La nature regorge de secrets fascinants, et l'un des plus captivants est l'art de détecter la présence d'animaux sauvages. Que vous soyez un passionné de nature, un chasseur expérimenté ou un simple curieux, savoir repérer les traces et indices laissés par le gibier peut transformer une simple promenade en forêt en une véritable aventure de pistage.
Dans ce guide approfondi, nous explorerons les techniques les plus efficaces pour identifier et interpréter les signes de présence animale, des empreintes les plus évidentes aux indices les plus subtils.
Il ne s'agirait pas de confondre « trace » et « empreinte ». Parler d’empreintes serait plus exact, les traces étant l’ensemble des indices de présence laissés par les animaux (empreintes, crottes, poils, urine …).
L’auteur explique : L’empreinte, c’est la marque de la patte de l’animal imprimée dans le sol. Le naturaliste enchaîne : Il est fascinant de constater qu’en croisant traces et empreintes, on peut littéralement reconstituer des épisodes de la vie des animaux qui nous entourent.
Idée bonus de notre naturaliste : « Vous pouvez aussi jouer au pisteur dans votre jardin. A fortiori si vous avez repéré une coulée. Il suffit, avant d’aller vous coucher, de préparer le terrain : nettoyez le passage, ratissez le sol et arrosez. Pour « piéger » une empreinte, rien ne vaut une terre meuble et humide.
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Bonus : dans son guide, Bernard Loyer donne même la recette pour mouler les empreintes.
L’identification des empreintes est souvent la première étape pour détecter la présence de gibier. Chaque espèce laisse des traces distinctives qui, une fois comprises, peuvent révéler une multitude d’informations sur l’animal, son comportement et son environnement.
Les cervidés laissent des empreintes en forme de cœur, mais chaque espèce a ses particularités. Le cerf, le plus grand, laisse des traces profondes et bien marquées, généralement de 8 à 10 cm de long. Le chevreuil, plus petit et léger, laisse des empreintes de 4 à 5 cm, souvent plus pointues.
Une astuce pour différencier ces traces est d’observer l’écartement entre les deux onglons. Chez le cerf, cet écartement est plus prononcé, surtout quand l’animal court ou saute. Il abonde dans la plupart des massifs forestiers français. Il a 4 doigts dont 2 portent des sabots qui pointent vers l’avant et impriment une forme de cœur sur le sol. Les petits ergots à l’arrière, plus hauts sur la patte, ne se voient que dans une neige suffisamment profonde.
Les sangliers laissent des empreintes caractéristiques, avec quatre doigts bien visibles formant un trapèze. Les deux doigts centraux, plus grands, sont flanqués de deux doigts latéraux plus petits appelés gardes. Les marcassins, quant à eux, laissent des traces similaires mais plus petites, généralement de 3 à 5 cm.
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Les lagomorphes et les rongeurs laissent des empreintes distinctives qui peuvent sembler similaires au premier abord. Le lièvre laisse des traces en forme de Y, avec ses pattes arrières plus grandes devant ses pattes avant plus petites.
Pour distinguer ces traces de celles d’autres rongeurs comme les écureuils, observez la disposition des empreintes. chez le lapin et le lièvre, les pattes sont posées différemment. presque ensemble sur le sol, comme chez l'écureuil.
Comment distinguer l’empreinte d’un lapin de celle d’un lièvre ?
Les carnivores comme le renard et le blaireau laissent des empreintes qui peuvent être confondues avec celles de chiens domestiques. Cependant, il existe des différences subtiles. Les empreintes de renard sont plus allongées et ovales, avec des coussinets bien définis et des griffes visibles.
Une astuce pour identifier les traces de carnivores est d’observer la ligne imaginaire reliant les deux coussinets extérieurs. La trace du chien se distingue essentiellement de celle du renard par le resserrement des pelotes avant. Chaque patte laisse la trace d’une petite pelote avec 4 doigts et des griffes, le tout mesure 4 à 5 cm. Elle est assez proche de celle du chien, dont les doigts sont cependant plus écartés. Quand le renard marche, sa voie est très linéaire : les traces sont disposées l’une derrière l’autre.
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Au-delà des empreintes, la végétation environnante peut fournir de précieux indices sur la présence et le comportement du gibier.
Les cervidés, en particulier les cerfs et les chevreuils mâles, laissent des marques caractéristiques sur les arbres. Pour identifier un frottis, cherchez des arbres jeunes ou de taille moyenne avec des marques d’écorce arrachée à une hauteur correspondant à celle des bois de l’animal. Les frottis de cerf sont généralement plus hauts et plus larges que ceux des chevreuils.
L’abroutissement, ou le broutage des jeunes pousses et feuilles par les herbivores, est un autre signe révélateur de la présence de gibier. Observez la hauteur des abroutissements pour déterminer l’espèce : les chevreuils broutent généralement jusqu’à 1,20 m de hauteur, tandis que les cerfs peuvent atteindre jusqu’à 1,80 m.
Les sangliers laissent des indices caractéristiques sous forme de bauges et de souilles. Les bauges sont des zones de repos creusées dans la végétation, souvent tapissées de feuilles et de branchages. Pour repérer une bauge, cherchez des zones abritées avec de la végétation écrasée en forme de nid.
