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La guerre de 1870, qui pouvait être évitée, venait d'éclater.

Le prince Antoine de Hohenzollern s'était désisté de ses prétentions à la couronne d'Espagne. Mais la duplicité de M. de Bismark précipita les événements et la fameuse dépêche d'Ems, tronquée par sa main coupable, mit irrévocablement aux prises la France et la Prusse.

Depuis longtemps cette dernière était prête à la lutte. Entrainant à sa suite les contingents des royaumes et des duchés de l'Allemagne du Sud, elle se donna la supériorité du nombre des combattants.

Ses généraux connaissaient les points faibles de notre organisation militaire ; ses hommes d'Etat voyaient avec justesse la fausse situation dans laquelle se trouvait l'Empire et n'ignoraient pas que l'Europe, égoïste et jalouse, laisserait le champ libre à leurs ambitions séculaires.

La maladie de l'empereur, des ressources militaires appauvries par l'expédition du Mexique, une opposition grandissant toujours, manquant de patriotisme, refusant systématiquement l'augmentation des crédits pour l'armée, des chefs militaires déshabitués de la grande guerre, devaient fatalement nous conduire à l'abîme.

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Tous les hommes de cette époque ont encore présent à leur mémoire, à leur esprit, le départ des régiments, la conduite enthousiaste qu'on leur faisait.

Dans les imaginations parisiennes, le succès était certain, question de quelques jours seulement. Le peuple français, ignorant les formidables ressources de l'ennemi, ne se doutait pas de la masse d'hommes qui allait se jeter sur nos corps d'armée disséminés.

Si les Français, moins ignorants, plus réfléchis, avaient bien voulu lire entre les lignes du discours de l'empereur, ils y auraient discerné le doute et l'inquiétude d'un souverain affaibli par la maladie, qui voyait son étoile se voiler et derrière ce voile sa propre chute et celle de la France désabusée.

Habituée à vaincre, fière des glorieux souvenirs d'Italie et de Crimée, la nation française voyait déjà ses soldats à Berlin. Hélas! elle ne pouvait penser que tous ces beaux régiments qu'elle acclamait, que cette solide et superbe garde impériale qu'elle admirait partaient pour toujours et allaient périr dans Sedan et sous Metz.

L'infime succès de Sarrebruck semble un moment légitimer cette confiance dans la fortune de nos armes. Mais voici (je passe sous silence les fausses nouvelles qui mirent Paris en joie et en délire), voici la foudre qui éclate dans ce ciel si pur ; ses coups terribles retentissent successivement, impitoyablement.

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C'est Wissembourg! C'est Reischoffen ! C'est Forbach ! Épouvantables journées où notre glorieuse armée impériale est détruite par fractions. Des régiments entiers n'existent plus.

Les zouaves, les turcos se sont fait hacher et, pour assurer la retraite de l'armée, cuirassiers et lanciers ont disparu dans une héroïque et suprême mêlée.

Ce n'est plus pour la gloire qu'il faut lutter, c'est pour sauver l'honneur compromis et arrêter l'invasion en marche ! Quelles illusions enlevées à la fière nation, si sûre d'elle-même, de son armée, de ses chefs militaires et de sa moisson de lauriers !

Les nouvelles arrivent de plus en plus poignantes. Et cependant, on espère encore dans un retour de la fortune. Mac-Mahon a pu sauver les débris de son armée, les ramener à Châlons. Des renforts lui sont envoyés, et bientôt, sans doute, Mac-Mahon et Bazaine vont opérer leur jonction.

Disposant ensemble de forces nombreuses et solides, non seulement ils doivent arrêter l'envahisseur, mais encore le refouler au delà de la frontière. Pensée qui semblait juste. Espérance cruellement déçue.

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Bazaine ne viendra pas au-devant de Mac-Mahon et fera de Metz, de la cité inviolée, le tombeau de l'armée et de l'honneur de son pays.

Quant à Mac-Mahon, trompé par son frère d'armes, il se précipitera dans le gouffre de Sedan, d'où il sortira captif avec toute son armée, laissant à l'ennemi le chemin ouvert vers le cœur du pays, vers la capitale.

