Dès le début de la guerre, les centaines de milliers de soldats au front vont adopter un vocabulaire spécifique pour désigner des éléments de la vie courante ou les nouveautés auxquels ils sont confrontés. Certains mots sont repris de l'argot de différentes régions ou catégories sociales, d'autres sont inventés de toute pièce. Certains sont passés dans le langage courant, d'autres ont sombré dans l'oubli.
Lexique de la Première Guerre Mondiale
- Abeille: Balle de fusil.
- Arbeit: Travail.
- Arbeitslager (all): Camp de travail.
- Arbeitsstatistik (all): Bureau du travail d’un camp.
- Aryens: Nom d’un ensemble de tribus d’origine indo-européenne qui se répandirent en Iran et au nord de l’Inde au XVIIIème siècle av.JC.
- Autodafé: " Destruction par le feu ".
- Axe: Alliance des dictatures contre les démocraties.
- Barbelé: Fil de fer ou réseau de fils de fer hérissés de pointes coupantes. Ce terme fait référence aux séchoirs à viande, utilisés pour déshydrater des morceaux de viande.
- Barda: Equipement du soldat. Bagage du soldat. "Le barda consiste à disposer dans une toile de tente le nécessaire pour trois jours de vivres et de combat.
- Berlingot: Camion automobile.
- Blitzkrieg (all): " Guerre éclair ".
- Boche: Adjectif. Désignation péjorative des Allemands par les Français. français souvent de manière moqueuse à l’adresse des ennemis.
- Cagna: abri contre les projectiles. "Nos heures de loisirs sont occupés à consolider et à rendre plus confortable les abris que nous appelons cagna" (F Lugand, carnet de guerre d'un poilu savoyard). "Qu'est ce que ma cagna. Elle est située dans un bois de hêtres derrière le village, construite avec des rondins, recouverte de tôle ondulée, elle est d'un aspect accueillant." (F Lugand, ibid). Dans l’argot des combattants, désigne un abri (v.). surtout à partir de la seconde ligne jusqu’au cantonnement.
- Camp de concentration: Camp où sont regroupés des prisonniers pour des motifs politiques, religieux ou ethniques.
- Censure: Examen critique par un gouvernement des publications, lesquelles peuvent être interdites.
- Chambre à gaz: Pièce aménagée pour assassiner des groupes de personnes au moyen du monoxyde de carbone et surtout du Zyklon B. Les premières chambres à gaz furent utilisées pour les malades mentaux et les malades incurables à partir de janvier 1940.
- Crapouillot: Surnom donné aux mortiers de tranchée et, par extension, à l’ensemble de leurs projectiles. petits mortiers de tranchée de 58 mm.
- Diktat: Traité de paix dicté sous la contrainte.
- Einsatzgruppen: Groupes mobiles composés de SS, opérant aux côté de la Wehrmacht, et chargés de liquider les partisans, les Juifs, les communistes.
- Embusqué: soldat ou personne qui n'est pas exposée au danger. "Les Allemands répondirent aussitôt par un feu violent.
- Escarpins: Brodequins (chaussures de soldats).
- Euthanasie: " Ensemble des méthodes qui donnent la mort pour abréger une agonie ".
- Feldgrau: Littéralement "gris de campagne" : couleur de l’uniforme allemand. Par extension, désigne le fantassin allemand.
- Fritz: Adjectif. Désignation péjorative des Allemands par les Français.
- Garnison: Au sens strict, la garnison est l’ensemble des troupes stationnant dans une ville ou assurant sa défense.
- Gaz: Par extension arme chimique. Substance ayant sur le champ de bataille pour fonction de tuer, blesser ou incapaciter temporairement un homme par les effets physiologiques qu’elle engendre.
- Gazette des Ardennes: Organe de presse officiel allemand publié du 1er novembre 19114 au 8 novembre 1918 à Charleville, donc dans le département occupé des Ardennes, dans les locaux du Petit Ardennais et célèbre par les listes de prisonniers qu’il publie.
- Général: Plus haut grade de l’armé. Pendant la Première Guerre mondiale, les généraux peuvent être à deux ou trois étoiles, c’est-à-dire de brigade ou de division. Les officiers commandant des corps d’armée, des armées ou même des groupes d’armée sont donc, pendant la Première Guerre mondiale des généraux de division. Entre 1914 et 1918, 41 généraux de l’armée française sont tués au combat, dont 4 généraux de division.
- Généralissime: Titre non-officiel mais désignant dans le langage courant le général commandant en chef des armées françaises. Carte postale.
- Génie: Arme chargée en temps de paix de l’entretien et de la construction des bâtiments militaires. Pendant la guerre, les missions du génie sont multiples, allant de la supervision du percement de tranchées à la réparation des voies de chemin de fer en passant par la construction de fortins blindés.
- Génocide: Notion forgée en 1944 par le juriste américain Raphaël Lemkin à propos de la Destruction des Juifs d’Europe. Du grec genos, race.
- Gouvernement militaire: Circonscription militaire placée sous l’autorité d’un général commandant la place.
- Grade: Marque de la hiérarchie militaire.
