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Tout en passant en revue les objets réalisés (ou parfois supposément réalisés) en peau, fourrure ou cuir, nous mettrons en avant les qualités de tels matériaux dont les Anciens ont su tirer parti.

Il n’est évidemment pas toujours possible, en raison de la polysémie des termes et du caractère allusif des textes, de savoir quel degré de traitement ils ont fait subir à la peau fraîche, mais il est fort probable que, de par leur connaissance empirique et lorsque c’était possible, ils devaient choisir le matériau le mieux adapté, bien que des critères autres que techniques, comme le coût de la peau en fonction des traitements qu’elle a subis, aient pu entrer en compte.

Par ailleurs, notre classement est essentiellement thématique plutôt que typologique ou fonctionnel.

Ainsi, par exemple, nous examinerons l’outre non sous une seule rubrique regroupant tous ses usages, mais dans chacun des domaines où elle est utilisée : l’armement (dans des machines) ; l’artisanat (en tant que soufflet) ; la médecine (comme coussin ou instrument pour les lavements) ; le stockage et le transport de liquides (outre « en tant que telle »), etc.

L'armement

Le cuir est un matériau très utilisé (souvent en association avec d’autres matériaux) pour la confection d’armes défensives, ainsi qu’en témoigne cet emploi métonymique chez Homère, dans une comparaison des bruits du combat avec le fracas des bûcherons : « de la large terre monte un grand bruit de bronze, de cuir, de peaux de bœuf travaillées, que heurtent des épées et des lances à deux pointes », ἀπὸ χθονὸς εὐρυοδείης | χαλκοῦ τε ῥινοῦ τε βοῶ ν τ᾽ εὐποιητάων, | νυσσομένων ξίφεσίν τε καὶ ἔγχεσιν ἀμφιγύοισιν (Il. 16, 635-637).

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Ces armes n’ont d’ailleurs, la plupart du temps, pas été retrouvées en fouille dans la mesure où elles étaient parfois confectionnées intégralement en matériaux périssables.

Les auteurs de récits de guerre ou d’ouvrages sur l’art de la guerre insistent également sur la nécessité d’avoir toujours à portée de main des matériaux comme l’osier, des peaux, des tentures en tissu qui seront fort utiles à la confection d’armes défensives (boucliers, écrans de protection…) mais sûrement aussi au bon fonctionnement des chars et machines.

Ce sont bien les paroles que Xénophon prête à Cyrus dans son discours à ses troupes, tandis qu’il prépare sa campagne imminente ; ses hommes se doivent d’emmener les objets et artisans nécessaires aux réparations à venir : « n’oubliez pas non plus les courroies ; car pour les hommes comme pour les chevaux, une infinité de choses en dépendent ; qu’elles s’usent et cassent, c’est l’inaction forcée, sauf si l’on en a de rechange », ἔχειν δὲ χρὴ καὶ ἱμάντας· τὰ γὰρ πλεῖστα καὶ ἀνθρώποις καὶ ἵπποις ἱμᾶσιν ἤρτηται· ὧν κατατριβομένων καὶ ῥηγνυμένων ἀνάγκη ἀργεῖν, ἢν μή τις ἔχῃ περίζυγα (XEN. Cyr. VI, 2, 32) ; « J’emmènerai encore, avec leurs outils, les forgerons, les charpentiers, les cordonniers en âge de servir, pour subvenir à tout besoin qu’on aura dans l’armée de ces corps de métier ; détachés de leur unité combattante, ils seront, avec une solde, à leur poste, au service de tous », Ἄξω δὲ καὶ τοὺς ἐν τῇ στρατιωτικῇ ἡλικίᾳ σὺν τοῖς ὀργάνοις χαλκέας τε καὶ τέκτονας καὶ σκυτοτόμους, ὅπως ἄν τι δέῃ καὶ τοιούτων τεχνῶν ἐν τῇ στρατιᾷ μηδὲν ἐλλείπηται. Οὗτοι δὲ ὁπλοφόρου μὲν τάξεως ἀπολελύσονται, ἃ δὲ ἐπίστανται, τῷ βουλομένῳ μισθοῦ ὑπηρετοῦ ντες ἐν τῷ τεταγμένῳ ἔσονται (XEN. Cyr. VI, 2, 37).

