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Quand le temps s’écoule sans perspectives derrière les barreaux d’une cellule, savoir cuisiner devient une technique de survie, un moyen de garder des liens avec “les gens du dehors”, comme disent les détenus en parlant de ceux qui sont en liberté.

Recettes d’évasion, l’art de cuisiner derrière les barreaux, publié par les éditions Cucina & Vini, est né des expériences culinaires de vingt-trois pensionnaires de la prison de Rebibbia, dans le nord-ouest de Rome.

Les prisonniers y racontent comment on se débrouille, par exemple, pour préparer le tiramisù sans farine, ingrédient qu’il leur est strictement interdit de se procurer car il pourrait facilement être mélangé à d’autres poudres blanches, autrement plus dangereuses.

Luciano O. a appris la recette quand il était incarcéré à Poggio Reale. “J’ai pris un litre d’eau, un demi-sac de pâtes que j’ai mises à tremper toute la nuit ; le lendemain matin, je les ai égouttées, j’ai pris un récipient sur lequel j’ai posé la passoire et j’ai écrasé les pâtes en me servant de la cafetière.

Les pâtes ainsi ramollies ont donné une purée crémeuse.” Avec de la farine, le gâteau aurait peut-être été meilleur, mais, quand on est “dedans”, les choses les plus simples deviennent très compliquées et les règlements ne simplifient pas les choses.

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“Mieux vaut ne pas chercher à comprendre pourquoi dans telle prison on ne peut pas faire entrer des œufs crus et dans telle autre de la viande cuite ; dans telle autre encore, la mozzarella est admise, mais pas la tome de brebis ; et l’huile est considérée comme une véritable menace”, explique Daniela de Robert, la responsable de l’association Vic Caritas, qui a collaboré au projet.

Les auteurs de ce livre de recettes insolites sont des gens de tous âges, de 20 à 60 ans et plus, dont les séjours en prison vont de quelques années à plus de quinze ans, explique Daniela Basti, psychologue et éducatrice, qui donne à Rebibbia des cours de formation intégrée.

Le comique bolognais Vito, alias Stefano Bicocchi, connu pour sa passion de la cuisine, a écrit la préface et compte tirer de ce livre un spectacle théâtral. Et, pour qui voudrait aller plus loin, il existe aussi un CD audio avec des recettes, des récits, des interviews : il s’appelle Avanzi di Galera [gibier de potence] et a été réalisé non pas à Rebibbia, mais à la prison San Vittore, à Milan.

En parallèle, la cuisine bretonne offre également une source riche d'inspiration. Si beaucoup mettent en pratique des recettes sympathiques trouvées dans les livres, il y a aussi de vraies inventions : ainsi Klervi de Brest nous propose son Krok-Tilly : avaloù, kanel, sukr, amann, maskarpon, krampouezh-dantel ha dienn liñvek ( Pommes, canelle, sucre, beurre, mascarpone, crèpes dantelle et crême liquide).

Sur son blog Klet er Gêr, klet e kêr (Tranquille à la maison, à l’aise en ville), Geekezig résume bien la démarche de beaucoup de consommateurs d’aujourd’hui : Re zruz eo va avu. Abaoe e klaskan diwall neuze ha deskiñ diwar-benn ar produoù izel o feur glisemiezh.

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Penaos ober evit fardañ gwastilli lipous hep gwashaat stad ma avu, dreist-holl evit predoù familh ? (Mon foie est trop gras. Depuis j’essaye d’apprendre quels sont les produits peu glycémiques. C’est ainsi que le site propose une tarte au chocolat (tartezenn chikolad), ou encore une saladenn giz Thaï gant kig Bevin (Salade Thaï à la viande de beuf).

Des recettes qui viennent de partout dans le monde avec les commentaires de la cuisinière : Kavet ‘m eus ur c’hola gant blaz sivi, kavet em eus-se fentus met blaz louzoù a zo kentoc’h ha c’hwezh drol ouzhpenn… Ec’h!! (J’ai trouvé un coca avec un goût de fraise. J’ai trouvé ça drôle mais ça a le goût d’un médicament avec une drole d’odeur.

L’hebdomadaire Ya (Oui) publie regulièrement les rekipeoù (recettes) de Thimothée Messager. J’ai craqué pour les ruilhennoù krampouezh ed-du (rouleaux de crèpes de blé noir).

France 3 Bretagne a également produit une série Sekred kegin (secret de cuisine).

L'institut Cooremans (Bruxelles) explore également les saveurs à travers un cocktail dînatoire, composé de plats typiques dont les recettes ont été empruntées aux destinations exotiques des albums de Tintin.

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En point d'orgue, Alain Préaux se livre au décryptage de la légende d'Ottokar, un événement qui colle parfaitement à la thématique de l'utilisation extraordinaire de la linguistique par Hergé.

tags: #gibier #du #potence #recette

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