- Grande manœuvre: Période d’exercice destinée, en période de paix, à simuler une action de combat. Carte postale.
- Gras (fusil): Arme tirant son nom du capitaine Basile Gras qui l’invente en 1874. Il s’agit d’une modernisation du fusil Chassepot de 1866 permettant l’emploi de cartouches métalliques.
- Grenade: Petite bombe dont la mise à feu se déclenche volontairement au moyen d’une goupille et qui est lancée à la main ou au moyen d’un fusil spécialement équipé. Maints combattants sont victimes d’accidents de grenades pendant la Première Guerre mondiale tant les modèles, aux caractéristiques bien entendu différentes, sont nombreux.
- Grignotage: Expression tirée d’une phrase attribuée à Joseph Joffre - « Je les grignote » - et désignant l’ensemble des opérations entreprises au cours du « long 1915 » par les armées françaises dans le but d’user les armées allemandes.
- Grippe espagnole: Pandémie survenue en 1918-1919 de type H1-N1 tuant entre 30 et 40 millions de personnes, soit environ 3% de la population mondiale.
- Groupe d’artillerie: Ensemble de batteries d’artillerie, généralement aux ordres d’un chef d’escadron.
- Groupe primaire: Ensemble restreint et extrêmement soudé de personnes se percevant comme un « nous ».
- Guerre de mouvements: Type de conflit caractérisé par les vastes mouvements des armées belligérantes. Carte postale.
- Guerre de positions: La guerre de positions est l’antithèse de la guerre de mouvements. Lors de la Première Guerre mondiale, elle se résume à la sorte de siège mutuel qu’est la guerre tranchées et débute à l’automne 1914 pour prendre fin au printemps 1918.
- Guerre sous-marine: Le 4 février 1915, dans le but d’asphyxier la Grande-Bretagne, l’Allemagne déclare la Manche et la mer d’Irlande « zones de guerre » et se réserve, de ce fait, le droit de couler tout navire croisant en ces parages. Le torpillage du Lusitania, un paquebot de la célèbre compagnie Cunard, le 7 mai 1915 entraîne la mort 1198 personnes dont plus de 150 Américains et l’abandon provisoire de la guerre sous-marine au commerce menée par l’Allemagne. Celle-ci reprend de plus belle - à outrance - à partir du 1er février 1917 mais ne tarde pas à s’essouffler, pour s’achever en défaite allemande en mars 1918 : à cette date, le tonnage des navires coulés par les U-Boots devient inférieur à celui des bâtiments produits par les alliés. Pour les Alliés la guerre sous-marine est en 1914 moralement impensable en ce qu’elle est assimilée à une sorte de traitrise, l’assaillant étant invisible par sa victime. Contrairement à ce que l’on veut bien croire, la guerre sous-marine n’est pas une nouveauté de la Première Guerre mondiale puisque la première utilisation militaire d’un submersible remonte à la guerre de Sécession.
- Guerre sur mer: Avant 1914, les amirautés pensaient que la guerre à venir se résoudrait, comme sur terre d’ailleurs, par une immense mais brève bataille, comprise comme décisive. Non seulement il n’en fut rien mais la dimension maritime de la Première Guerre mondiale s’apparente à bien des égards, et si l’on veut bien excepter la bataille du Jutland qui se déroule en mer du Nord en mai 1916 mais ne dure que quelques heures, à une sorte de face-à-face stérile tellement les affrontements sont rares.
- Gueules cassées: Surnom donné aux blessés de la face et autres mutilés du visage de la Première Guerre mondiale. Il est à noter que contrairement à ce que l’on pourrait aujourd’hui croire, ce terme n’est en rien péjoratif.
- Hitlerjugend (all): Mouvement de la jeunesse hitlérienne dirigé par Baldur von Schirar.
- Holocauste: Chez les Hébreux, il s’agissait d’un sacrifice dans lequel la victime était entièrement brûlée.
- Hurleur: homme de liaison (à défaut de téléphone, pour corriger un tir d'artillerie on emploie une chaîne d'hommes de liaison espacés de 100 en 100 mètres entre l'observateur et la batterie.
- Kaninchen (all): " Cobaye ".
- Kapout: Mot latin caput, tête, prononcé ainsi par les Allemands, exprime la menace de mort, exactement de décapitation. familièrement, foutu. Adjectif allemand qui signifie cassé, abîmé, ou, plus familièrement, foutu.
- Kommando (all): Détachement de déportés en formation de travail envoyés à l’extérieur d’un camp de concentration.
- K.Z. Lager (all): Camp de prisonnier.
- Lebel: Fusil qui équipe l'armée française. Le fusil Lebel a été conçu en 1886 et modifié en 1893. Fusil qui équipe les armées françaises. Conçu en 1886 et modifié en 1893, son calibre est de 8 mm. Il est à la fois robuste, précis, et légèrement dépassé en raison de la lenteur de chargement de son magasin.
- Limace: Chemise, blouse.
- Métro: Projectile d'artillerie.
- Moulin à café: Mitrailleuse.
- Musiciens: Haricots secs.