Pendant ces terribles événements, la défense du sol s'organise et la révolution soulève le peuple. La déchéance de l'Empire devient un fait accompli.

La République est proclamée ; et le pouvoir tombe entre les faibles mains des tristes hommes qui, par esprit de parti, ont collaboré à nos désastres en refusant à l'Empire, comme en font foi les délibérations des Chambres, les subsides, les crédits qu'il demandait pour l'armée.

La France va vivre sous une nouvelle raison sociale; mais elle ne fera que s'agiter impuissante, dans la main des Jules Favre, des Jules Simon, des Arago, des Pelletan et de tant d'autres ambitieux sectaires, pour aboutir à la catastrophe finale, qui précédera ce monstrueux crime de lèsepatrie commis sous les yeux de l'ennemi et que l'on nomme la Commune !

A LBI. - R Jo: TOC R A PARIS

En présence des malheurs de la Patrie, beaucoup de jeunes gens s'engagent. La haine du Prussien au cœur, car je suis Lorrain du côté maternel, victorieux des larmes de mes parents, je m'engage au 3ge régiment de ligne. Mon père m'accompagne à Albi, où se trouve le dépôt de ce régiment. Les bataillons de guerre sont en Algérie; il s'en faut de bien peu que je ne parte les rejoindre.

A Albi, les officiers étaient sur les dents. Le bataillon de dépôt une fois parti pour Paris, la compagnie de dépôt qui restait dans la ville s'élevait à huit cents hommes, par suite de l'arrivée successive des réserves et des engagés volontaires. Il fallait habiller, armer, instruire tout ce monde.

Les réservistes, en partie, ne connaissaient pas le chassepot, quant aux volontaires, ils ignoraient le maniement du nouveau fusil comme d'ailleurs celui de l'ancien. Je me vois encore en civil, par une chaleur extrême, décomposant les mouvements sur la place Lapeyrouse !

Dans l'ardeur qui m'animait, je ne trouvais pas fastidieux le métier des armes. La poche bien garnie, je fus tout de suite, conséquence de la faiblesse humaine, pris en considération. J'étais à même de faire plaisir à de braves gens brusquement arrachés à leurs champs, à leurs foyers.

Je n'eus, du reste, pendant toute la campagne qu'à me louer de tous mes camarades et je suis heureux de le dire. Bien souvent j'ai songé à eux. Je les revois tels qu'ils étaient avec leurs caractères si différents, les uns fils de nos campagnes du Midi et du Nord, les autres enfants des centres industriels.

Mais je pense surtout à ceux qui sont tombés, sur les pentes de la Jonchère, sur le plateau de Villiers-Champigny, dans les champs glacés de Noisy et de Bondy,...

Nous remercions tout particulièrement monsieur Jean DANZE, qui les avait trouvés dans la maison de Claude Dupont et nous les a gracieusement transmis. Le premier carnet a disparu lors des combats du 15 octobre 1915 au Hartmannswillerkopf, selon le récit de l’auteur.

……en une minute il tombe le crâne ouvert par une balle et un œil arraché, le malheureux il n’a pas dû souffrir.

On nous fait faire demi-tour car il n’est pas possible d’avancer et à ce moment on ignorait totalement la position de l’ennemi qui avait pris toutes les tranchées de la 19ème compagnie et une partie de la 20ème compagnie c’est-à-dire tout le sommet au moyen de liquide enflammant les tranchées qui étaient toutes en feu.

L’ennemi contourna la 19ème compagnie dont une grande partie fut faite prisonnière, et il n’est resté qu’une vingtaine d’hommes un sergent et trois caporaux qui sont parvenus à s’échapper.

Mais grâce à l’énergie et au courage de notre Commandant qui a défendu avec une poignée d’hommes en criant «la compagnie en avant ! » et en nommant plusieurs faisant croire à l’ennemi qu’il était là plusieurs compagnies de renfort.

Il reçoit la médaille militaire. Une fois que nous avons reconnu l’avance de l’ennemi on nous fait replier pour nous éviter d’être fauchés inutilement, rien n’étant préparé pour la contre-attaque.

On se repli (suite 5h30 du matin) … de 200 mètres en arrière. On se déploie en tirailleurs dans une ancienne tranchée.

