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L'expression "sergent mitrailleur" évoque immédiatement l'image d'un soldat jouant un rôle crucial dans le contexte des guerres du XXe siècle, notamment durant la Première Guerre mondiale. Pour mieux comprendre ce terme, il est utile d'explorer son synonyme et le contexte historique dans lequel il était employé.

"Hep! le mitrailleur": un appel direct

L'expression "Hep! le mitrailleur, l'oxygène, ça va?" illustre une interpellation directe, sans formalité, utilisée pour s'adresser à un mitrailleur. Ce type d'interjection était courant dans le langage militaire pour interpeller rapidement quelqu'un et lui signifier qu'il était demandé de faire quelque chose.

Voici quelques exemples d’utilisation du mot « Hep » :

  • « Hep! taxi! »
  • « Hep! sergent! »
  • « Hep! Arrêtez-vous. »
  • « − Hep là-bas! Montrez votre panier. »

La classe: un terme d'incorporation

Dans l'administration militaire, le terme "classe" désignait l'année prévue d'incorporation d'un homme appelé sous les drapeaux. La "classe 1915", par exemple, était formée des hommes nés en 1895 et dont l'incorporation était prévue au cours de l'année 1915. On retrouve cette notion dans des citations poignantes :

  • "[J’ai vu] un camarade complètement désemparé. Il était resté derrière la colonne, assis sur sa caisse de grenades en pleurant comme un gosse qui suppliait sa mère (...) Ne m’en voulez pas trop mon adjudant, je suis un pauvre gars de la classe 17 arrivé en renfort cet après-midi."
  • "La classe 17 va être recensée (...) mais je leur souhaite de tout coeur de ne jamais venir à ce spectacle, car vraiment, les commotions sont trop cruelles et l’on est témoin de choses atroces."
  • "La plupart de mes camarades de la classe 1915 y sont morts et de quelle façon! C’est inouï d’avoir sous les yeux un tel spectacle et de rester insensible malgré tout."

Colis: un lien vital avec l'arrière

Les combattants pouvaient recevoir des colis de l'arrière, généralement de leurs familles ou de marraines. Ces colis contenaient principalement des effets chauds et des produits alimentaires permettant d'améliorer l'ordinaire. Ces envois pouvaient donner lieu à des partages entre camarades, mais aussi à des vols et des jalousies. On peut lire dans des lettres de poilus :

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  • "Je reçois à l’instant un colis de papa avec une lettre du 16 (…) La ouate est une excellente idée, je ne vous dis rien du chocolat ! Ne vous plaignez pas que le colis ne soit pas assez gros ; je suis chargé comme un mulet, je n’ai de place nulle part, et vous voyez que la rapidité des communications me permettra de vous prévenir au besoin, sans que vous vous p éoccupiez d’avance."
  • "J’ai bien reçu ce matin le colis annoncé, il était en bon état, le sanglier était excellent. Moreau en a goûté ; il part toujours en permission le 17."

Colon: désignation argotique du colonel

Dans l'argot des combattants, le "colon" désignait le colonel commandant le régiment. Une citation illustre cet usage :

  • "Ma perm approche. Je vais à Vauxcastille, où est le 6e bataillon, pour la faire déposer chez le colon".

Compagnie: une unité de base

Une compagnie était une subdivision d'un bataillon, comprenant environ 150 hommes, commandée généralement par un lieutenant. Une citation témoigne de la réalité du terrain :

  • "A 3 heures, l’artillerie [française] cesse le feu, et une compagnie commence la descente du bois. Mais, à peine est-elle sortie qu’une grêle de balles arrive de toutes parts. Il fallait traverser un pré pour prendre le village qui se trouvait devant nous. Des mitrailleuses ennemies tiraient sur la compagnie qui venait de descendre. Mais elle n’était pas allée bien loin. Elle était là, à quelques mètres de nous, fauchée complètement par les balles."

L'émergence des armes automatiques

L'émergence d'une conception de la guerre contemporaine basée sur l'anéantissement physique de l'ennemi s'explique en partie par la normalisation des équipements capables de tirer en rafale, tels que les mitrailleuses, les pistolets-mitrailleurs ou encore les fusils d'assaut, et qui est elle-même basée sur des éléments techniques et des représentations sociales.

L’ambition de pouvoir produire des armes capables de tirer sur un mode automatique est loin d’être un phénomène contemporain. Au XVIe siècle déjà, on s’interroge sur la possibilité de récupérer l’énergie produite lors du tir afin de réamorcer une arme.