Par ailleurs, en prévision d’un siège, il est recommandé de garder auprès de soi des animaux dont le lait et la chair seront une source de nourriture, et parce qu’« en outre, leurs peaux sont utiles pour les ouvrages de charpente, les béliers et les engins analogues », ἔτι δὲ τὰ δέρματα αὐτῶν πρὸς τὰ μηχανήματα καὶ τοὺς κριοὺς καὶ ὅσα ἐστὶ τοιαῦτα χρήσιμα γίνεται (PHIL. BYZ. Synt. Méc. V, D64 (= 101, 25-27)).

Boucliers

Une des armes défensives rencontrée en grand nombre dans nos sources est le bouclier, qui revêt plusieurs formes.

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Il ne s’agit pas ici d’établir la nomenclature ni la typologie de tous les boucliers qu’ont connus les armées des Grecs ou de leurs rivaux dans l’Antiquité, mais d’examiner, à l’aune des textes qui apportent des précisions techniques plus ou moins détaillées, leur fabrication au cours de laquelle on associait la plupart du temps plusieurs matériaux, parmi lesquels la peau, sous divers états, trouve naturellement sa place.

Le premier de ces boucliers constitués de matériaux multiples est celui du héros grec Ajax, désigné par le terme sakos et maintes fois décrit dans l’épopée :[Ajax] rejette en arrière son bouclier à sept peaux. ὄπισθεν δὲ σάκος βάλεν ἑπταβόειον (Il. 11, 545).Ajax alors s’approche [d’Hector], portant son bouclier pareil à une tour, son bouclier de bronze à sept peaux de bovin, que lui a procuré le labeur de Tychios, habile tailleur de cuir entre tous, dont la demeure est à Hylé. Cet écu scintillant, il l’a fait de sept peaux de taureaux bien nourris, sur lesquelles, il a, en huitième lieu, étalé une plaque de bronze.Αἴας δ’ἐγγύθεν ἦλθε φέρων σάκος ἠύτε πύργον, | χάλκεον ἑπταβόειον, ὅ οἱ Τυχίος κάμε τεύχων, | σκυτοτόμων ὄχ’ἄριστος. Ὕλῃ ἔνι οἰκία ναίων, | ὅς οἱ ἐποίησεν σάκος αἰόλον ἑπταβόειον | ταύρων ζατρεφέων, ἐπὶ δ’ὄγδοον ἤλασε χαλκόν (Il. 7, 219-223).En haut comme en bas, sur [la] nuque [d’Hector] et sur ses talons, bat le cuir noir de la bande qui court à l’extrême bord de son bouclier bombé.ἀμφὶ δέ μιν σφυρὰ τύπτε καὶ αὐχένα δέρμα κελαινόν,| ἄντυξ ἣ πυμάτη θέεν ἀσπίδος ὀμφαλοέσσης (Il. 6, 117-118).[Hector jette une pierre en direction d’Ajax.] Il en frappe le terrible écu, à sept peaux, d’Ajax, sur son centre bombé, en plein milieu ; le bronze sonne tout autour.τῷ βάλεν Αἴαντος δεινὸν σάκος ἑπταβόειον | μέσσον ἐπομφάλιον· περιήχησεν δ’ἄρα χαλκός (Il. 7, 266-267).

Il consiste, on le voit, en une alliance de peaux (sept couches tirées de bovins) et de métal (une feuille de bronze sur le dessus) reposant sur une armature de bois qui, par son épaisseur et sa bosse centrale, le rend « semblable à une tour », σάκος ἠύτε πύργον (Il. 17, 128).

C’est encore ainsi qu’on désigne une des deux formes de boucliers mycéniens, le « bouclier-tour », le second étant le bouclier « en forme de huit » qu’attestent les représentations sur les murs des palais crétois.

