L’invention du revolver marque une étape importante dans l’histoire des armes à feu. Mais le revolver a surtout hanté depuis toujours l’imaginaire du grand public. Ainsi, le célèbre six-coups est indissociable de l’image du cow-boy.
Le revolver est une arme qui possède une histoire très riche où se côtoient cowboys, militaires et policiers. Tous les militaires du monde ont porté des revolvers !
Découvrez l'histoire fascinante du revolver, de son invention à son rôle emblématique dans la conquête de l'Ouest américain.
Pourtant cette invention est connue dès le XVIe siècle. Apparu déjà au XVIe siècle, le revolver prend une touche de modernité à partir de 1837 avec le modèle Colt Paterson à simple action, inventé par Samuel Colt.
Avec l’invention de la capsule détonante servant à allumer la charge de poudre avec une grande fiabilité et un mécanisme peu encombrant, d’autres modèles de revolvers apparaissent. L’invention du revolver révolutionna donc l’histoire des armes à feu.
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Le père de Samuel se nommait Christopher Colt et fut un fermier installé à Hartford dans le Connecticut. Mais il avait changé de profession et devint homme d'affaires. Très tôt, Samuel a lu des articles sur Robert Fulton et sur la poudre noire mentionnant des choses impossibles, mais qui se réalisèrent. Cette lecture lui donna des idées.
En 1829, Colt travailla dans l'usine de textiles de son père à Ware dans le Massachusetts. Il y fabriqua une pile électrique qui lui servit pour faire détoner une charge de poudre.
En 1830, il allait travailler dans la marine marchande. Colt rentra aux États-Unis en 1832 et il commença à travailler avec son père sur la production de deux armes, un fusil et un pistolet. Les armes furent un peu bricolées et de mauvaise qualité. Le premier pistolet explosa à l’essai, mais le fusil fonctionna correctement.
Plus tard, Colt prit un laboratoire portable et se lança sur la route aux États-Unis et au Canada avec du protoxyde d'azote (gaz hilarant), ceci pour gagner sa vie en faisant des démonstrations publiques des propriétés de ce gaz. Grand parleur, il réussissait à convaincre son oratoire.
Puis il décida à fabriquer des armes en s’appuyant sur des armuriers de Baltimore dans le Maryland. Son premier modèle fut le « Colt Paterson », un revolver à simple action dont le chien est armé à la main tout en faisant tourner le barillet en même temps.
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Les premiers revolvers Colt Paterson, à cinq coups, d’un calibre .36 (en centièmes de pouce) sortirent de production en 1836. En 1846, le capitaine Samuel Walker, le représentant de l’US Army, commanda à Colt 1 000 revolvers.
Puis Colt commercialisa le Colt Holster Pistol 1848 en calibre .44, le premier revolver de la série des « Dragoon », mais avec un canon qui n’a que 20 cm et donc plus léger. Sans trop rentrer dans les détails, on peut citer les modèles de revolver qui suivirent comme le calibre .31, encore moins lourd, le Colt Baby Dragoon à 5 coups de 1847/48, le Pocket 5 à 6 coups de 1849 (revolver de poche), utilisé par les particuliers, par la police ou par les compagnies de diligence.
En 1851, le modèle Navy (cal .36) ou Belt Model (porté à la ceinture) a été une des armes à feu les plus vendues aux Etats- Unis avec environ 215 000 exemplaires. En 1860, Colt fabriqua le New Model Army calibre .44 qui remplaça les Dragoons et qui est 30 % plus léger.
Durant la guerre de Sécession, l’usine de Hartford fournissait des armes aussi bien au Nord qu’au Sud. Un revolver « dragoon » a été offert en cadeau par Colt au sultan de la Turquie.
Colt était le premier fabricant américain s’appuyant sur l'art en tant qu’outil de marketing quand il a demandé au peintre américain renommé Catlin pour mettre en évidence ses armes à feu dans ses peintures. Samuel Colt a engagé des graveurs et des artisans pour décorer les pistolets spéciaux de présentation qui ont été offerts aux rois européens, aux tsars russes, aux militaires et à d'autres hôtes de marque.
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Samuel Colt est mort de la goutte à Hartford le 10 janvier 1862 à l'âge de 47 ans et a été enterré au Cedar Hill Cemetery. Après sa mort, on a estimé que la fortune de Colt qu'il a laissée à son épouse et à son fils de trois ans Caldwell Hart Colt, était évaluée à environ 15 millions de dollars (actuellement environ 400 millions de dollars). Ses responsabilités professionnelles ont été transmises à son beau-frère, Richard Jarvis.
Les revolvers à poudre noire attirent les passionnés d’histoire, les tireurs sportifs et les collectionneurs grâce à leur authenticité et leur design classique. Plusieurs modèles historiques du XIXe siècle sont particulièrement recherchés pour leur qualité, leur fiabilité et leur importance historique. Découvrez les revolvers à poudre noire les plus populaires.