La mitrailleuse Gatling

En 1851, le terme « mitrailleuse » est forgé par le capitaine belge Fafschamps qui conçoit une arme basée sur un barillet activé manuellement. Pour la postérité, la « première » mitrailleuse est celle de l’Américain Richard Gatling. La Gatling gagne rapidement en célébrité, y compris en dehors des frontières américaines.

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En dépit de cette notoriété, les militaires se montrent circonspects vis-à-vis de cette nouvelle arme. Lors de la guerre de Sécession, par exemple, les Nordistes ne lui font guère confiance. Il est vrai que les premières mitrailleuses ne sont pas toujours fiables sur le plan technique.

La mitrailleuse parvient néanmoins à s’imposer dans deux domaines :

  1. Aux États-Unis du côté de la Garde Nationale ou du patronat lors de conflits sociaux.
  2. Déployée dans les colonies par plusieurs pays européens.

L'amélioration des mitrailleuses

Progressivement, leurs concepteurs les améliorent et elles deviennent de plus en plus meurtrières. À partir des années 1890, les armes s’améliorent encore sur le plan technique. En 1898, les Britanniques recourent entre autres à leurs mitrailleuses lors de la bataille d’Omdurman au Soudan. Ils tuent 10 883 Derviches et en blessent 16 000, alors qu’ils ne perdent eux-mêmes que 28 soldats.

C’est également à la fin du XIXe siècle qu’une nouvelle génération de mitrailleuses voit le jour. Ce sont des engins qui fonctionnent grâce à un mécanisme de recyclage des gaz. Cette technique s’incarne matériellement avec la mitrailleuse de l’Américain Hiram Maxim (qui porte son nom). C’est le début du tir en rafale automatique. Avec l’emploi de ces armes, certains commentateurs en viennent à parler d’exécution plutôt que de guerre.

Impact et perception des mitrailleuses

L’inventeur de la Gatling confère une conception économique à sa création. Selon lui, grâce à sa mitrailleuse, les armées ont eu besoin de moins d’hommes pour faire la guerre. Plus encore, cette arme doit augmenter l’efficacité des armées et, de ce fait, contribuer à réduire la durée des conflits. Dès lors, la mitrailleuse se présente, toujours selon ses concepteurs, comme une arme qui « humanise » le conflit.

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Dans la réalité, comme la première partie du XXe siècle en atteste, la prolifération de mitrailleuses et d’autres armes automatiques ne réduit ni la durée de guerre, ni les effectifs militaires. Les armes automatiques participent au processus qui transforme la guerre en une célébration du gaspillage humain et matériel.

La vie dans les tranchées

La Première Guerre mondiale est souvent associée à la guerre de tranchées, un type de conflit où les armées s'enterrent dans des réseaux complexes de tranchées, séparées par une zone dangereuse appelée "no man's land".

De semaine en semaine le réseau essentiel des tranchées se complète : petits postes tendus comme des antennes vers l'ennemi. Le réseau défensif s’organise en profondeur. L'ensemble de ligne constitue une position.

Le quotidien des soldats

La vie quotidienne dans les tranchées était extrêmement difficile, marquée par la boue, les rats, les maladies et la constante menace de bombardements et d'attaques ennemies.

Voici quelques aspects de la vie quotidienne des soldats :

  • Corvée: Désignation générale de tous les travaux pénibles susceptibles d’être effectués par les combattants, au front comme au cantonnement.
  • Coup de main: Opération restreinte et le plus souvent nocturne dans la tranchée de première ligne adverse, destinée avant tout à faire des prisonniers.
  • Contrôle postal: Système de contrôle du courrier des soldats, menant souvent à l'autocensure.

Tableau récapitulatif des termes et expressions

Terme/Expression Définition/Contexte
Hep! le mitrailleur Interpellation directe, sans formalité, utilisée pour s'adresser à un mitrailleur.
Classe Année prévue d'incorporation d'un homme appelé sous les drapeaux.
Colis Envois de l'arrière contenant des effets chauds et des produits alimentaires.
Colon Désignation argotique du colonel commandant le régiment.
Compagnie Subdivision d'un bataillon, comprenant environ 150 hommes.
Corvée Travaux pénibles effectués par les combattants.
Coup de main Opération nocturne dans la tranchée adverse pour faire des prisonniers.

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