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Ce roman raconte la vie de femmes volontaires dans l'armée rouge. Ce roman, particulier par son thème plus encore que par la nature héroïque du personnage, raconte la vie de Lenka, sur les territoires d'opérations, entre neige, boue et soleil, dans la violence des combats, sous les menaces ou les encouragements d'une communauté d'hommes qui l'oblige, avec ses compagnes d'arme, à défendre leur féminité.

L'engagement d'une jeune femme dans l'armée rouge

Elle rêvait d'être institutrice. Elle a 19 ans. L'invasion de l'Union Soviétique par les troupes allemandes en 1941 la conduit, par patriotisme, à s'engager dans l'armée rouge. Son talent pour le tir la voit "promue" tireur d'élite, dans une compagnie de femmes, aux côtés des forces armées qui luttent, de 1943 à 1945, pour reconquérir les territoires perdus, jusqu'au sol allemand. "Étoile rouge" est le nom qui lui est donné par la propagande qui met en scène ses faits d'armes.

Un récit authentique et intense

Une écriture courte, incisive, à la première personne, donne à ce récit beaucoup d'authenticité et de tension. Car Florian Ferrier, autant que de témoigner d'un parcours "hors norme", voulait témoigner dans ce roman de la condition de la femme combattante pendant la Seconde Guerre mondiale, et singulièrement sur le front de l'Est. Mais dans ce récit à la première personne, la violence des combats et des situations ne vous sera pas épargnée.

Ce récit au féminin est appuyé sur le parcours d'une authentique combattante. Certes célébrée et embellie par la propagande soviétique, la vie de Lenka - Roza Chanina son modèle, reste proche de la réalité telle que son journal en a laissé des témoignages. On pourra s'étonner qu'un homme le décrive avec une sensibilité qui exprime si bien le féminin. Pour autant Florian Ferrier n'est pas le premier à en avoir le talent.

Un aperçu des dialogues

Voici un extrait des dialogues du roman :

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- "Tu sais Lenka, tu fais de plus en plus peur aux autres filles de la section.

- On dirait que tu veux gagner la guerre toute seule, nous punir de je ne sais quoi. Tous ces combats, ce courrier, tu deviens presque une étrangère.

- Tu devrais plutôt t'inquiéter pour vous toutes. Pour votre engagement pour la patrie. Vous n'en faites pas assez. Pas une fois vous n'êtes montées à l'assaut avec les gars.

- Ce n'est pas notre rôle. Tu ne peux pas nous en vouloir pour ça. On n'est pas des fantassins de merde.

La brutalité des combats

"Je me couche sur le sol, rentre la tête dans les épaules. Le tank roule droit sur moi, je rampe pour échapper à ses chenilles et aux rafales de sa mitrailleuse. Nos tanks ripostent, se jettent dans la mêlée, les panzers stoppent, reculent. Les fumées noires des engins en flammes masquent le paysage. J'entends les cris des Fritz qui courent vers nous. Je cherche les grenades mais je m'aperçois que je les ai encore perdues en rampant.

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L'auteur : Florian Ferrier

Florian Ferrier est un auteur très polyvalent. De la bande dessinée aux jeux vidéo, il est aussi auteur et producteur de films d'animation. Dans l'univers littéraire, il écrit deux romans historiques évoquant des histoires de femme au cours de la Seconde Guerre mondiale (Déjà l'air fraichit, 2020, Une saison de granit 2015) et des romans fantastiques (Le 8eme continent et Créatures). Il est aussi primé au festival de la bande dessinée d'Angoulême en 2010, pour le scénario d'Hôtel étrange.

08/15 : Un autre regard sur l'Allemagne de la Seconde Guerre mondiale

08/15 est le chiffre qui désigne le fusil-mitrailleur allemand. 08/15 est une mitrailleuse réalisée à la demande du service royal de fabrication des armements. Machinengewehr MG 08/15 : c'est le matricule de la première mitrailleuse de type uniforme dont a été dotée toute l'armée allemande. C’est aussi le symbole de l’esprit militaire prussien qui règne dans les casernes où Hitler forge l’instrument de ses conquêtes. Une discipline de fer et de savantes vexations doivent y transformer les jeunes recrues en combattants d’élit...

Hans Helmut Kirst (1914 – 1989) a intitulé ainsi une trilogie largement inspirée de sa vie dans l'armée allemande, juste avant, pendant et après la guerre. Hans Helmut Kirst est entré dans la Reichswehr en 1933 après ses études dans une école supérieure de commerce. Sous-lieutenant puis lieutenant pendant la guerre, il fut dénoncé comme nazi après la défaite par Frantz-Joseph Strauss qui le poursuit de sa haine. Il sera lavé de tous soupçon mais Strauss le fera interdire de publication pendant deux ans.