Ces deux types étaient réalisés de plusieurs peaux de bœuf séchées cousues ensemble et tendues, ce qui offre « une surface lisse et extrêmement résistante, sur laquelle les flèches et même les lances glissent ou rebondissent. »

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Pourtant, si le bouclier d’Ajax est des plus célèbres et le seul digne aux yeux d’Achille de remplacer ses armes pour retourner au combat, il n’est pas le seul dont Homère fasse mention et donne une description minimale, attestant les deux matériaux précédemment évoqués : ainsi, le bouclier rond de Sarpédon réunit de « multiples peaux au moyen de rivets d’or », βοείας [...] θαμειὰς | χρυσείῃς ῥάβδοισι (Il. 12, 296-297) ; ailleurs, Idoménée « se cache sous son bouclier bien rond, dont l’orbe fait de peaux de bœuf et de bronze éblouissant est étayé de deux baguettes », κρύφθη γὰρ ὑπ’ ἀσπίδι πάντοσ’ ἐίσῃ, | τὴν ἄρ’ ὅ γε ῥινοῖσι βοῶν καὶ νώροπι χαλκῷ | δινωτὴν φορέεσκε, δύω κανόνεσσ’ ἀραρυῖαν (Il. 13, 406-407) ; Hector « tient devant lui son bouclier bien rond, fait de peaux serrées, sur lesquelles a été étendue une plaque de bronze épais », πρὸ ἕθεν δ’ ἔχεν ἀσπίδα πάντοσ’ἐίσην, | ῥινοίσιν πυνικήν, πολλὸς δ’ ἐπελήλατο χαλκός (Il. 13, 803-804), qu’Achille transperce au combat, « au-dessous de la bordure extrême, où court le bronze plus mince et où le cuir de bœuf est le plus mince aussi », ἄντυγ’ ὑπὸ πρώτην, ᾗ λεπτότατος θέε χαλκός, | λεπτοτάτη δ’ἐπέην ῥινὸς βοός (Il. 20, 275-276).

Toutefois, ces armes tenant du bel ouvrage semblent l’apanage des chefs, héros sur lesquels la description s’attarde volontiers pour les mettre en valeur.

D’autres boucliers, qui ne font pas l’objet d’une description aussi détaillée, sont certainement de fait plus banals, confectionnés de cuir de bovin seul sur une armature de bois ou d’osier, sans ajout de métal : c’est ainsi que dans la mêlée, Troyens et Achéens indistinctement présentés, ou, plus loin, dans les mêmes termes, Danaens et Lyciens s’affrontent et « déchirent, autour de leurs poitrines, boucliers de cuir ronds et rondaches légères », δῄουν ἀλλήλων ἀμφὶ στήθεσσι βοείας | ἀσπίδας εὐκύκλους λαισήιά τε πτερόεντα (Il. 5, 452-453 = 12, 425-426).

De la même façon, ce sont les troupes troyennes qui sont décrites marchant comme un bloc sur les Danaens « avec leurs boucliers en cuir façonné », τυκτῇσι βόεσσι (Il. 12, 105).

Dans des descriptions plus récentes, on note que le barbare utilise des peaux fraîches pour réaliser ses boucliers.

Peut-être doit-on y déceler le préjugé ethnographique de l’auteur de la description : seul le Grec, dans la vision d’Hérodote, peut s’équiper d’armes en cuir ; les barbares Pisidiens, Colchidiens et Ciliciens portent, eux, des boucliers en « peau de bœuf crue », ὠμοβόϊνος ou ὠμοβόε(ι)ος :Les Pisidiens [...] portaient de petits boucliers en cuir de bœuf cru.[Πισίδαι...] ἀσπίδας δὲ ὠμοβόϊνας εἶχον σμικράς (HDT VII, 76).Les Colchidiens [...] de petits boucliers en cuir de bœuf cru.Κόλχοι [...] ἀσπιδὰς δὲ ὠμοβόϊνας σμικράς (HDT VII, 79).Les Ciliciens [...] portaient en guise de boucliers, de légères targes faites de cuir de bœuf cru.Κίλικες [...] λαισήιά τε εἶχον ἀντ’ἀσπίδων ὠμοβοέης πεποιημένα (HDT VII, 91).

Mais, au-delà du simple préjugé, il demeure légitime de se demander si l’habitude décrite relève de la réalité, dans la mesure où fabriquer du cuir demande une organisation technique et économique complexe, plutôt associée à des civilisations urbaines.

Xénophon confirme d’ailleurs le propos du précédent auteur à une ou peut-être deux reprises : les barbares rencontrés au cours de l’expédition des Dix Mille semblent ne pas tanner les peaux dont ils se servent pour fabriquer leurs armes ; elles comportent encore de ce fait leurs poils (γέρρα δασεῖα).

