Aujourd’hui, 14 février, la publicité se charge de nous rappeler ce que l’on fête. Jeff de Bruges, Interflora et Mauboussin s’en frottent les mains, signe de l’importance du Valentine day dans le monde anglo-saxon. Bien sûr, le reste du monde a copié sur eux après la 2ème guerre mondiale.
Ah, si Valentin avait imaginé ce qu’on ferait comme âneries en son nom quand il venait en aide aux persécutés chrétiens ! Ayant échoué à convertir l’empereur Claude, il finit roué de coups puis décapité le 14 février 269. La date est incertaine mais les faits corroborent mon sentiment sur ce que devrait être ce jour : la fête de la fraternité.
Pour illustrer cette idée, j’ai une anecdote amusante sur ma plus belle Saint-Valentin. Un 14 février donc, un ami m’appelle et me demande quel est mon restau préféré dans le quartier. Je lui réponds et il me dit, mezzo voce : « peux-tu réserver pour ce soir ? ».
Là, je me sens obligée de lui rappeler que ce jour, les restaurants sont tous complets, avec une certaine envie d’ajouter qu’il est d’usage d’emmener son amoureuse - comme j’aimais beaucoup sa compagne, je ne voulais pas d’embrouille ! Et là, il me dit tout bas : « mais on y va tous ensemble. Ta présence, c’est le cadeau surprise ».
Ouate ! Alors là, vu comme ça, je cours, je vole réserver au Diablo’thym. C’est ainsi que quelques heures plus tard, Dominique fit une entrée très remarquée avec Pauline et Marie-Christine aux bras ! Et que les conversations de notre « trouple » ont bien diverti les couples moroses autour de nous.
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Pour compléter sur cette fichue Saint-Valentin, je vais vous faire un cadeau : vous offrir mon cours sur l’amour. Oui, j’avais mis ce thème au programme de mes cours de culture générale, car on ne peut nier l’importance de ce sentiment dans la littérature, les arts, la musique, même la philo !
Figurez-vous que Platon porte la lourde responsabilité d’avoir été le premier à théoriser le désir. Et il a vu très haut : l’amour du beau mène au bien, et même à la connaissance. Aimer, c’est déjà penser. Oscar Wilde est allé plus loin : « Aimer, c’est se surpasser » affirme-t-il dans Le Portrait de Dorian Gray.
Je me souviens de la tête de mes élèves quand je citais Saint-Augustin : « Celui qui se perd dans sa passion perd moins que celui qui perd sa passion » (celle-là, mine de rien, il faut la répéter deux. ou trois fois) ou André Gide « Le plus grand bonheur après que d’aimer, c’est de confesser son amour ».
Traduction: il vaut mieux prendre un râteau que de passer à côté d’une belle histoire. Preuve d’amour s’il en est, ce cours était pour moi l’occasion d’expliquer comment je préparais un cours. C’est très simple : il faut un dictionnaire, un ordinateur, une bibliothèque … et une bonne mémoire !
Je vous livre à vous aussi le déroulé de ce cours. C’est un peu foutraque et complexe, ces antisèches. Je n’utilisais pas tous les extraits mais certains passages de Baudelaire nous faisaient trop marrer - comme le coup d’« aimer crânement, orientalement » !
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1) j’ouvre le dico Amour (latin: amor) 1) sentiment très intense, attachement englobant la tendresse et l’attirance physique, entre deux personnes. Faire l’amour : avoir des relations sexuelles avec un, une partenaire. 2) mouvement de dévotion, de dévouement qui porte vers une divinité, un idéal, une autre personne, etc. (l’amour de Dieu, de la vérité, du prochain).
3) goût très marqué, passion, intérêt pour qqch (amour des pierres, des bateaux…) - Fam. Un amour de (suivi d’un nom) qqch ou qqn de charmant, d’adorable (un amour de lampe). II, représentation allégorique de l’amour (souvent sous la forme d’un enfant armé d’un arc); Cupidon. III: amour blanc: poisson originaire de Chine, importé en Europe pour curer les voies d’eau dont il broute les plantes (familles des cyprinidés).
En Suisse : dernières gouttes d’une bouteille de vin.+ Amour-en-cage = alkékenge : plante (autres noms: coqueret, physalis)+ fleuve du nord-est de l’Asie, formé par la réunion de l’Argoun et de la Chiika. Il sépare la Sibérie de la Chine du nord-est et se jette dans la mer d’Okhotsk. 4400 km.+ djebel (mont) de l’Atlas saharien en Algérie. 1977 m.
