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Des centaines de millions d’Européens se sont rendus aux urnes ce dimanche 9 juin, afin de définir la répartition des 720 sièges du parlement européen. Au Portugal, le Parti Socialiste gagne les élections européennes du 9 juin 2024, précédé de très peu par l’Alliance Démocratique actuellement au gouvernement au Portugal.

Au Portugal c´est le Parti Socialiste d’Antonio Costa qui a remporté la bataille des élections européennes du 26 mai, tandis qu´en France c’est l’ex-FN de Marine Le Pen qui est sorti vainqueur. Voilà qui est de bon augure pour les socialistes portugais à quelques mois des législatives d’octobre : le parti du Premier ministre Antonio Costa a remporté le scrutin européen de ce 26 mai avec 33,38 % des voix et passe de huit à dix eurodéputés. Il y avait 20 ans que le parti majoritaire du gouvernement n’était pas arrivé en tête des élections européennes au Portugal.

Selon les données officielles du Secrétariat général du Ministère de l’intérieur, le chiffre le plus impressionnant est celui relatif à l’abstention : 69,3% des électeurs portugais ne se sont pas déplacés aux urnes, soit une hausse de 3,1% par rapport à 2014.

Les élections des représentants de la France au Parlement européen ont eu lieu dans les trois bureaux de vote ouverts à l’Ambassade de France à Lisbonne, au Lycée Français international de Porto et à l’Alliance Française de Faro.

Malgré la première place du RN en France, les sympathisants de la liste "Renaissance" fortement soutenue par le Président de la République, ont remportés la majorité des voix au Portugal.

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Les résultats de ces élections européennes sont mitigés en France, au Portugal ainsi que pour les électeurs français au Portugal qui ont tous fait des choix différents. Les campagnes politiques ont été plutôt mornes, et chaque parti est resté sur son territoire en ne cherchant à mobiliser que ses sympathisants, au détriment des débats de fond sur les lourds enjeux de ces élections.

Sans surprise, les socialistes au pouvoir depuis 2015 emportent haut la main le scrutin avec 33,4 % des voix, passant de 8 à 9 sièges au Parlement européen. « Ce succès, à contre-courant du résultat des partis socialistes européens, a de quoi conforter le premier ministre António Costa à l’approche des législatives prévues en octobre », souligne le politologue António Pinto.

D’autant que ses partenaires du Bloc de gauche et du parti communiste ne le menacent pas. Le Bloc de gauche améliore son résultat de 2014, passant de 5,2 % des voix à 9,82 %, mais le PCP allié aux écologistes divise son score pratiquement par deux, à 6,88 %.

« L’élection confirme également les difficultés d’une droite institutionnelle en pleine recomposition », souligne l’historien Yves Léonard (1). Le Parti social-démocrate accuse son plus mauvais résultat pour des Européennes avec 21,94 % des voix et 6 sièges, tandis que le CDS-Parti populaire recule lui aussi à 6,19 % et 1 siège, perdant un eurodéputé.

Mais cette incapacité de la droite à imposer sa marque ne conduit pas à l’émergence des extrêmes. « Le score insignifiant des listes populistes et eurosceptiques le montre : au Portugal, le souverainisme, le nationalisme anti-Bruxelles ne prend pas. Les électeurs de droite déçus choisissent l’abstention plutôt que la contestation », explique António Pinto.

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D’où la très faible participation enregistrée à ce scrutin, plutôt étonnante pour un pays parmi les plus europhiles. Alors que partout en Europe l’abstention a reculé, elle a encore augmenté au Portugal, s’établissant à 63 %. Un record qui s’explique aussi par une réforme technique qui inclut dans le corps électoral 1,3 million de Portugais vivant à l’étranger dont beaucoup se sont désintéressés de l’élection.

« Reste que l’abstention est en train de devenir une caractéristique structurelle de la société portugaise.

Chega obtient 9,79% des voix qui pourtant se positionnait en grand vainqueur lors des élections législatives anticipées de cette année au Portugal. IL (Iniciativa Liberal) remporte 9,07% des voix, BE (Bloco de Esquerda) arrive en 5e position, avec 4,25% des voix, 4,12% pour la PCP-PEV (parti communiste), 3,75% pour le parti Livre, 1,37% pour le parti ADN (Alternativa Democratica Nacional) et finalement 1,22% pour le PAN (Pessoas- Animais-Natureza).

A l'autre extrême, les anciens alliés de la gauche radicale font figure de grands perdants du scrutin. "Avec 4,5 % des voix et cinq députés, quatorze de moins que lors des législatives de 2019, le [parti de gauche] Bloco passe ainsi de la troisième […] à la sixième position sur un échiquier politique recomposé", note Le Monde.

Les partis sanctionnés électoralement au Portugal, le PDS (mal nommé Parti social-démocrate) à droite et, en face, le Bloc de gauche et la coalition CDU (Coalition démocratique unitaire), coalition du PCP (Parti communiste portugais) et du parti écologiste Les Verts, sont mieux lotis ailleurs.

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Tout d’abord, commençons par un rappel des résultats obtenus par toutes les familles partisanes le 30 janvier 2022 : le PSP (Parti socialiste portugais) a obtenu 119 des 230 sièges. Il est donc majoritaire à lui seul. Son principal opposant, le parti de centre-droit, le PSD, en a recueilli 73.

