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Le tir aux armes anciennes est souvent assimilé à un loisir plutôt qu'à un sport. Il est vrai que, selon la pratique que l'on en fait, le côté "sportif" est souvent assez éloigné. L'image que l'on a ou que l'on obtient rapidement en faisant un tour sur un stand, du tireur aux armes anciennes, s'oriente immédiatement vers celle d'une activité plutôt tranquille et pas bien fatigante. Là où la vision change, c'est lorsqu'on commence à pratiquer.

Déjà, on s'aperçoit assez vite qu'il ne s'agit pas juste de lever l'arme pour la pointer vaguement vers la cible, mais qu'il faut viser et se débrouiller pour garder une ligne de tir concentrée sur le visuel noir. Ensuite, rien ne va plus, car outre la tenue de l'arme, c'est toute la position du corps qu'il faut assurer. Mais ça, c'est se limiter au cas du tir au pistolet ou au revolver.

Le tireur doit ici pouvoir tenir son arme de poing d'une seule main, bras tendu pour réaliser son tir. Les contraintes sont alors maximales au niveau du poignet, du bras et de l'épaule. Une arme de poing à poudre noire pèse souvent entre 1kg et 2kg. Il faut donc être capable de maintenir ce poids à bout de bras durant la séquence de tir, qui dure en général une dizaine de secondes. Rapidement, des tremblements parasites apparaissent au niveau du poignet, mais aussi de l'avant-bras : l'arme sautille de haut en bas et se déplace par saccades en roulis via le poignet.

Le reste du corps doit être en "gainage", c'est-à-dire avec une tonicité musculaire suffisante pour rester bien droit, sans être affecté par le poids de l'arme au bout du bras. En général, on tire de profil, ce sont donc les jambes, les abdominaux et les extenseurs latéraux du haut du corps qui travaillent.

Gestion des incidents de tir

Plusieurs incidents peuvent survenir lors du tir à la poudre noire. Voici comment les gérer :

Lire aussi: Nettoyage des armes à poudre noire : le rôle du porte-chiffon

Amorce ne percutant pas

Si l'amorce n'est pas percutée après que le chien ait été abattu par action sur la détente, cela peut être parce qu'elle n'était pas bien appliquée sur la cheminée. Vous pouvez continuer à tirer les autres chambres jusqu'à revenir sur l'amorce non percutée. Si elle ne percute toujours pas, il faut enlever l'amorce et la remplacer par une neuve.

Long feu

Le long feu se produit quand l'amorce a bien explosé mais que le coup n'est pas parti, c'est-à-dire que la poudre ne s'est pas enflammée. C'est à mon avis le cas le plus dangereux de la PN car il faut absolument attendre au moins 15 secondes en maintenant l'arme en direction de la cible avant toute action.

Dans cette situation, il faut :

  1. Vérifier que la balle n'a pas été poussée par l'amorce dans le canon. Cela peut arriver avec un oubli de poudre et une balle légèrement sous dimensionnée qui se déplace par la puissance de l'amorce. Dans ce cas elle va rester dans l'entrée du canon et bloquer le barillet. C'est un cas délicat qui va obliger à repousser la balle par le canon pour débloquer le barillet quand on est sûr qu'il n'y aura pas un départ à retardement. Quand la balle est repoussée et le barillet libre faire comme ci-dessous en 2).
  2. Si la balle est toujours en place, tirer les autres chambres puis une fois revenu sur la chambre récalcitrante, mettre une amorce neuve et réessayer, toujours en manipulant l'arme en direction des cibles.

Si le coup ne part toujours pas, c'est qu'il y a un problème comme :

  • Oubli de la poudre.
  • Obstruction de la cheminée par un corps étranger.
  • Résidus de cartouches "papier" entassés au fond de la chambre si pas enlevés à chaque barillet tiré (attention, risque de brulage lent de ces résidus et départ à retardement).

Chambre refusant obstinément de partir

Enlever l'amorce de cette chambre (les autres étant vides) et démonter le barillet de l'arme, celle-ci étant toujours en direction des cibles.

Lire aussi: Nettoyage d'armes : le guide ultime

Deux solutions pour extraire la balle :

  1. Démonter la cheminée, vider la poudre et le plus possible de semoule par l'emplacement de la cheminée puis pousser la balle avec un jet de laiton ou de cuivre par l'emplacement de la cheminée.

