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Daniel Pennacchioni, né en 1944 à Casablanca au Maroc, est un auteur que beaucoup apprécient. La profession de son père, polytechnicien devenu militaire par goût du voyage, l’amène à résider pendant son enfance dans différents pays d’Afrique et d’Asie du Sud-Est (Djibouti, Ethiopie, Indochine...).

Il publie son premier livre en 1973, un pamphlet sur le service militaire (Le service militaire au service de qui ?) pour lequel il prend le pseudonyme de Pennac pour ne pas «gêner son père ».

En 1985 sort le premier livre, Au bonheur des ogres, de la "série des Malaussène", véritable saga policière espiègle et tendre : il obtiendra le Prix Inter en 1990 pour La Petite Marchande de prose.

Aujourd'hui, c'est de Comme un roman que je veux vous parler. Un coup de coeur !!! Comme un roman n'est pas un roman, mais un livre absolument passionnant sur la lecture, la découverte de la lecture, l'envie de lire, mais aussi le droit de ne pas avoir envie de lire, le droit de ne pas aimer...

Alors voici des extraits pour, j'espère, vous mettre l'eau à la bouche :

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Le verbe lire ne supporte pas l’impératif. Aversion qu’il aime partager avec quelques autres : le verbe « aimer »… le verbe « rêver »... Ce livre parle de l'apprentissage de la lecture, de la révélation que c'est pour un enfant !

Il nous raconte aussi comment la lecture fait partie de nous dès notre petite enfance, avec nos parents qui, chaque soir, nous racontaient une histoire. Moment magique !

Quels pédagogues nous étions, quand nous n’avions pas le souci de la pédagogie ! D'ailleurs, voici un beau passage sur la lecture du soir...

A y repenser en ce début d’insomnie, ce rituel de la lecture, chaque soir, au pied de son lit, quand il était petit - heure fixe et gestes immuables - tenait un peu de la prière.[…]Oui, l’histoire lue chaque soir remplissait la plus belle fonction de la prière, la plus désintéressée, la moins spéculative, et qui ne concerne que les hommes : le pardon des offenses.

On n’y confessait aucune faute, on n’y cherchait pas à s’octroyer une portion d’éternité, c’était un moment de communion, entre nous, l’absolution du texte, un retour vers le seul paradis qui vaille : l’intimité. Sans le savoir, nous découvrions une des fonctions essentielles du conte, et, plus vastement de l’art en général, qui est d’imposer une trêve au combat des hommes.

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L’amour y gagnait une peau neuve. C’était gratuit.

Un livre, c’est un objet contondant et c’est un bloc d’éternité. C’est la matérialisation de l’ennui. C’est le livre. « Le livre ».

Mais le livre peut être aussi objet d'étude, à l'école, et assimilé à un pavé imbuvable par des enfants qui ont perdu l'envie de lire, qui n'ont pas (re)découvert le plaisir de la lecture ...Les enfants n'aiment plus lire, dit la société. Alors bien sûr, il faut trouver des coupables !

La faute à la télé ? Le vingtième siècle trop « visuel » ? Le dix-neuvième trop descriptif ? Et pourquoi pas le dix-huitième trop rationnel, le dix-septième trop classique, le seizième trop renaissance, Pouchkine trop russe et Sophocle trop mort ? Et pourtant, il suffit parfois d'un professeur passionné pour redonner envie de lire...

Ses cours devaient être incroyables. En finissant ce chapitre, je n'avais qu'une envie, découvrir les livres dont il parlait !

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Aimer c’est, finalement, faire don de nos préférences à ceux que nous préférons. Et ces partages peuplent l’invisible citadelle de notre liberté. Nous sommes habités de livres et d’amis.

Quand un être cher nous donne un livre à lire, c’est lui que nous cherchons d’abord dans les lignes, ses goûts, les raisons qui l’ont poussé à nous flanquer ce bouquin entre les mains, les signes d’une fraternité. Puis, le texte nous emporte et nous oublions celui qui nous y a plongé […].

