À une époque où le polymère et l'acier mat dominent, la qualité de finition d'une arme "standard" d'il y a seulement 50 ans est remarquable. Ces armes étaient vendues avec la promesse qu'elles feraient le bonheur de votre fils et de votre petit-fils, une promesse tenue grâce à un potentiel d'au moins 400 000 coups.
Que ce soit en esthétique ou en mécanique, la compétence des ouvriers qualifiés de l'époque n'a jamais été entièrement remplacée par les machines et le laser.
Apparues initialement avec le modèle 1908, aussi appelé le Triple Lock, les armes bâties sur cette carcasse étaient, et restent, parmi les revolvers les plus solides au monde. Colt ironisait en vantant la qualité de ses barillets qui, eux, « tournaient dans le bon sens ». Hélas pour le Smith, sa trop grande complexité et son coût ne furent pas du goût de la clientèle tant militaire que civile. Toutefois, à la demande de l’armée britannique, le plus gros des Smith & Wesson évoluera, empruntant aux modèles de la taille du dessous son verrouillage en deux points seulement. Voilà déjà un beau palmarès pour ces « gros » revolvers.
Cette munition, au nom farfelu pour nous européen, est pourtant parfaitement logique pour un américain pragmatique. Car la révolution que fut l’arrivée de la poudre sans fumée ne s’accompagna pas immédiatement d’une si grande révolution en matière de munitions, en particulier pour ce qui est des armes de poing. Si les militaires améliorèrent, eux, rapidement les performances de portée et de pénétration de leurs munitions de fusils, de nombreuses munitions d’armes de poing n’étaient alors encore que de simples munitions à poudre noire remplies différemment. Et Elmer Keith cherchait,lui.
Partant d’un revolver Smith modèle « 38/44 Heavy Duty », Keith entreprit de voir ce qui se passait si on augmentait progressivement la charge à poudre vive des étuis de ces 38/44. Pour mémoire, leurs étuis seuls font plus de 37 mm. Ça dépend de la forme de l’ogive mais une cartouche de 357 complète, avec sa balle, est souvent plus courte que la douille de 38/44 seule ! Certes, quelques uns de ces revolvers firent les frais de ces expérimentations mais rien n’est trop beau pour la Science. C’est ainsi que naquit en 1934 une cartouche appelée à une célébrité mondiale, doublant la vitesse du 38 Special, la 357 Mag. Elle devint pour 20 ans la cartouche la plus puissante du monde culminant à 500m/s en sortie de bouche.
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La Police de cette époque « tournait » encore au 38Sp qui s’avéra top léger en maintes circonstances. Il fallait désormais que Smith, avec lequel Keith travaillaient étroitement, sorte le « soufflant » qui allait avec cette nouvelle cartouche. Sorti en 1935, le « Registered Magnum » allait devenir un monstre sacré de l’histoire de l’armement. Les journaux relataient ces exploits à la manière d’un sportif. C’est muni d’un de ces revolvers avec un canon de 8 pouces ¾, (commande spéciale) que Douglas Wesson, vice président de la firme, affirmait avoir réglé son compte d’une seule balle à un élan à … 350m de distance ! Pour un prix de 60 dollars de l’époque, sur commande uniquement, vous pouviez vous offrir une de ces merveilles. Une réduction spéciale de 20% était offerte aux forces de police. Et le premier fut offert à John Edgard Hoover, le boss du FBI.
Après guerre, la descendance du Registred Magnum en 357 mag deviendra un standard incontesté tant chez les forces de l’ordre que chez les civils pendant près de 40 ans.
Avec le changement dans les appellations de ses modèles en 1957, ce Registred Magnum deviendra le Modèle 27, le M27 en abrégé. Le succès de ces premiers Smith 27 n’est pas du uniquement au calibre. Smith est d’abord le premier fabriquant à avoir pensé ses platines pour les rendre les moins sujettes aux incidents et à l’usure du temps. Sa platine contient dix pièces de plus qu’un Colt Officer. Et en matière de sensation, surtout avec des ajustements Smith, comme en terme de durabilité, celles-ci font la différence. Colt recommandait de renvoyer ses Python tous les dix ans en atelier pour une révision complète.
En conservant un ressort à lame pour la percussion, le mouvement de rotation du chien est transmis dans la direction inverse à son ressort, l’accompagnant de la même manière que l’échappement à ancre d’une montre ou la force d’un trébuchet. À l’opposé, la détente nécessite un accompagnement plus linéaire, dans le prolongement de l’index, ce qui explique son ressort en spirale. Bref, dans ces « gros » Smith là, tout est pensé. Et dans la qualité de fabrication de ses années là, on est à des souplesses que peuvent envier même nos Manurhin.
