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La France, avec sa riche biodiversité et ses vastes territoires, offre un terrain de chasse diversifié. En France, il est possible de chasser une multitude de gibiers, que ce soit plutôt du petit gibier comme le faisan, le grand gibier comme le cerf ou bien même le gibier migrateur et le gibier de haute montagne comme la bécasse et le chamois.

Les Espèces les Plus Chassées

Pour autant, que ce soit du Nord jusqu’au Sud de la France, c’est bel et bien le sanglier qui est l’animal le plus chassé pour le grand gibier. Généralement, il se chasse en battue classique ou plus souvent dans le Sud avec des chiens courants. C’est de loin le gibier préféré des chasseurs. Presque 8 chasseurs sur 10 prélèvent 1 sanglier par an.

A l’image du sanglier, cette espèce est également très prisée par les chasseurs de petit gibier, il s’agit du pigeon ramier ou plus communément appelé palombe dans le Sud de la France. Principalement dans ce coin de la France, la palombe se chasse dans des palombières pendant 3 semaines afin de profiter de l’entièreté de la migration. Bien souvent, on remarque que la chasse à la palombière débute à la Saint Michel, 29 Septembre, et se poursuit pendant 3 semaines consécutives. D’après quelques statistiques, on relève un nombre de prélèvement de pigeon ramier sur toute la France d’environ 4.9 millions d’oiseaux, ce qui fait de cette espèce celle la plus chassée en France et de loin !

Évolution des Populations de Gibier

Dans le cadre de ses missions, l’ONCFS réalise depuis plus de 30 ans le suivi des populations de grands ongulés sauvages en France. L’évolution des tableaux de chasse reflète l’importante progression de ces espèces au cours des 20 dernières années. Ainsi, le grand gibier (cerf, chevreuil, sanglier…) a vu ses effectifs nationaux augmenter en 20 ans de 100% à 400% selon les espèces.

La progression du cerf en France est spectaculaire. En 20 ans, la superficie colonisée a doublé et ses effectifs estimés ont quadruplé. C’est en montagne qu’il a le plus étendu son aire de répartition.

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Parallèlement, les ongulés de montagne ont suivi la même progression en nombre (les effectifs du chamois et du bouquetin ont plus que doublé en 20 ans) avec, au contraire, une colonisation des milieux de plus basse altitude.

Le chevreuil et le sanglier occupent dorénavant tous les départements (sauf ceux de Corse pour le chevreuil) et tous les types d’habitats présents en France.

Tableau : Évolution des populations d'ongulés en France sur 25 ans

Espèces Réalisations 1986-1987 Réalisations 2011-2012 Progression sur 25 ans
Cerf 10 603 53 181 x 5
Chevreuil 120 707 530 805 x 4,4
Sanglier 87 427 526 721 x 6
Chamois 4 567 12 014 x 2,6
Isard 1 888 3 051 x 1,6
Mouflon 627 3 484 x 5,6
Daim 139 1 089 x 7,8
Cerf sika 28 183 x 6,5

Remarque : le bouquetin, espèce protégée, a vu ses effectifs estimés multipliés par 2,4 entre 1994 et 2010.

Le Profil des Chasseurs

La part des adeptes de la chasse ne cesse de régresser : de 2 500 000 chasseurs il y a 50 ans à moins d’un million aujourd’hui. Parmi les 963 571 chasseurs ayant validé un permis de chasser pour la saison 2022-2023 (dont une moitié de permis nationaux), 58 % ont plus de 55 ans et seulement 3 % sont des femmes. « Mais l’effectif des chasseurs se féminise progressivement avec une hausse de 25 % du nombre de femmes en presque dix ans », a souligné Marie-Laetitia des Robert, sociologue, le 5 septembre 2023 à Paris, lors de la présentation de l’enquête (1) qu’elle a menée à la demande de la Fédération nationale des chasseurs (FNC).