Parmi ceux « qui ne lisent pas », les mieux avisés sauront apprendre, comme nous, à parler autour : ils excelleront dans l’art inflationniste du commentaire (je lis dix lignes, je ponds dix pages), la pratique jivaro de la fiche (je parcours 400 pages, je les réduis à cinq), la pêche à la citation judicieuse (dans ces précis de culture congelée disponibles chez tous les marchands de réussite), ils sauront manier le scalpel de l’analyse linéaire et deviendront experts dans le savant cabotage entre les « morceaux choisis », qui mène sûrement au baccalauréat, à la licence, voire à la l’agrégation… mais pas nécessairement à l’amour du livre.

Le temps de lire est toujours du temps volé. (Tout comme le temps d’écrire, d’ailleurs, ou le temps d’aimer.) Volé à quoi ? Disons, au devoir de vivre.[…] La lecture ne relève pas de l’organisation du temps social, elle est, comme l’amour, une manière d’être.

Alors, que doit-on retenir ?

Les droits imprescriptibles du lecteur

  1. le droit de ne pas lire
  2. le droit de sauter des pages
  3. le droit de ne pas finir un livre
  4. le droit de relire
  5. le droit de lire n’importe quoi
  6. le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible)
  7. le droit de lire n’importe où
  8. le droit de grapiller
  9. le droit de lire à haute voix
  10. le droit de nous taire

Un livre amusant, sérieux, touchant, donnant surtout une énorme envie de lire, et de lire "à sa manière" !

Daniel Pennac est un auteur que j'aime beaucoup. Je l'ai découvert avec Au bonheur des ogres et la Fée Carabine et j'avais trouvé sont style très particulier et enjoué. Les aventures de Malausséne et de toute sa famille était plutot rocambolesque^^ Puis il y a peu j'ai lu son livre Chagrin d'école, je me sentais forcément impliquée, travaillant dans un collège et préparant un concours pour être enseignante. Il a une vision du métier très lucide et on ne peut qu'adhérer lorsqu'on a fait le choix de suivre cette voie. Par contre je ne connaissais pas du tout Comme un roman mais tu me donnes envie de le lire, d'autant qu'il pourrait surement me servir pour la suite de ma carrière.

Je viens de terminer Comme un roman, et j'ai trouvé cet essai très intéressant. J'ai bien aimé tous les passages qui se référent au lecteur enfant, et les stratégies élaborées par les professeurs pour donner le goût de la lecture à leurs élèves. Un livre riche sans prétentions qui donne envie de lire encore et encore!!

Je l'ai découvert en cours avec les droits du lecteur ! Ouf, j'ai le droit de lire à voix haute ! je l'ai échappé belle Je suis allée direct chercher Comme un roman à la librairie et je l'ai dévoré ! Je pense que ce livre devrait être lu par chaque prof de français et je pense qu'il ne ferait pas tache dans les programmes scolaire, histoire de désacraliser la lecture !

Pour la petite histoire, j'ai fait un intérim l'année dernière et, en guise de présentation, j'avais proposé aux élèves un questionnaire sur leur pratique de lecture. Pour mieux les connaître. Ce fut la grosse angoisse dans la classe : "Mais, madame, on lit pas !" Tout ça, pcq ils avaient peur de donner une mauvaise réponse s'il ne citait pas de grands auteurs ou ne lisaient que des bandes dessinées ou autres... Pcq ils abandonnaient parfois leur lecture... Pcq un gros livre leur fait peur (pourtant ils ont tous lu Harry Potter). Bref, à la fin de cet échange, ils se sont rendus compte qu'ils lisaient, que leurs lectures n'étaient pas mauvaises et que le plus important, c'est d'y prendre du plaisir ! Moi, je dis : Vive Pennac et Comme un roman dans les classes !

Ensuite la sage Malausène (comment dire totalement déjantée non?) je n'ai pas accroché par la suite peut-être parce que je pensais que ça serait dans la même veine que la saga.

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