En littérature et au théâtre, le mot apparaît dans :
Car fouiller sur le net permet de dénicher des trésors, comme ces textes de Pascal, de Baudelaire ou sur Balzac.
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L’Homme est né pour penser ; aussi n’est-il pas un moment sans le faire ; mais les pensées pures, qui le rendraient heureux s’il pouvait toujours les soutenir, le fatiguent et l’abattent. C’est une vie unie à laquelle il ne peut s’accommoder ; il lui faut du remuement et de l’action, c’est-à-dire qu’il est nécessaire qu’il soit quelquefois agité des passions, dont il sent dans son cœur des sources si vives et si profondes.
Les passions qui sont les plus convenables à l’homme, et qui en renferment beaucoup d’autres, sont l’amour et l’ambition : elles n’ont guère de liaison ensemble, cependant on les allie assez souvent ; mais elles s’affaiblissent l’une l’autre réciproquement, pour ne pas dire qu’elles se minent.
Quelque étendue d’esprit que l’on ait, l’on n’est capable que d’une grande passion ; c’est pourquoi, quand l’amour et l’ambition se rencontrent ensemble, elles ne sont grandes que de la moitié de ce qu’elles seroient s’il n’y avoit que l’une ou l’autre. L’âge ne détermine point, ni le commencement, ni la fin de ces deux passions ; elles naissent dès les premières années, et elles subsistent bien souvent jusqu’au tombeau.
Néanmoins, comme elles demandent beaucoup de feu, les jeunes gens y sont plus propres, et il semble qu’elles se ralentissent avec les années ; cela est pourtant fort rare. La vie de l’homme est misérablement courte. On la compte depuis la première entrée dans le monde ; pour moi je ne voudrais la compter que depuis la naissance de la raison, et depuis qu’on commence à être ébranlé par la raison, ce qui n’arrive pas ordinairement avant vingt ans.
Qu’une vie est heureuse quand elle commence par l’amour et qu’elle finit par l’ambition !
Le début des relations avec Madame Hanska tient étroitement au romanesque. A Odessa, en février 1832, une femme qui signe « I’Etrangère » adresse une lettre à Balzac par l’entremise de l’éditeur Gosselin. Ce message devait être d’un intérêt remarquable, puisque Balzac en accuse réception par la voie des petites annonces !
C’est en 1833 que « I’Etrangère » va prendre figure à ses yeux : il la rencontre à Neufchâtel, puis à Genève. Balzac, qui est prompt à s’enflammer… s’enflamme aussitôt ! Mme Hanska, née comtesse Eve Rzewuska, épouse d’un noble polonais, appartient à une vieille famille. Elle est belle, sans doute… elle est riche surtout.
Commence un ballet extraordinaire qui ne finira qu’en mars 1850, par un mariage, quelques mois avant la mort de l’écrivain. On a dit beaucoup de mal de Madame Hanska et sans doute mérite-t-elle ce sort. Mais on a dit aussi beaucoup de mal de Balzac, lui reprochant des aveux un peu lourds qu’il faisait, écrivant à des proches qu’il allait épouser une situation et une fortune, et non pas tellement une femme.
André Wurmser, dans son livre magistral (« Balzac visionnaire », éd. Seuil) rejoint, sur ce plan-là, ce que disait Marcel Proust à sa mère : que Balzac manquait de délicatesse. Il faut voir les choses autrement : Balzac s’amourache en 1832 sur la foi de quelques lettres, se passionne en 1833 à la première rencontre, se prend d’un vif espoir en 1842 lorsque meurt Venceslas Hanski, mais il n’épouse qu’en 1850 à la veille de mourir.
Ajoutez à cela des courses nombreuses au travers de l’Europe la Suisse, l’Italie, l’Allemagne, la Russie… La constance, au moins, y est. Plus encore c’est à Madame Hanska que Balzac confie tout, et d’abord ce qui lui tient au corps : son œuvre. Les Lettres, telles qu’elles sont restituées par Roger Pierrot, forment le plus précieux des commentaires à « La Comédie humaine » qui se puisse imaginer !
(…) Si vous n’êtes des hommes vrais, soyez de vrais animaux. Soyez naïfs, et vous serez nécessairement utiles ou agréables à quelques-uns. - Mon coeur, - fût-il à droite, - trouvera bien mille coparias parmi les trois milliards d’êtres qui broutent les orties du sentiment !
