La guerre a souvent joué un rôle considérable dans l’évolution de Paris. Elle a contribué, au temps de la Révolution et de l’Empire, à faire entrer cette ville dans l’ère de la grande industrie, en obligeant la nation, en lutte contre le monde et privée de ses relations maritimes, à se livrer à l’effort de production nécessaire pour satisfaire à tous les besoins.
Elle a, à cet égard, achevé son œuvre, lors du dernier conflit mondial, en donnant à Paris les proportions d’un gigantesque centre industriel. Jamais auparavant ne s’était dégagé aussi nettement le rôle de cellule organique assigné, dans la vie économique et sociale de nos jours, à l’usine, comme jadis au monastère.
Et l’on peut considérer comme indiquant un tournant de l’évolution urbaine cette date d’août 1914 qui a vu s’ouvrir les hostilités. C’est le départ vers de nouveaux destins que symbolise, pour la ville, cet exode des jeunes hommes remplissant les gares, afin de répondre à l’appel de la patrie en danger.
Au seuil de l’ère nouvelle se dresse la prodigieuse évocation de Rude sur l’Arc de Triomphe de l’Étoile. Les boulevards, ce cœur de Paris, qui avaient revêtu à la fin de juillet leur animation des grandes journées, s’apaisent dans l’été magnifique.
L’excitation des préludes peu à peu s’éteint : la monnaie s’était subitement cachée à la veille de la mobilisation, et de longues « queues », devant la Banque de France par exemple, exprimaient en quelque sorte ce phénomène économique bien connu en pareil moment, mais la mise en circulation des billets en petites coupures était venue porter remède à cette crise.
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De même s’étaient dissipées ces autres « queues » formées, à la fin de juillet, aux portes des maisons d’épicerie, telles que celles de Potin et de Damoy, par les habitants préoccupés de faire des provisions.
Le vide se fait peu à peu parmi la cité, les gares s’emplissent de tous ceux qui, devant l’avance allemande, quittent Paris. L’exode revêt un aspect tragique. On fait queue aux gares pendant de longues heures ; on se dispute les places dans les trains où l’on s’entasse jusque dans les fourgons.
A défaut de chemin de fer, on utilise tous les moyens de transport possibles. On pousse devant soi tout droit sur la grande route, comme dans les anciens âges où l’homme fuyait devant l’horreur d’une invasion barbare. Même des objets d’art sont évacués en province.
Des réfugiés des pays envahis ou menacés arrivent, par contre, dans cette cité, endeuillent les gares, siège de tant de manifestations de la vie diverse de ce temps, ou venus par étapes, étalent ça et là le spectacle de cette désolation aussi vieille que l’humanité : l’homme en fuite devant l’homme.
A l’exode hors de Paris s’oppose l’exode vers cette ville. Et c’est là une cause de perturbation dans l’organisme urbain. En d’autres temps, dans la dernière partie de la guerre de Cent ans, Paris a eu des flux et reflux analogues de population et est apparu après différent de ce qu’il était avant.
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Mais c’est à l’avenir immédiat que l’on songe en ces journées d’août où la douceur du ciel s’ajoute au calme de la ville pour procurer l’étrange sensation d’une paix profonde, à côté de la guerre qui fait rage.
Avec cette curiosité qui est le propre de Paris, on lève la tête de toutes parts, pour regarder, cependant que, du sommet de certains édifices, crépitent les coups de feu dirigés contre la bête malfaisante. L’incessant va-et-vient dont ces édifices sont l’objet leur confère, dans la vie de la cité, une importance particulière qu’ils garderont durant toute la guerre.
Dans le même temps, on dresse un recensement de la population et l’on se préoccupe du nombre de bouches à nourrir. L’ennemi approche, mais les Parisiens restés dans leur ville n’en ont point le sentiment net.
La vie n’est nullement suspendue, chacun vaque à ses occupations habituelles. Dans les moments de loisir, on va se promener aux portes des fortifications, qui ont reçu des moyens de défense de fortune et où la circulation n’est pas libre ; de beaux arbres, qui les avoisinaient, ont été abattus.
Et c’est un autre organe, dans le jeu des fonctions urbaines, qui cesse d’exercer son office. Un splendide effort de rétablissement - dont on n’aura le sentiment que plus tard - s’accomplit : le génie de Galliéni déclenche la victoire, avec la bataille de l’Ourcq où les taxis-autos de Paris, réquisitionnés pour le transport hâtif des troupes, ont joué leur rôle.
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Paris commence à revêtir cet aspect de sœur de charité qui le caractérisera durant toute la guerre. Il devient une vaste formation charitable, à l’arrière. Vers lui s’écoulent les misères du front.
Les gares se font accueillantes à toutes les infortunes de la guerre, auxquelles Paris ouvre son cœur tout grand. La ville se pare d’une floraison d’œuvres de toutes sortes, destinées à soulager les misères de la guerre.
Un autre aspect du visage de Paris, durant la grande guerre, commence également à apparaître : c’est celui que lui donne le passage ou le séjour, dans ses murs, d’officiers et de soldats alliés. Gens de l’immense empire anglais, Belges, Italiens, Serbes, Américains, etc., circuleront à travers cette ville à laquelle ils donneront la curieuse physionomie de l’auberge des nations.
Ils auront même, dans la cité, des lieux particuliers de ralliement ; des édifices, des locaux spéciaux seront affectés à leurs organisations diverses. Le voisinage du front fera remplir à Paris l’office d’une capitale interalliée. Et ce ne saurait être là pour la ville une empreinte fugitive.