Dernier cas possible

Oubli de la semoule. Quand on siège la balle, on s'aperçoit qu'elle s'enfonce plus qu'habituellement.

Sécurité avec les amorces et la poudre

La sécurité est primordiale lors de la manipulation des amorces et de la poudre noire :

  • Ne sortir de la boite que les amorces nécessaires au chargement et la boite d'amorces doit impérativement être fermée ou couverte pendant le tir. Un débris d'amorce enflammé qui tombe dans une boite d'amorces ouverte peut provoquer l'explosion de l'ensemble des amorces.
  • Il est strictement interdit de poser sur la table de tir un bocal de poudre noire qui est la matière première pour un feu d'artifice.
  • Les poires à poudre sont également interdites pour le chargement de la poudre dans les chambres.

Entretien du revolver à poudre noire

Vous souhaitez savoir comment nettoyer un revolver à poudre noire après une séance de tir ? Il existe différentes méthodes de nettoyage pour un revolver ou un pistolet à poudre noire. Avant votre séance de tir à poudre noire, il est important que le mécanisme de l'arme soit correctement graissé (à la graisse d'armurier). La graisse mise dans le mécanisme vous permettra de garder l'acier des différentes pièces en bon état, et de limiter les résidus de poudre noire qui ont tendance à pénétrer dans le mécanisme.

Si vous ne pouvez pas nettoyer immédiatement votre revolver, après une séance de tir à poudre noire, badigeonnez le de WD40, afin d'éviter que les résidus de combustion corrosifs de la poudre noire n'attaquent le métal (pensez à enlever les plaquettes en bois de l'arme). Une fois l'arme démontée, plonger les différentes parties à nettoyer (canon, barillet, pièces du mécanisme, cheminées, ...) dans la bassine d'eau chaude, dans laquelle vous aurez ajouté du liquide vaisselle et frotter avec une brosse. L'intérieur du canon et les chambres du barillet seront frottées avec les écouvillons au calibre de l'arme (cal .36, cal .44, cal 11mm73, ...). Une fois le nettoyage terminé, séchez bien votre revolver avec un chiffon sec (vous pouvez aussi utiliser un sèche-cheveux), huilez-le, puis remontez-le.

Lire aussi: Rénovation de Meubles en Bois

Le white spirit dilue les résidus corrosifs de poudre noire, graisse le canon et le nettoie, mais reste un produit très volatil. Attention à bien aérer la pièce, si vous utilisez ce produit. Certains tireurs mettent donc le revolver Remington 1858 en inox, pour nettoyage, au lave-vaisselle, puisqu'il n'y a pas de risque de rouille.

Le but du nettoyage va être d'enlever tous les résidus de suie corrosive. Il est très important, ensuite, de bien sécher l'arme, afin d'éviter l'apparition de points de rouille. Pour les revolvers à percussion, type cap and ball, ou pistolets à percussion, bien vérifier que la cheminée est sèche et que le trou est libre, avant de la remonter (avec un peu de graisse sur le filet de la vis).

Voici quelques conseils supplémentaires pour l'entretien de votre revolver à poudre noire :

  • Après un démontage complet, nettoyage/séchage, tout le mécanisme est huilé sauf les points de force (ressort principal, galets, axes etc) qui eux sont graissés à leur partie active.
  • Pour l'extérieur de l'arme avec un pinceau à peine humecté de façon à ne laisser qu'un film protecteur et non avoir un truc gras et poisseux dans les mains je fais juste comme les armuriers soigneux: un coup de pinceau sur toute la partie externe de l'arme et éventuellement re un coup de pinceau si manipulation avé les doigts...
  • Pour l'acier standard bronzé noir, idem, mais un peu plus de graisse sur les pièces fonctionnelles (pas de trop), les résidus peuvent coller et "gêner" quelques peu le/les fonctionnement des pièces en mouvement.
  • Si rangement pour une longue durée, alors je graisse tout, enveloppé dans un chiffon, dans une vieille mallette, et direction endroit sec!

Fabrication des balles et choix de la graisse

Lorsque le tir devient un loisir régulier et que les scores deviennent difficiles à améliorer, il s'avère nécessaire de passer à une fabrication maison. Le "plomb" n'existe que dans les laboratoires, ce sont les alliages de plomb que M. tout-le-monde pourra se procurer. Le plomb pur est un élément chimique et par abus de langage on considère que certains produits manufacturés sont en "plomb pur" pour dire qu'ils ne contiennent pas d'autre élément chimique introduit volontairement (ex: antimoine). C'est le cas des anciennes canalisations ou encore des plaques utilisées par les couvreurs.

Le plus courant des alliages de plomb est un mélange de plomb pur et d'étain, avec quelques traces d'autres éléments chimiques tels que l'antimoine. L'étain a pour intérêt de fluidifier la coulée du plomb et d'augmenter très progressivement la dureté de l'alliage, de façon stable. Un autre alliage est un mélange de plomb pur et d'antimoine. L'antimoine a pour propriétés de durcir l'alliage ainsi réalisé.

Quel que soit l'alliage utilisé, le retrait lors de la coulée des balles est inévitable: une balle coulée dans un moule de diamètre 10mm sortira, après refroidissement à 9.98mm ou peut être même 9.95mm selon l'alliage.

Comme pour le chargement, le matériel nécessaire à la fabrication des balles par coulée débute avec quelques éléments simples. Le plomb pur fond autour de 327°C, les alliages classiques entreront en fusion vers 350°C. Il n'est donc pas nécessaire de disposer d'une véritable forge chez soi pour couler ses balles.

Pour contenir le plomb, l'idéal est une bonne vieille casserole en inox. Pourquoi en inox ? Parce que si vous prenez un modèle en aluminium, celle-ci risque simplement de fondre (l'alu fond autour de 600°C) en cas de surchauffe.

Et pour servir le plomb fondu ? Nous voici au coeur du sujet: le moule qui va donner sa forme à la balle. Les moules à balles se composent généralement de deux matrices qui, assemblées, laissent une cavité de la forme attendue. Certains moules ont plusieurs cavités. Le prix des moules varie beaucoup selon la complexité et la précision des balles.

Les balles sorties du moule sont à peu près au diamètre du moule si on fait abstraction du retrait. Le seul moyen de garantir une constance de diamètre est le recalibrage. Celui-ci s'effectue au moyen d'un outil monté sur presse.

Lorsque le bain sera prêt (plomb fondu), réalisez un "fluxing". Vous placerez un petit morceau de bougie sur le plomb fondu, il s'enflammera sous l'effet de la chaleur, vous mélangerez alors avec la louche de coulée et éliminerez toutes les saletés venues en surface.

Mettez une petite dose de lubrifiant au graphite dans l'empreinte du moule et essuyez bien. Cela évitera aux balles de coller au moule.

La louche de coulée doit être bien chaude (idéalement à la même température que le bain de plomb, pour éviter que ce dernier ne fige durant la coulée. Le moule aussi doit être chaud. S'il est froid, vos balles n'auront pas un bel aspect (le plomb figera trop vite). S'il est trop chaud, vos balles n'auront pas le bon diamètre et mettront longtemps à refroidir (coulée plus lente). La bonne température est atteinte lorsque le plomb met environ 8 à 10s à figer en surface du coupe-jet.

Prenez votre moule par ses poignées tenues fermement, vérifiez qu'il est bien fermé ainsi que le coupe jet en position. De l'autre main, prenez la louche et une bonne dose de plomb (pour le garder en fusion), placez le moule au-dessus du bain de plomb fondu et versez progressivement le plomb dedans avec la louche.

En règle générale, l'ensemble du matériel "de base" décrit ci-dessus, est rentabilisé en un ou deux ans de pratique un tant soit peu régulière du tir à la poudre noire.

Des études ont même montré que l'utilisation de canalisations en plomb n'était pas la véritable cause du saturnisme. Les peintures et autres revêtements utilisant du plomb sont désormais largement plus mises en causes que le reste et ont été bannis des produits courants. Le fait de faire fondre du plomb à basse température (moins de 500°C) n'engendre que très peu de risques d'un point de vue toxicité liée à ce métal.

Une graisse ça sert à lubrifier le contact entre la balle et le canon. Certes, mais il manque alors à l'analyse la considération des effets de la température. En effet, certaines graisses ou lubrifiants voient leurs propriétés changer de façon importante avec la température. Pour le tir, les températures commencent à -10°C (faut pas être frileux pour tirer dans ces conditions) jusqu'à + 200°C (on parle de la température qui sera vue par la graisse, pas de celle des gaz). Mais a-t-on besoin d'avoir des propriétés lubrifiantes identiques à toutes ces températures ? La réponse est NON ! En revanche, il ne faut pas que ces propriétés tombent à 0.

Il faut comprendre que la graisse, soumise aux contraintes de température et de frottement (déplacement de la balle dans le canon), va venir former un film de lubrification au niveau du contact balle-canon. La dégradation de la graisse avec la température ne doit pas conduire à obtenir des dépôts dans le canon.

Il nous faut donc une graisse qui soit relativement molle (mais pas trop !) à température ambiante et qui fonde à température plus élevée. C'est LA base de votre graisse car c'est elle qui déterminer majoritairement ses propriétés de lubrification.

Les huiles "industrielles" de type huile de synthèse ou graisses mécaniques offrent en général les meilleures tenues aux températures élevées.

Une astuce de tireur: il n'y a pas de graisse unique, polyvalente pour toutes les armes et toutes les conditions de tir. Votre graisse doit être pateuse à température ambiante, fluide à plus haute température.

Le flambage

Ceux et celles qui ont déjà assisté à des compétitions de tir à la poudre noire ont certainement déjà entendu ce terme, crié par chaque tireur au début de sa série. Concrètement, il s'agit de faire partir un coup "pour rien" (comprenez "pas dans la cible") afin de mettre l'arme en condition pour les tirs suivants.

Il est assez facile d'observer qu'avec une arme qui tire pour la première fois depuis le précédent nettoyage, l'impact en cible n'est pas identique à ceux obtenus ensuite. Une arme qui a été nettoyée puis huilée / graissée présente forcément des excès de lubrifiant dans le canon, ou au contraire des manques.

Ce n'est qu'au bout de 1 ou 2 tirs qu'un état de surface constant est atteint. Certes l'encrassement vient s'ajouter de façon progressive mais entre deux tirs successifs son influence sera moindre que la transition brutale d'un état "propre et lubrifié" à un état "flambé" par le passage de la première balle.

Au-delà des considérations de précision des tirs, le flambage vient également traiter en préventif les risques d'incidents de tir (non départ du coup). Lorsque de l'huile est venue se loger au fond de la chambre voire dans la cheminée suite au nettoyage de l'arme, il est probable qu'un chargement normal va conduire à un problème d'allumage de la charge principale. Le flambage "amorce" vise à dégager la cheminée ou la lumière du canon et la chambre par simple effet de souffle, garantissant ainsi la mise à feu de la charge principale lors des tirs suivants.

Le flambage "amorce" consiste à amorcer l'arme "à vide", c'est à dire sans chargement. Dans le cas des armes à percussion on viendra donc simplement percuter une ou deux amorces placées sur la cheminée (à répéter pour chaque cheminée dans le cas des révolvers).

Le flambage "balle" peut en fait se pratiquer de deux manière: avec ou sans balle. L'essentiel étant de mettre à feu une charge dans le canon pour générer l'effet de souffle. On procède à un chargement classique (dose et méthode identique à celles utilisées pour les autres tirs) puis on tire dans une direction sécurisée (butte de terre derrière la cible, sol un peu en avant de la cible, ...).

Matériel de nettoyage

Il existe toute une panoplie d’outils et de produits indispensables à l’entretien et au nettoyage des armes de poing. Les résidus de combustion des munitions modernes encrassent facilement les armes à feu. C’est ici qu’intervient l’écouvillon tir chiffon. Si le chiffon grince lors de son passage, c’est qu’il est trop épais et ne laissera donc pas d’espace aux résidus pour ressortir.

La forme de l’écouvillon tir chiffon a été spécialement conçue pour nettoyer le canon de votre arme en profondeur. En termes de design, l’écouvillon tir chiffon conviendra parfaitement à la structure du canon de votre arme.

Un kit de nettoyage complet se compose d’une tige de nettoyage et d’écouvillons de différents types incluant le plus souvent l’écouvillon tir chiffon. Dans toute cette panoplie, l’écouvillon tir chiffon reste l’un des éléments de base qui doit impérativement être présent dans votre kit d’entretien d’arme à feu.

Autant une arme à feu se veut être un outil de précision, autant vous aurez besoin d’un gadget perfectionné pour la nettoyer correctement et ainsi la garder intacte.

Autres conseils

  • La cheminée propre est remontée et serrée modérément.
  • Les parties métalliques extérieures sont essuyées et légèrement huilées.
  • La cheminée est vérifiée et huilée.
  • La parfaite étanchéité est vérifiée. Ce point est très important.

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