Envie de participer ?
Bandeau

Depuis quelques temps, la découverte d'obus datant de la Première Guerre mondiale dormant dans les souterrains du fort de Bessoncourt, près de Belfort, suscite de vives discussions.

Découverte et Réactions Initiales

La découverte a été faite au mois d’août « par hasard » par un proche de l’ancien président de l’association des Amis du fort, Alain Haudiquet, décédé accidentellement en travaillant sur le site. Certaines sources annoncent le chiffre record de 3.000 pièces.

La présidente de la Caponnière, Christiane Gosset, est tombée de haut en apprenant la nouvelle. Elle a reçu un courrier l'informant que le fort ne pouvait plus être accessible au public, y compris aux associations qui s’y réunissent.

Selon un spécialiste de cette période, « Les obus de 1914, s’ils étaient à gaz, pouvaient contenir de l’ypérite, le fameux gaz moutarde ».

Réaction des Autorités

Le maire de Bessoncourt, Guy Mouilleseaux, refuse de se montrer alarmiste, soulignant que la préfecture était au courant des munitions depuis l'achat du fort en 1992. De même, le cabinet du préfet reconnaît que la présence des munitions était vraisemblablement connue depuis 1998, et que les experts avaient estimé à l’époque qu’il n’y avait aucun risque à les laisser sur place.

Lire aussi: En savoir plus sur les stands de tir souterrains

Depuis le 9 octobre, l’accès à l’ouvrage de 1880 est strictement interdit, une « mesure de prévention » selon le maire. Il précise qu'il ne rouvrira pas le fort tant que la commission de sécurité n’aura pas donné un avis favorable. La directrice de cabinet du préfet ajoute que le dossier est géré avec la sécurité civile et le service de déminage de Colmar, et qu'une réunion technique est programmée.

Mesures de Sécurité et Évacuation

Malgré l’absence de risque évoquée, l’évacuation des obus est à l’ordre du jour. Une équipe de déminage de la sécurité civile de La Rochelle est intervenue.

Découvertes Similaires et Prévention

La découverte d'engins de guerre est fort heureusement rare. Evolis 23 rappelle qu'il est formellement interdit de déposer en déchèterie des armes ou des munitions. Si vous découvrez un obus, des munitions ou des armes à feu, il faut immédiatement le signaler à la gendarmerie ou à la police.

C'est une opération d'envergure qui se prépare ce lundi à Moulin-sous-Touvent. Après la découverte le week-end dernier de 3 tonnes de munitions datant de la Première Guerre mondiale chez un particulier, une cinquantaine d'habitants de ce village qui en compte un peu plus de 200 seront évacués. L'intervention des démineurs est prévue de 9 à 17 heures et pourrait se poursuivre mardi, si besoin.

« Ces munitions, qui se trouvent à proximité d'une habitation, seront déplacées vers Nampcel, en bordure de forêt, afin d'être détruites, précise la préfecture. Un périmètre sera établi dans un rayon de 220 mètres autour des munitions et de 500 mètres autour de leur lieu de neutralisation. L'accès y sera strictement interdit et fera l'objet de contrôles par les forces de gendarmerie. »

Lire aussi: Choisir son Pistolet d'Alarme

Enjeux Environnementaux et Responsabilité

Robin des Bois mène campagne depuis la fin des années 1980 contre les sols et les eaux pollués par les activités humaines. L’une des plus anciennes activités humaines, c’est la guerre. Les déchets de guerre sont des munitions larguées ou tirées qui n’ont pas explosé à l’impact ou au moment voulu par leur horlogerie interne.

Pendant les deux guerres mondiales, il est estimé qu’entre 10 et 20% des bombes et obus n’ont pas fonctionné. Ces UXO (Unexploded Ordnance) ou « Duds » (ratés) ont en temps de guerre épargné des vies. Mais après la guerre, ils tuent encore, ils aggravent insidieusement les pollutions environnementales et provoquent des perturbations sociales. La responsabilité des pollueurs n’est pas engagée, mais elle est à l’agenda de Robin des Bois.

L’association publie un inventaire des découvertes de déchets de guerre dans quatre régions françaises, les Hauts-de-France, le Grand-Est, la Bourgogne-Franche-Comté et l’Ile-de-France entre janvier 2012 et fin avril 2018. Pour la première fois, une démarche parallèle a été menée dans trois Länder allemands, Berlin, Brandebourg et Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Cet inventaire ne prétend pas à l’exhaustivité.

En Allemagne, les interventions des démineurs après les découvertes sont plus rapides qu’en France et la détection préventive préalable aux chantiers de construction et d’aménagement est systématique dans les zones polluées.

La diversité des munitions conventionnelles et chimiques est telle que les services officiels de déminage se sont dotés au fil du temps d’un manuel d’identification régulièrement mis à jour. L’identification préalable à la neutralisation des munitions est d’autant plus difficile qu’elles sont souvent déformées, amputées, rouillées, recouvertes d’une gangue de terre ou de vase ou colonisées par des mousses végétales.

