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L'œuvre de Tite-Live, intitulée "Ad Urbe Condita Libri", ambitionnait de raconter l'histoire de Rome et de son Empire depuis la fondation de la Ville. Il voulait le faire en historien proche des faits et non pas en homme de son temps, plus proche des légendes qui entouraient déjà la fondation de Rome. Son œuvre devait compter 150 livres, mais il n'a eu le temps de rédiger que 142. Sur ce chiffre impressionnant, seuls trente-cinq nous ont été conservés.

La Seconde Guerre Punique et le Redressement de Rome

Le redressement de Rome s'amorce avec la reddition de Capoue au début de l'année 211 avant J.-C.

Réunissant leurs forces, les deux consuls de 207 battent Hasdrubal ; quatre ans plus tard, Magon à son tour est arrêté en Étrurie.

Grâce à la compétence des magistrats, à la sagesse des mesures prises par le Sénat, à la collaboration des Latins et des Alliés et sans doute aussi à la bienveillance des dieux, Hannibal est rejeté au fond du Bruttium puis définitivement expulsé d'Italie.

Victorieux en Espagne, Scipion accède au consulat en 205. Avec lui entre en scène une nouvelle génération qui se heurte bientôt à celle des Fabius et des Fulvius.

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Chargé de terminer la guerre en Afrique, Scipion traite avec Carthage. C'est la première étape d'un glorieux destin, qui le conduit ensuite en Grèce.

Mais il ignore que l'hostilité de Caton et l'ingratitude de ses concitoyens briseront sa carrière moins de douze ans après Zama.

Au soir de la défaite, Hannibal reconnaît qu'il a perdu la partie «faute de persévérance». La victoire de Rome est celle de tout un peuple, qui a pris conscience de la valeur de la virtus, de la fides, de la constantia.

Le Désastre de Cannes et ses Conséquences

Le 2 août 216 avant J.-C., Hannibal affronte la puissante Rome à Cannes dans la région italienne des Pouilles. La bataille de Cannes est connue comme l'une des plus féroces de l'Antiquité et l'une des plus grandes défaites de l'armée romaine.

Combien, d'autre part, le désastre de Cannes fut plus grave que les précédents, on en a déjà un indice dans ce fait que la fidélité des alliés, qui jusqu'à ce jour était restée ferme, commença à chanceler, sans aucune raison, assurément, sinon qu'ils désespéraient de l'empire.

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Passèrent aux Carthaginois les peuples que voici: les Atellani, les Calatini, les Hirpini, une partie des Apuliens, les Samnites à l'exception des Pentri,tous les Bruttii, les Lucaniens, en outre les Uzentini et presque toute la côte grecque, les Tarentins, les Métapontins, les gens de Crotone et de Locres, et tous les Gaulois cisalpins.

L'Affaire des Prisonniers

Quand Manlius eut parlé, quoique la plupart des sénateurs fussent, eux aussi, unis à des captifs par la parenté, non seulement les exemples antérieurs donnés par un État qui, depuis l'antiquité, n'avait jamais eu aucune indulgence pour les prisonniers, mais la somme à dépenser firent impression, car on ne voulait ni épuiser le trésor, auquel on avait déjà demandé une forte somme pour acheter les esclaves qui allaient être soldats et les armer, ni enrichir d'argent Hannibal quand, d'après les bruits courants, c'était la chose dont il manquait le plus.

Comme la funeste réponse "qu'on ne rachetait pas les prisonniers" avait été rendue, et que le nouveau deuil provoqué par la perte de tant de citoyens s'était ajouté à l'ancien, ce fut avec bien des pleurs et des lamentations qu'on accompagna les délégués jusqu'à la porte.

L'un d'eux s'en alla chez lui, sous prétexte que, par son retour trompeur au camp carthaginois, il s'était délié de son serment.