Ainsi, sur le mont Théchès, à proximité du Pont-Euxin, Xénophon et ceux de l’arrièregarde « prirent » aux gens du pays « une vingtaine [d’exemplaires] couverts de peau de bœuf non tannée qui avait encore son poil », γέρρα ἔλαβον δασειῶν βοῶν ὠμοβόεια ἀμφὶ τὰ εἴκοσιν (XEN. An. IV, 7, 22) ; ailleurs, les Mossynèques sont décrits avec leurs « boucliers d’osier recouverts de peaux de bœuf blanc ayant encore leurs poils, en forme de lierre », γέρρα... λευκῶν βοῶν δασέα, εἰκασμένα κιττοῦ πετάλῳ (XEN. An. V, 4, 12).

Dans ces deux derniers exemples, la matière avec laquelle est réalisé le plateau ne fait pas de doute : il s’agit d’osier.

Or, les boucliers constitués d’une carcasse d’osier ou de rameaux entrelacés devaient présenter, pour certaines espèces d’arbres du moins, un double avantage : par rapport à un bouclier à plateau de bronze, l’arme s’en trouvait allégée ; la carcasse de branches tressées pouvait en outre se refermer après avoir été frappée par un trait. Théophraste l’affirme :« Les plus froids sont les bois venus dans l’eau et aqueux. En outre, ceux du saule et de la vigne sont élastiques ; aussi s’en sert-on pour confectionner les boucliers : les entailles qu’ils reçoivent se referment. Le plus léger est celui du saule, de texture plus lâche, et pour cette raison c’est le plus utilisé », ψυχρότατα δὲ τὰ ἔνυδρα καὶ ὐδατώδη. Καὶ γλίσχρα δὲ τὰ ἰτέινα καὶ ἀμπέλινα· διὸ καὶ τὰς ἀσπίδας ἐκ τούτων ποιοῦσι· συμμύει γὰρ πληγέντα. Κουφότερον δὲ τὸ τῆς ἰτέας - μανότερον γάρ - διὸ καὶ τούτῳ μᾶλλον χρῶνται (THEOPH. Pl. V, 3, 4). Pline note, de son côté, que « les bois des arbres aquatiques sont les plus froids, mais les plus flexibles et, pour cette raison, les plus propres à la fabrication des boucliers : la déchirure se referme aussitôt, referme sa blessure et s’oppose donc davantage au passage du fer. On range dans cette catégorie le figuier, le gattilier, le saule, le tilleul, le bouleau, le sureau et les deux espèces de peupliers », frigidissima quaecumque aquatica, lentissima autem et ideo scutis faciendis aptissima quorum plaga contrahit se protinus cluditque suum uulnus et ob id contumacius tramittit ferrum, in quo sunt genere uitis, uitex, salix, tilia, betulla, sabucus, populus utraque (PLIN. XVI, 209).

Crue, travaillée sommairement ou tannée, la peau choisie est toujours pour ce genre d’instrument celle, plus épaisse et donnant un cuir plus solide, d’un bovin (bœuf, taureau) - d’où la fréquence élevée des termes formés sur le nom du bœuf - ou, pour des contrées plus exotiques, celle, certainement brute, d’un éléphant.

Dans le registre parodique de la geste de Dionysos parti en guerre en Inde, les soldatesques Ménades sont armées de lances non ferrées en bois de lierre « et de sortes de petits boucliers légers et sonores, pour peu qu’on les touche », καί τινα πελτάρια κοῦφα, βομβοῦντα, εἴ τις μόνον προσάψαιτο (LUC. Dion. 1) : les boucliers, parce qu’ils sont ronds et couverts de peaux tendues, sont semblables aux tambourins.

Énarmes, baudriers, courroies de boucliers

Les boucliers sont habituellement suspendus à l’épaule par une courroie, une bretelle ou « baudrier » de cuir appelée telamôn ou aortêr, afin de laisser le guerrier libre de ses mouvements en cas d’attaque ou de fuite, le protégeant sur les côtés ou dans le dos.