- No man's land: Zone dévastée à l'avant des tranchées. Littéralement: « la terre de personne ». Ce terme désigne l’étendue de terrain ravagée et inhabitée située entre les deux lignes de tranchées adverses. Audelà, de largeur variable suivant la nature du combat et du terrain, c’est le territoire neutre, la terre de personne between the hostile forces. Clair et évocateur, le terme est largement repris par la suite, y compris par les combattants francophones. Il reste peu répandu parmi ceux d’origine populaire qui parlent plutôt de « bled ».
- Obusite: Qualifie les affections psychologiques faisant suite à l’expérience du bombardement.
- Pain kaka: Pain de rationnement allemand, dont le surnom à la consonnance scatologique a été souvent raillé du côté français. Pain K.K. l’ennemi. « Le Petit Boche : « Maman ! K-K ! La Mère Boche : « Voyons ! Est-ce de manger que tu as envie ou bien de...
- Pioupiou: Soldat de la période 1871-1914.
- Poilu: Soldat de la Grande Guerre. Désignation des soldats français dès le début de la guerre de 1914-1918. Les combattants ne sont pas surnommés ainsi en raison de l'impossibilité de se raser dans les tranchées. On croise le surnom "poilu" déjà au XIXe siècle, chez Balzac notamment. L’origine du terme est plus claire qu’on ne le croit souvent, puisqu’il est attesté dès le XIXe siècle, pour désigner un soldat endurant et courageux, dans l’argot militaire, ainsi chez Balzac (Le Médecin de Campagne, 1833) les pontonniers de la Bérézina en 1812. Il arrive souvent que le poil soit signe de virilité, de courage ou d’expérience. L’usage massif du terme en 1914-1918 tient en outre à plusieurs éléments liés : la difficulté effective, à l’hiver 1914, de se raser, le caractère rudimentaire de la toilette au front ; l’obligation pour tout militaire jusqu’en 1917 de porter la moustache, la simplicité de la désignation qui permet aux journaux et à l’arrière de mettre en scène la familiarité et la proximité avec les combattants. Le terme peut être employé dans des sens très différents, d'un combattant à un autre, certains le rejetant tandis que d’autres se l’approprient. Il est fréquent que les officiers l’emploient dénotant ainsi la distance qui les en séparent. Plus généralement, le terme semble employé indifféremment, comme synonyme de soldat. j'étais un vrai poilu. » ( (Marc Bloch, « Souvenirs de guerre », L’Histoire, la Guerre, la Résistance, Paris, Gallimard, coll. 1991, p. 13, près de Verdun, février 1916).
- Popote: cuisine, cuisiner. Dans l’argot des combattants, désigne à la fois la cuisine roulante, et le fait de cuisiner. Par extension, la popote est la réunion des personnes qui mangent en commun. "Je ravitaille et il fait la popote.
- Race: Notion dépourvue de fondement scientifique visant à faire croire à l’existence de groupes humains différents.
- Rata: Plat servi aux soldats, équivalent au ragoût.
- Reich (all): " Empire ", territoire de l’État allemand.
- Rosalie: Surnom de la baïonnette du fusil Lebel. Ce terme, qui compare la baïonnette à une femme, est surtout utilisé par les personnes à l'arrière, et en particulier par certains chansonniers.
- SA: Sturmabeitlung (section d’assaut) groupe paramilitaire du parti nazi créé en 1921 par Röhm pour intimider les adversaires politiques et accomplir les basses besognes.
- Sachi: Séchoirs : Barbelés.
- Singe: Viande en boîte de conserve, équivalent du "corned beef" américain.
- Taube: avion allemand en général. "Vers midi nous assistâmes à un duel d'avion.
- Totos: poux. (Les poux font partie du quotidien des soldats pendant la Grande Guerre.
- Volksgerichtshof (all): " Tribunal du peuple " créé en mars 1934 dont les membres sont nommés par Hitler et les jugements sans appel.
- X: L'inconnu, l'École polytechnique.
- Ypérite: Surnom du gaz de combat asphyxiant mis au point en 1917 par l’Allemagne, et utilisé pour la première fois dans la région d’Ypres (Belgique) en juillet 1917.
Quelques expressions
- Passer l’arme à gauche: Mourir.
- De but en blanc: S’exprimer franchement.
- Faire long feu: Échouer.
- Ne pas faire long feu: Ne pas durer.
- Vendre la mèche: Divulguer un secret.
- Prendre la poudre d’escampette: Fuir rapidement.
- Aller au casse-pipe: Aller à la guerre ou au danger.
- Casser sa pipe: Mourir.
Les tranchées
tranchées qui y sont creusées. La première ligne est ainsi celle qui fait directement face aux lignes adverses, c’est la zone la plus dangereuse, où les combattants font des séjours généralement brefs (de l’ordre d’une semaine) hors des grandes batailles qui conduisent à rester longtemps en « ligne ». Une fois la guerre de tranchée installée dans la durée, le réseau défensif s’organise en profondeur. Dans la plaine de Reims, au moment de l’offensive du Chemin des Dames, il y a souvent trois positions allemandes successives, chacune constituée de plusieurs lignes.
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