La révolte du caporal Asch

La « Révolte du caporal Asch » appartient au genre, souvent considéré comme mineur, des livres de guerre, ou plutôt de pré-guerre en l'occurrence, puisqu'il se passe entre 1938 et 1939 dans une caserne prussienne. Là, au moyen d'une discipline de fer et de savantes vexations, on transforme les soldats en automates. Tout cela sous l'autorité de l'adjudant-chef Schultz, crétin sadique et cocu. Les personnages sont pittoresques.

Schultz, bien sûr, le garde-mite Werktreu, roi des tire-au-flanc bien que son nom puisse se traduire en français par « fidèle au travail », le caporal Herbert Asch, planqué et ravi de l'être, ses amis Kowalski et Jean Vierbein, ce dernier beaucoup trop tendre, et qui devient de ce fait la tête de turc du clan des sous-officiers. Lassé de voir le système de castes prussien s'acharner sur son ami, Asch décide de se révolter. Par son intelligence et son ironie, il va faire exploser l'organisation militaire en la poussant au bout de sa logique. Après, je vous laisse le plaisir de découvrir l'histoire. C'est, en fait, un très bon livre ; bien construit, haut en couleur, avec des personnages bien dessinés. Kirst a été soldat pendant la dernière guerre. L'histoire est probablement en partie autobiographique. Il se garde donc de toute exagération, ce qui renforce la crédibilité du récit.

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Nous sommes en Allemagne nazie. A la caserne, on se prépare à la seconde guerre mondiale. Herbert Asch est caporal à la troisième batterie sous les instructions de l'adjudant-chef Schultz. Ses activités principales consistent à échapper aux corvées militaires et à jouer au 21 avec ses amis. Malheureusement, son ami Jean Vierbein n'a pas la même chance : il provoque involontairement la colère de Schultz puis d'autres supérieurs, qui le poussent à bout.

Cette histoire se passe au début de la seconde guerre mondiale mais on n'y parle d'aucun combat, d'aucun affrontement hormis ceux ayant lieu dans la caserne. C'en serait presque burlesque, si on enlèvait le contexte de l'histoire.

Une chronique douce-amère de la vie de caserne

Une chronique douce-amère de la vie de caserne à la veille du second conflit mondial. Cela se passe en 1939, dans une ville de garnison située en Prusse, mais cela se passerait de la même façon dans une caserne française. Tout est là. Mais un homme va verser du sable sur ces rouages venus des temps anciens de l'armée du roi de Prusse : Herbert Asch, caporal, bon soldat mais raisonneur, observateur, provocateur. Il a décidé, quoi qu'il lui en coûte, de se « payer » l'adjudant-chef Stoultz, le Juteux madré, bouffi d'orgueil et cocu de surcroît.

Le caporal Asch de la 3ème batterie d'artillerie de la Reichwehr, se retrouve quelques années avant la deuxième guerre mondiale, dans une caserne d'une petite ville de Prusse. Il y règne une discipline de fer aussi ridicule qu'inhumaine. Hitler et ses séides y forgent l'instrument de leurs futures conquêtes en usant de méthodes d'un autre temps. Des entraînements épuisants, des vexations incessantes et des corvées injustes s'abattent sur les hommes. L'adjudant-chef Schoultz, une culotte de peau cocue et bornée, prend un malin plaisir à humilier les plus faibles. Dans un premier temps, Asch se contente de tirer le plus possible au flan en profitant de la complicité de son ami Kowalski et du garde-mites Werktreu. Mais les « instructeurs » ayant dépassé les bornes du supportable, il se révolte ouvertement.

Mieux qu'aucune étude ou document sur l'armée allemande de l'avant-guerre, cette célèbre chronique révèle par quels conditionnements (le plus souvent complètement idiots) on transforme de braves gens tout à fait normaux en machines à tuer sans le moindre état d'âme. Rien que cet aspect du livre serait déjà passionnant. Mais Kirst a eu le génie d'y ajouter l'humour, la dérision dans une intrigue abracadabrantesque du plus haut comique. L'examen d'Asch par un major, plutôt chirurgien-boucher que spécialiste en psychiatrie, est un monument humoristique ridiculisant totalement la psychanalyse. On se régale en suivant les péripéties et les tribulations de ce petit homme (08/15 est le symbole du premier fusil-mitrailleur normalisé et également celui du couillon lambda, du blaireau « Dupont Lajoie », tout comme le nom de « Werktreu » qui signifie « fidèle au travail » a été attribué au plus cossard du régiment). Tel un grain de sable jeté dans les rouages d'une mécanique implacable, il arrive à la mettre en difficulté avec les seules armes dont il dispose : l'intelligence, l'ironie et le bon sens.

- Tous les deux veulent couper aux exercices d'infanterie, espèce de noix. Ils connaissent mieux que vous les règles du jeu, Lindenberg. Ils savent exactement ce qui va venir. Perce que, eux, sont faits pour être sous-officiers.

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