Il y a une autre façon de conter cette histoire des prisonniers : il en vint, dit-on, d'abord dix; après avoir hésité, au sénat, à les admettre ou non dans Rome, on les y admit, à condition toutefois que le sénat ne les entendrait pas; puis, comme ils s'attardaient à Rome plus que personne ne s'y attendait, il arriva trois autres délégués, Lucius Scribonius, Caius Calpurnius et Lucius Manlius; alors seulement un parent de Scribonius, un tribun de la plèbe, en référa, au sujet du rachat des captifs, au sénat, qui décida de ne pas les racheter; et les trois nouveaux délégués retournèrent au camp d'Hannibal, mais les dix premiers restèrent à Rome, sous prétexte qu'étant, après leur départ, - afin, avaient-ils dit, de vérifier encore les noms des prisonniers - retournés auprès d'Hannibal, ils s'étaient déliés de leur serment; on discuta longuement, au sénat, de leur livraison à Hannibal, mais à une majorité de quelques voix, ceux qui voulaient les livrer furent battus; d'ailleurs, les premiers censeurs entrés en charge après cela les accablèrent de telle façon de blâmes et de flétrissures, que certains se résolurent d'eux-mêmes à mourir, et que les autres restèrent, pendant tout le reste de leur vie, éloignés non seulement du forum, mais presque du jour et de la voie publique.

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Les Origines Mythiques de Rome

Dans les premières pages de l'Histoire romaine, Tite-Live relate l'épopée de la fondation de Rome et le destin exceptionnel de son fondateur, Romulus. Autour de lui, héros et dieux interviennent et auréolent la naissance de la Ville d'un prestige extraordinaire.

Avec Tite-Live, dans une traduction qui retranscrit à merveille la volonté de cet auteur d'aller à l'essentiel et de rapporter, soulignons-le encore, les faits (dans la mesure où lui-même en était sûr à l'époque) et non les superstitions et les légendes, si belles qu'elles puissent être, c'est bien ce résultat que nous comptons atteindre, même si seuls quelques uns d'entre vous se donneront le temps et la volonté de nous suivre.

Le Livre Premier de cette "Histoire Romaine", qui débute avec les ancêtres de Rome pour s'achever sur l'effondrement de la Monarchie et l'établissement de la République, couvre déjà une belle période.

Ce passé que Tite-Live nous a fait découvrir, avec la même passion : Enée, rescapé de la Guerre de Troie (et accessoirement fils d'Aphrodite) avec son vieux père Anchise, personnages en principe de légende mais que l'historien nous rend cependant bien réels, en quête tous deux d'un bout de terre où s'installer.

Sur cette terre, Enée fondera Lavinium avant que son fils aîné, Ascagne, ne trace à son tour les plans d'Albe-la-Longue et ne rassemble autour de lui une population qui deviendra celle des Albains.

Puis, après une longue suite de monarques, surviendra la spoliation de Numitor par Amulius, frère indigne qui, de surcroît, dans son arrogance à prévenir le Destin, ira jusqu'à éradiquer toute la descendance masculine de Numitor.

Quant à sa nièce, Rhéa Silvia, il la contraindra à se faire vestale, la condamnant ainsi à la virginité. Ce qui n'empêchera pas la jeune femme car, déjà, l'homme propose mais les dieux disposent, de donner naissance à deux jumeaux, Romulus et Remus, dont elle affirmera toujours que leur père n'était autre que Mars, seigneur de la Guerre.

Bien qu'exposés en pleine forêt, là où rôdent les animaux féroces mais aussi les innocents bergers, les jumeaux seront recueillis.

L'Affaire Lucrèce et la Fin de la Monarchie

Ceci se passait en 509 avant Jésus-Christ et se serait sans doute produit tôt ou tard car certains, dont Lucius Junius Tarquin, neveu du monarque alors au pouvoir, Sextus Tarquin, dit Tarquin le Superbe, qui gouvernait en tyran mais ne fut pas pour autant un mauvais chef de guerre, loin de là, attendaient leur heure.

Et cette occasion s'offrit en effet lorsque Tarquin le Superbe, ébloui par la beauté de Lucrèce, l'épouse de l'un de ses neveux, Tarquin Collatin - avec lequel Lucius Junius Brutus s'entendait d'ailleurs fort bien - se fit recevoir chez lui en son absence et, la nuit venue, s'arrangea pour violer la jeune femme en la menaçant d'un odieux chantage.