Les souilles sont plus faciles à identifier : ce sont des zones boueuses avec des traces de piétinement et souvent des poils collés à la boue environnante.
On peut aussi reconnaître le passage du sanglier par ses excréments, des boudins de 4 à 5 cm de diamètre formés de plusieurs éléments circulaires agglomérés. Ceux de l’écureuil ont la forme de petites boulettes d’1 cm de diamètre.
Le pistage en terrain difficile requiert une combinaison de compétences d’observation aiguisées et de connaissances approfondies du comportement animal. Une technique avancée consiste à chercher des corridors de déplacement. Les animaux, comme les humains, ont tendance à emprunter les chemins de moindre résistance.
L’observation des micro-indices devient cruciale en terrain difficile. Une autre astuce consiste à utiliser vos autres sens. L’odorat peut vous aider à détecter la présence récente d’animaux, particulièrement dans des zones où ils se reposent régulièrement.
Les conditions environnementales jouent un rôle crucial dans l’interprétation des traces de gibier. Chaque saison apporte son lot de défis et d’opportunités pour le pisteur averti.
En hiver, la neige fraîche offre un excellent médium pour observer des empreintes claires, mais attention aux effets de fonte qui peuvent déformer les traces. La pluie récente peut être à la fois un allié et un obstacle. Elle peut effacer des traces anciennes, mais aussi créer des conditions idéales pour de nouvelles empreintes dans la boue.
Les changements saisonniers affectent également le comportement du gibier.
Chilo-tips n°1 : plus la couche de neige est mince, plus l’identification sera facile. Dans une neige trop profonde, les animaux s’enfoncent et masquent leur propre trace.
Pas facile pour le chamois de se déplacer avec la neige pour chercher de la nourriture ! Il économise ses forces et privilégie les parois rocheuses où la neige est moins épaisse et où il peut trouver quelques brins d’herbe, un peu de lichen et de mousse.
Chilo-tips n°2 : le moment idéal pour tracer des animaux est une matinée ensoleillée, après une petite chute de neige nocturne. Les déambulations des animaux se font essentiellement au crépuscule, la nuit et au petit matin. Un soleil rasant viendra projeter des ombres qui mettront en valeur les traces et autres éléments utiles pour identifier l’empreinte.
L’avènement de la technologie a révolutionné la façon dont nous pouvons observer et étudier la faune sauvage. Les pièges photographiques, ou caméras de chasse, sont devenus des outils incontournables pour l’observation non invasive de la faune. Ces appareils, déclenchés par le mouvement, peuvent capturer des images ou des vidéos d’animaux sans perturber leur comportement naturel.
Les caméras thermiques, bien que plus coûteuses, offrent l’avantage de détecter les animaux même dans l’obscurité totale ou dans une végétation dense. De nombreuses applications mobiles ont été développées pour aider à l’identification des traces animales. Ces outils utilisent souvent l’intelligence artificielle pour comparer les photos que vous prenez avec une base de données d’empreintes connues.
L’utilisation de drones pour l’observation de la faune est une pratique en pleine expansion. Ces appareils permettent d’accéder à des zones difficiles d’accès et d’obtenir une vue d’ensemble de l’habitat. Cependant, l’utilisation de drones doit se faire dans le strict respect de la réglementation et de l’éthique.
L’observation et le suivi du gibier en France sont soumis à une réglementation stricte visant à protéger la faune sauvage et son habitat. L’utilisation de technologies comme les pièges photographiques et les drones est encadrée par la loi.
Certaines périodes de l’année sont particulièrement sensibles pour la faune sauvage, notamment pendant la reproduction et l’élevage des jeunes. Au-delà des aspects légaux, l’observation du gibier soulève des questions éthiques importantes.
Rappelez-vous que l’objectif principal de l’observation du gibier est d’apprendre et de comprendre, pas d’interférer. Mieux vaut en effet s’abstenir de suivre les traces dans la neige : l’hiver, les animaux sont déjà bien affaiblis par les températures et la rareté de la nourriture.
En suivant ces principes éthiques et légaux, nous pouvons profiter de l’observation du gibier tout en contribuant à la préservation de notre patrimoine naturel.
| Animal | Description de l'Empreinte | Taille Typique |
|---|---|---|
| Cerf | Forme de cœur, bien marquée | 8-10 cm |
| Chevreuil | Forme de cœur, plus petite et pointue | 4-5 cm |
| Sanglier | Quatre doigts formant un trapèze | Variable |
| Renard | Allongée et ovale, coussinets définis | 4-5 cm |
En plus des empreintes, il faut donc être attentif à tous les indices laissés par la faune dans la nature : plumes et poils, bris de végétation, marques de griffes sur les arbres, terriers, abris creusés dans la neige (comme celui du lagopède ou du grand tétras), restes de repas, etc.
Chilo-tips n°6 : une fois qu’on a repéré des empreintes, qu’est-ce qu’on fait ? Laisser parler son imaginaire pour reconstituer la scène qui a pu se passer à l’endroit où on se trouve est notre solution préférée.
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