Le revolver se définit par un barillet rotatif - le tambour - qui loge les chambres avec la munition. Cette simplicité mécanique a résolu un besoin critique : plus de tirs sans recharger immédiatement. Avant le revolver moderne, il y a eu des expériences : les peppertboxes multi-canons, les systèmes à aiguille et enfin le brevet décisif de Samuel Colt dans les années 1830.
La mécanique du revolver est élégante dans sa simplicité. Lorsque le barillet est chargé, en armant l’arme (ou en appuyant sur la gâchette en double action), le marteau recule. Ce mouvement fait généralement tourner le barillet jusqu’à aligner une chambre chargée avec le canon. Une fois libéré, le marteau frappe un percuteur qui frappe l’amorce de la cartouche et produit l’allumage.
Il existe deux types principaux de mécanismes :
Tous les revolvers de l’Ouest n’étaient pas identiques. Certains, comme le Colt Single Action Army (Peacemaker), ont atteint un statut légendaire ; d’autres, comme les Smith & Wesson Modèle 3 et les Remington, ont joué un rôle décisif par leur fiabilité ou leur coût.
Les calibres qui ont dominé la scène de l’Ouest variaient selon la fonction. Pour la défense personnelle et l’usage policier émergent, des calibres comme le .38 Special et le .45 Long Colt offraient un équilibre entre recul gérable et pouvoir d’arrêt. Pour la chasse et les applications où l’énergie cinétique était prioritaire, le .44 Magnum et le .357 Magnum -bien que plus associés à des époques ultérieures- se sont fait une place grâce à leur puissance.
Le revolver a radicalement amélioré la cadence de tir par rapport aux pistolets à un coup. Deux facteurs qui ont fait la différence ont été la capacité du barillet et les méthodes de rechargement. Certains modèles permettaient d’extraire et de recharger des cartouches individuelles, d’autres utilisaient des extracteurs mécaniques ou des charnières qui accéléraient le processus.
Lors de la Guerre de Sécession, les États Confédérés, confrontés à des pénuries d'acier, ont développé leurs propres modèles de revolvers. Ces armes, souvent dérivées des Colt 1851, se distinguaient par des carcasses en laiton.
Parmi les modèles emblématiques, on retrouve :
Le LeMat, conçu par un Français de la Nouvelle-Orléans, était également utilisé par les Confédérés. Certains modèles de Colt Root étaient aussi employés comme armes d'appoint.
Ce revolver fut inventé en 1856 par un parisien d'origine du nom de François Alexandre Le Mat, médecin résidant à la Nouvelle-Orléans. Les différentes versions de cette arme furent principalement utilisées par les officiers de l'armée sudiste pendant la guerre de sécession. Les premiers modèles du Le Mat furent construits à Philadelphie, mais à la suite de la Guerre Civile, la production, toujours destinée aux États Confédérés fut transférée en France.
Ce revolver, probablement l'arme la plus prestigieuse et respectable jamais produite, permettait de tirer dix coups. En effet, outre un barillet à 9 coups, l’arme dispose sous le canon principal d’un second canon, lisse, destiné au tir d’une charge de chevrotines équivalent à un cal.16 de fusil de chasse.
Près de 3000 exemplaires du Le Mat furent livrés aux Confédérés au cours de la Guerre Civile.
Bien que sa famille fut originaire de Bretagne, c’est à Bordeaux , le 15 avril 1821, à neuf heures du matin, que naît François Alexandre Le Mat. Son père Jean et sa mère Jeanne (née Pommez) , étaient boulangers . François fit ses études au petit séminaire de Bordeaux afin de devenir prêtre, mais il préféra s’intéresser à la médecine et devint interne à l’hôpital Saint André . C’est en 1840 qu’il prête le serment d’Hippocrate à la faculté de Montpellier et devient chirurgien aide-major à l’hospice militaire de Bordeaux.
Il donne sa démission le 12 novembre 1843 et s’embarque pour les Amériques , notamment pour la Nouvelle Orléans , ou il veut étudier les maladies contagieuses qui y font des ravages. Tout ne se déroule pas facilement en Louisiane pour le jeune médecin français puisque ce n’est que le 28 avril 1849 que le docteur Le Mat obtient du comité médical de la Nouvelle Orléans le droit d’exercer son art. Il devient alors médecin chef de l’hospice de la Sainte famille tout en recevant une riche clientèle dans son cabinet privé.
En effet, Le Mat avait pris pied dans la bonne société Louisianaise en épousant le 9 avril précédent, Justine Sophie Lepretre , native de la Nouvelle Orléans et arrière petite nièce du marquis Sébastien Lespretre , plus connut sous le nom de Vauban (1633-1707), maréchal de France et commissaire général des fortifications du roi Louis XIV. Par ce mariage, Le Mat, devenait également cousin par alliance de la famille Beauregard.