La pauvre Lucrèce, lorsqu'elle reprit ses esprits, envoya illico des messagers à son père et à son mari, leur recommandant d'amener chacun avec eux un ami sûr (dans le cas de Tarquin Collatin, ce fut Brutus), et de revenir au plus vite l'assister. Elle leur raconta tout puis, en dépit de tous leurs efforts car, compte tenu des circonstances, ils ne la considéraient point comme coupable de quoi que ce fût, elle se donna la mort sous leurs yeux.

Lucius Junius Tarquin, bien qu'ému par le triste destin de sa cousine, n'en vit pas moins là l'occasion qu'il espérait depuis si longtemps. Il fit porter le corps de la malheureuse sur le forum où le peuple accourut. Et là, montrant la lame ensanglantée dont Lucrèce s'était percé le coeur, il appela à la révolte contre le tyran.

Quelques jours plus tard, Sextus Tarquin se rendit à Collatia, accompagné d'une seule personne, sans rien dire à Tarquin Collatin. Bien accueilli, car personne ne soupçonnait ses intentions, on le conduisit à sa chambre après le dîner. Quand il se fut assuré qu'il ne risquait rien et que tout le monde reposait, tout brûlant de passion, il vint, l'épée nue, trouver Lucrèce qui dormait et, pressant son sein de la main gauche, lui dit : "Pas un mot, Lucrèce. C'est moi, Sextus Tarquin ; je suis armé. Si tu pousses un cri, tu es morte."

Réveillée en sursaut, la jeune femme se vit privée de tout secours et en danger de mort ; pendant ce temps Tarquin lui déclarait son amour, la suppliait, mêlait les menaces aux prières, mettait tout en œuvre pour faire céder la pauvre femme. Lucrèce demeurait inexorable ; voyant que la crainte de la Mort ne suffisait pas à la faire céder, il y joignit la crainte du déshonneur : à côté de son cadavre, il placerait un esclave nu, la gorge tranchée, pour qu'on dise qu'elle avait péri, coupable d'adultère avec un individu méprisable. Par ce chantage sa passion, victorieuse en apparence, vainquit la pudeur inébranlable de Lucrèce et Tarquin partit, tout fier d'avoir forcé la résistance d'une femme.

Spurius Lucretius, accompagné de Publius Valerius, fils de Volesius et Tarquin Collatin, accompagné de Lucius Junius Brutus, arrivèrent ensemble : Tarquin avait en effet rencontré le messager de sa femme juste au moment où il revenait à Rome. Ils trouvèrent Lucrèce assise dans sa chambre, accablée de chagrin. Elle se mit à pleurer en voyant arriver les siens. Son mari lui demanda si elle était souffrante : "Oui," répondit-elle ; "comment en effet une femme qui a perdu son honneur pourrait-elle bien se porter ? Un homme, Collatin, a souillé ta couche ; on m'a fait violence, mais mon cœur est resté pur, ma mort en fournira la preuve. Prenez ma main et jurez de punir mon déshonneur. Sextus Tarquin m'a fait violence ; il est venu la nuit dernière avec une arme, non comme un hôte mais comme un ennemi et il est reparti après avoir pris un plaisir dont je meurs et dont il mourra lui aussi si vous êtes des hommes."

Ils promirent tous, l'un après l'autre. Ils cherchèrent à apaiser son tourment, affirmant que le coupable n'était pas la victime mais l'auteur de l'attentat ; c'était l'intention et non l'acte qui constituait la faute. "Fixez vous-mêmes le prix qu'il doit payer ; pour moi, bien qu'innocente, je ne m'estime pas quitte de la Mort. Jamais une femme ne s'autorisera de l'exemple de Lucrèce pour survivre à son déshonneur." Elle plongea dans son cœur un couteau qu'elle tenait caché sous son vêtement et tomba sous le coup, mourante. Les laissant à leur douleur, Brutus retira le couteau de la plaie et déclara en le brandissant,...

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