L'expression "sergent mitrailleur" évoque immédiatement l'image d'un soldat jouant un rôle crucial dans le contexte des guerres du XXe siècle, notamment durant la Première Guerre mondiale. Pour mieux comprendre ce terme, il est utile d'explorer son synonyme et le contexte historique dans lequel il était employé.
L'expression "Hep! le mitrailleur, l'oxygène, ça va?" illustre une interpellation directe, sans formalité, utilisée pour s'adresser à un mitrailleur. Ce type d'interjection était courant dans le langage militaire pour interpeller rapidement quelqu'un et lui signifier qu'il était demandé de faire quelque chose.
Voici quelques exemples d’utilisation du mot « Hep » :
Dans l'administration militaire, le terme "classe" désignait l'année prévue d'incorporation d'un homme appelé sous les drapeaux. La "classe 1915", par exemple, était formée des hommes nés en 1895 et dont l'incorporation était prévue au cours de l'année 1915. On retrouve cette notion dans des citations poignantes :
Les combattants pouvaient recevoir des colis de l'arrière, généralement de leurs familles ou de marraines. Ces colis contenaient principalement des effets chauds et des produits alimentaires permettant d'améliorer l'ordinaire. Ces envois pouvaient donner lieu à des partages entre camarades, mais aussi à des vols et des jalousies. On peut lire dans des lettres de poilus :
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Dans l'argot des combattants, le "colon" désignait le colonel commandant le régiment. Une citation illustre cet usage :
Une compagnie était une subdivision d'un bataillon, comprenant environ 150 hommes, commandée généralement par un lieutenant. Une citation témoigne de la réalité du terrain :
L'émergence d'une conception de la guerre contemporaine basée sur l'anéantissement physique de l'ennemi s'explique en partie par la normalisation des équipements capables de tirer en rafale, tels que les mitrailleuses, les pistolets-mitrailleurs ou encore les fusils d'assaut, et qui est elle-même basée sur des éléments techniques et des représentations sociales.
L’ambition de pouvoir produire des armes capables de tirer sur un mode automatique est loin d’être un phénomène contemporain. Au XVIe siècle déjà, on s’interroge sur la possibilité de récupérer l’énergie produite lors du tir afin de réamorcer une arme.
En 1851, le terme « mitrailleuse » est forgé par le capitaine belge Fafschamps qui conçoit une arme basée sur un barillet activé manuellement. Pour la postérité, la « première » mitrailleuse est celle de l’Américain Richard Gatling. La Gatling gagne rapidement en célébrité, y compris en dehors des frontières américaines.
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En dépit de cette notoriété, les militaires se montrent circonspects vis-à-vis de cette nouvelle arme. Lors de la guerre de Sécession, par exemple, les Nordistes ne lui font guère confiance. Il est vrai que les premières mitrailleuses ne sont pas toujours fiables sur le plan technique.
La mitrailleuse parvient néanmoins à s’imposer dans deux domaines :
Progressivement, leurs concepteurs les améliorent et elles deviennent de plus en plus meurtrières. À partir des années 1890, les armes s’améliorent encore sur le plan technique. En 1898, les Britanniques recourent entre autres à leurs mitrailleuses lors de la bataille d’Omdurman au Soudan. Ils tuent 10 883 Derviches et en blessent 16 000, alors qu’ils ne perdent eux-mêmes que 28 soldats.
C’est également à la fin du XIXe siècle qu’une nouvelle génération de mitrailleuses voit le jour. Ce sont des engins qui fonctionnent grâce à un mécanisme de recyclage des gaz. Cette technique s’incarne matériellement avec la mitrailleuse de l’Américain Hiram Maxim (qui porte son nom). C’est le début du tir en rafale automatique. Avec l’emploi de ces armes, certains commentateurs en viennent à parler d’exécution plutôt que de guerre.
L’inventeur de la Gatling confère une conception économique à sa création. Selon lui, grâce à sa mitrailleuse, les armées ont eu besoin de moins d’hommes pour faire la guerre. Plus encore, cette arme doit augmenter l’efficacité des armées et, de ce fait, contribuer à réduire la durée des conflits. Dès lors, la mitrailleuse se présente, toujours selon ses concepteurs, comme une arme qui « humanise » le conflit.
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Dans la réalité, comme la première partie du XXe siècle en atteste, la prolifération de mitrailleuses et d’autres armes automatiques ne réduit ni la durée de guerre, ni les effectifs militaires. Les armes automatiques participent au processus qui transforme la guerre en une célébration du gaspillage humain et matériel.
La Première Guerre mondiale est souvent associée à la guerre de tranchées, un type de conflit où les armées s'enterrent dans des réseaux complexes de tranchées, séparées par une zone dangereuse appelée "no man's land".
De semaine en semaine le réseau essentiel des tranchées se complète : petits postes tendus comme des antennes vers l'ennemi. Le réseau défensif s’organise en profondeur. L'ensemble de ligne constitue une position.
La vie quotidienne dans les tranchées était extrêmement difficile, marquée par la boue, les rats, les maladies et la constante menace de bombardements et d'attaques ennemies.
Voici quelques aspects de la vie quotidienne des soldats :
| Terme/Expression | Définition/Contexte |
|---|---|
| Hep! le mitrailleur | Interpellation directe, sans formalité, utilisée pour s'adresser à un mitrailleur. |
| Classe | Année prévue d'incorporation d'un homme appelé sous les drapeaux. |
| Colis | Envois de l'arrière contenant des effets chauds et des produits alimentaires. |
| Colon | Désignation argotique du colonel commandant le régiment. |
| Compagnie | Subdivision d'un bataillon, comprenant environ 150 hommes. |
| Corvée | Travaux pénibles effectués par les combattants. |
| Coup de main | Opération nocturne dans la tranchée adverse pour faire des prisonniers. |
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