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Le Snider-Enfield est une arme britannique à chargement par la culasse. Son nom vient de l'inventeur américain Jacob Snider et de la fabrique d'armes Arsenal Royal d’Enfield.

Un Peu d’Histoire

Vers 1860, en Grande-Bretagne, les armées de la Reine Victoria sont équipées du fusil à percussion Enfield 1853 à canon rayé et tirant une balle Minié. Cette arme et ses variantes (fusil 3 bandes, mousqueton 2 bandes, etc.) sont réputées pour leur robustesse et leur précision.

De 1861 à 1865 se déroule la guerre de Sécession aux États-Unis. Ce conflit montre clairement que les armes à rechargement par la bouche sont dépassées. Les fusils à rechargement par la culasse permettent d’obtenir le volume de feu indispensable à la guerre industrielle.

Au delà de la cadence de tir, l’arme à rechargement par la culasse permet au soldat de tirer couché et donc de demeurer « posté » sans avoir à se découvrir. Les Britanniques se mettent donc en quête d’un dispositif permettant de convertir les excellents fusils Enfield en armes se rechargeant par la culasse.

En 1866, après différents essais, leur choix se porte sur le système breveté par l’Américain Jacob Snider. Le Snider Enfield 1853/66 est la première arme réglementaire britannique à rechargement par la culasse et à cartouche métallique.

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La Conversion Snider

Le principe de la transformation Snider est très simple. Il suffit de raccourcir le canon de 5 centimètres au niveau du tonnerre, de le fileter, de fraiser une chambre, et de le visser sur un boîtier cylindrique fermé par une culasse mobile.

Le bloc de culasse contient le percuteur, il bascule latéralement vers la droite pour permettre l’introduction de la cartouche. Cette culasse mobile est montée sur un axe muni d’un ressort, qui permet, en position ouverte, de la tirer en arrière, entraînant ainsi un extracteur qui ramène l’étui vide dans le boîtier de culasse. Il suffit alors de retourner l’arme pour faire tomber la douille tirée.

La tête du percuteur est presque à l’emplacement de l’ancienne cheminée du fusil à percussion, la platine n’est pas modifiée, seul le chien est très légèrement tordu. Enfin, le boîtier de culasse prenant à très peu de choses près la même place que l’ancien canon, le bois n’est pas affaibli par la transformation.

Le fusil Snider Enfield 1853/66 est une arme robuste, fiable et précise. Il sera fabriqué en très grand nombre. Au cours de sa carrière de nombreuses versions ont été conçues et fabriquées (longueurs de canon, nombres et pas des rayures, verrou assurant une fermeture plus fiable du bloc de culasse, etc …).

Le principal objectif du passage au rechargement par la culasse est atteint : la cadence de tir passe de 3 coups par minute avec le fusil à percussion à un maximum de 15 coups par minute avec le fusil Snider.

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En dépit de ses qualités, le fusil Snider sera vite démodé ce qui ne l’empêchera pas de faire une très longue carrière. La marche en avant vers la réduction du calibre se poursuit. En 1871, la Grande Bretagne adopte le mythique fusil Martini Henry en calibre 577-450.

La Munition 577 Snider

La cartouche à percussion centrale destinée aux fusils Snider Enfield a connu de nombreuses variantes et évolutions principalement en ce qui concerne la douille.

Les douilles ont évolué vers plus de solidité en vue de réduire la survenue de ruptures de culot. Ensuite, pour faire simple, le projectile est une balle Minié à 3 gorges de graissage de diamètre 0,573 pouce (14,55 mm) et pesant 480 grains (31,1 grammes). La charge de poudre est de 72 grains (4,67 grammes) de poudre noire de type FFG (comparable à notre Mousquet Tir ou à la Suisse N°3).

Le 577 Snider est une munition puissante et dont les gros projectiles en plomb causent de sévères blessures.

Les Armes Sous Brevet Snider de Part le Monde

Le Snider Enfield en 577 a eu une diffusion mondiale, au sein de l’empire britannique. D’autres nations ont mis en œuvre des armes différentes mais toujours sous brevet Snider. A titre d’exemple, on peut citer les Snider hollandais modèle 1867 en calibre 17,5 mm ou les Snider Danois dans le même calibre.

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Le Snider à la Française

La France a eu une démarche identique à celle de la Grande-Bretagne. En 1867 et parallèlement au Chassepot, le fusil dit « à tabatière » est adopté. C’est Schneider qui a conçu le système de culasse.

La ressemblance avec le fusil Snider est troublante (plagiat ???). Le système de culasse de l’arme française est beaucoup plus rustique. Le ressort de rappel du bloc de culasse n’est pas protégé par un ensemble de tubes coulissants comme sur le Snider. Le boîtier de culasse est largement ouvert sur l’arrière. C’est assurément très pratique pour le nettoyage de la chambre et du canon mais on peut craindre une certaine fragilité. Dernier point faible, le calibre de l’arme, 18 mm, est obsolète et on peut supposer que les qualités balistiques de la munition ne sont pas exceptionnelles.

Snider Francotte

C’est un mousqueton 2 bandes, semblable aux Snider Enfield, fabriqué à Liège par l’armurier Auguste Francotte. Francotte est réputé pour la qualité de ses fabrications et il a produit bon nombre d’armes militaires à destination des pays ne disposant pas d’industrie armurière.

Caractéristiques :

  • Longueur : 1,24 m
  • Canon : 78 cm, 5 rayures
  • Calibre : 577 Snider
  • Poids : 4 200 g

Tableau Récapitulatif des Munitions

Type de Munition Diamètre du Projectile Poids du Projectile Charge de Poudre
577 Snider 0,573 pouce (14,55 mm) 480 grains (31,1 grammes) 72 grains (4,67 grammes)
577/450 Martini Henry .45 Variable Variable

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