Cette inflexion croisée répond sans doute à l’interprétation donnée par les électeurs à la décision prise par les deux formations alliées au PSP, le Bloc de gauche et la coalition PCP-Verts, de refuser le 27 octobre 2021 de voter le budget 2022 présenté par le gouvernement d’Antonio Costa.

Pour le PCP, dernier parti communiste stalinien d’Europe, et le Bloc de gauche, fondé en 1999 par plusieurs groupes trotskistes1Voir Reginaldo Moraes, Bloco de Esquerda e Podemos, São Paulo, Fundação Perseu Abramo, 2016., le PSP n’était pas un partenaire de long terme.

Les deux partis ont justifié leur décision par l’absence d’ambitions sociales et salariales du budget présenté par le gouvernement PSP. Ces arguments sont incontestablement recevables pour un électeur de gauche, mais ils n’ont pourtant pas convaincu, ou ont été considérés comme inopportuns.

Antonio Costa combine un profil politique pragmatique et un talent de décideur rapide et assumé4Voir Bernardo Ferrão, Cristina Figuereido, Quem disse que era facil, os caminos de Antonio Costa para chegar ao poder, Lisbonne, Livros d’hoje, 2015., dans l’esprit du socialisme du possible, indifférent aux interdits dogmatiques, choisi par son parti.

Et ce alors que jamais jusque-là, a signalé le quotidien espagnol El País8Tereixa Constenla, « Los debates de todos contra todos arrasan en Portugal », El Pais, 19 janvier 2022., un Premier ministre n’avait accepté de débattre avec ses opposants, en tête-à-tête comme en format global. Antonio Costa a, à l’occasion de ces débats, demandé aux électeurs de lui donner les moyens de continuer dans la voie tracée, aux plans économique, social et sanitaire.

Les électeurs les plus pauvres et les moins instruits votent de façon majoritaire pour le PS. En effet, selon cette enquête, 43% des Portugais aux revenus les plus bas et dont l’éducation s’est arrêtée au primaire font confiance au PSP. En revanche, les 10% les plus riches votent à 54% pour la droite, comme 52% des plus diplômés.

Cet alignement sociologique derrière un parti de la gauche modérée est d’autant plus important que, à la différence d’autres pays, en particulier européens, « les conflits sociaux culturels » (conflits liés aux questions migratoires ou aux contradictions territoriales internes) « sont restés relativement faibles, le clivage économique étant le clivage principal »11Ibid., p.

Le PSP incarne depuis 1972, date de sa création, cette aspiration et a été, et reste, de par sa modération et sa non-remise en cause des contraintes européennes et internationales, critiqué sur sa gauche. Cette décision a été censurée par le peuple de gauche.

Chega (Assez) (CH), parti d'extrême-droite dirigé par André Ventura, a obtenu 22,56% des suffrages et 58 élus (+8), soit le même nombre que le PS. En passant la barre de 20%, Chega fait une percée.

Si le pays a longtemps fait figure d’exception en Europe en étant l’un des très rares (avec l’Irlande et Malte) à être dépourvu de fort parti de droite radicale, ces temps sont révolus. « Le bipartisme au Portugal est terminé » a déclaré André Ventura à l’annonce des résultats affirmant « la fin d’un système politique vieux de 50 ans où l’alternance n’était pas possible », soit le temps passé depuis la révolution des œillets qui a mis fin, en 1974, à la dictature instituée par Antonio Salazar en 1933.

Organisé 14 mois après les dernières élections législatives, ce scrutin, que personne n’avait véritablement souhaité, était anticipé. Il faisait suite à la polémique créée par la publication d’un article dans le quotidien Correio da Manha le 15 février dernier qui faisait état de soupçons de conflit d’intérêts concernant Luis Montenegro en raison des activités de l'entreprise Spinumviva dont il était le propriétaire. Mis en cause, le chef du gouvernement a sollicité la confiance de Parlement.

Les deux partis disposent de 98 députés, soit 18 de moins que la majorité absolue. Luis Montenegro, qui a totalement exclu toute collaboration avec Chega, devrait former un gouvernement minoritaire et resterait donc à la merci de l’opposition qui, ensemble, peuvent disposer d’une minorité de blocage.

Luis Montenegro, qui a totalement exclu toute collaboration avec Chega, devrait former un gouvernement minoritaire et resterait donc à la merci de l’opposition qui, ensemble, peuvent disposer d’une minorité de blocage.

En France, la liste d’extrême droite de Jordan Bardella arrive en première place avec 31,5% des voix. Andre Ventura, le leader du parti d’extrême droite Chega lors des élections législatives au Portugal, en mars 2024.

- 1.106.300 Portugais ont voté pour le PS (Parti Socialiste), soit 33, 38% des voix. - Le Rassemblement national - ancien Front National - est arrivé en tête avec 23,33% des suffrages

Compte tenu du taux élevé d'abstention (49,88%), les résultats sont à relativiser : le RN n'a en réalité obtenu que 11,34% des voix des inscrits sur les listes électorales. Les nationalistes eurosceptiques passeront de 155 à 172 sièges au Parlement européen, dont 33 issus de la Grande-Bretagne qui ne siégeront pas après le Brexit.

- 33,39% des électeurs ont voté pour "Renaissance" (conduit par Nathalie Loiseau en France), "la République en Marche" menée par Josyane Dupuis au Portugal, "le Modem" et ses partenaires.

tags: #resultats #elections #europeennes #Portugal #PCP

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