Lire aussi: Comparatif des munitions 22LR

Les vestiges de guerre sont des monstres de mimétisme. Ils ont une étonnante capacité à se fondre dans la géologie ou l’hydrologie locale et dans les couleurs de la saison.

Exemples de Découvertes de Munitions

Plusieurs découvertes de munitions de la Première Guerre mondiale ont été recensées dans diverses régions. Voici quelques exemples :

  • Quessy (02) : Au Bois des Moines, 2 obus d'origine anglaise pesant 120 kg chacun.
  • Saint-Quentin (02) : Un obus de 60 cm de long et 50 kg découvert lors de travaux.
  • Fleury (02) : Découverte d'un obus chimique à l'ypérite, nécessitant l'évacuation et le confinement des habitants.
  • Château-Thierry (02) : Un obus coincé dans une souche d'arbre.
  • Samoussy (02) : Un obus de la Seconde Guerre mondiale contenant 182 kg de TNT découvert dans le bois du Cathare.
  • Bernot (02) : Un obus de 17 cm de large et 65 cm de long découvert lors de travaux de terrassement.

Le Cas du Winterbergtunnel à Craonne

Durant l’année 1916, l’état-major allemand donne l’ordre de fortifier les positions du Chemin des Dames. En plus de l’aménagement de nombreuses carrières souterraines, une vingtaine de tunnels sont aussi creusés sous le plateau pour permettre la communication vers les différentes positions mais aussi pour protéger les réserves en hommes, matériels et munitions.

Le Reserve Infanterie Regiment Nr. 111 (RIR 111) est envoyé en renfort au Chemin des Dames le 19 avril en passant par Sissonne, jusque Saint-Erme, depuis la gare de Wassigny, soit une marche à pied de 75 kilomètres en deux jours. Dans la nuit du 20 au 21, il occupe la position jusqu’alors tenue par le 4e régiment de réserve bavarois, au plateau de Californie (appelé Winterberg par les Allemands).

Deux compagnies qui ne trouvèrent pas de place sont installées dans le Winterbergtunnel. C’était une galerie souterraine de 260 mètres de long qui était en partie inachevée et disposait sur son extrémité sud de deux sorties de secours. L’air était amené par quelques cheminées verticales dotées de pompes alimentées par un générateur électrique.

Le 4 mai à 10h du matin, commença un tir très violent d’artillerie dirigé par des avions français, contre le Winterberg et son tunnel. A 11h45, l’entrée nord du tunnel fut touchée par un obus de 370 mm. L’explosion mit le feu à un stock de munitions et de fusées éclairantes. La fumée mélangée au gaz se propagea vers l’intérieur du tunnel et menaçait d’étouffement les soldats de la 10e et de la 11e compagnie. On ordonna l’évacuation du tunnel. L’état-major du régiment pu sortir, mais les hommes des deux compagnies restèrent bloqués à l’intérieur à cause des effondrements.

Selon les estimations, environ 80 hommes ont pu être sauvés par les pionniers et les brancardiers à la faveur de la nuit tombée dans le tunnel. Les autres succombèrent à une horrible mort par asphyxie, par la soif ou se suicidèrent de désespoir. Rien que dans le tunnel du Winterberg, c’est environ 100 à 150 hommes qui disparaissent.

En 1927, un monument est érigé dans un parc de la ville de Stockach à la mémoire des soldats morts du RIR 111 durant la Grande Guerre.

Enjeux de Mémoire et Fouilles Archéologiques

Si la catastrophe du 5 mai 1917 est un fait avéré par les sources, il n’en demeure pas moins que la mise en lumière de la tragédie pose la question de la légitimé de l’exhumation des corps. Au regard de l’archéologie de la Grande Guerre, il appartient aux archéologues de se prononcer sur la pertinence de fouiller ce tunnel et ce qu’un tel projet pourrait apporter à la science, mais aussi de déterminer sa dangerosité.

Saisis par les autorités françaises, les représentants allemands du Volksbund Deutsche Kriegsgräberfursorge e.V. se sont emparés de l’histoire de ce site, en collaboration avec les partenaires français (l’ONACVG et la DRAC) et ont entrepris des fouilles sur place du 26 au 29 avril 2021. La fouille rigoureuse menée en avril 2021 ne mis au jour aucun corps, laissant en suspens la question de la mémoire des hommes demeurant dans le tunnel.

Aujourd’hui, cent ans après cette tragédie, l’histoire du Winterbergtunnel est devenue un enjeu de mémoire : les restes des soldats doivent-ils être exhumés et enterrés dans une nécropole militaire, ou doit-on condamner le tunnel et le considérer comme leur dernière demeure, comme beaucoup d’autres soldats encore présents dans la terre de Craonne ?