Sous l’effet des nécessités de la guerre qui se prolonge, Paris tend à devenir un immense arsenal par les fabrications de toutes sortes qui s’y établissent. La main-d’œuvre féminine trouve là à s’employer abondamment. L’usine de guerre va être la pieuvre attirant tout à elle.
Non seulement des Européens des nations neutres, mais encore des Africains et des Asiatiques, tous recrutés pour les besoins de main-d’œuvre qui se feront de plus en plus sentir, viendront se mêler à la population parisienne. Ce sont là des faits importants à considérer, du point de vue de l’organisme urbain.
Les prises d’armes, qui se succèdent sur l’esplanade ou dans la cour d’honneur des Invalides - cœur militaire de Paris - jettent sur la cité des reflets de gloire guerrière.
Un important dispositif de sécurité a été déployé dans le secteur de l'Arc de Triomphe, où une alerte à la bombe a été lancée cet après-midi du 27 octobre. D'après nos informations, le sac de munitions n'aurait toutefois aucun lien avec l'alerte à la bombe à l'Arc de Triomphe.
Un appel passé à la police a déclenché l'évacuation. D'après une vidéo de Actu.fr, le rond-point de l'Étoile et une partie des Champs-Élysées sont actuellement coupés à la circulation, le temps que les procédures de vérification se terminent.
Les barricades devaient faire partie du système défensif de Paris. Elles devaient suppléer le silence des forts, évacués ou pris d’assaut. La Commission arrête l’emplacement de deux lignes de barricades faisant le tour de la ville. Deux types de constructions sont prévus : l’un pour les grandes voies de communication, l’autre pour les petites.
La rationalisation de la construction constitue une modification profonde de la technique de la guerre des rues. La barricade-forteresse de 1871 contraste totalement avec celle, improvisée, des révolutions antérieures.
De nombreux projets furent présentés à la Commission des Barricades. Si le complexe de trois barricades en amphithéâtre de Roques ne fut pas retenu, en revanche la barricade mobile d’un certain M. Paul suscita de grands espoirs.
Un blindage pour barricade fut également mis à l’étude. Il consistait en plaques de fer appliquées sur un matelas de caoutchouc, dans l’épaisseur duquel on avait ménagé des cannelures destinées à augmenter l’élasticité.
Le 14 avril 1871, il lance un appel au dévouement de tous les citoyens qui veulent garantir Paris contre une surprise ou une trahison, et promet une solde de 4 F par jour.
Le citoyen Gaillard père est chargé de la construction des barricades formant une seconde enceinte en arrière des fortifications. Il désignera, ou fera désigner par les municipalités, dans chacun des arrondissements de l’extérieur, les ingénieurs ou délégués chargés de travailler sous ses ordres à ces constructions.
Ce plan, s’il avait été convenablement suivi, aurait pu assurer la défense de la capitale. Peut-être Rossel ne croyait-il pas à ce mode de défense, sa formation militaire ne l’ayant pas préparé à la guerre des rues ; ou peut-être voulait-il, par l’intermédiaire de Gaillard -orateur des clubs, très prisé - affermir son pouvoir en conquérant un soutien populaire.
Le citoyen Gaillard père est autorisé à former pour la construction des barricades des compagnies spéciales. Le contrôle du ministère de la Guerre était exercé par un capitaine d’état-major, Édouard-Achille Ballière.
Pendant que Gaillard élevait, à la grande joie des badauds, les forteresses secondaires de la rue de Rivoli et de la rue Castiglione, les points véritablement stratégiques du Trocadéro, de l’Arc de triomphe, de la butte Montmartre, etc.
Hier, j’ai parcouru avec mon fils divers quartiers de Paris pour examiner les barricades en construction. Elles sont toutes défectueuses dans leur ensemble et dans les détails. (Ne devrait-il pas s’en prendre à lui-même ?)
À la mi-mai, outre le château Gaillard, il existe une quinzaine de barricades, plus ou moins achevées, construites par les délégations d’arrondissement. Seules celles de la place Vendôme, de la place de la Concorde et du Trocadéro ont été édifiées sous la direction effective de Gaillard.
Ces barricades sont de véritables redoutes établies sur une base maçonnée, avec escarpe et fossé en avant, de 2 m de profondeur ; elles ont 7 m d’épaisseur sur une hauteur moyenne de 2,80 m.
Je ne vois aucun inconvénient à ce que vous receviez le commandant Gaillard père. Des sommes importantes ont été engagées pour la construction des barricades et l’installation des batteries.
Après avoir vu que ses directives n’avaient pas été suivies, il insista sur l’urgence de fortifier particulièrement les abords de la place Wagram, l’espace s’étendant de la Porte de Passy au pont de Grenelle et le triangle compris entre la barrière de l’Étoile, la place du Roi de Rome (place du Trocadéro), et la place d’Eylau (place Victor-Hugo).
La barricade plus sophistiquée n’a pas totalement disparu. Enlèvement des barricades de la place Vendôme lors de la semaine sanglante, mai 1871. La barricade improvisée dans les journées de mai est de quelques pavés, à peine à hauteur d’homme.
Bien que la moindre pensée d’ensemble fut inexistante, et l’initiative laissée aux exécutants, la barricade des derniers jours n’offre pas seulement l’image d’un combat désespéré ; elle prend une signification nouvelle par l’importante participation des femmes à sa défense.
Les barricades, c’est bien, mais on ne se servit pas assez des maisons. Ces barricades étaient faites plutôt pour donner confiance aux hommes qui étaient aux remparts que pour servir véritablement à la défense.
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