Hérodote attribue aux Cariens l’invention de « courroies intérieures » (sans précision du matériau) permettant au guerrier, qui y passe le bras jusqu’au coude, de saisir son bouclier et de mieux le manœuvrer : « Ce sont eux [les Cariens] qui les premiers adaptèrent aux boucliers des courroies intérieures ; auparavant, tous ceux qui avaient coutume de se servir de boucliers les portaient sans courroies et les manœuvraient au moyen de baudriers de cuir passant autour du cou et de l’épaule gauche », ὄχανα ἀσπίσι οὗτοι εἰσι οἱ ποιησάμενοι πρῶτοι· τέως δὲ ἄνευ ὀχάνων ἐφόρεον τὰς ἀσπίδας πάντες οἵ περ ἐώθεσαν ἀσπίσι χρᾶσθαι, τελαμῶσι σκυτίνοισι οἰηκίζοντες, περὶ τοῖσι αὐχέσι τε καὶ τοῖσι ἀριστεροῖσι ὤμοισι περικείμενοι (HDT I, 171).

Tandis que l’avant-bras passe dans le brassard (porpax), généralement de métal et fixé diagonalement, la main saisit la poignée (antilabè/ochanon) de cuir, même si la nécessité peut conduire à utiliser tout autre matériau, comme le bois ou l’osier, ainsi qu’en témoigne Énée : « des hommes, qui avaient besoin de boucliers [et qui n’avaient pu s’en faire faire ni en importer par aucun autre moyen,] firent venir une quantité d’osier et en même temps des vanniers. [Et pendant le jour, ceux-ci] tressaient [des couffins, mais en plus,] la nuit, des armes défensives, casques et boucliers, auxquels ils mettaient des énarmes de cuir ou de bois », δεόμενοί τινες ἀσπίδων [...] πλῆθος οἰσυῶν καὶ ἐργάτας ἅμα τούτων εἰσηγάγοντο. [...] ἐν δὲ ταῖς νυξὶν ὅπλα, περικεφαλαίας καὶ ἀσπίδας, ἔπλεκον, αἷς ὄχανα περιετίθεσαν σκύτινα καὶ ξύλινα (EN. Pol. XXIX, 11-12).

Autres protections au combat

Pour se protéger davantage, Hector et Énée ont au combat ...

Le cuir : une utilisation qui remonte à la Préhistoire

Neandertal travaillait déjà le cuir avec des outils en os de cervidé ! Mais cette matière se conservant très mal, la plus vieille chaussure en peau de bovidé connue ne date que de 5 500 ans.

Mise au jour dans une grotte arménienne en 2008, elle semble destinée à un pied droit de taille 37 et elle est percée d’une vingtaine d’œillets pour laisser passer un lacet.

Quant au fameux Ötzi, découvert en 1991 à la frontière austro-italienne et mort il y a 5 300 ans, il était tout de cuir vêtu.

Pantalon, pagne, manteau, chapeau, lacets, sac et carquois provenaient de plusieurs espèces : vache, chèvre, mouton, chevreuil et même ours brun.

Les premières traces de travail du cuir

Les premières traces de travail du cuir remontent à l’homme de Neandertal, il y a environ 50 000 ans.

L’homme préhistorique devient, à cette époque carnivore, chasseur puis éleveur.

Il commence, naturellement à utiliser les peaux de bêtes pour se vêtir, construire son habitat puis se chausser.

Ce sont donc les archéologues qui ont décelé les premières traces de ce travail.

Puis, tout au long des millénaires, et au fil des civilisations, les techniques de tannage se sont améliorées, diversifiées.

Les premières productions de cuir ont pu être attestées de manière indirecte.

Certains restes osseux portent les traces d’un dépeçage certain.

La découverte de divers outils prouve ensuite que l’homme de Neandertal récupérerait les peaux d’animaux pour les travailler.

Les ustensiles utilisés à cette époque pour le tannage sont relativement rudimentaires.

Bien qu’aucun n’ait été retrouvé intact, leur utilisé ne peut être réfutée.

Lors de cette époque très éloignée, la peau était tannée en conservant le poil ou la laine et servait uniquement à l’habillement ou à l’isolation de l’habitat.

L’origine animale des peaux aurait aussi pu servir de critère de distinction entre plusieurs groupes d’individus.

Tannage à l’huile

Ce n’est qu’à l’époque du néolithique (9 000 ans avant notre ère) qu’apparaît le tannage « à l’huile ».

Cette technique consiste à remplacer l’eau et les fragiles liaisons grasses présentes à l’intérieur de la peau, par des liaisons grasses plus stables.

Nos ancêtres se servaient de pierres pour enduire la peau de la substance grasse.

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