Pourquoi 2 ? Je dis cela car nombre d’amateurs de Smith adorent les classer en fonction de leur nombre de vis. Ce « recessed » vise les drageoirs, ces épaulements de chambres qui viennent enserrer les cartouches dans les chambres du barillet et jusqu’au culot inclus. Cette prouesse d’ajustage, chère à Maître Flingus, en rendant le barillet solidaire du bourrelet de la douille, augmente la résistance du dit barillet aux pressions sur chaque chambre tout en réduisant légèrement la masse de ce dernier. Un meilleur calage de la cartouche contribue aussi à la précision. Et il y a enfin moins de risque que des corps étrangers viennent se loger entre les culots.
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« Pinned », c’est une goupille visible de l’extérieur, logée dans le canon au niveau supérieur en limite de carcasse. Cela vient « renforcer » le vissage du canon dans la carcasse. Cette fameuse goupille obligeait à un usinage plus complexe du canon et à des manipulations supplémentaires à l’assemblage. Supprimée dans les années 80 aussi. Mais, facteur de rigidité accrue du canon, cette modeste goupille et l’assemblage qui lui était associé était aussi un facteur de durabilité de l’arme dont un usage intensif ne parvenait pas à créer le moindre entrefer « d’usage excessif » propres aux armes de moindre qualité.
Ce canon « pinned » est un magnifique 5 pouces, fluté (encore un luxe) , aux rayures de rêve comme s’il n’avait jamais tiré. Le prix s’oublie la qualité reste dit-on dans les Tontons Fligueurs. Le 5 pouces est plus rare que le 6 pouces - la ligne de mire n’en est que légèrement réduite mais l’équilibre est à mon sens meilleur. Le 27-2 été produit en 3 1-2″, 4″, 5″, 6″, 6 1-2″, 8 3?8″, 8 3-4″, et 10 5-8″.
C’est peut-être l’élément le plus « neuf de chez neuf » de cette arme en mieux qu’excellent état alors, qu’en théorie, c’est lui qui aurait du le plus souffrir (surtout en 357). Il n’en est rien. Après 1982, Smith mettra fin à tout cela pour des raisons de coûts et parce que « plus personne ne voulait d’un vrai revolver qui dure pour le fils ou le petits-fils ». On pouvait faire moins cher.
Notre exemplaire est sorti en 1978, dans la dernière année de production des « quatre vis », et cerise sur le gâteau, il nous parvient dans un état topissime, pour ses 47 ans ! S’il a tiré, il est mécaniquement impeccable comme son canon et son esthétique. Juste une légère trace de rotation du barillet pourtant encore moins marquée que dans exemplaire quasi neuf de 1981 que j’ai vendu l’année dernière. Elle est très exagérée par mes gros plans qui amplifient absolument même les micro rayures que vous ne verrez pas à l’œil nu.
Par sa mécanique et son esthétique, ce M27-2 un indémodable. Elle est ici excellente avec d’abord une crosse « square butt » dite aussi « Army » là-bas. Cette crosse est ici revêtue de plaquettes « maison » d’origine en beau noyer rouge américain verni et quadrillé de type Magna. Celles-ci sont d’un module assez épais qui vont parfaitement avec la ligne et la taille généreuse de l’arme. Elles sont d’une qualité bien supérieures à celles en caoutchouc qui sont livrées avec leurs « 627 » de nos jours.
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Le bronzage d’époque est d’une pureté et d’un noir glacé fantastique. Son épaisseur protègera encore cette belle arme pour fort longtemps. Il est présent à 100% sans aucun éclaircissements. Aucune rayure.
Le déverrouillage du barillet est plus que fluide, sans à-coups. Faites une fois le test du coup du quart de poignet et vous comprendrez de vous même. Sa rotation est un rêve en plus. Il permet donc un rechargement rapide et sans défaut, idéal pour le tir de vitesse (rappel: il ne faut que 2.99 secondes à Jerry Miculek pour vider deux barillets de son Smith&Wesson!). La qualité de ces barillets et de leur montage est d’ailleurs le premier indice mécanique de la qualité de fabrication de ces années là.
Le carénage sur le dessous rend l’axe de barillet impossible à tordre ou à fausser. Obsession d’origine bien militaire et pleine de bon sens, héritée du Triple Lock, et qui n’a jamais quitté Smith. La forme de ce carénage est plus profilée que celui d’un plus modeste Smith 19. La crête du chien et la queue de détente sont ici élargies. C’était une option coûteuse à l’époque mais fort appréciable.
