de position adverse, élimination ou escorte d'un VIP, déminage, évacuation de blessés, élimination de l'équipe adverse, etc. Selon le degré de complexité du scénario, son jeu implique nécessairement une ou des tactiques et s'apparente à un réel sport d'équipe.

Il est potentiellement riche en interactions entre joueurs car il peut présenter un large panel de compétences selon les besoins de ses aboutissements : médecin (avec la compétence de « soigner » les joueurs mis hors-jeu), ingénieurs (compétence technique), ou encore les snipers (compétence de tire longue portée), etc. Le nombre de variantes autour des différents types de jeu peut donc donner lieu à une multitude de modèles, garantissant un renouvellement du jeu constant.

L'auto-arbitrage est un composant nécessaire du jeu. En effet, le plus souvent, il n'y a pas d'arbitre extérieur lors du déroulement des parties pour comptabiliser les touches des joueurs ou veiller à l'observation des règles et conventions fixées en début de partie. Chaque joueur assume ainsi le double rôle de joueur-arbitre. Certaines parties reproduisent fidèlement des groupes d'assaut de par le monde tant au niveau de l'équipement que des répliques utilisées et des scénarios empruntés aux conflits actuels.

Législation

L’airsoft est une activité légale dans de nombreux pays, cependant la législation admet des variantes.

Tableau récapitulatif des types de répliques

Type de réplique Mécanisme Avantages Inconvénients
Spring Air comprimé via un ressort Simplicité, fiabilité Cadence de tir limitée, puissance souvent faible
GBB Gaz (semi-automatique ou automatique) Réalisme (recul de la culasse) Sensibilité à la température, performances variables
NBB Gaz (non blow-back) Economie de gaz, fiabilité Moins de réalisme
CO2 Dioxyde de carbone Puissance élevée Moins adapté pour l'intérieur
AEG Électrique (gearbox) Utilisation soutenue, autonomie élevée Nécessite des batteries, entretien

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