La filière du tourelleau téléopéré petit calibre lancée par Arquus est unique en France. Depuis 2018, le groupe français ne ménage pas ses efforts pour se positionner dans un segment ultra concurrentiel, avec les premières livraisons au client français, le lancement d’une marque Hornet dédiée et la prospection à l’export.
Conçu il y a une décennie et retenu par le ministère des Armées dans le cadre d’une urgence opération, le tourelleau WASP aura permis à Arquus de disposer d’un noyau de compétences des plus précieux pour répondre aux enjeux de Scorpion. De ce besoin sont nés les tourelleaux T1, T2 et T3, ou Hornet, Hornet Lite et Hornet S dans la nomenclature Arquus.
Le premier, qualifié et en service dans l’armée de Terre, est destiné à appuyer le combattant débarqué. Il peut emporter trois types d’armement : une mitrailleuse type MAG 58 de 7,62 mm, une mitrailleuse lourde MH2B de 12,7 mm ou un lance-grenades de 40 mm.
Son « petit frère », le T2 embarque une mitrailleuse légère et s’oriente vers le VBMR léger Serval et certains véhicules spécialisés tels que le Griffon EPC, ce calibre étant suffisant pour fournir une auto-protection.
Très innovant, le T3 combine les fonctions d’observation et de visée et d’armement secondaire du Jaguar.
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Entre le bureau d’études et la production, une cinquantaine de salariés sont aujourd’hui rattachés à cette nouvelle activité. Près de deux exemplaires sont produits chaque jour à Marolles. À ce jour, plus de 200 exemplaires de T1 ont été livrés dans le cadre de Scorpion au site roannais (Loire) de Nexter, où sont assemblés les véhicules Griffon, Jaguar et Serval.
« Tous ces équipements Scorpion, c’est aussi l’opportunité pour Arquus d’aller gagner des parts de marché sur d’autres programmes en France, mais aussi et surtout à l’international ». Pour se positionner intelligemment, l’entreprise a choisi de dissocier entièrement la marque Hornet de sa gamme de véhicules. Un choix qui répond à une double ambition : vendre non seulement aux forces armées, mais aussi aux véhiculiers concurrents. Avec succès, car les discussions sont désormais bien avancée avec au moins un prospect export.
Avec la marque Hornet, Arquus place la barre bien au-dessus des premiers tourelleaux adoptés au début des années 2000 par les Américains dans le cadre du conflit afghan. Arquus est pratiquement parti de zéro pour résoudre cette équation. « C’est tout l’avantage de partir d’une feuille blanche que de ne pas être retenu par les architectures du passé », souligne Jean Boÿ.
L’industriel a notamment dû développer de nouveaux savoir-faire relevant de l’installation de l’arme dans son support, de son asservissement et de son pilotage par rapport au moteur électrique. L’industriel a ainsi joint une capacité d’auto-protection au duo armement/observation. Résultat ? Une seconde couronne de lance-pots fumigènes Galix contre-rotative placée en dessous du système d’arme, et non plus sur la caisse du véhicule.
Le Hornet S reprend cette logique d’axes multiples et l’applique cette fois au viseur PASEO de Safran. Celui-ci est intégré dans une couronne indépendante qui pourra être pilotée soit par le chef d’engin, soit par le tireur. Trois axes différents entrent dès lors en jeu : le PASEO, la mitrailleuse de 7,62 mm et le canon de 40 mm.
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Autre intérêt de ces TTO, la prise en compte des RETEX lors de leur développement. Le bloc optronique, par exemple, peut être être orienté vers le bas. Secundo, Arquus y a ajouté une fonction nettoyage. Ce bloc lavage repose sur un compresseur d’air et deux buses de projection de liquide pour éliminer le sable, la boue ou tout autre élément susceptible d’aveugler les optiques.
À gauche de l’arme, le bloc optronique commun aux TTO Hornet et Hornet Lite (T1 et T2). Une décennie après le WASP, Arquus s’est une nouvelle fois tourné vers Safran pour les blocs optroniques. Les Hornet et Hornet Lite sont dotés du même modèle, le MINEO. Il rassemble une voie thermique non-refroidie, un télémètre et trois caméras dans le visible avec des champs de vision de 40°, 10° et 3°.
Le télémètre fournit quant à lui la possibilité de marquer une cible. En l’occurrence, la mitrailleuse de 12,7 mm du Hornet. En tant qu’équipements communs Scorpion, ces systèmes sont les « yeux » du combat collaboratif.
Chaque TTO est intégré à la vétronique du véhicule, elle-même reliée aux autres composantes d’un SGTIA ou GTIA au travers du Système d’information du combat Scorpion (SICS), et participe à la manœuvre en envoyant et en recevant de l’information tactique. Le TTO d’un véhicule A sera ainsi en mesure d’engager une cible identifiée par le TTO d’un véhicule B.
Ces T1, T2 et T3, ce sont autant de « Rolls-Royce qu’il va falloir apprendre à piloter ». Ils sont annonciateurs d’un sursaut technologique majeur pour l’armée de Terre, à qui il va falloir plusieurs années pour concevoir une doctrine d’exploitation et en tirer tout le potentiel possible sur le terrain, estime Arquus.
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