Mécaniquement, le 27-2, c’est un rêve. Or le Smith est dépourvu de cette invention gauloise. Le secret d’une telle mécanique? Un ajustage « ayatolesque » doublé d’un polissage des contacts entre chaque pièce aux petit oignons.
C’est avec ce genre d’armes que je fais avec quelques clients privilégiés ce que j’appelle la « Smith expérience » consistant à comparer mécaniquement à plusieurs niveaux (chien, barillet, armement) plusieurs générations de Smith.
Du point de vue de la visée, le sens pratique des américains nous offre ici une hausse réglable en site et en dérive par l’utilisateur lui même au moyen d’un simple tournevis plat. Le dessus de l’arme est intégralement quadrillé sur toute sa surface afin d’empêcher tout reflet. Ce très coûteux usinage (aussi) est un héritage direct du « Registred Magnum ».
Le guidon qui se trouve à l’extrémité de cette fantastique ligne de visée, est penté ce qui permet à la fois de diminuer les risques de choc ou de gêne lors d’un dégainé. Il devient également plus aisé de prendre une visée en dessous de son alignement normal. Ce guidon, taillé dans la masse du barreau, mesure près de 2mm d’épaisseur.
Bref au top ce 27-2 ! Frère jumeau du Model 28 Highway Patrolman, produit lui de 1954 à 1986, notre Smith M27-2 a fait autant le bonheur des chasseurs américains que de la Police canadienne ou des policiers du FBI. Au cinéma, c’est celui du redoutable tueur Luca Brasi dans « Le Parain » au milieu d’innombrables autres apparitions cinématographiques aux mains de Donald Sutherland, Lee Marvin, Paul Newman et même… Elvis Presley!
Solide, fiable, bien fabriqué, très précis, simple d’utilisation, il n’y a pas mieux qu’un S&W en 357magnum dans ces qualités de construction d’avant 1982. Le calibre est en plus répandu, bon à tout et permet d’utiliser un nombre infini de 38 spécial et autres wad-cutter. Légèrement plus lourd qu’un 686 (un autre signe de qualité !), c’est un classique qui s’apprécie tel qu’il est.
Maître Flingus vous répondra que du sport comme ça, avec un chien et une queue de détente qui vous titille de plaisir avant de les avoir effleurés, ce n’est QUE du plaisir.
Tant pour ses capacités de précision que pour sa qualité de fabrication, ce revolver Smith et Wesson ne peut être juste qualifié de « bonne arme ». Il est l’incarnation de l’excellence de l’industrie armurière, à une époque où un client ne revenait pas pour faire jouer sa garantie sur une pièce cassée mais pour racheter un second revolver de la marque tant le premier lui avait plu.
J’avoue ne même pas comprendre comment on peut aller chercher un 686 neuf à 2400 euros et plus, quand il reste encore sur le marché quelques vraies armes de cet acabit en état de neuf. Répétons le ! L’armurerie Flingus Maximus à Paris et partout en France, est là aussi pour vos formalités armes entre particuliers, le rachat de collections armes et militaria, vos estimations d’armes, vos questions armes dans les successions et héritage.
Le Chief’s Special est une légende. « Chief special’s », littéralement « la spécialité du chef », comme au restau. Après 1957, il est juste devenu « Model 36 ». C’est moins marrant et moins parlant. Son extraordinaire et rare petit frère ultra léger que j’adore (qui est ici) Chief Special Air weight devint lui juste le « Model 37 » (et tous les inox passèrent en « 6-x » quelque chose). Tout ça pour dire que le marketing incontrôlé, c’est comme l’informatique dans les banques.
Toute cette histoire est partie d’une histoire de taille. Pour notre 36-1, tout est venu au départ de la carcasse « I ». La plus petite des carcasses proposées par Smith & Wesson. Cette carcasse « I » est néanmoins la plus ancienne de toutes les carcasses fermées de la maison. Et la carcasse M me direz vous ? C’est pas la plus petite ? Oui. Bon. D’accord. Certes le Ladysmith originel (rien à voir avec les modèles ultérieurs de même dénomination parce que le nom est sympa quand même), en sa microscopique carcasse M, pourrait effectivement se vanter de faire plus compact que la carcasse I. Mais, il est n’est sorti qu’en 1902 et la M, avec un modèle unique, c’est quand même de l’anecdotique dans la gamme Smith.