Le Mat eut toujours un esprit curieux et inventif , et ceci dans bien des domaines. En médecine bien sûr, ou il obtint une médaille à l’exposition universelle de Londres en 1862 pour un instrument de chirurgie. Dans le domaine naval avec des brevets en 1856 aux Etats- Unis et en France , ou encore en 1866 et 1872. Dans le domaine de l’armement, pour l’artillerie par exemple avec un système de rayure des canons par compression ou encore un obturateur automatique des pièces de campagne en 1859.
Et puis évidemment avec son fameux révolver à Mitraille , au point dès 1859 et qui devait porter son nom.
Le Mat s’associa avec P.T. Beauregard , alors major dans l’armée des Etats-Unis , pour promouvoir militairement cette dernière invention . Il fut d’ailleurs nommé colonel et aide-de-camp du gouverneur de Louisiane le 16 avril 1859. En mars, le révolver Le Mat passa devant une commission de l’armée et de la marine à la Nouvelle Orléans qui fit un rapport positif, tout comme la commission militaire de Washington le 9 mai qui émit cependant quelques réserves quand à sa solidité. Le Mat et Beauregard espéraient des commandes de l’armée mais celle-ci n’avait pas d’argent pour acheter des armes nouvelles qui n’avaient pas fait leurs preuves. Les firmes privées ne se montrèrent pas plus intéressées.
En juillet 1860, Beauregard cède le quart de l’exploitation du brevet qu’il détenait à Le Mat et quitte la partie, il est remplacé par Charles Frédéric Girard , assistant secrétaire du Smithsonian institute de Washington. Girard est sans doute l’inventeur du fusil Girard à chargement par la culasse dont le brevet fut déposé à Paris en 1858.
En février 1861, il est possible que le colonel Le Mat ai été présent à Montgomery (Alabama ) lors de la création des Etats Confédérés d’Amérique , en compagnie de Beauregard. En tous cas, Le Mat décrocha deux gros contrats avec le nouveau gouvernement sudiste , la marine commanda 3 000 révolvers et l’armée 5 000 !
Quand éclate la guerre civile , on peut dire que le colonel Le Mat est aux premières loges, sinon personnellement, du moins par ses inventions . En effet au matin du 12 avril 1861, des obus éclairants et incendiaires d’un système inventé par Le Mat furent tirés par les canons de Beauregard !
Le Mat, laisse la réalisation des commandes à Girard et est nommé , le 27 septembre 1861, agent du ministère de la guerre . A ce titre, il accomplit de nombreux voyages vers l’Europe , en Belgique , en France, et en Angleterre, dépêché par le ministère de la guerre sudiste afin de trouver et acheter des armes et autres fournitures militaires.
Pendant ce temps, Girard moyennant 78% des droits du brevet, se chargeait de la fabrication des révolvers , il créa à cet effet l’entreprise Girard & Co à paris, 9 passage Joinville. Cependant il est plus que probable que la fabrication en elle-même commença d’abord à Liège en Belgique , ville dont la réputation en matière d’armurerie n’était plus à faire !
Au cours de six premiers mois de 1862, Girard livra 400 revolvers Le Mat à l’armée du sud et 200 à la marine. Cependant l’arrivée à Londres du capitaine Caleb Huse , envoyé du ministère sudiste pour inspecter, accepter et payer tous les achats destinés à la Confédération, allait compliquer les choses. Huse et James D.Bulloch , qui représentait quand à lui, la marine confédérée, refusèrent la majorité des armes présentées pour non conformité du métal employé et la fabrication s’en trouva considérablement retardée au cours des années 62 et 63.
La réaction fit que désormais toutes les armes fabriquées furent soumises à un banc d’essai, ce qui n’était pas le cas précédemment ! En tous cas, il est probable que Girard entama à ce moment la fabrication des revolvers Le Mat à Paris, sous la direction d’un certain Chevereau. Il parvint à faire inspecter 500 autres revolvers en 1862-63 (100 pour l’armée et 400 pour la marine).
Au fil des ans, les répliques ont permis de conserver la mémoire matérielle de l’Ouest. Les revolvers de l’Ouest ont laissé leur empreinte sur la conception moderne des armes à feu.
Le revolver a radicalement amélioré la cadence de tir par rapport aux pistolets à un coup. Deux facteurs qui ont fait la différence ont été la capacité du barillet et les méthodes de rechargement. Certains modèles permettaient d’extraire et de recharger des cartouches individuelles, d’autres utilisaient des extracteurs mécaniques ou des charnières qui accéléraient le processus.
Il est indéniable que le revolver a joué un rôle essentiel dans l'histoire de l'Ouest américain, influençant la culture populaire et laissant une marque indélébile sur l'imaginaire collectif.
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