Plus de 75 % des chasseurs sont des ruraux et 85 % d’entre eux se sentent « ruraux ». « Cette étude met fin à une légende urbaine qui laissait croire que les chasseurs étaient plus citadins que ruraux », a commenté Willy Schraen, président de la FNC. Les agriculteurs (y compris les ouvriers agricoles) restent surreprésentés : ils sont 10 % parmi les chasseurs (pour seulement 1,5 % de la population active). Parmi les premiers détenteurs des permis, on trouve à égalité des ouvriers ou employés (32 %) et des cadres supérieurs ou dirigeants (32 %). « La diversité sociale au sein des équipes de chasse est très appréciée des pratiquants », a relevé la sociologue.

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Un chasseur dépense en moyenne 3 260 euros par an (accès à la chasse, armes, équipements, chiens…) auxquels s’ajoutent éventuellement 1 200 € pour un véhicule. Au total, les chasseurs ont dépensé 4,2 milliards d’euros en 2022-2023 et ont contribué à l’emploi de 37 400 ETP (équivalent temps plein).

Hors sortie de chasse, 800 000 chasseurs consacrent 27 jours par an à des activités bénévoles : 16,5 jours au service de la chasse et du territoire (aménagement des chemins par exemple), 8,5 jours pour « la nature, les espèces et leur suivi », et 2 jours d’actions socioculturelles et de services rendus à la commune.

Les pratiquants viennent à la chasse majoritairement par initiation familiale avec comme première motivation « être en contact avec la nature », suivie de près par la convivialité et le contact avec les chiens. La dégustation de la venaison est un enjeu qui prend de plus en plus d’importance.

Cadre Juridique et Réglementation

Les espèces chassables en France sont au nombre de 89, réparties entre gibier sédentaire, gibier d’eau et oiseaux de passage. C’est l’arrêté du 26 juin 1987 qui fixe la liste des espèces chassables. Un arrêté du 2 septembre 2016 vise à inscrire dans un arrêté distinct les espèces exotiques envahissantes qui peuvent être piégées ou détruites à tir.

Il existe actuellement un moratoire sur la chasse de la barge à queue noire, du courlis cendré, de la tourterelle des bois et du grand tétras compte-tenu de leur état de conservation.

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L'encadrement juridique de la chasse a été successivement remanié par les lois chasse du 26 juillet 2000, du 30 juillet 2003, par la loi du 23 février 2005 relative au développement des territoires ruraux qui comportait plusieurs articles sur la chasse, la loi du 31 décembre 2008 pour l’amélioration et la simplification du droit de la chasse, la loi du 12 mai 2009 sur l’allègement des procédures administratives, la loi du 7 mars 2012 portant diverses dispositions d’ordre cynégétique et la loi du 24 juillet 2019 portant création de l'Office français de la biodiversité, modifiant les missions des fédérations des chasseurs et renforçant la police de l'environnement.

Principales modifications réglementaires apportées de 2013 à 2023 :

