Le Charles de Gaulle, fleuron de la Marine française, est un navire capable d’envoyer des Rafale partout dans le monde. Après huit mois d’entretien à Toulon, le porte-avions français a repris la mer en début d’année. Avant de repartir en mission, le Charles-de-Gaulle passe par une « montée en puissance » en Méditerranée, une étape visant à vérifier le matériel et à apprendre à travailler de concert.
Dans les coursives, les haut-parleurs crachotent et annoncent un « pont libre ». Alors que l’aube pointe en ce début février, les marins sont autorisés à prendre l’air sur le pont du « Charles-de-Gaulle », qui se remplit rapidement. En short et baskets, des joggeurs multiplient les allers-retours devant trois Rafale fixés au sol. Ailes triangulaires et becs acérés, ils ressemblent à des rapaces prêts à s’envoler. Des coups de feu claquent. En contrebas, dans le hangar, on aperçoit des fusiliers, chargés de la protection du bateau, qui s’entraînent au tir sur des cibles placées dos à la mer. Mais on travaille aussi sur le pont. Dans un étrange ballet, des hommes et femmes casqués s’affairent autour des avions, des catapultes qui assurent les décollages et des brins d’arrêt, ces impressionnants filins nécessaires au retour des engins.
Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a révélé que le Charles de Gaulle ou d'autres frégates ont été déployés alors que leur soute de munitions était "loin de la cible normalement prévue pour assurer la mission". Et ce, "pendant des années".
Lors de son audition devant la commission de la défense et des forces armées du Sénat, Sébastien Lecornu a déclaré : "On n'envoie pas une frégate sans ces missiles". Il a ensuite ajouté : "Maintenant, il faut le dire, pendant des années, certains chefs des armées acceptaient que le Charles de Gaulle ou certaines frégates partent en mission avec des soutes à munitions loin de la cible normalement prévue pour assurer la défense ou la mission".
Sur LCI, le général Michel Yakovleff a confirmé : "D'une façon générale, nos armées ont été sous-dotées en munitions pendant 30 ans parce que c'était une variable d'ajustement facile". Il a expliqué que les coupes budgétaires ont affecté les munitions, car "ce ne sont pas les bateaux, parce que ça se voit trop. Ce ne sont pas les chars, ni les hélicoptères, ni les Rafale. Ce sont les munitions".
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Le Charles de Gaulle a plusieurs missions/rôles :
Sur le pont d’envol, la couleur des tenues des marins correspond à une fonction précise :
Pour se poser sur le porte-avions, les aéronefs pratiquent l’appontage. Ce dernier est possible si les pilotes parviennent à attraper un des trois brins d’arrêt hydrauliques avec la crosse située sous l’aéronef. Chacun des trois brins d’arrêt porte un nom hérité de la mythologie grecque :
Le Charles de Gaulle a participé à de nombreuses missions, notamment :
Il est prévu que le Charles de Gaulle quitte le service actif en 2038, remplacé par un porte-avions de nouvelle génération (PANG), plus grand, performant et puissant.
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Chaque matin, les pilotes, mécaniciens et matelots arpentent méticuleusement les 12 000m² du pont d’envol pour la cueillette qui consiste à ramasser d’éventuels débris qui gêneraient.
Le décollage des aéronefs est permis grâce à deux catapultes à vapeur (CATOBAR) d’une longueur de 75 mètres qui permettent de lancer un aéronef de 25 tonnes à 270 kilomètres/heure en 2 secondes (4 à 5 g d’accélération) toutes les 30 secondes. Un hangar de 4000m² pour entretenir et stocker les aéronefs qui emploie plus de 300 techniciens 24 heures sur 24.
Le porte-avions est un aérodrome capable de se déplacer de 1 000 kilomètres par jour pendant des mois. Il dispose de deux pistes de décollage à l'avant (les catapultes), d'une piste d'atterrissage à l'arrière (avec les trois brins d'arrêt), d'un hangar où les mécaniciens et les électroniciens entretiennent et réparent les 40 aéronefs.
Le premier décollage d'un avion en mer a eu lieu à titre expérimental en 1910 à bord du croiseur américain Birmingham. C'est un biplan Curtiss, piloté par Eugene Ely, qui a réalisé l'exploit. Le premier navire transformé en "porte-hydravions" est le croiseur auxiliaire Foudre en aout 1912. Au début de la première guerre mondiale, la Foudre mettait en œuvre des hydravions, utilisés pour la reconnaissance et comme éclaireurs. Ils n'étaient pas réellement armés, mais pouvaient participer aux réglages des tirs de grosses artilleries des cuirassés.
La seconde guerre mondiale a démontré l'importance tactique et stratégique du porte-avions. A compter du 6 juin 1942, le porte-avions est devenu la pièce maitresse des grandes marines.
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La France a déjà eu huit porte-avions.
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