Si je commence par l’amour, c’est que l’amour est pour tous, - ils ont beau le nier, - la grande chose de la vie ! Vous tous qui nourrissez quelque vautour insatiable, - vous poètes hoffmaniques que l’harmonica fait danser dans les régions du cristal, et que le violon déchire comme une lame qui cherche le coeur, - contemplateurs âpres et goulus à qui le spectacle de la nature elle-même donne des extases dangereuses, - que l’amour vous soit un calmant.
Poètes tranquilles, - poètes objectifs, - nobles partisans de la méthode, - architectes du style, -politiques qui avez une tâche journalière à accomplir, - que l’amour vous soit un excitant, un breuvage fortifiant et tonique, et la gymnastique du plaisir un perpétuel encouragement vers l’action ! À ceux-ci les potions assoupissantes, à ceux-là les alcools.
Vous pour qui la nature est cruelle et le temps précieux, que l’amour vous soit un cordial animique et brûlant. Il faut donc choisir ses amours.
Sans nier les coups de foudre, ce qui est impossible - voyez Stendhal, De l’amour - il faut croire que la fatalité jouit d’une certaine élasticité qui s’appelle liberté humaine. De même que pour les théologiens la liberté consiste à fuir les occasions de tentations plutôt qu’à y résister, de même en amour, la liberté consiste à éviter les catégories de femmes dangereuses, c’est-à-dire dangereuses pour vous.
Votre maîtresse, la femme de votre ciel, vous sera suffisamment indiquée par vos sympathies naturelles, vérifiées par Lavater (*), par la peinture et la statuaire. (*) philosophe, poète et théologien suisse, inventeur de la physiognomonie
Les signes physiognomoniques seraient infaillibles, si on les connaissait tous, et bien je ne puis pas ici donner tous les signes physiognomoniques des femmes qui conviennent éternellement à tel ou tel homme. Peut-être un jour accomplirai-je cette énorme tâche dans un livre qui aura pour titre : Le Catéchisme de la femme aimée; mais je tiens pour certain que chacun, aidé par ses impérieuses et vagues sympathies, et guidé par l’observation, peut trouver dans un temps donné la femme nécessaire.
D’ailleurs, nos sympathies ne sont généralement pas dangereuses ; la nature, en cuisine comme en amour, nous donne rarement le goût de ce qui nous est mauvais. Comme j’entends le mot amour dans le sens le plus complet, je suis obligé d’exprimer quelques maximes particulières sur des questions délicates.
Homme du Nord, ardent navigateur perdu dans les brouillards, chercheur d’aurores boréales plus belles que le soleil, infatigable soifier d’idéal, aimez les femmes froides. - Aimez-les bien, car le labeur est plus grand et plus âpre, et vous trouverez un jour plus d’honneur au tribunal de l’Amour, qui siège par-delà le bleu de l’infini !
Homme du Midi, à qui la nature claire ne peut pas donner le goût des secrets et des mystères, - homme frivole, - de Bordeaux, de Marseille ou d’Italie, - que les femmes ardentes vous suffisent ; ce mouvement et cette animation sont votre empire naturel.
Jeune homme, qui voulez être un grand poète, gardez-vous du paradoxe en amour ; laissez les écoliers ivres de leur première pipe chanter à tue-tête les louanges de la femme grasse ; abandonnez ces mensonges aux néophytes de l’école pseudo romantique. Si la femme grasse est parfois un charmant caprice, la femme maigre est un puits de voluptés ténébreuses !
(…) Pour certains esprits plus curieux et plus blasés, la jouissance de la laideur provient d’un sentiment encore plus mystérieux, qui est la soif de l’inconnu, et le goût de l’horrible. C’est ce sentiment, dont chacun porte en soi le germe plus ou moins développé, qui précipite certains poètes dans les amphithéâtres et les cliniques, et les femmes aux exécutions publiques.
Il y a des gens qui rougissent d’avoir aimé une femme, le jour qu’ils s’aperçoivent qu’elle est bête. Ceux-là sont des aliborons vaniteux, faits pour brouter les chardons les plus impurs de la création. La bêtise est souvent l’ornement de la beauté ; c’est elle qui donne aux yeux cette limpidité morne des étangs noirâtres, et ce calme huileux des mers tropicales. La bêtise est toujours la conservation de la beauté ; elle éloigne les rides !
D’autres qui enragent de voir leurs femmes se jeter dans la dévotion - Un mari à convertir, quelle pomme délicieuse ! Le beau fruit défendu qu’une large impiété, - dans une tumultueuse nuit d’hiver au coin du feu, du vin et des truffes, - cantique muet du bonheur domestique, victoire remportée sur la nature rigoureuse, qui semble elle-même blasphémer les Dieux !
