Cet article fait suite à des interrogations soulevées concernant la législation sur les armes en France, notamment en ce qui concerne les collectionneurs et les passionnés d'armes anciennes.
La mitrailleuse lourde, une arme emblématique du XXe siècle, a connu une évolution remarquable depuis sa conception initiale. Conçue à l'origine pour des rôles spécifiques, elle a su s'adapter aux exigences changeantes des conflits modernes, tout en conservant une efficacité redoutable et une polyvalence inégalée.
La première mitrailleuse moderne est attribuée à Sir Hiram Maxim, un inventeur britannique d'origine américaine. Son invention, rendue possible par la poudre sans fumée de Paul Vieille, a révolutionné l'armement. Avant cette poudre, les résidus de combustion perturbaient le fonctionnement des mitrailleuses à poudre noire.
Plusieurs pays ont fabriqué la mitrailleuse Maxim sous licence, notamment :
Ces mitrailleuses partageaient des caractéristiques communes : alimentation par bande de toile par la droite, refroidissement à eau et système extérieur de régulation de cadence. Elles ont été largement utilisées pendant la Première Guerre mondiale, et les versions russe et anglaise sont restées en service pendant la Seconde Guerre mondiale.
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La Browning M2 est un parfait exemple de cette évolution.
En 1917, le General Pershing demanda le développement d'une mitrailleuse de gros calibre pour contrer les véhicules blindés. Cela conduisit à la création de la munition .50 BMG (Browning Machine Gun) ou 12,7x99mm. John Browning conçut alors une nouvelle mitrailleuse basée sur le mécanisme de sa M1917, adaptée pour la cartouche de 30-06.
La première mitrailleuse en calibre .50 fut testée en octobre 1918, avec des résultats mitigés. Les développements se poursuivirent, menant à la mitrailleuse Browning Modèle 1921, similaire à la M2 mais avec un refroidissement liquide (pour la version terrestre) et un modèle refroidi par air pour l'aviation.
L'armée identifia des défauts, notamment l'impossibilité de changer le sens d'alimentation et le manque d'interchangeabilité des boitiers de culasse entre les versions refroidies par air et par eau.
Après le décès de John Browning en 1926, le Docteur S.H. Green reprit le développement et résolut la majorité des problèmes. Le boitier de culasse fut redessiné pour être universel, facilitant la configuration, la production et la logistique. Le mécanisme fut modifié pour permettre le changement de sens d'alimentation, une demande de la Navy pour les mitrailleuses jumelées sur les navires.
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L'Air Force adopta également la M2 pour la protection des avions, en tourelles ou intégrée aux ailes. En France, la Marine nationale commanda des M2 dès 1932, adaptées pour la cartouche de 13,2 mm Hotchkiss. La Seconde Guerre mondiale entraîna une forte demande, avec une production assurée par une quinzaine d'entreprises.
La M2 est une arme refroidie par air, alimentée par bande de cartouches, tirant culasse fermée sur le principe du court recul. Le fonctionnement est le suivant :
La cadence de tir théorique varie entre 450 et 550 coups par minute (600 à 1200 pour la version aérienne). La portée pratique est de 1,8 km sur trépied M3, avec une portée maximale de 7,4 km. L'arme pèse 38 kg, plus 17 kg pour une bande de 105 coups et 20 kg pour le trépied M3, soit un total de 72,62 kg en ordre de bataille.
L'alimentation par bande peut se faire par la droite ou la gauche en changeant des pièces du mécanisme. Un adaptateur spécifique est nécessaire pour le tir à blanc.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la M2 offrit un avantage significatif aux alliés en raison de sa puissance capable de percer les blindages légers allemands.
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Bien que devenue obsolète dans son rôle anti-aérien après la guerre, la M2 continua d'être utilisée sur véhicules et affûts en raison de sa fiabilité et de la polyvalence de sa munition.
Face aux opérations extérieures, comme Chammal au Levant et Barkhane au Sahel, les forces armées françaises ont adapté leurs équipements. Le Ministère de la Défense et la Direction Générale de l'Armement (DGA) ont collaboré pour répondre aux besoins des militaires sur le terrain.
La DGA-EV, en coopération avec Airbus Helicopters, a validé l'emport de la mitrailleuse lourde 12,7mm M3M/GAU-21 de l'entreprise belge FN Herstal sur les H225M Caracal.
La M3M/GAU-21 offre une capacité offensive accrue aux Caracal, en complément des MAG58. Les MAG58 (7,62 × 51 mm) sont efficaces pour la protection de l'appareil et des commandos contre les véhicules légers, mais insuffisantes contre les blindés ou les abris renforcés.
La M3M/GAU-21 est une 12.7x99mm au standard OTAN, pesant 37,1kg. Ses munitions incluent des cartouches traçantes, explosives, incendiaires ou perforantes. Sa portée maximale est de 6 500m, avec une portée efficace de 2 500m, et sa cadence de tir varie entre 950 et 1 100 coups par minute.
Sur les Caracal français, la M3M/GAU-21 est installée des deux côtés de l'hélicoptère sur les portes de montée et de descente, condamnant l'une de ces sorties. Les douilles sont récupérées dans un étui, un levier de sécurité évite les tirs accidentels, et les mouvements sont limités par une configuration choisie par l'utilisateur. Le canon s'abaisse de 30° vers le sol, s'élève de 5°, et pivote de gauche à droite sur 180°.
Après des essais avec divers canons de 20mm, la Pologne a choisi l'invention de Bolesław Jure. Produite à partir de 1938, cette mitrailleuse utilisait le court recul du canon pour réarmer la culasse, avec un canon facilement remplaçable. Elle était alimentée par un chargeur droit ou un tambour, et sa munition pouvait perforer 25mm d'acier à 300 mètres et 20mm à 500 mètres.
Un internaute a partagé plusieurs exemples illustrant la complexité de la législation française en matière d'armes :
Ces exemples montrent comment un citoyen respectueux des lois peut se retrouver involontairement à la limite de la légalité. L'internaute exprime le sentiment que la législation, bien qu'ayant pour objectif d'être modernisée et simplifiée, est devenue un "monstre ingérable" en raison d'interprétations strictes.
Dans le cadre d'une reconstitution historique avec des armes de guerre neutralisées (donc de catégorie C), la carte du collectionneur n'est pas obligatoire pour la participation à des reconstitutions historiques (art. R.315-3 modifié par décret n° 2018-542 du 29 juin 2018 - Art.).
Après avoir été modifiée au niveau de nombreux articles qui classaient les matériels militaires et armes anciennes en catégorie C, ils on été classés dans la catégorie D - détention Libre.
Pour les véhicules avec support d'armes, la même chose, plus l'autorisation préfectorale de détention d'armes de 2 éme catégorie.
| Catégorie | Description | Exemples |
|---|---|---|
| A | Armes interdites | Armes de guerre automatiques, éléments d'armes de catégorie A |
| B | Armes soumises à autorisation | Armes de poing, armes semi-automatiques avec chargeur > 3 coups |
| C | Armes soumises à déclaration | Carabines à réarmement manuel, armes à air comprimé > 20 joules |
| D | Armes en vente libre | Armes anciennes, certaines armes à air comprimé |
Il est essentiel de se tenir informé des évolutions législatives et réglementaires concernant les armes, afin de rester en conformité avec la loi.
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