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L'expression "sortir le gros gamos" est une formule populaire, souvent entendue dans le rap français. Soprano, par exemple, l'utilise sur "En feu" en clamant qu'il n'est pas le dernier à faire la fête et à sortir le "gros gamos" pour aller sur la piste de danse. Mais d'où vient cette expression et que signifie-t-elle réellement ?

Origine et Définition

Gamos est un mot d'argot qui signifie voiture. Il vient de "gamelle", un terme argotique utilisé pour désigner les cylindres d'un moteur à explosion. Bien que "gamelle" et "voiture" soient des noms féminins, "gamos" est curieusement employé au masculin.

Ainsi, "sortir le gros gamos" signifie sortir une voiture de luxe, souvent associée à une image de succès et de fête. Cette expression est fréquemment utilisée dans le rap pour décrire un style de vie opulent.

Utilisation dans le Rap Français

Les rappeurs français utilisent souvent cette expression, car ils ne sont pas du genre à respecter la loi. C'est ce qu'on comprend dans leurs textes. Dans la vraie vie, ils en ont aussi besoin pour gérer leurs contrats, les éventuels conflits avec les maisons de disque, les labels. Le rappeur fait référence lorsqu'ils ont un problème, ils ont déconné, fait un braquage, dépasser la vitesse limite à bord d’un gros gamos, ou même carrément se sont fait chopper à bibi.

Le Langage des Jeunes et l'Évolution du Lexique

Il faudrait plutôt rédiger un article sur LES langages des jeunes, puisqu’en fonction de leur lieu d’habitation, de leur situation sociale (et éventuellement professionnelle), de leur âge et de leur origine (qu’il s’agisse de la ville, de la région et/ou du pays), les jeunes n’ont évidemment pas tous le même lexique, ni la même syntaxe. Assez curieusement, des mots issus du verlan des années 1990, ou d’un argot parfois ancien, sont toujours utilisés, mais de nombreux nouveaux termes sont apparus ces dernières années, voir ces derniers mois.

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Ces mots sont issus de contractions, de verlan (des mots dont les syllabes sont inversés, comme « chanmé » ou « laisse béton »), d’autres langues (anglais, arabe du Maroc ou d’Algérie, langues africaines), et ils contribuent à enrichir la langue française, et à marquer une époque. Il faut souvent noter une distinction entre ceux surtout utilisés à l’oral, et d’autres exclusivement à l’écrit - comprenez, sur les forums internet et les réseaux sociaux ou pour les SMS.

Quelques Termes Populaires Parmi les Jeunes

  • Babtou: Homme blanc, européen.
  • Bae: Désigne le/la petit(e) ami(e).
  • Balec, balek, blc: Abréviation de l’expression fleurie « je m’en bats les c… »
  • Belek: Signifie « attention ». Issu de l’arabe.
  • Cimer: Verlan de merci.
  • De fou et sa variante en verlan « de ouf »
  • Fake: Faux, bidon, simulé.
  • Garo: Cigarette.
  • Gow: Affectueux.Désigne une (des) bonne(s) copine(s), voire sa meilleure amie.
  • Jpp: Abréviation de « j’en peux plus« .
  • Keum: Verlan de « mec ».
  • Khey/Khoya: Frères.
  • Mdr: Abréviation de « mort de rire ».
  • Meuf: Verlan de « femme ».
  • Miskine, parfois abrégé en msk.
  • My god, oh my god, OMG: en anglais « Mon dieu », « Ho mon dieu ».
  • No rage ou « noraj »: essentiellement utilisé sur les forums internet, dans le but de demander à son interlocuteur de ne pas s’énerver, ou de se calmer.
  • Poucave: une poucave, c’est une balance, un mouchard, bref quelqu’un qui dénonce autrui.Terme issu du romani.
  • Rageux: un individu qui dépense du temps et de l’énergie pour TOUT critiquer et en profiter pour agresser les autres, sur internet essentiellement (commentaires sur les sites d’actu, réseaux sociaux, Youtube, etc).
  • Rodave: signifie surveiller, observer, ou encore (se faire) surprendre/attraper.
  • Seum, parfois orthograpgié sème, ou seume.
  • Stalker: verbe francisé issu du verbe anglais « to stalk » qui signifie traquer.
  • Tchiper: le tchip, c’est une onomatopée qui consiste à faire un son avec sa bouche pour marquer sa désapprobation.
  • Thug: terme issu de l’anglais qui désigne un gros dur, un caïd bien badass, un gangsta qui fait pas golri, tavu.
  • Tease: rien à voir avec avec un « teaser », cette mini bande-annonce très prisée des studios de cinéma et des éditeurs de jeux vidéo. La « tease », qui se prononce « tize », c’est l’alcool, la boisson, la picole.
  • Troll: sur internet, le terme a été détourné de son sens initial.
  • Wesh, parfois abrégé en wsh: interjection pour saluer, demander comment ça va.
  • What, mais what, what the fuck, dafuck, wtf: traduction en Français, dans l’ordre « quoi ? mais quoi ? Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? C’bordel ?« .
  • Zouz: une zouz, c’est une fille, ou une femme.
  • Zoulette: une zoulette est une fille qui s’habille à la mode hip-hop, ou de façon trop vulgaire.

Exemples de Morceaux de Rap Français en 2023

Voici quelques exemples de morceaux de rap français sortis en 2023, illustrant la diversité et l'évolution du genre :

  • MIG - « Pas de ralentir 3 »: Un freestyle intense décrivant la vie de bicraveur.
  • ZEK - « Peur primale »: Un récit de musicien à mi-temps, entre angoisses et responsabilités.
  • Alkpote - « Maison piégée » feat. Heuss L’Enfoiré: Un duel de mots explosif.
  • Char - [Sans titre]: Une exploration de l'amour du rap et de l'incorruptibilité.
  • Niro - « Partis de rien » feat. TayC: Un hommage à la Scred Connexion avec une touche R&B.
  • Jey Brownie - « Week-end » feat. Guy2Bezbar & FLEM: Un condensé d'égo-trip sur des influences trap, drill et afro.
  • Thomas - « Elle est Corse »: Un morceau simple et innocent sur un amour d'enfance.
  • La Gale - « 14% »: Une dénonciation de la gentrification à Lausanne.
  • The Free - « Filaments bleus »: Une exploration émotive des liens humains.
  • Houdi - [Sans titre]: Une expérimentation sonore combinant trap et techno.
  • Triplego - « La faille » feat. Kekra: Un morceau sombre et planant sur une faille isolée.
  • Nessbeal - « 212 Africa »: Un freestyle funeste et gorgé d'amertume.

L'Importance des Ad-libs dans le Rap Moderne

Les ad-libs ont gagné un statut roi, un peu au détriment des paroles en elles-mêmes, soit. « Brr-brr », « Yeah », « Gang », ces additions spontanées placées en fin de phrases sont devenues essentielles à la réussite d’un banger. Un soliloque de l’instant au vocabulaire limité, pour le dire bien. Pour beaucoup, « Réseaux » de Niska n’est rien de plus que « Pouloulou » ; preuve du potentiel addictif de ce type de fioritures sonores.

L’époque des textes longs et indigestes est finie. Le rap évolue : il y a moins de mots, plus de répit entre les phrases. N’en déplaise aux puristes-premier-degré, ça laisse donc plus de place aux éruptions sonores de toutes sortes telles que les onomatopées, interjections et autres bruitages. On laisse plus de place pour digérer chaque ligne ; l’ad-lib s’immisce dans chaque interstice que le texte laisse paraître.

Le Skurt : Un Ad-lib Particulier

Dans ce jargon du rap post-verbal, un ad-lib présente une histoire particulière : le « Skurt », fréquemment orthographié « SKRT », et qui reproduirait le bruit d’un crissement de pneus ; celui d’une voiture qui démarre en trombe. Unique en son genre, nul autre gimmick ne propose pareilles possibilités : il peut être furtif ou allongé, doux ou hurlé, monotone ou mélodieux, unique, double, triple ou encore multiple ; le SKRT peut combler n’importe quel vide car il s’adapte.

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En conclusion, l'expression "sortir le gros gamos" est un reflet de la culture urbaine et du rap, symbolisant le succès et un certain style de vie. Elle s'inscrit dans un lexique en constante évolution, enrichi par les jeunes et leurs diverses influences.

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