Anecdote amusante, mais probablement apocryphe, à propos de cette petite carcasse M: il est souvent raconté aux USA que c’est Daniel B. Quoi?! La firme Smith & Wesson encouragerait donc par ses productions la débauche féminine ?! Quoi?! Impossible ! Yankee jusqu’à la caricature et effectivement connu pour son puritanisme intransigeant, Daniel B. Wesson aurait donc ordonné illico la fin de la production de cet unique modèle décadent en carcasse M. La réalité est sans doute un peu différente. Car Daniel est mort en 1906 et les derniers Ladysmith en M sont sortis d’usine, au compte-gouttes certes, mais en 1921. C’est plus certainement son fils qui mis fin à la carcasse M.
Notre antique carcasse « I », à l’origine de notre 36-1 de ce jour, elle, remonte en effet à… 1894. Ces premiers « Hand ejectors » en « I » sont chambrés eux en calibre .32 SW, excellente munition mais un peu courte en puissance pour des policiers plus habitués au 44 Russian. Cela explique leur succès limité - au début - auprès des forces de Police. Mais pas trop longtemps. En effet cette carcasse I sera adaptée, sensiblement agrandie, pour devenir la carcasse K dès 1899.
Le paradoxe est donc que ces armes en K ont d’abord été développées avec les Outdoorsman, Berkert model et autres du genre pour le tir de loisir. Mais dès 1899 aussi, la carcasse K commence une discrète carrière au service de la force étatique. Militaire et en 38 Special d’abord pour cause de guerre aux Philippines en raison du manque de souffle des 38 LC des Colt militaires puis, rapidement, au début du siècle nouveau pour la Police sur les modèles type Military &Police 1905 (le futur Modèle 10). L’histoire d’amour entre les revolvers modernes Smith et la police va enfin pouvoir débuter.
Après la guerre (de 14-18), cela va commencer à rudement chauffer pour la Police aux USA. Et Smith va devoir pousser sa carcasse K à son maximum et en 6 coups pour armer la Police. La tentative un peu délirante d’assécher les États Unis de toutes boissons alcoolisées conjointe à une montée en puissance de la Mafia, venue avec l’émigration italienne du sud, seront en effet parfaitement complétées par une montée incontrôlable de la pauvreté avec la crise économique qui clôturera la décennie. Tout cela allaient entraîner une vague de violences absolument sans précédent qui durera jusqu’à ce que les « Incorruptibles » ne commencent à un mettre un peu d’ordre. Avec une égale violence.
Pour mémoire, c’est cette même violence qui fera aussi naitre le 357 magnum, le 38 special n’y suffisant plus. Gatsby le Magnifique allait devoir se battre. Et être armé devint aussi indispensable pour aller à danser le Swing ou le Lindy Hop en smoking dans les soirées de la haute que pour conduire son camion de livraison de Whisky de contrebande dans les bars clandestins du Lower East Side.
Les fabricants d’alors avaient de quoi satisfaire tous les budgets, et tous les besoins, allant du modeste top break en 32sw pour sac à main au fusil à canons sciés fabriqué comme ça d’usine pour des « nettoyages » plus vigoureux et moins discrets. Le must du chic étaient alors les « Fitz’s special », des revolvers en calibre .45 acp (!) raccourcis et allégés de leur pontet ainsi que de leur crête de chien, portés par des personnages comme Charles Lindbergh ou Clyde Barrow.
Une quarantaine produits. Le « detective », lui, qu’il soit privé ou simplement inspecteur en civil, pouvait toujours répondre à coups de fusil à pompe Winchester 1897 ou 1912 ou avec les mêmes Thompson. Mais au quotidien ? Sous la veste ? En filature ? Le calibre phare de la police et des bandits était toujours à cette époque le 38 Special et qui n’existait alors uniquement sur les carcasses moyennes type K, rendant leur dissimulation quotidienne gérable mais pas toujours évidente.
Il faudra en fait attendre l’après guerre chez Smith pour qu’il soit répondu simplement à ce besoin policier. Mais face à la demande d’armes encore un peu plus réduites mais toujours « costaudes » qui ne cesse pas, et que nous qualifierions aujourd’hui de « compacts » ou « subnose » chez eux, Smith va repartir en 1949 de sa très antique carcasse « I » de 1894 pour la rallonger un tantinet. Et c’est une vrai innovation. Car ce changement même léger de taille impliqua aussi de changer le ressort principal qui de plat devint hélicoïdal et de ramener le barillet à 5 coups.
Ces nouvelles armes en cinq coups en 38sp, offraient aux policiers un compromis puissance / petit format encore jamais atteint. Tout le monde aux USA les dénomme encore aujourd’hui les « 5-shots .38s,”.
