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La tarentelle est une danse folklorique originaire du sud de l’Italie, pratiquée dans plusieurs régions comme la Campanie, la Sicile et la Calabre. La tarentelle calabraise est l’une des formes les plus vibrantes et emblématiques de la tarentelle.

Origines et Légendes

Le nom de cette danse est parfois associé à la ville de Tarente, mais aussi à une légende populaire : celle du "tarentisme", un phénomène dans lequel les habitants, mordus par une araignée - la tarentule - étaient pris de convulsions. Au Moyen-âge, le tarentisme donnait son nom à ce que l’on considérait alors comme une véritable pathologie au Sud de l’Italie et notamment près de la ville de Tarente, bien que le lien entre cette ville et le nom du phénomène soit contesté.

Cette maladie était provoquée par la morsure d’une araignée mythique qui plongeait l’individu dans un état de léthargie profonde qui conduisait tout droit à la mort. Il n’y avait alors qu’un seul remède : organiser une danse très rapide qui pouvait durer des jours, la tarentelle, permettant de soigner la victime qui rentrait dans une forme de transe.

Selon les croyances populaires, le fait de danser frénétiquement sur des rythmes rapides aurait le pouvoir d’évacuer le venin du corps et d’atténuer la douleur de la morsure. Car selon le théoricien du XVIIe siècle Athanasius Kircher ce n’est qu’à cette seule condition que la tarentelle peut avoir un effet thérapeutique et magique !

En effet, la tarentelle serait une survivance des bacchanales antiques, ces fêtes religieuses organisées en l’honneur du dieu Bacchus (Dyonisos), dieu du vin, de l’ivresse et des débordements, vers 300 avant JC. Face aux débordements - notamment sexuels - que pouvaient provoquer ces rites, l’Eglise combat cette pratique païenne, sans grand succès jusqu’au Moyen-Âge. Puis la tarentelle, considérée comme démoniaque de par le caractère lascif et séducteur de ses chorégraphies, est formellement interdite à la Renaissance. La danser représente petit à petit une façon pour les populations pauvres de résister, au pouvoir en général mais surtout contre le pouvoir papal dans l’Italie catholique rigoriste du 17ème siècle. Le tarentisme, qui voulait que pour juguler le poison on devait s’agiter pendant des heures, jusqu’à épuisement, au rythme de la pizzica, a quant à lui perduré jusque dans les années 1960, mais a aujourd’hui disparu.

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Comme l’explique Mauro Durante « Parce que les conditions de son apparition n’existent plus. On sait maintenant que, médicalement, cette histoire ne tenait pas debout : l’éventuelle piqûre d’araignée ne provoque pas la prostration ».Cette dernière était en effet due à la pauvreté de l’époque, au pessimisme ambiant, et aux difficultés quotidiennes auxquelles était confronté le peuple et particulièrement les femmes - le venin de la tarentule n’étant en effet nocif que pour les insectes qu’elle chasse.

Caractéristiques et Variations Régionales

La tarentelle calabraise est caractérisée par des mouvements rapides, vifs et une grande vivacité. Elle se danse en couple ou en groupe, souvent en cercle. La musique qui accompagne cette danse est tout aussi captivante, généralement jouée avec des instruments traditionnels comme la mandoline, la guitare, l’accordéon ou encore le tambourin.

Les tarentelles ont en effet longtemps été associées à une pratique rituelle, dite thérapeutique, et que Gilbert Rouget considère comme un culte de possession. Les habitants du sud, essentiellement les femmes semble-t-il, qui se faisaient piquer par une tarentule devaient danser sur le rythme d'une tarentelle appropriée (il en existait plusieurs, chacune correspondant à une variété d'araignée) pour être guéris. Seule la danse les faisait sortir de leurs troubles.

Il n’y a pas qu’une tarentelle dans le sud de l’Italie, il y en a toute une famille mais elles ont toutes en commun d’avoir un rythme ternaire, comme la majorité des musiques de transe, du gnaoua au maloya réunionnais.

La tarentelle du Gargano représente une tradition unique dans le panorama des tarentelles du sud de l’Italie. Elle est née sur les hauts plateaux du nord des Pouilles, chez des chanteurs d’origine modeste, dont la vie a souvent connu toutes sortes d’épreuves.

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Signification Culturelle et Évolution Moderne

La tarentelle calabraise est plus qu'une simple danse folklorique ; c’est un lien vivant avec l’histoire et la culture de la région. À travers elle, les Calabrais expriment leurs émotions, leur joie, leur douleur, et leur espoir. Cette danse a aussi un rôle spirituel, notamment lors de certaines fêtes religieuses où la musique et la danse servent de forme de prière ou d’expression de dévotion.

Bien que profondément enracinée dans la tradition, la tarentelle calabraise a su évoluer et s’adapter au fil du temps. Aujourd'hui, elle est enseignée dans des écoles de danse et fait partie du patrimoine culturel calabrais. De plus, de nombreux groupes folkloriques et musiciens contemporains ont intégré la tarentelle dans leurs compositions, mêlant tradition et modernité, pour lui donner une nouvelle vie.

Aujourd’hui, le répertoire de la tarentelle est toujours très vivant et largement renouvelé grâce à des groupes locaux tels qu’Officina Zoé mais aussi grâce à un festival, La Notte della Taranta, un festival qui anime chaque année les nuits estivales de Salento au Sud de l’Italie. Depuis 1998, l’évènement est dédié à la redécouverte et à la valorisation de la musique traditionnelle de la région des Pouilles. Le festival confie chaque année à un compositeur la tâche de créer une pièce originale autour de la tarentelle.

Fondé en 1975 par Daniele et Rina Durante, le Canzoniere Grecanico Salentino avait à l’origine pour vocation de préserver les traditions orales et de récolter les témoignages des anciens des 13 villages qui forment la Grèce Salentine. Car le cœur de la taranta (ou pizzica) c’est la région du Salento, le talon de la botte italienne, région isolée où l’on parle encore le griko, un dialecte hérité du grec ancien.

Ainsi c’est incontestablement lui qui a repris l’archet, le tambourin et le chant pour faire vivre à son tour les tarentelles d’aujourd’hui. « Aujourd’hui, la formation est totalement renouvelée, tous les musiciens sont jeunes. Du groupe de mon père ne reste que le chanteur. Mauro et ses compagnons ont la chance d’évoluer dans une société (musicale) particulièrement mondialisée ; et qui dit mondialisation dit partage et échange culturel. De ce fait le Canzoniere Grecanico Salentino puise dans les rencontres faites sur les routes et donne lieu à des créations interculturelles aux mélodies enrichies. Ainsi, conjuguant tradition et modernité, musique de transe et ballades amoureuses, le Canzoniere Grecanico Salentino parvient à propulser la musique traditionnelle des Pouilles au-delà de ses frontières ancestrales.

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La tarentelle dans les Arts

Plusieurs compositeurs classiques ont incorporé des tarentelles à certaines de leurs compositions. Si vous aimez le piano alors vous fonderez pour la Tarentelle de Chopin ou celle Styrienne de Debussy. Et puis à côté de celles de Tchaïkovski, Stravinsky, Rossini, Szymanowski il faut aussi mentionner l’album Taranta Project d’un autre compositeur dont le nom finit par I à savoir Ludovico Einaudi.

Exposée au Salon 1799, notre tableau reçoit beaucoup d’acclamations. Chaussard note : « Toujours grand peintre dans la scène familière et animée. Au fond du tableau la mer. Sur le devant des groupes, qui vont, qui viennent, se croisent, se quittent, se reprennent. Ils dansent véritablement et leur joie est bruyante… Les peintres n’obtiennent cet effet qu’en forçant en gris les derniers plans. Ici tout est argentin et clair ; la lumière est répandue avec profusion. Qu’elle est donc cette magie et par quel secret de l’art…? C’est celui de Sablet, il l’a gardé pour lui seul. Comme il est supérieur à Vateau [sic]. La manière de Vateau était monotone et de convention; celle de Sablet est toujours brillante et vraie.»

Conclusion

La tarentelle calabraise est une expression vivante de la culture et de l’âme calabraise. Par son rythme frénétique et ses mouvements dynamiques, elle incarne la passion et l’histoire d’un peuple. Que ce soit lors des célébrations familiales ou des grandes fêtes, elle reste un pilier de l’identité locale, unissant les générations autour d’une tradition riche et vibrante. Dans un monde en constante évolution, la tarentelle continue d’inspirer, de divertir et de faire vibrer ceux qui la dansent et l'observent.

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