Bien qu’il faille être de son siècle, gardez-vous bien de singer l’illustre don Juan qui ne fut d’abord, selon Molière, qu’un rude coquin, bien stylé et affilié à l’amour, au crime et aux arguties - puis est devenu, grâce à Alfred de Musset et Théophile Gautier, un flâneur artistique, courant après la perfection à travers les mauvais lieux, et finalement n’est plus qu’un vieux dandy éreinté de tous ses voyages, et le plus sot du monde auprès d’une honnête femme bien éprise de son mari.
Règle sommaire et générale : en amour, gardez-vous de la lune et des étoiles, gardez-vous de la Vénus de Milo, des lacs, des guitares, des échelles de corde et de tous romans, - du plus beau du monde, - écrit par Apollon lui-même !
Mais aimez bien, vigoureusement, crânement, orientalement, férocement celle que vous aimez ; que votre amour ne tourmente point l’amour d’un autre ; que votre choix ne trouble point l’État. Chez les Incas l’on aimait sa sœur ; contentez-vous de votre cousine.
N’escaladez jamais les balcons, n’insultez jamais la force publique ; n’enlevez point à votre maîtresse la douceur de croire aux Dieux, et quand vous l’accompagnerez au temple, sachez tremper convenablement vos doigts dans l’eau pure et fraîche du bénitier. Toute morale témoignant de la bonne volonté des législateurs, - toute religion étant une suprême consolation pour tous les affligés. - toute femme étant un morceau de la femme essentielle, - l’amour étant la seule chose qui vaille la peine de tourner un sonnet et de mettre du linge fin.
Les origines de cette fête nous ramènent à l'Antiquité. Nous sommes toujours dans la première moitié du mois de février et donc toujours dans la période des Lupercales romaines. Lors de ces Lupercales, les prêtres du dieu Faune sacrifiaient un bouc (ou une chèvre). D'après certaines légendes, les luperques, après avoir sacrifié l'animal, partaient dans les rues de Rome (ou d'ailleurs) toucher des jeunes femmes avec un fouet en peau de bouc ou de morceaux de l'animal pour les rendre fertiles.
Un peu plus tard, au début du Moyen-Age, les jeunes filles célibataires s'éloignaient de leur village à cette date pour attendre qu'un jeune homme vienne les retrouver et les couples ainsi formés étaient mariés dans l'année. La Saint-Valentin, fête des amoureux arrive donc assez tard, bien longtemps après la récupération par l'Eglise catholique de cette fête, comme à l'habitude afin de supprimer tous les reliquats des fêtes païennes.
Valentin est un moine ayant vécu à Rome au IIIe siècle. Il y a plusieurs versions de son histoire mais celle qui revient le plus souvent est qu'ayant aidé les chrétiens persécutés, il se retrouva emprisonné. Là, il sympathisa avec la fille du geolier qui était aveugle. Un jour, alors qu'ils discutaient, elle recouvra la vue. Il fut alors condamné à mort, roué de coups puis décapité.
On raconte aussi qu'il célébrait des mariages en secret pendant la période d'interdiction des mariages des soldats sous l'empereur Claude II le gothique. C'est au XIVe siècle que l'on voit apparaître un lien entre Valentin et les amoureux de façon plus évidente. En Angleterre, des billets contenant des déclarations d'amour et autres mots doux qui s'échangent entre amoureux sont appelés des "Valentins".
Cette coutume se répand ensuite dans d'autres pays, dont le notre, et ainsi naît la Saint-Valentin, fête des amoureux. Le "valentinage" dans l'aristocratie anglo-saxonne, au-delà de l'échange de billets doux, consistait à associer "au hasard" un jeune homme et une jeune fille pendant une journée. Ils devaient durant cette journée converses, s'offrir des cadeaux et se comporter de manière galante.
Il existe également quelques croyances liées au mariage en cette saison de Saint-Valentin. Exemple : avec le retour du printemps, les oiseaux commencent à ressortir. Ainsi, une jeune fille qui croiserait au matin de la Saint-Valentin la route d'un rouge-gorge se mariera avec un marin.
Si elle croise un moineau, ce sera un mariage heureux avec un homme pauvre et si c'est un chardonnet un mariage avec un homme riche. Comme toujours, il y a à prendre et à laisser dans tous ces mythes et légendes.
Nous sommes nombreux à nous être déjà "pris un râteau". Beaucoup moins à connaître le rapport entre l'échec amoureux et cet outil de jardinage. On vous explique l'origine de cette drôle d'expression.
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