Pour ma part je me suis retrouvé le premier avec mon ami Fayard, nous nous débarrassons de nos lettres et moi de mon carnet de campagne que nous mettons sous de vieux morceaux de couvertures, craignant d’être faits prisonniers.

Les chefs nous crient d’avancer mais pas un ne voulait passer devant nous ce qui faisait voir leur bravoure !

Mais craignant que l’artillerie ne raccourcisse son tir et aussi que l’ennemi enfonce les nôtres du 57ème Territorial qui se trouvait devant nous, nous avançons mon ami Fayard et moi suivis d’une dizaine d’autres jusqu’à la première ligne du 57ème Territorial.

Une fois là nous attendons notre contre-attaque que l’on organise aussitôt avec deux compagnies du 19ème Chasseurs à Pied et environ soixante hommes de notre bataillon restant de la 19ème, 20ème et 18ème compagnies.

On nous place sous le commandement du lieutenant Berthet. Notre camarade Drut est pris comme homme de liaison sous sa conduite.

Les Chasseurs se déploient sur la gauche et nous sur la droite de manière à prendre le rocher où l’ennemi est en plus grand nombre et le point le plus dominant.

Nous nous y lançons résolument avec des grenades, mais au moment où nous arrivons près de ces embranchements, l’ennemi nous attend sans qu’on puisse le voir, il nous harcèle de boites à mitraille et de grenades au fur et à mesure qu’on avance.

On est fauchés une quinzaine tombent morts ou blessés grièvement. On se replie on nous crie d’avancer coûte que coûte.

Le Lieutenant Jacquenet s’avance devant revolver au poing, mais au moment où nous avançons de nouveau une boite à mitraille lui brise les deux jambes, lui coupe un doigt et de nombreuses autres blessures.

On l’emporte aussitôt presque mort sur une porte que j’arrache à un abri. Nous voyant dans l’incapacité d’avancer sur un ennemi dix fois supérieur en nombre, nous dominant par la position élevée qu’il détient et abondamment pourvu de toutes sortes de munitions et mitrailleuses ainsi qu’un canon-revolver, qu’il nous a enlevé, notre Commandant renonce à poursuivre l’attaque.

Bien lui en prend car nous aurions été tous écrasés. Nous avions en effet à lutter contre quatre bataillons de Chasseurs de la Garde Impériale de vingt à vingt quatre ans.

Pendant ce temps les ‘marmites’ rappliquent sur nos camps de réserve, le bois est complètement fauché et nos abris démolis. Heureusement pour nous que nous sommes partis renforcer dès les premiers coups.

Pendant le reste du jour c’est une lutte continue, d’obus, de grenades, de boites à mitraille, de torpilles. Nous passons la journée sans manger.

Un morceau de pain sec m’est donné par un camarade du 57ème Territorial, je le mange à belles dents. La nuit on nous emmène faire une tranchée qui doit nous servir d’abri pour l’attaque que nous devons faire le lendemain.

Nous nous mettons à la besogne. La terrible nuit ! Il nous a fallu travailler en plein découvert l’ennemi nous dominant sur le sommet, à quatre-vingt mètres de nous munis de mitrailleuses et de munitions ainsi que de nos canons-revolvers.

Il fallait travailler à moitié couchés dans les racines et les pierres. Les balles, les bombes, les torpilles risquaient de nous arriver dessus à tout instant, aussi on ne pouvait pas faire de bruit de crainte d’être repérés.

Nous bûchons toute la nuit. Nos morts jonchent le sol tout autour de nous. Mais messieurs les gradés qui n’avaient rien fait, et plusieurs fainéants se placent dans la tranchée que j’ai creusée et moi je suis forcé de me placer derrière un sapin, de 5 heures du matin jusqu’à 11heures 30.

Je me blottis derrière et comme coussin j’avais deux rangs de fil de fer barbelé qui me perçaient les genoux. Étant bien placé pour voir ce qui se passe en avant, j’aperçois un officier ‘boche’ debout derrière un abri à gauche du rocher, un béret de Chasseur Alpin le déguise, je lui vois toute la tête.

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