Coïncidence fortuite, il fut présenté pour la première fois au public lors de la conférence annuelle de l’Association Internationale des Responsables (Chiefs) de Police ou, en anglais, « International Association of Chiefs of Police » (IACOP) qui se tenait à Colorado Springs cette même année 1950. C’est le Chef Edward Boyko, Patron de la Police de Passaic, dans un New Jersey en pleine guerre mafieuse, policier de légende là-bas, connu pour ses méthodes très rudes, qui suggérera ce nom. Il le portera en holster pendant une dizaine d’années avant la retraite. Derechef, ce nom resta depuis accolé à l’arme. Et ce fut un franc succès.
Le .38 Chiefs Special, devenu Mod 36 en 1957 lors de la requalification de tous les modèles de Smith, fut produit sans discontinuer de 1950 à…1990 puis repris sous de modernes appellations à partir de 2001. Et en acier inox, le 36, on l’appelle… Trinidad. Non c’est une blague.
Le « Chief’s Special » équipa notamment les policiers en civil de la Police de New-York, le Bureau Spécial d’Enquête de l’US Air Force, la police japonaise et une foultitude d’unités diverses de maintien de l’ordre aux USA. Il fut aussi et surtout l’arme standard de nombreuses Police en civil d’État et du FBI. Il fut (et reste d’ailleurs) un des back-up favoris des policiers équipés d’un autre modèle de service.
A titre anecdotique sur son histoire, il a été aussi l’arme d’élimination du Maire de San Francisco George Moscone et de son adjoint Harvey Milk en 1978. Et la bataille la plus furieuse à laquelle ait participé notre 36-1 est une fusillade à Miami en 1986 (très connue au USA sous le nom de « 1986 FBI Miami shootout ») où 8 agents du FBI se retrouvèrent inopinément, lors d’une recherche de suspects, face à face à deux anciens militaires très entrainés devenus criminels alors qu’ils croyaient poursuivre de simples cambrioleurs.
Résultat? L’incident est désormais étudié dans toutes les écoles de Police des USA. Le catalogue quasi complet de tout ce qui peut mal tourner dans une intervention policière « chaude » y est passé en cinq minutes. Tous les Smith 36, de back-up ou pas, ont été utilisés.
Sa taille, particulièrement adaptée au 38 special, calibre le plus populaire aux USA, et la qualité de fabrication Smith firent du Smith 36 aussi un succès public chez les citoyens américains désireux de porter sur eux une arme suffisamment large pour une bonne prise en main, dans un calibre respectable et néanmoins très discrète.
Notre arme de ce jour est un très bel exemplaire de « Chief special » ou Model 36-1. Elle est à nettoyer de décennies de stockage très sain. Vous avez remarquez ? L’arme ne porte pas non plus de traces de port prolongé en étui - en extrêmité de canon par exemple - comme c’est souvent le cas sur ces armes « discrètes ». Bronzage à 99% des meilleures fabrications de Smith.
La carcasse est évidement du « J » avec poignée du type Square Butt (cul carré !). Les « round butt » (culs ronds) sont réputés plus dissimulables Les « square butt » sont réputés meilleurs en main au tir. Elle est ornée d’une poignée en bon noyer US de ces excellentes fabrications.
La construction de l’arme est encore « pinned ». “Pinned”, c’est une goupille visible de l’extérieur, logée dans le canon au niveau supérieur en limite de carcasse. Cela vient “enclouer” le vissage du canon dans la carcasse. Cette fameuse goupille obligeait à un usinage plus complexe du canon et à des manipulations supplémentaires à l’assemblage. Cette fabrication a été supprimée pour faire baisser les coûts de fabrication sur le Smith 36-1 en 1982 ( j’ai vérifié au Supica et Nahas).
Facteur de rigidité accrue du canon, cette modeste goupille et l’assemblage qui lui était associé était aussi un facteur de durabilité de l’arme dont un usage intensif ne parvenait pas à créer le moindre entrefer “d’usage excessif” propres aux armes de moindre qualité.
Mécaniquement, l’arme est encore dans les ajustements d’avant. C’est à dire avec une mécanique extrêmement souple et nette liée aux ajustements manuels pratiqués sur tous les contacts mécaniques entre deux pièces. Le laser, c’est bien mais ce ne sera jamais la même chose.
Le canon est neuf absolument miroir avec de splendides rayures sans aucune tâche d’oxydation. Tous les défauts sur les photos sont us à mes ENORMES gros plans et sont reflets et taches de doigts ou autres pour l’essentiel. Mais comme ça vous savez tout.
Le 38 special est un calibre de tir agréable, facile à trouver et à recharger. Calibre tendu et précis et calibre phare aux USA où il reste un des plus tirés parmi les arme de poing n’ayant en fait été détrôné par le 9 para que depuis les années Glock.
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