La seconde moitié du 19e siècle a été marquée par l’utilisation d’une grande variété d’armes de poing par les forces armées britanniques.
Un des facteurs principaux de cette variété était la tradition qui voulait qu’en recevant leur commission, les officiers reçoivent en cadeau ou s’achètent des armes dans le commerce, le choix du modèle étant libre.
À partir des années 1880, la firme de Webley sous ses différentes incarnations fournit cette arme, qui évolua au fil des ans pour devenir le Webley Mk VI.
Après le développement de sa cartouche de 7.65x25 en la nouvelle 9mm Parabellum, Georg Luger tenta de provoquer l’intérêt du British Small Arms Committee en 1902 et des USA en faisant parvenir trois prototypes à Springfield Armory en 1903.
Tandis que la marine allemande adoptait la nouvelle cartouche de 9mm en 1904 et que l’armée allemande en faisait de même en 1908, le British Small Arms Committee refusait poliment l’offre de Georg Luger : l’agence de la Couronne étant à la recherche d’économie et estimant que le revolver Webley en .455 suffisait parfaitement à assurer la défense personnelle des officiers de l’Empire au cours de leur devoir aux confins des territoires de l’Empire Britannique.
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Au cours de la guerre 14-18, les pistolets connurent un nouvel essor, étant l’arme de choix, en plus du poignard, pour les assauts de tranchées conduisant à de mortels combats aux corps-à-corps.
Alors que les Belges étaient fidèles utilisateurs du Browning 1903 « Grand Modèle », les Français achetaient tout azimuth des Ruby et des Colt 1911 en remplacement du M1892, les Allemands étaient très satisfaits de leur C96 et Luger P-08.
Les Britanniques, à la traîne, limitèrent la distribution des armes de poing aux Webley, tandis que des Colt 1911 en .455 furent commandés pour le nouvellement fondé Royal Army Air Corps.
Dans une tentative de recherche de solution au problème de la guerre des tranchées, l’Allemagne lança à Spandau un programme de recherche conduisant à des expérimentations avec des versions automatiques des P-08 et C-96.
De ces recherches déboucheront le P-08 « Artillerie » mais, surtout, Theodor Bergmann et son assistant, Hugo Schmeisser, dessinèrent une nouvelle arme qui fut désignée Maschinenpistole 18/I.
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Mise en fabrication au début de l’année 1918, la mitraillette allait révolutionner le monde des armes légères, comme le fit la mitrailleuse.
En 1919, Georg Luger tenta, une fois de plus, de susciter l’intérêt des Britanniques pour son pistolet de 9mm ; allant jusqu’à faire assembler approximativement 6000 Luger P-08 par la société Vickers afin, officiellement, de fournir les Hollandais.
Fatiguée du conflit mondial, l’armée britannique ne montra aucun intérêt dans l’entre-deux guerres pour les pistolets ou les mitraillettes : espérant voir l’armée anglaise s’équiper en mitraillettes, BSA (Birmingham Small Arms) acquit auprès de Auto-Ordnance la licence de production de la Thompson.
La réponse de l’Etat-Major fut cinglant : l’armée anglaise n’avait rien à faire d’arme de gangsters (« gangsters guns »).
Ces choix furent cruellement ressentis par les troupes de sa très gracieuse majesté lors des durs combats du printemps 1940 : très, trop souvent, les Tommies étaient dominés par le feu des armes allemandes MP-38 et MP-40 ainsi que par la mobile MG-34 auxquelles les Anglais ne pouvaient opposer que le feu de SMLE et des trop rares Bren ou des trop lourdes Vickers-Maxim.
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Après l’évacuation de Dunkerque, la Royal Air Force se vit confrontée à la possibilité réelle d’un assaut aéroporté sur ses aérodromes.
Concluant qu’un tel assaut conduirait à de brefs, mais très violents, échanges de tirs ; les officiers de l’arme aérienne décidèrent qu’il était indispensable de s’équiper d’une petite arme automatique.
L’idée fût également adoptée par la Royal Navy qui parraina le projet, nécessitant une arme pour ses équipes d’abordage.
La Sterling Armament Company, dirigée par George Lanchester, conçut rapidement une arme qui se révéla être une proche copie de la MP-18.
Le calibre choisi naturellement fut le 9mm pour plusieurs raisons : la munition était produite commercialement dans le Royaume-Unis, l’arme originale était en 9mm et, finalement, la munition de 9mm pouvait être importée en grande quantité depuis les USA, produite par Winchester.
L’armée anglaise suivit rapidement le mouvement initié par la Royal Air Force et la Royal Navy.
Très bientôt, des centaines de milliers de mitraillettes furent demandés.
Les demandes des munitions de 9mm augmentèrent encore, proportionnellement à l’entrée en service de milliers, des millions d’armes automatiques en 9mm.
Durant toute la guerre, Churchill garda une de ces mitraillettes dans sa limousine (et un Colt M1911A1 dans sa veste), par crainte d'un attentat.
Les nouvelles troupes d’élites, les Commandos et les parachutistes, nécessitaient une arme de poing plus moderne que les antiques revolvers Webley et la première solution fut d’adopter le Colt M1911 & M1911A1 mais une solution « britannique » devait être trouvée.
Aussi, il fut facile pour le gouvernement britannique « d’inviter » Monsieur Saive, l’ingénieur de la FN, a redessiner les plans de son GP en vue de l’industrialiser en Grande-Bretagne.
Simultanément, et en accord avec Messieurs Laloux & Saive, Inglis mettait sur pied une chaine de fabrication du GP.
D’abord, pour satisfaire un contrat destiné aux nationalistes Chinois et, très vite, pour équiper les troupes d’élite du Canada et du Royaume-Uni.
La première munition de 9mm adoptée à titre officiel, en 1941, par les forces armées anglaises fut la MkIZ (ou Mark 1z) dont les performances étaient relativement semblable à la 9mm Winchester : moins puissante que la Fiocchi italienne de la même époque.
Aussi, la puissance des cartouches augmenta d’année en année, allant jusqu’à l’adoption de la Mk2Z (ou Mark IIz).
Initialement destinée aux mitraillettes, la Mk2z fut la première munition de 9mm « NATO Standard » avant d’être remplacée par une nouvelle 9x19, encore plus puissante que la Mk2z.
La démarche étant lancée et ne pouvait plus être arrêtée : de plus en plus, le Webley serait vu comme un anachronisme pour les Britanniques et le calibre de 9mm s’imposerait.
Après-guerre, une moderne armée Britannique adoptera le pistolet L9 et la mitraillette Sterling, tous deux en 9mm.
La Première Guerre Mondiale vit l’expansion massive de l’armée britannique et l’utilisation du modèle standard de l’époque (le Webley Mk VI en .455 Webley) par du personnel qui n’avait pas eu le temps d’apprendre à vraiment maitriser leur recul.
C’est pourquoi après ce conflit on commença à envisager une arme de plus petit calibre, qui serait plus facile à utiliser (exactement comme le remplacement du 1911 en .45 par le Beretta en 9mm par la US Army…
A la demande du War Department, la firme de Webley & Scott dessina un modèle plus petit, nommé le Mk IV, répondant au cahier des charges.
Ce revolver était basé sur un modèle développé par Webley & Scott pour le marché policier, le Military and Police et chambrait la munition choisie par le War Office: le .38 Smith & Wesson, ou plutot une version appelée .38/200; le 200 indiquant le poids en grains du boulet de plomb dans sa version initialement adoptée.
La version utilisée pendant la 2e Guerre était connue sous le nom de ‘’ Cartridge, S.A., Revolver Ball, .380in. MkII’’ et avait un boulet chemisé de 178 grains, puisque certains craignaient que les boulets en plomb contreviennent aux conventions sur la conduite humanitaire de la guerre.
Webley & Scott soumit son design au War Department, qui après examen dit “Thank you very much” à W & S et ordonna à la Royal Small Arms Factory d’Enfield de s’en servir comme base pour leur propre design.
Le modèle élaboré par Enfield d’apparence très similaire au Webley était doté d’un mécanisme légèrement différent et on en commença la production en série sans offrir de compensation à la firme privée.
Webley & Scott dut alors poursuivre la couronne pour 2250 livres sterling pour les frais encourus.
Le gouvernement nia que le design avait été plagié, disant que le Capitaine Boys (futur designer du fusil antichar Boys) de la RSAF Enfield avait conçu le modèle adopté.
Éventuellement, la Commission Royale pour les Bourses aux Inventeurs accorda 1250 livres à W&S comme compensation.
Naturellement tout ceci créa un certain froid entre Webley & Scott et le gouvernement anglais.
Vint la 2e Guerre Mondiale, Les forces britanniques ayant besoin de quantités considérables d’armes et les arsenaux gouvernementaux ne suffisant pas à la tâche, elles durent frapper à la porte de Webley & Scott et leur commander tous les revolvers qu’ils pouvaient fabriquer, please…
Naturellement, le temps manquait pour donner aux armes la finition de qualité que Webley & Scott avait toujours donné à sa production.
Chaque revolver fabriqué en temps de guerre fut marqqué des mots “War Finish” pour faire comprendre aux utilisateurs qu’il n’était pas représentatif des standards habituels de qualité Webley.
On remarque le système d’ouverture à bascule, une caractéristique commune à la plupart des révolvers britanniques depuis les années 1880 et qu’on a retrouvée aussi dans plusieurs modèles américains vers la fin du 19e Siècle; notamment chez Smith & Wesson et Harrington & Richardson ainsi que leurs nombreuses copies belges et basques.
Contrairement aux américains qui délaissèrent largement ce type de système d'ouverture avec la venue de la poudre sans fumée, les britanniques restèrent avec ce système qui chez le Webley a atteint son apogée.
Finalement, le Webley & Scott MK IV servit dans les forces armées britanniques aux côtés du revolver Enfield jusqu’aux années 1960, avant que ces deux révolvers soient finalement remplacés par le Browning Hi-Power.
Par contre, ils servirent encore plus longtemps au sein des forces armées ou policières de différents pays, souvent d’anciennes colonies britanniques, telles que Singapour.
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