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La bataille de Verdun fut l'une des plus sanglantes batailles de la Première Guerre mondiale. Elle oppose les soldats français aux soldats allemands. Elle se déroule sur presque 10 mois, du 21 février au 18 décembre 1916. Au total, plus de 700 000 hommes périrent ou furent blessés (362 000 soldats français et 337 000 allemands) pour un gain territorial nul de part et d’autre.

Contexte Historique

En 1914, lorsque la guerre éclate, elle oppose, d’une part, la France, le Royaume-Uni et l'Empire russe regroupés au sein de la Triple-Entente et, d’autre part, l'Empire allemand, l'Empire austro-hongrois et l'Italie qui forment la Triple-Alliance. En 1915, l’Italie quitte la Triple Alliance. Elle finira par rejoindre la France et l’Angleterre. L’Allemagne se retrouve ainsi à supporter le poids principal de la guerre dans le camp des Empires centraux.

Le haut-état major allemand estime qu’une attaque sur le front Est serait risquée face aux forces tsaristes du général Broussilov. Le général von Falkenhayn, chef de l'état-major impérial, décide donc d’attaquer les Français en premier, pour les mettre hors combat et mieux affronter les britanniques par la suite sur le front occidental. Le choix de Verdun n’est pas un hasard.

Depuis la défaite de 1871, une bonne part de la Lorraine est allemande et Verdun n’est plus qu’à quelques dizaines de kilomètres de la frontière. Il leur est facile d’acheminer des hommes et du matériel de guerre contrairement au côté français qui n’est relié à Verdun que par une voie de chemin de fer mal entretenue. Par ailleurs Verdun se trouve au fond d’une vallée entourée de collines dont certaines sont déjà aux mains des Allemands, des positions idéales pour l’artillerie allemande.

Le Déclenchement de la Bataille

Le 21 février 1916, à 4 h du matin, un premier obus de 380 mm explose dans la cour du palais épiscopal de Verdun. Ce n'est qu'un tir de réglage, la bataille de Verdun ne commence véritablement qu’à 7h15 avec le lancement d’un premier obus de 420 mm. Pendant presque dix heures, 1225 pièces d'artillerie de tous calibres vont pilonner les positions françaises. Au total, ce seront 80.000 obus qui seront tirés et feront des dégâts considérables.

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À 16 h 45, l'ordre est donné à l’infanterie allemande de passer à l'attaque. Les allemands pensent trouver une armée française exsangue et totalement désorganisée. Ils vont devoir progresser dans un champ de bataille qu’ils ont eux-mêmes dévasté avec un sol qui n’est déjà plus qu’un bourbier avec de profonds cratères d’obus remplis d’eau. De plus, les survivants français sont toujours là et opposent une résistance acharnée. Même quand leurs officiers ont été tués, les soldats français continuent de se battre.

L’artillerie allemande reprend son pilonnage. Les massifs forestiers disparaissent, remplacés par un décor lunaire. Deux millions d’obus - un obus lourd toutes les trois secondes - tombent sur les positions françaises en deux jours. Les Allemands n’iront pas plus loin car le terrain est devenu totalement impraticable et la résistance inattendue des français semble insurmontable. L’offensive allemande est finalement un échec.

La Stratégie de Pétain

Le 26 février, le général Pétain qui vient d’être est nommé commandant du secteur de Verdun. installe son Quartier général dans la mairie de Souilly tout près du champ de bataille. Parallèlement Pétain modifie la dynamique du front pour une bataille qui s’annonce logue. Il organise la rotation rapide des troupes. Les soldats ne passent ainsi que quelques jours en première ligne, avant de repasser en seconde ligne puis à l’arrière pour reprendre des forces, avant de remonter au front ou d’être envoyés combattre ailleurs dans des endroits moins exposés.

Il n'en est pas de même du côté allemand où les soldats restent en première ligne, les renforts ne venant que remplacer les morts et les blessés. Cette rotation va ancrer Verdun dans la mémoire collective des français car les trois quarts des soldats français vont à un moment ou à un autre passer par Verdun. Du côté français, le moral remonte et le prestige de Pétain est immense car il ménage ses hommes. A l’inverse, le moral des soldats allemands décline au fur et à mesure que la bataille s’éternise et que les survivants doivent se terrer dans les tranchées ou se réfugier dans les trous d'obus.

Les Combats Acharnés et l'Épuisement

En juin, les Allemands tentent malgré tout quelques sorties et parviennent à prendre le fort de Vaux. Ils lancent aussi des attaques meurtrières à Verdun en utilisant des armes chimiques (obus au phosgène). Les Français résistent toujours. Ce même mois de juin, le général russe Broussilov lance une offensive à l’Est qui oblige les Allemands à dégarnir un peu le front Ouest pour envoyer du renfort à l’Est. La même chose se reproduit en juillet quand les Britanniques lancent leur offensive sur la Somme.

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L’ouverture de ces nouveaux fronts modifie le rapport de force dans la bataille de Verdun. Les Français reprennent le fort de Douaumont le 24 octobre, puis le fort de Vaux le 3 novembre. Les Allemands doivent encore reculer. Les Français, avec un dernier assaut, du 15 au 18 décembre, récupèrent le terrain perdu depuis février. C’est la fin de la grande bataille de Verdun.

Bilan et Conséquences

Elle a fait plus de 300.000 morts et plus de 400.000 blessés ou invalides à vie pour un gain territorial nul de part et d’autre. Un retour au « statu quo ante » qui ne peut qu’illustrer l’absurdité de la guerre. La bataille de Verdun, véritable lutte d'épuisement, se déclenche le 21 février 1916, avec l'attaque allemande, et reste particulièrement intense pendant près de quatre mois.

Les Allemands cherchent à s'emparer des forts et des positions stratégiques situés au nord de la Meuse. De février à mai 1916, le général Philippe Pétain réussit à contenir l'avancée de la Ve armée allemande commandée par le Kronprinz, avec vingt-quatre divisions françaises ravitaillées par la Voie sacrée. Son successeur, le général Nivelle, finit par repousser les troupes du Reich, alors moins nombreuses, d'octobre à décembre 1916. Toutefois, les combats se poursuivront encore en 1917.

La lutte engagée est faite de gigantesques duels d'artillerie, d'attaques et de contre-attaques d'infanterie contre les positions adverses. Au plus fort de la bataille, on compte un canon tous les 20 mètres. Les longues préparations d'artillerie censées appuyer l'offensive de l'infanterie et rétablir une guerre de mouvement échouent : la guerre des tranchées imposée depuis 1914 par la mitrailleuse et le barbelé implique toujours des pertes effroyables chez l'assaillant pour une avancée dérisoire.

Au total, les pertes (tués, blessés et disparus) s'élèvent à 378 000 Français et 340 000 Allemands. Plusieurs millions d'obus furent tirés sur ce théâtre d'affrontement.

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Chiffres Clés de la Bataille de Verdun

  • Durée : 10 mois (21 février - 19 décembre 1916)
  • Combattants : 1,1 million de Français vs 1,2 million d'Allemands
  • Victimes : 700 000 (160 000 morts français, 140 000 morts allemands, 400 000 blessés)
  • Obus tirés : 50 millions
  • Longueur de la "Voie Sacrée" : 65 kilomètres
  • Avions : 350 (avantage allemand avec 280 appareils)
  • Villages détruits : 6

La Voie Sacrée

65 kilomètres. La longueur de la « Voie sacrée », une route qui va permettre d'alimenter en hommes, en vivres et en matériel la zone des combats. Jour et nuit, une noria de camions et de véhicules fait la navette dans les deux sens, entre Bar-le-Duc et Verdun. Surnommé « le chemin de l'enfer » par les Poilus, cet axe vital va permettre d'organiser les rotations des combattants dans les tranchées tous les 10 ou 15 jours, sur ordre de Pétain, afin de supporter les assauts. Les deux tiers de l'armée française vont ainsi combattre à Verdun.

Témoignages et Anecdotes

Un officier du 4e régiment de fusiliers de la Garde, situé sur l’aile droite du RIR 92, dans le secteur de Ailles, écrit dans son rapport que le meilleur résumé de la bataille lui a été donné ce jour-là par un prisonnier français : « A Verdun nous avons eu la bataille de l’artillerie, ici dans l’Aisne c’est la bataille des mitrailleuses ».

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