Un monument ou une stèle dédié aux soldats allemands morts dans ces galeries pourrait ainsi permettre de leur rendre hommage tout en sanctuarisant un peu plus le site de Craonne, en tant que lieu de mémoire partagé et lieu de sépulture commun.

Pollutions de Guerre et Sites Toxiques

C'est une clairière dans la forêt de Spincourt, à quelques kilomètres au nord-est de Verdun, où rien ne pousse depuis près de cent ans. 200 000 obus chimiques à croix bleues y ont été incinérés entre 1926 et 1928, répandant dans le sol plus de seize tonnes d'arsenic et autres métaux lourds. Le nom de cette clairière, « la Place à Gaz », fait froid dans le dos. Sa quantité d'arsenic est suffisante pour tuer tous les habitants d'une grande ville. Un secret révélé seulement en 2004, à l'occasion de l'étude du site par des universitaires allemands.

En Allemagne, la question des pollutions de guerre et de leurs impacts environnementaux est explorée depuis une quinzaine d'années, sous l'égide d'un groupe de travail spécifique de niveau national. En France, la découverte de cette clairière dont la toxicité était inconnue des riverains a conduit les autorités à en savoir davantage. C'est le Bureau de recherche géologique et minière (BRGM) qui a été chargé en 2014 d'exhumer l'histoire de ce lieu et d'enquêter sur l'existence éventuelle d'emplacements identiques.

Découvertes par l'Association ASAP 14-18

Passionnés par la 1ère Guerre mondiale, des membres de l'association ASAP 14-18 ont mis au jour une galerie de mines allemande dans l'Oise, qui n'avait pas été ouverte depuis 106 ans. C'est la 5e découverte en moins de deux ans.

Composée de passionnés par la 1ère Guerre mondiale, l'association ASAPE 14-18 mène de vrais travaux de recherches historiques pour retrouver ces souterrains de soldats, abris, dépôts de munitions, lieux de vie. Ils découvrent les traces du passage des soldats et transmettent cette période au plus grand nombre. Leur objectif : "toucher du doigt l'Histoire".

Autorisés par les archéologues professionnels de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC), les membres de cette association n'ont pas chômé depuis octobre 2019. Ils ont découvert un nouveau souterrain en août 2021. C'est la cinquième découverte en moins de deux ans.

Leur champ d'action se porte sur la bataille de Quennevières à 10 kilomètres autour de Puisaleine et ses environs.

Reconstitution et Visites de Tranchées

Le musée de la Grande Guerre propose une expérience immersive avec une tranchée reconstituée. Implantée au coeur du parc du musée, entre les deux piliers fichés dans la colline sur laquelle est construit le bâtiment, la tranchée joue un rôle essentiel dans la découverte du musée. De par sa situation, elle constitue un élément central du parcours de visite.

Le parcours du visiteur débute depuis la coursive Ouest du musée, en surplomb par rapport au dispositif de tranchée. Le public est accueilli comme s’il était lui-même une nouvelle recrue et invité à prendre connaissance du champ de bataille avant d’y pénétrer. Cette présentation se fait donc à l’arrière de la seconde ligne et « face à l’ennemi ».

Sur un cheminement de caillebotis au sol, inspiré des aménagements des fonds de tranchées mais adaptés aux contraintes des espaces publics et accessibles aux PSH, le visiteur découvre un décor de tranchée hyperréaliste. Une ambiance sonore - explosions, sifflements des balles, cris - accompagne le visiteur dans son parcours.

Éléments d'une Tranchée

Dès la fin 1914, la guerre de position montre l’utilité d’une artillerie spéciale pouvant être employée dans les tranchées, à courte portée et encombrement relativement réduit mais tirant des projectiles puissants en tir vertical.

La guerre souterraine consiste à creuser des galeries de sapes sous les positions de l’adversaire et à la détruire à l’aide d’explosifs. Ces dispositifs s’intègrent dans le dessin du profil des tranchées.

Ils intègrent un parapet et un parados. Le parapet est un rebord qui protège la tranchée contre les tirs ennemis. Le parados protège les combattants sur les arrières.

La cagna est un abri de première ligne qui protège uniquement des intempéries. Le poste d’écoute est souvent porté en avant du réseau de fil de fer.

Le no man’s land désigne la zone neutre, ravagée et inhabitée, entre les positions des deux adversaires. Les défenses accessoires sillonnent le no man’s land, principalement les fils de fer.

Les feuillées sont des latrines de campagne rudimentaires dissimulées sous des branchages. On y accède par un boyau spécial.

L’abri est au coeur de la vie quotidienne des soldats : les hommes vivent dans l’abri, et c’est à sa qualité que les soldats doivent leur survie. On trouve une grande diversité d’abris, du trou sommaire recouvert d’une bâche ou toile de tente à l’installation souterraine profonde, parfois sur plusieurs niveaux, plus confortable, disposant parfois de l’électricité et qui peut être bétonnée.

tags: #souterrain #munition #première #guerre #mondiale

Post popolari: