Envie de participer ?
Bandeau

L'invention du revolver marque une étape importante dans l'histoire des armes à feu. Au fil du temps, le célèbre six-coups est devenu indissociable de l'image du cow-boy, et le Smith & Wesson 357 Magnum, inséparable de la figure du détective américain. Mais le revolver a surtout hanté depuis toujours l’imaginaire du grand public.

Les origines du concept "Subnose"

Bien avant le Smith 36, que je préfère toujours appeler le « Chief Special », et qui n’est apparu lui qu’en 1957, Colt a inventé le « Subnose » ou « concealable » (chez eux) ou « Compact » (chez nous) de police. Si l’on excepte toute les productions d’armes de poche de défense à poudre noire en calibre 32, 320, 380 ou 6 velodog et autre .450 européennes et américaines, c’est bien Colt qui a inventé le « Subnose » ou « concealable » (chez eux) ou « Compact » (chez nous) de police.

En matière d’armes de défense immédiate pour ses enquêteurs, elle en est encore réduite en 1927 à porter deux armes principales: le Colt Police Positive Special de 1907 en canon en 4 pouces pour sa version la plus « courte » (ou son quasi-jumeau prédécesseur le Colt Police Positive) ou bien le Smith&Wesson Military & Police 1905 (notre futur Modèle 10). Mais entre la taille et le canon du Colt et la carcasse K du Smith, il est difficile de parler d’armes de Police adaptées à la filature en veste d’été ou pour le combat au dégainé.

John Henry Fitzgerald : L'homme derrière le "Fitz Special"

Un personnage va alors entrer en scène. John Henry Fitzgerald sera donc devenu l’homme central du tir américain dans les années 20 à 40, tout le monde ne l’appelant que par son surnom de « Fitz ». Dès 1918, il avait aussi rejoint la firme Colt au Département Essais, firme qu’il ne quittera qu’en 1944 peu avant son décès.

En 1927 donc, pour répondre à une demande policière qu’il ne connait plus que trop bien par ses fréquentations, et dont personne d’autre ne se préoccupe, il s’empare d’un Colt Police Positive Special en .38sp et commence à le torturer pour l’adapter au tir rapide instinctif avec port discret nécessaire au policier.

Lire aussi: Pistolet à eau Smith Toys : pour des jeux d'extérieur réussis

Peu après, il fait subir les derniers outrages à deux New Service en .45 Colt. Les canons sont raccourcis à 2 pouces (5cm), la poignée est sérieusement amputée, la hausse est supprimée et le chien est raccourci d’un bon tiers (pour éviter qu’il ne s’accroche aux vêtements). La tige d’éjecteur est sauvagement écourtée au passage. Le guidon subit une cure macrobiotique.

Mais le « Fitz Special » était enfin né - prototype de toutes les armes subnose du policier moderne. Arme de dégainage rapide et de pointage instinctif ou au jugé, le Fitz Special est un OVNI.

Colt, impressionné par l’engin et bien conscient de son marché potentiel, décida d’en fabriquer une version légèrement moins radicale: notre Colt Detective Special de ce jour. Elle n’en équipa pas moins du beau linge car Charles Lindbergh l’aviateur, William Powell, l’acteur, et Clyde Barrow, le bandit, sont connus pour avoir porté un Fitz Special au titre de leur défense personnelle.

Le Colt Detective Special : Une arme emblématique

Notre Colt Detective Special de ce jour est un très bel exemplaire des encore bonnes fabrications de Colt. La carcasse du Detective Special est plus petite que celle du Colt Official Police ou que celle du Smith & Wesson Model 10 en carcasse K et elle est légèrement plus grande que celle du Smith 36 en carcasse J. Mais le Smith 36, venu 30 ans plus tard, est lui en cinq coups alors que notre Detective Special possède une chambre de plus. C’est donc un six coups en deux pouces, la taille de canon (51mmm) qui a fait sa gloire (il existe une version 3 pouces ou 76mm). Calibre 38 SP bien sûr.

Cette arme de combat conçue historiquement pour du tir instinctif et jeu de dégainé, sera une source d’amusement au stand où ses résultats surprendront plus d’un possesseur de perches à canon sur dimensionnés. Si de tels tireurs, des deux cotés de l’Atlantique, sont arrivés à une efficacité totale dans ce même style et avec un même profil d’arme, il doit bien avoir une raison. Alors, pourquoi pas vous ?

Lire aussi: Smith & Wesson Airsoft CO2 : Performances et fiabilité

Le Detective Special au cinéma

Le Detective Special est aussi un mythe cinématographique. Un des plus grand. Maître flingus a dénombré…374 apparitions au grand écran de notre beau détective entre 1934 et 2018. Sans les séries télé ou les jeux!

Le Smith & Wesson 1902 Ladysmith

Ayant la chance d'en posséder un, je voudrais vous présenter le petit revolver Ladysmith (1902 M-F) de la firme Smith & Wesson. Imaginé et conçu par Daniel B. Wesson, le 1902 M Frame Model .22 Hand Ejector, commercialisé sous le nom de Ladysmith, sera le tout premier revolver à double action de calibre 22 produit par Smith & Wesson de 1902 à 1921. Il fut étudié pour plaire aux femmes, mais aussi, avec l'avènement de la bicyclette, présenté comme revolver pour cycliste.

C'est un revolver à 7 coups avec un canon de 2.1/4", 3" ou 3.1/2"(ou même 6" pour le 3ème modèle). Le barillet basculant, muni d'un éjecteur manuel, mesure juste un peu moins d'un pouce de long et chambrait la cartouche .22 S.&W. Long. Les plaquettes de crosse des deux premiers modèles étaient généralement en ébonite et celles du troisième en bois. Des plaquettes plus luxueuses en nacre ou en ivoire ont aussi existé.

Il y eut donc trois différents modèles :

  • Premier modèle (1902-1906) : 4575 exemplaires (numéros 1 à 4575)
  • Deuxième modèle (1906-1910) : 9375 exemplaires (numéros 4576 à 13950)
  • Troisième modèle (1910-1921) : 12204 exemplaires (numéros 13951 à 26154)

Production totale : 26154 exemplaires.

Lire aussi: Smith & Wesson 1854 : Fiche Technique

De la mondaine à la prostituée, il fut détenu et sûrement apprécié par toute sorte de "ladies" et par quelques "gentlemen" de la société américaine du début du XXe siècle. C'est aujourd'hui un petit révolver très recherché qui fait le bonheur des collectionneurs.

Les revolvers de la police française

En 1970, l’administration envisage néanmoins de modifier en conséquence l’armement des brigades. C’est ainsi que l’administration envisage de se doter de 3000 armes de poing, dont 255 pour la direction de Bayonne en 1970. Ces armes, 236 SW modèle 10 en 4 pouces et 19 Chief Special 3 pouces sont reçus en décembre 1970. L’administration ne se limite néanmoins pas à démarcher le fabriquant Smith & Wesson. Elle contacte également la firme Colt, dont elle sollicite en juin 1971 plusieurs échantillons.

250 revolvers Colts type Detective Special seront ainsi livrés en 1972 et 1973, avec une particularité : un canon 3 pouces que le fabriquant ne commercialisait pas en principe mais qu’exigea l’administration. Ces armes, qui connaitront pour beaucoup des retards de livraison (plusieurs centaines n’étant livrées qu’en 1974) serviront à équiper les directions de la frontière suisse : directions régionales de Chambéry, Lyon et Besançon.

A partir de 1979, l’administration abandonne la commande de Colt pour commander majoritairement des armes de marque Smith & Wesson : modèles 13 en 3 pouces et modèles 36 en 2 pouces. En 1989, port du Smith et Wesson 13 par les agents de la brigade de Senlis.

L’administration se verra d’ailleurs confrontée en 1985 à l’augmentation sensible du coup des armes Manurhin, la société traversant des difficultés financières importantes.

Le Manurhin MR 88 a principalement été utilisé par les forces de l’ordre françaises, en particulier les polices municipales et certaines brigades de la Gendarmerie nationale dans les années 1990. Il a été préféré pour sa robustesse, sa simplicité et son coût inférieur au MR 73.

Depuis 2002, l'arme administrative dite de service est le Sig Sauer 2022, un pistolet semi-automatique de 9 mm parabellum, conçu en Suisse par SIG et produit en Allemagne par Sauer.

tags: #smith #et #wesson #detective #histoire

Post popolari: