Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) publie régulièrement des bilans statistiques sur l'insécurité et la délinquance en France. Ces ouvrages, axés sur les tendances nationales, sont complétés par des analyses des dynamiques territoriales, y compris en Outre-mer.
En 2024, plusieurs tendances se dégagent en matière de délinquance enregistrée:
Il faut préciser que ces données et leurs commentaires ne concernent que les infractions commises en France métropolitaine. La rubrique « homicides réalisés » comptabilise, pour l’année 2024, un total de 980 faits. On en avait comptabilisé 816 en 2020, 881 en 2021, 959 en 2022 et 1010 en 2023. Si la progression a donc été stoppée en 2024, le chiffre global reste important, puisque environ trois homicides sont désormais commis chaque jour en France.
Laurent Wauquiez a estimé que la France était "l'un des pays les plus violents d'Europe", avec "le plus de violences par armes à feu, d'agressions".
Globalement, Laurent Wauquiez dit vrai. La France fait en effet partie des pays les plus violents d'Europe, selon les dernières données disponibles sur Eurostat. En 2022, la France était même le pays où le plus d'actes violents ont été enregistrés par les forces de l'ordre.
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Eurostat a répertorié la quantité de 21 types d'infractions par pays d'Europe en 2022. La France est le deuxième pays où il y a eu le plus d'infractions - près de 2,9 millions - en valeur absolue et le septième pays si l'on rapporte ces infractions au nombre d'habitants.
Après addition des faits de violences, la France arrive en tête du classement des pays qui ont recensé le plus de faits de violences en 2022, aussi bien en valeur absolue - 650 000 actes - qu'en proportion du nombre d'habitants - près de 1 000 actes violents pour 100 000 habitants.
Néanmoins, il faut prendre ces chiffres avec précaution, notamment parce que tous les pays et tous les systèmes judiciaires ne définissent pas forcément tous les crimes et délits de la même façon.
En revanche, le député LR de Haute-Loire se trompe sur les violences par armes à feu. En réalité, il existe peu de comparaisons européennes détaillées des violences selon le type d'armes utilisées et, surtout, les données sont très mal consolidées pour la France.
Les dernières données disponibles sur la violence par armes à feu en France se trouvent dans un rapport de l'Institut flamand pour la Paix mais ne vont que jusqu'à 2014. Cette étude montre que le taux d'homicides par arme à feu a diminué en France entre 2000 et 2014, passant de 0,6 meurtres par arme à feu pour 100 000 habitants en 2000 à près de 0,2 en 2014.
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Il est impossible de savoir si, depuis, la baisse des homicides par arme à feu a continué, si les choses se sont stabilisées ou si elles sont reparties à la hausse.
En France, tuer par arme blanche est le mode opératoire le plus fréquent. Selon le document consulté, les homicides par arme blanche sont principalement commis dans un contexte d'altercation entre connaissances. Viennent ensuite ceux qui se produisent dans la sphère familiale (35%) et plus spécifiquement dans le couple (22%).
Par ailleurs, depuis 2019 la totalité des actes terroristes ont été commis à l'aide d'une arme blanche et 58% des homicides liés aux rivalités entre bandes.
Concernant le profil des victimes, elles sont plutôt jeunes (38 ans en moyenne) et sont connues des services de police dans 46% des cas. Les mis en cause pour homicide par arme blanche sont de leur côté majoritairement des hommes (87% des cas) plutôt jeunes (33 ans en moyenne).
Selon le dernier rapport de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, en 2020, on dénombrait 120 attaques au couteau par jour en France.
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Entre 1994 et 2013, 3 137 personnes au total ont été tuées volontairement à Paris, selon l'institut médico-légal. Parmi elles, on compte 2 112 hommes et 1 025 femmes, et 349 de victimes mineures.
Le taux d'hommes victimes a largement baissé en vingt ans : il est passé de 7,4 pour 100 000 hommes à 2 pour 100 000 hommes, soit 70 % de moins. Du côté des femmes, l'évolution est aussi positive : le nombre de victimes recensées par l'IML a été quasiment divisé par deux en vingt ans, passant de 2,4 cas pour 100 000 femmes en 1994 à 1,8 pour 100 000 femmes en 2013.
D'après les autopsies pratiquées par l'IML de Paris depuis vingt ans, 1 849 victimes ont succombé suite à une blessure par arme, quelle qu'elle soit, soit 58,9 % du total. Les armes blanches ont été utilisées à 977 reprises et les armes à feu - le plus souvent des carabines ou fusils de chasse - dans 872 cas.
Selon le criminologue et responsable de l'ONDRP, Christophe Soullez, « on tue moins en France qu'aux siècles précédents. Nous sommes dans une société qui se pacifie de ce point de vue. »
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