La nature regorge de secrets fascinants, et l’un des plus captivants est l’art de détecter la présence d’animaux sauvages. Que vous soyez un passionné de nature, un chasseur expérimenté ou un simple curieux, savoir repérer les traces et indices laissés par le gibier peut transformer une simple promenade en forêt en une véritable aventure de pistage. Dans ce guide approfondi, nous explorerons les techniques les plus efficaces pour identifier et interpréter les signes de présence animale, des empreintes les plus évidentes aux indices les plus subtils.
Parler d’empreintes serait plus exact, les traces étant l’ensemble des indices de présence laissés par les animaux (empreintes, crottes, poils, urine …). L'empreinte chez les mammifères est la trace laissée par chacun des pieds. Cette trace a une forme particulière, caractéristique pour chaque animal. L'animal et la « piste » est la succession de plusieurs voies.
Selon l’Office Français de la Biodiversité (OFB), le temps de neige est caractérisé par la couverture intégrale ou presque intégrale de la terre par la neige, rendant ainsi les traces des animaux clairement visibles dans une localité donnée. Il est souligné que la présence de neige sur des points isolés d’une commune, telle qu’une colline, ne constitue pas nécessairement un temps de neige.
L’identification des empreintes est souvent la première étape pour détecter la présence de gibier. Chaque espèce laisse des traces distinctives qui, une fois comprises, peuvent révéler une multitude d’informations sur l’animal, son comportement et son environnement.
Les cervidés laissent des empreintes en forme de cœur, mais chaque espèce a ses particularités. Le cerf, le plus grand, laisse des traces profondes et bien marquées, généralement de 8 à 10 cm de long. Le chevreuil, plus petit et léger, laisse des empreintes de 4 à 5 cm, souvent plus pointues. Une astuce pour différencier ces traces est d’observer l’écartement entre les deux onglons. Chez le cerf, cet écartement est plus prononcé, surtout quand l’animal court ou saute.
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Les sangliers laissent des empreintes caractéristiques, avec quatre doigts bien visibles formant un trapèze. Les deux doigts centraux, plus grands, sont flanqués de deux doigts latéraux plus petits appelés gardes. Les marcassins, quant à eux, laissent des traces similaires mais plus petites, généralement de 3 à 5 cm.
Les lagomorphes et les rongeurs laissent des empreintes distinctives qui peuvent sembler similaires au premier abord. Le lièvre laisse des traces en forme de Y, avec ses pattes arrières plus grandes devant ses pattes avant plus petites. Pour distinguer ces traces de celles d’autres rongeurs comme les écureuils, observez la disposition des empreintes.
Les carnivores comme le renard et le blaireau laissent des empreintes qui peuvent être confondues avec celles de chiens domestiques. Cependant, il existe des différences subtiles. Les empreintes de renard sont plus allongées et ovales, avec des coussinets bien définis et des griffes visibles. Une astuce pour identifier les traces de carnivores est d’observer la ligne imaginaire reliant les deux coussinets extérieurs.
Au-delà des empreintes, la végétation environnante peut fournir de précieux indices sur la présence et le comportement du gibier.
Les cervidés, en particulier les cerfs et les chevreuils mâles, laissent des marques caractéristiques sur les arbres. Pour identifier un frottis, cherchez des arbres jeunes ou de taille moyenne avec des marques d’écorce arrachée à une hauteur correspondant à celle des bois de l’animal. Les frottis de cerf sont généralement plus hauts et plus larges que ceux des chevreuils. L’abroutissement, ou le broutage des jeunes pousses et feuilles par les herbivores, est un autre signe révélateur de la présence de gibier. Observez la hauteur des abroutissements pour déterminer l’espèce : les chevreuils broutent généralement jusqu’à 1,20 m de hauteur, tandis que les cerfs peuvent atteindre jusqu’à 1,80 m.
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Les sangliers laissent des indices caractéristiques sous forme de bauges et de souilles. Les bauges sont des zones de repos creusées dans la végétation, souvent tapissées de feuilles et de branchages. Pour repérer une bauge, cherchez des zones abritées avec de la végétation écrasée en forme de nid. Les souilles sont plus faciles à identifier : ce sont des zones boueuses avec des traces de piétinement et souvent des poils collés à la boue environnante.
En plus des empreintes, il faut donc être attentif à tous les indices laissés par la faune dans la nature : plumes et poils, bris de végétation, marques de griffes sur les arbres, terriers, abris creusés dans la neige (comme celui du lagopède ou du grand tétras), restes de repas, etc.
Le pistage en terrain difficile requiert une combinaison de compétences d’observation aiguisées et de connaissances approfondies du comportement animal. Une technique avancée consiste à chercher des corridors de déplacement. Les animaux, comme les humains, ont tendance à emprunter les chemins de moindre résistance.
Les conditions environnementales jouent un rôle crucial dans l’interprétation des traces de gibier. Chaque saison apporte son lot de défis et d’opportunités pour le pisteur averti. En hiver, la neige fraîche offre un excellent médium pour observer des empreintes claires, mais attention aux effets de fonte qui peuvent déformer les traces. La pluie récente peut être à la fois un allié et un obstacle. Elle peut effacer des traces anciennes, mais aussi créer des conditions idéales pour de nouvelles empreintes dans la boue.
L’avènement de la technologie a révolutionné la façon dont nous pouvons observer et étudier la faune sauvage. Les pièges photographiques, ou caméras de chasse, sont devenus des outils incontournables pour l’observation non invasive de la faune. Ces appareils, déclenchés par le mouvement, peuvent capturer des images ou des vidéos d’animaux sans perturber leur comportement naturel. De nombreuses applications mobiles ont été développées pour aider à l’identification des traces animales. Ces outils utilisent souvent l’intelligence artificielle pour comparer les photos que vous prenez avec une base de données d’empreintes connues.
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L’observation et le suivi du gibier en France sont soumis à une réglementation stricte visant à protéger la faune sauvage et son habitat. L’utilisation de technologies comme les pièges photographiques et les drones est encadrée par la loi. Certaines périodes de l’année sont particulièrement sensibles pour la faune sauvage, notamment pendant la reproduction et l’élevage des jeunes. Au-delà des aspects légaux, l’observation du gibier soulève des questions éthiques importantes. Rappelez-vous que l’objectif principal de l’observation du gibier est d’apprendre et de comprendre, pas d’interférer.
L’hiver, les animaux s’adaptent au froid de plusieurs manières : certains migrent, d’autres hibernent, tandis que les autres restent sur place. Ils se débrouillent comme ils le peuvent, continuant à se déplacer pour se nourrir et se mettre à l’abri. La neige permet de les pister et de comprendre un peu mieux comment ils vivent. À la manière d’un détective, observateur et logique, on peut alors reconstituer des histoires qui se sont passées alors qu’on n’était pas là.
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