  • En 2023 : Le plan sécurité à la chasse présente 14 mesures destinées à renforcer la formation des chasseurs, renforcer les règles de sécurité pendant la chasse, et assurer le partage des espaces et une meilleure information des usagers de la nature. Il prévoit notamment :
    • l’interdiction de la pratique de la chasse sous l’emprise de l’alcool et de stupéfiants ;
    • la création d’une application numérique d’État sur les lieux et temps de chasse ;
    • le renforcement de la formation des chasseurs.
  • En 2020 :
    • la mise en place d’une gestion adaptative pour plusieurs espèces ;
    • la possibilité de rétention et de suspension administrative du permis de chasser par les agents de police judiciaire en cas d’accident ou d’incident matériel grave.
  • En 2019 :
    • le renouvellement des conditions de location par l’État du droit de chasse du gibier d’eau sur son domaine public fluvial ;
    • le renouvellement du classement des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts du groupe 2.
  • En 2018 :
    • la mise à jour des modalités de vénerie sous terre et de grande vénerie ;
    • l'interdiction des pièges noyants.
  • En 2017 :
    • la mise en oeuvre d'une expérimentation "sanglier" pour limiter les dégâts de gibier dans le Gard ;
    • la mise à jour des statuts des fédérations des chasseurs.
  • En 2016 :
    • l’actualisation des dispositifs autorisés à la chasse ;
    • la régulation par la chasse des espèces non indigènes classées nuisibles ;
    • la liste des espèces chassables, en distinguant les espèces indigènes et les espèces exotiques envahissantes.
  • En 2015 :
    • l’interdiction de l’utilisation de chiens de type dogue ou molosse pour la chasse ;
    • l’actualisation des dispositifs autorisés à la chasse ;
    • les nouveaux classements des espèces classés nuisibles, indigènes et non indigènes.
  • En 2014 :
    • l’encadrement renforcé de la pratique de la vénerie sous terre ;
    • le renouvellement des conditions de location par l’État du droit de chasse sur le domaine public maritime du 1er juillet au 30 juin 2023.
  • En 2013 :
    • la mise en place des nouvelles modalités de l’examen préalable à la délivrance du permis de chasser ainsi que la mise en place des nouvelles caractéristiques techniques des installations de formation et d’examen pour la délivrance du permis de chasser ;
    • l’optimisation du dispositif d’indemnisation des dégâts agricoles occasionnés par le grand gibier suite à un accord majoritaire entre chasseurs et organisations agricoles ;
    • le renouvellement des conditions de location par l’État du droit de chasse du gibier d’eau sur son domaine public fluvial pour la période du 1er juillet 2013 au 30 juin 2019 ;
    • le renouvellement des moratoires sur la chasse de la barge à queue noire (Limosa limosa) et du courlis cendré (Numenius arquata) jusqu’au 30 juillet 2018.

Le Rôle de l’Office Français de la Biodiversité (OFB)

L’Office français de la biodiversité (OFB) est un établissement public administratif créé au 1er janvier 2020 et placé sous la tutelle du ministère de la Transition écologique et du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. Les représentants de la Fédération nationale des chasseurs, des fédérations départementales des chasseurs et de la Fédération nationale de la pêche et de la protection du milieu aquatique représentent 10 % des membres du conseil d'administration. L'Office français de la biodiversité contribue à l'exercice des missions de police administrative et de police judiciaire relatives à l'eau, aux espaces naturels, aux espèces, à la chasse et à la pêche ainsi que des missions de police sanitaire en lien avec la faune sauvage. Il fournit également une expertise et une assistance en matière d'évaluation de l'état de la faune sauvage et de gestion adaptative des espèces.

Ouverture de la Saison de Chasse

La saison de chasse commence officiellement ce dimanche 8 septembre 2024 dans le Sud de la France. Les chasseurs sont autorisés à chasser à partir de ce dimanche 8 septembre dans la moitié Sud de la France. La saison peut commencer traditionnellement une heure avant le lever du soleil. Les chasseurs des départements de la moitié nord de la France doivent encore patienter une semaine puisque la saison de chasse commencera le dimanche 15 septembre.

Dans le Sud, la saison de chasse prendra fin le 28 février 2025 au soir. Des chasses sont autorisées certains jours de la semaine ou du week-end uniquement.

Tous les gibiers peuvent être chassés à partir de ce dimanche : de nombreux oiseaux (grives, merles, perdrix), des lièvres, des faisans, des sangliers, des chevreuils… Pour une partie de ces espèces, la date de fermeture interviendra bien avant le 28 février 2025. La tourterelle des bois ne peut pas être chassée.

Sécurité à la Chasse

La loi de 2019 rend obligatoire une remise à niveau des chasseurs tous les 10 ans aux règles élémentaires de sécurité. L’objectif est d’avoir formé un chasseur sur deux d’ici 2025 et tous les chasseurs d’ici 2029. Le nombre d’accidents est en baisse année après année avec un recul de 77 % sur 20 ans.

Sur la saison de chasse, le nombre d’accidents a été plus important avec 97 accidents recensés dont 58 graves, selon les chiffres dévoilés par l’OFB le 25 juillet 2024. 55 % des accidents concernaient la chasse au grand gibier. La principale cause d’accident est le non-respect de l’angle des 30°.

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